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  • Méfiez-vous du peuple, le bon sens est dangereux!

    suisse.muselée.jpgLe 17 juin prochain, nous voterons sur l'initiative de l'Association pour une Suisse indépendante et neutre (ASIN), demandant que le peuple soit consulté dans le cadre d'accords internationaux liant notre pays dans des domaines importants. Nous assistons à cet égard à une étrange, mais compréhensible, coalition politico-économique contre cette initiative, qui serait dangereuse, impraticable, et dont les conséquences affaibliraient notre pays.

    En d'autres termes, demander l'avis au peuple ralentirait notre réactivité politique, et serait nuisible à la Suisse. Pour convaincre les indécis, nos milieux économiques, qui sont apparemment très satisfaits de la soumission actuelle de nos politiques, ne manquent pas de moyens. Ainsi, à grands renforts d'avis d'experts universitaires (chacun sait qu'il est préférable et plus crédible de faire dire par un expert ce que l'on pense soi-même), le texte de l'initiative serait impraticable. En effet, quelle définition donner à la notion de « domaines importants » ?

    Les mêmes experts ne semblent pourtant pas voir de problème à l'interprétation de l'article 147 de notre actuelle Constitution fédérale, qui parle de « traités internationaux importants »...La raison est simple : il appartient à la loi de mettre en application les principes constitutionnels et de définir les notions juridiques indéterminées. L'argument juridique ne tient donc pas, et c'est bien dans la stratégie politique qu'il faut rechercher la motivation des opposants à cette initiative.

    Le risque que voient certains à consulter le peuple est bien moins avouable. Les intérêts particuliers d'une minorité, et non seulement économiques, ne pourraient que difficilement être dévoilés dans une campagne. Si le peuple n'avait pas été consulté le 6 décembre 1992, la Suisse ferait partie de l'EEE, et s'il ne devait l'être, elle serait dans l'UE. Toutes nos lois nouvelles sont d'ailleurs adoptées dans cette perspective d'eurocompatibilité. Pourtant...qui pourrait vouloir entrer dans une Europe telle qu'elle est aujourd'hui ? Même les pro-européens, dont j'étais, doutent. Avec raison.

    Le bon sens populaire est donc souhaitable, même si nos politiques s'en méfient, car il ne peut se négocier avec la même aisance que des accords de cabinet. Le bon sens, garde-fou bénéfique, n'est ni de gauche ni de droite, c'est le bons sens, un point c'est tout. Que ceux qui ont des arguments à faire valoir pour lier notre pays dans des domaines importants qui toucheront le quotidien de nos concitoyens, le fassent dans le cadre d'une campagne ouverte. Le peuple n'est pas stupide, loin de là !

    Ainsi, avant de donner 180 millions à la Roumanie dans le cadre du Fonds européen de cohésion (http://www.erweiterungsbeitrag.admin.ch/fr/Home/Pays), que l'on demande au peuple suisse s'il n'entend pas lier cette aide à une politique responsable et respectueuse de ce pays à l'égard de ses ressortissants « Roms ». Evidemment, cela risque d'en fâcher certains. Peu importe.

    Ce sont d'ailleurs les mêmes qui s'opposent à l'élection du Conseil fédéral par le peuple. Cela nuirait à la cohésion nous dit-on. Comprenez «à la compromission ». Il ne faut pas s'étonner que notre Conseil fédéral soit le premier à s'y opposer dans son communiqué du 16 mai 2012 (http://www.ejpd.admin.ch/content/ejpd/fr/home/dokumentation/mi/2012/2012-05-16.html), car avec une élection populaire, la majorité de ses membres n'y serait tout simplement pas.

    Alors entre deux risques, celui de ne pouvoir convaincre le peuple de la justesse d'une position, et celui de laisser diriger la Suisse du XXIème siècle, avec les nouveaux défis qui sont les siens, par des intérêts partisans, j'ai choisi. Je voterai en faveur de cette initiative.

     

     

  • Assurance maladie: Où va le Parlement?

     

    Ce 3 mai 2012, par 98 voix contre 75, le Conseil national a accepté une proposition de minorité, déposée par les Libéraux-Radicaux, visant à inscrire, dans le programme de législature 2011-2015, sous Section 5 « La cohésion sociale de la Suisse est renforcée et les défis démographiques sont relevés avec succès », article 19 Objectif 18 « l'augmentation des coûts dans le secteur de la santé est combattue » un chiffre 61ter demandant à la Confédération de « simplifier le mode de financement en introduisant le financement moniste ».

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    croix-rouge-300x288.jpgRappelons pour mémoire qu'en réponse à l'initiative populaire intitulée « Pour la baisse des primes d'assurance-maladie dans l'assurance de base », qui visait ni plus ni moins qu'à réduire les prestations à charge de l'assurance maladie obligatoire, le Parlement avait proposé un contre-projet intitulé trompeusement « Qualité et efficacité économique dans l'assurance-maladie », qui visait à introduire un nouvel article 117a al.6 de la Constitution fédérale, devant constituer la base du financement moniste du système de santé.

    De quoi s'agit-il exactement ? Tout simplement d'instituer un payeur unique pour tout le domaine de la santé, comme c'est le cas pour les soins ambulatoires. Ainsi, pour les soins hospitaliers également, seules les assurances maladie interviendraient, et les contributions publiques, notamment cantonales, leur seraient versées, à charge pour lesdites assurances de gérer le tout.

    Vous l'aurez compris, la finalité est de transférer intégralement à nos assureurs-maladie les cordons de la bourse pour tout le secteur de la santé.

    Indépendamment du fait que le financement moniste constitue un retour en arrière par rapport au système, certes laborieux, mis en place dès le 1er janvier 2012, qui voit intervenir les cantons au moins à 55% du tarif unifié (SwissDRG) pour les hospitalisations intervenant dans les établissement listés dans la planification hospitalière cantonale, c'est oublier bien vite que les électrices et les électeurs suisses ont refusé, à 69,48%, le 1er juin 2008, le projet du Parlement, l'initiative populaire ayant été entretemps retirée.

    Ainsi, le Parlement tente de faire revenir par la fenêtre un principe que le peuple a clairement éjecté par la porte principale, au mépris de la volonté populaire exprimée voici quatre ans à peine.

    En l'état actuel, au vu de l'opacité des comptes de nos assureurs-maladie, et de l'absence de tout contrôle efficace de la part de la Confédération, principalement, et des cantons, dans une moindre mesure, il est exclu de leur confier davantage d'argent, ce que voudraient certains partis politiques, vérolés par les membres de leurs conseils d'administration.

    La question se reposera lorsqu'enfin cette assurance sociale sera confiée à une caisse publique unique, dont les antennes cantonales, chargées de fixer les primes, seront soumises à un réel contrôle de la part des assurés.

    Le combat sera encore long et difficile, tant les intérêts économiques adverses sont puissants. Il en va toutefois du maintien de notre liberté de choix et de l'accès à une médecine de qualité.

     

     

     

     

  • Erik le barbare ?!

     


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    Ainsi, Erik le gueux, nourrirait-il l’ambition de gravir le haut du pavé?, Voudrait-il même prendre d'assaut le château fort pour mieux le protéger?

    Que nenni! La noblesse du fief, d'illustre lignée, ne laissera pas ce rustre manant prendre un pouvoir qui, telle une géline au four, doit rester destinée à la ripaille de la cour.

    Peu importe que l'ennemi afflue de toutes parts, aussi efficace que puisse  être ce roturier, son alliance serait pire que l'invasion hostile. Diantre, sa réussite, là où l'aristocratie a échoué, signifierait la défaite, non d'un peuple, mais d'une race. La race des Seigneurs.

     

  • L'inquisition existe; je l'ai rencontrée

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    Si le député Henry Rappaz avait été poursuivi pour crime de sorcellerie, c'est sur le bûcher qu'il aurait fini.

     

    Ce à quoi j'ai assisté jeudi soir 22 mars, dans cette moiteur rassurante de huis-clos du Grand conseil,  nid douillet où la lâcheté peut éclore impunément, m'a littéralement glacé d'effroi.

     

    Peu importe la sanction finalement. C'est bien plutôt la sournoise conivance à ériger l'arbitraire en justice qui me fut insupportable.

     

    Les prétoires du Palais m'ont habitué aux échanges d'arguments. Rudes souvent, désespérés parfois. Mais toujours, même dans les causes les plus difficiles, l'incertitude du verdict.

     

    Henry Rappaz, comme Eric Stauffer avant lui, avait autant de chances de convaincre ses juges d'un soir et d'obtenir justice, qu'un Noir plaidant sa cause devant le Ku Klux Klan.

     

    Les temps passent, l'esprit grégaire demeure. Et dire que certains voudraient rétablir la peine de mort! Qu'ils se gardent bien d'être du mauvais côté le moment venu.

     

     

  • Pour une Banque Nationale indépendante

     

    Alors que certains, profitant des dysfonctionnements récents imputables à la direction de la Banque Nationale suisse, voudraient mettre notre établissement central sous la tutelle du pouvoir politique ; alors que d'autres, tentés par un dirigisme économique et financier, souhaiteraient faire de la Banque nationale un instrument de ce même pouvoir politique ; les uns et les autres appelant de leurs vœux une règlementation plus stricte de l'activité de la BNS, il est impératif de répéter qu'il est urgent de ne rien faire, afin que notre établissement central reste indépendant, condition essentielle à son efficacité et à sa crédibilité.

    Il s'agit, en effet, de ne pas faire un amalgame entre un comportement individuel qui serait tombé sous le coup de la loi pénale, et en particulier du délit d'initié, si l'article 161 du Code pénal n'avait pas comporté une lacune, d'où la motion déposée dans ce sens (http://www.parlament.ch/f/suche/pages/geschaefte.aspx?gesch_id=20123025), et le fonctionnement de la Banque nationale elle-même, qui n'a pas été mis en question, et qui n'avait pas à l'être.

    bns.jpgPour rappel, l'article 99 de la Constitution donne pour mission générale à notre Banque centrale de servir les intérêts du pays, mission précisée à l'article 5 de la loi fédérale sur la banque nationale, dans le sens qu'il lui incombe d'assurer la stabilité des prix tout en tenant compte de l'évolution de la conjoncture.

    La stabilité des prix est ainsi le but central de notre politique monétaire, et constitue la ligne directrice de l'activité de notre banque centrale.

    Certains voudraient ajouter d'autres objectifs, d'autres contraintes, susceptibles, selon la conjoncture, d'entrer en conflit avec cette ligne directrice. D'aucuns encore voudraient augmenter l'influence des cantons, lesquels souhaitent logiquement une distribution de bénéfices la plus élevée possible, objectif susceptible d'entrer en conflit avec une politique monétaire axée sur la stabilité des prix à long terme.

    D'une manière générale, la tentation est grande de vouloir donner au pouvoir politique les moyens de réduire l'autonomie et l'indépendance de la Banque nationale, en substituant à la surveillance actuelle un droit d'ingérence, au mépris des enseignements que nous dispense quotidiennement l'observation internationale.

    Le pouvoir politique, dont la motivation est influençable par des variables conjoncturelles, ne saurait de surcroit intervenir avec la rapidité et la flexibilité exigées par le marché monétaire.

    La fixation d'un taux de change plancher entre le franc suisse et l'euro constitue, à l'heure actuelle, la parade la moins dommageable, au franc fort. Néanmoins, il est évident qu'une dépréciation majeure de l'euro, qui nécessiterait l'achat massif de devises, impliquerait, de fait, un ancrage de notre franc sur l'euro, et, indirectement, une entrée de la Suisse dans la zone euro, effet dont nous ne voulons pas et qui irait à l'encontre de la politique de stabilité des prix.

    La réaction de notre Banque nationale doit donc pouvoir intervenir, le moment venu, sans délai, et surtout, sans préavis, ce qu'un aval politique ne garantirait évidemment pas.

    Alors, une fois n'est pas coutume, car il en va de notre avenir économique, nous devons protéger la Suisse d'un pouvoir politique envahissant et néfaste, et conserver à notre Banque nationale son indépendance, seule garante de son efficacité et de sa crédibilité internationale.

     

     

     

     

  • Frontaliers: La valse des hypocrites

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    Bernard Gruson, directeur général des HUG, dont on se souviendra que le livre de chevet est « Une logique de la communication » de Paul Watzlawick, (http://www.stephanehaefliger.com/pdf/lpv/lpv_31.pdf), prend brutalement conscience, dans l'établissement autonome qu'il dirige depuis plus de 10 ans, que s'est instauré, ce qu'il appelle « un malaise », dans la mesure où, à ce jour, 110 des 165 responsables des unités de soins sont frontaliers.

    Il propose désormais qu'à compétences égales, on opte pour un employé résidant dans le canton de Genève, afin de rétablir « l'équilibre ». Cela sous-entend que jusqu'à maintenant la résidence n'a jamais été un critère de sélection des candidats aux compétences égales, qu'à posteriori, on admet qu'à compétences égales, le fait d'être frontaliers était plutôt un avantage...et qu'enfin, les frontaliers aux compétences supérieures n'ont pas à s'inquiéter.

    Alors que depuis 2005, le Mouvement Citoyens genevois (MCG) préconise l'engagement prioritaire des résidents qui remplissent le profil du poste, tout en refusant les quotas, au motif que notre économie doit pouvoir aller chercher les compétences qu'elle ne trouve pas ici, là où elles se trouvent, il n'a cessé d'être combattu, raillé, insulté, vilipendé, par tous les partis genevois.

    En mai 2011, le Conseil d'Etat instaurait la préférence pour les demandeurs d'emploi du canton. En décembre 2011, il élargissait ce principe aux régies publiques. Bernard Gruson va plus loin, en retenant ce critère pour les promotions aux postes de responsables...jusqu'à l'équilibre dumoins. Et le Président du Conseil d'Etat Pierre-François Unger de parler, comme le MCG, de « bon sens », trop content sans doute qu'on l'interroge sur autre chose que la suite qu'il a donnée à ses injonctions au collègue Mark Muller.

    Ce qui était abusivement qualifié, hier encore, de xénophobie, et ce qui a valu au MCG d'être injustement catalogué d'extrême droite, serait-il devenu subitement le bon sens ? Ou la bande des hypocrites aurait-elle été contrainte de sortir du bois ? Vous connaissez ma réponse.

    Mais les hypocrites et les foutriquets de la politique genevoise n'ont pas fini de sévir, soutenus par une Tribune de Genève complaisante, dont l'éditorial du 18 février, signé Denis Etienne, se garde bien de mentionner le MCG, ce qui pourrait être perçu comme un hommage au seul parti politique dont la lucidité et l'honnêteté l'avaient conduit à dénoncer, seul contre tous, des dérives qui ne pouvaient que conduire à des réactions regrettables de rejet. Tout comme la RSR, qui invite Isabelle Moret, Conseillère nationale PLR, croiser le fer avec Michel Charrat, du groupement des frontaliers, comme si le PLR était devenu subitement le défenseur de l'emploi local, lui qui représente principalement une économie qui se bat bec et ongles pour la liberté d'engager sans limites au sein de l'UE.

    Une Tribune de Genève, qui ouvre, samedi dernier, grandes ses colonnes au PDC, qui serait devenu le champion de la préservation de l'emploi local, avec Luc Barthassat, Conseiller national, qui se permet même d'insulter au passage le MCG, le traitant de parti « qui ne sait qu'aboyer ». C'est l'hôpital qui se moque de la charité !

    Sans parler de ceux qui continuent, avec une totale mauvaise foi, à faire croire que les Suisses domiciliés en France sont des frontaliers, espérant les rallier à leur cause, et auxquels je présente ci-dessous, un extrait du courrier que m'a adressé, précisément sur cette question, le 3 février 2011, le Directeur général de l'Office cantonal de la population :

    " A la lecture de ce qui précède, je peux donc vous confirmer que l'OCP considère comme "travailleurs frontaliers" les personnes telles que définies ci-dessus, à l'exclusion des ressortissant suisses domiciliés en France et travaillant dans notre canton."

    On ne peut être plus clair.

    Mais Genève n'a pas le monopole de l'hypocrisie politique. Nos voisins français ne manquent jamais une occasion de mettre en avant la région franco-valdo-genevoise... quand cela les arrange.

    Où étaient-ils ces élus opportunistes lorsqu'on a laissé construire l'extension de l'autoroute A41 d'Annecy à Genève, alors que l'on vantait simultanément les avantages du rail par la promotion du CEVA, dont le financement français n'est toujours pas trouvé, malgré les affirmations contraires qu'on nous sert depuis deux ans ?

    Où étaient-ils ces mêmes élus, qui, tout en vantant la collaboration transfrontalière, faisaient construire, aux portes de Genève, le Centre hospitalier Alpes-Leman (CHAL), qui a ouvert ses portes, le 1er février dernier à Contamine-sur-Leman, et qui concurrence directement les HUG ?

    De là à penser que la subite « prise de conscience » de Bernard Gruson serait une « réponse du berger à la bergère », il n'y a qu'un pas...

    Le MCG est heureux de voir que l'on aborde enfin un sujet qui était encore tabou il y a quelques mois, et non seulement au niveau cantonal, car le Conseil fédéral envisage aussi de mettre en œuvre la clause de sauvegarde prévue par l'accord de libre circulation. L'honnêteté intellectuelle minimale que l'on serait en droit d'attendre, non pas du monde politique, car cela serait vain, mais des médias, serait de reconnaître que le MCG a contribué, de manière capitale, à la reconnaissance d'un problème dont souffrent les habitants genevois, particulièrement depuis l'entrée en vigueur des Accords bilatéraux. Serait-ce vain également ?

    Et pour répondre à Luc Barthassat, oui nous aboyons, pendant que la classe politique bienpensante brait, et, contrairement à vous, nous savons aussi mordre lorsqu'il le faut ! Nous l'avons prouvé et le démontrerons encore.

     

     

     

     

     

     

     

     

  • Surpopulation carcérale et droits de l'Homme

    Champ-dollon.jpgLa grève des gardiens de prison a des conséquences, mais elle a aussi des causes. Certains semblent s’arrêter davantage aux premières, sans vouloir regarder les secondes.

    Le contact de l’avocat avec son client est important, d’autant plus lorsqu’il est détenu. Primordial même, pour préparer les audiences. Le Bâtonnier de l’Ordre des avocats a donc parfaitement raison de se plaindre du fait que ce droit est entravé par la grève des gardiens, les temps d’attente imposés aux avocats ne leur permettant souvent pas de rencontrer tous les clients qu’ils souhaitent durant leur passage à la prison. Atteinte à la Convention des droits de l’Homme, dénonce-t-on. Certes.

    Peut-être aurait-il été souhaitable que l’Ordre des avocats se fasse également entendre, pour exiger le droit des détenus à être traités décemment, durant toutes ces années de surpopulation carcérale, laquelle atteignait 209% en 2010 (http://www.ge.ch/champ-dollon/doc/rapport-d-activites-2010.pdf), dans une prison qui comptait encore 617 détenus pour 370 places vendredi 3 février 2012 (http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/Incendie-a-ChampDollon-deux-detenus-blesses/story/21667304).

    Curieusement, l’entassement des détenus dans les cellules n’a jamais suscité l'indignation de l’Ordre des avocats auprès des autorités politiques, en tout cas de manière aussi médiatique. Les mauvais esprits pourraient penser, qu’en réalité, ce n’est pas le confort des détenus qui préoccupe leurs avocats, mais leur confort à eux, et que pour autant que leurs clients leurs soient présentés ponctuellement au parloir, tout le reste est supportable. Rien n'est plus facile à supporter, comme chacun sait, que la souffrance d'autrui.

    Il se trouve que chez les gardiens de prison, comme à la police, on est fatigué d’être bercé de belles promesses. Il en va de la qualité de la détention, mais aussi de la sécurité.

     

  • SECRET BANCAIRE EN DECOMPOSITION

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    Certains se réjouiront sans doute de la tendance actuelle au démantèlement de notre secret bancaire. Ce sont ceux-là mêmes qui ont inconsciemment profité de l'essor économique exceptionnel de la Suisse depuis la dernière guerre, l'attribuant à la capacité de travail et d'innovation du peuple helvétique, et occultant que la masse financière dont nos  banques ont profité, leur a permis de soutenir nos entreprises dans leurs activités de pointe.

    La Suisse des années 70', présentée à juste titre comme la machine à laver mondiale de l'argent sale, n'est plus. Il suffit pour s'en convaincre de passer par les obstacles désormais posés par nos banques pour l'ouverture d'un compte bancaire, et non seulement pour les personnes domiciliées à l'étranger.

    Si la fraude fiscale doit être combattue, car elle fait appel à des moyens délictueux pour sortir l'argent du pays de domicile de son ayant-droit, l'évasion fiscale, qui n'est qualifiée comme telle que par le fisc étranger qui voit échapper l'objet de son imposition sur la fortune, mais qui n'est que le déplacement de sommes honnêtement gagnées , après paiement de l'impôt sur le revenu, n'est choquante que pour celles et ceux qui considèrent que la Suisse doit être un agent de ces administrations étrangères, au nom d'une solidarité internationale, que les pays qui s'en prévalent ne revendiquent que lorsque cela les arrange.

    Le monde politique et financier semble désormais résigné à glisser sur la planche savonneuse que nous a servie l'UBS, en raison des infractions clairement commises dans ce domaine aux Etats-Unis.

    Sans vergogne, nous faisons aujourd'hui de la délation un must incontournable, sacrifiant sur l'hôtel de la bienséance internationale tous ces clients, dont le seul tort est d'avoir cru à la confidentialité qui leur a été vendue pour les attirer chez nous.

    Certains tentent malgré tout de relever l'échine, de nager à contre courant, sachant les chutes toutes proches.

    C'est ainsi que le 8 juin 2010, Monsieur Martin Landolt, Conseil national PBD, déposait l'initiative parlementaire suivante, visant à inscrire le secret bancaire dans la Constitution, avec une réserve de taille, qui démontre la modération de la démarche :

    1. Le secret bancaire est garanti. Est réservé l'alinéa 2.

    2. En cas de soupçon de fraude fiscale ou de soustraction fiscale grave, les autorités suisses compétentes peuvent ordonner à des établissements bancaires de communiquer les données probantes. Les conditions et la portée de l'obligation de communiquer sont régies par les conventions pertinentes contre les doubles impositions s'agissant des clients étrangers, par la législation suisse s'agissant des clients suisses.

    3. Le Conseil fédéral édicte les dispositions d'exécution.

    Eh bien sachez que le 13 décembre 2011, par 172 voix contre 13, le Conseil national a refusé d'entrer en matière, à savoir les 9 PBD plus 4 députés, dont moi-même. (http://www.parlament.ch/ab/frameset/f/n/4901/369687/f_n_4901_369687_370068.htm )

    Où étaient alors les parlementaires PLR, défenseurs de la place économique suisse, largement sponsorisés par nos banquiers ?

    Où étaient alors les parlementaires UDC, défenseurs de l'indépendance de la Suisse face aux pressions de l'Union européenne ?

    Aux abonnés absents.

    Une fois encore, le politiquement correct a tué le politiquement efficace et il est temps que certains invertébrés de la politique cessent de fustiger un Conseil fédéral timoré dont ils sont les complices.

     

     

  • PRIORITE AUX CHOMEURS RESIDENTS. ENFIN!

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    Les faits ont la tête dure, car ils sont ce qu'ils sont. Et le bon sens finit toujours par triompher, car on ne peut nier indéfiniment la réalité et biaiser les solutions qui s'imposent.

    Le Conseil d'Etat l'a bien compris, lui qui, se gardant pourtant bien de rendre hommage au MCG, qui l'avait amené à ce résultat, annonçait le 2 mai dernier que l'Etat entendait accorder la priorité aux demandeurs d'emploi résidents dans le canton.

    Cette avancée remarquable a été complétée, le 21 décembre, par l'extension de cet engagement aux établissements publics autonomes, dont les Hôpitaux universitaires, les Transports publics, les Services industriels, l'Aéroport de Genève, la Fondation des parkings et les EMS. Voilà un signe clair, attendu depuis longtemps par la population genevoise !

    Si certains doutaient encore de l'utilité et de l'efficacité du MCG, les voici convaincus. Car sans un parti citoyen, capable de dénoncer les dysfonctionnements, à l'abri de la pression des lobbys, jamais le Conseil d'Etat n'aurait pris une telle mesure.

    Vous chercherez d'ailleurs en vain un communiqué de presse émanant d'un parti « gouvernemental » saluant cette décision. Le silence des partis de gauche, prétendus défenseurs des travailleurs est à cet égard assourdissant. Au point que les syndicats refusent de participer à la commission tripartite chargée de vérifier le respect des engagements pris, commission qui ne sera donc « tripartite » que par le nom puisque seuls trois services de l'Etat y participeront (OCE, OCP et OCIRT)

    Monsieur François Longchamp, en fin stratège, prépare les futures élections cantonales de 2013, espérant ainsi priver le MCG de l'un de ses sujets de campagne. C'est oublier, d'abord, qu'entre la parole et les actes, il y tant à faire, ensuite, que le secteur privé continue de profiter d'un libéralisme d'engagement qui place les demandeurs d'emploi résidents dans une situation de concurrence déloyale, enfin, que les sujets d'indignation ne manquent pas à Genève, pas plus que l'hypocrisie des partis gouvernementaux, qui persistent et persisteront à nier la réalité des faits jusqu'à l'écoeurement.

     

     

     

     

     

     

  • Le Conseil d'Etat veut imposer davantage les assurés

     

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    Dans son point de presse de ce jour, le Conseil d'Etat annonce vouloir augmenter les recettes fiscales de 11 millions de francs dès 2013, en plafonnant la déduction des primes d'assurance maladie et accident à hauteur de la prime moyenne cantonale relative à l'assurance obligatoire des soins (avec accidents), alors que la déduction actuelle équivaut au double de la prime moyenne cantonale.

    En d'autres termes, si les contribuables genevois souhaitent pouvoir déduire totalement les primes qu'ils payent effectivement, ils doivent changer de caisse maladie pour aller vers des assureurs qui sont au niveau de la prime moyenne cantonale, ou au-dessous.

    Cette décision aura pour conséquence de pénaliser les contribuables de la classe moyenne, la plus touchée actuellement par les primes d'assurance maladie particulièrement lourdes, sans pouvoir toutefois bénéficier de subventions.

    Pire encore, en poussant les assurés genevois à changer de caisse, le Conseil d'Etat ne fait que favoriser le système actuel, sachant que les assurances les plus attractives aujourd'hui, augmenteront inévitablement leurs primes l'année suivante, en raison précisément de l'afflux massif de nouveaux assurés.

    Sans parler des personnes âgées ou malades au bénéfice d'une assurance complémentaire, qui devront, pour ne pas être pénalisées fiscalement, rester chez leur assureur pour ces assurances, tout en allant ailleurs pour l'assurance de base. Je vous laisse imaginer les parties de ping-pong auxquelles elles devront assister.

    C'est donc une solution de facilité que le Conseil d'Etat a choisi de soumettre au Parlement, et il sait que l'opposition sera forte.

     

     

  • Vous avez dit insécurité et répression?

     

    Conseil national, 15 décembre 2011, 12h15 : Par 79 voix contre 76, la motion du Conseiller aux Etats PBD Werner Luginbühl, demandant la suppression des peines pécuniaires avec sursis et la réintroduction des peines privatives de liberté de moins de six mois est transformée en simple mandat d’examen… Au moment du vote, la moitié au moins des parlementaires UDC est absente*, alors que la gauche, disciplinée, est bien là.

    Il est vrai que la sécurité et la répression de la délinquance ne font pas partie des préoccupations de l’UDC. De la parole aux actes.UDC.png

    (*les deux Genevois, Céline Amaudruz et Yves Nidegger, sont à leur place)

     

  • CEVA: L'omertà des milieux politico-médiatiques genevois

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    Avertissement : Le message ci-dessous n'est pas à mettre dans n'importe quelles mains, notamment dans celles d'esprits critiques, qui pourraient nourrir des doutes quant à la compétence, voire l'honnêteté intellectuelle de nos dirigeants, sentiment de nature à nuire à l'image de la République.

     

     

    Alors que la totalité de la classe politique bien-pensante, de gauche comme de droite, poursuit son travail de désinformation; alors que les journalistes d'investigation de notre vénérable République sont aux abonnés absents; alors que Monsieur Mark MULLER, en grande pompe, annonce le premier coup de pioche du « chantier du siècle »; la population genevoise continue à être bercée dans la douce illusion que l'avenir ne se construira qu'avec le CEVA, ce projet devant être la future colonne vertébrale d'une région qui n'est aujourd'hui qu'un vulgaire lombric, et que celles et ceux qui persistent à considérer qu'une dépense annoncée de plus de 1.5 milliard, mais qui dépassera évidemment les 2 milliards, ne serait qu'une absurdité au vu du bénéfice escompté en termes de mobilité, ne sont que d'infâmes égoïstes, qui ne visent qu'à préserver leur confort personnel aux dépens du bien-être de la collectivité.

    C'est ainsi que la TRIBUNE DE GENEVE, faiseur d'opinion par excellence, annonçait, le 19 octobre 2011, que « Berne accepte le surcoût du CEVA », tout en noyant dans le texte, faute de pouvoir l'inscrire en petits caractères dans une note de bas de page, que Genève devrait finalement débourser 125 millions de plus (http://www.tdg.ch/actu/suisse/geneve-devra-payer-entretien-ceva-2011-10-19 ).

    Lorsque l'on sait que les Genevois ont voté en novembre 2009 sur une augmentation de budget de 107 millions pour le CEVA, ce nouveau dépassement n'est évidemment qu'une peccadille, ou mieux, un épiphénomène à jeter à la corbeille de l'histoire.

    Afin de tuer dans l'œuf toute velléité référendaire, le lecteur est d'ailleurs averti: cette somme n'est en fait que la capitalisation d'un coût d'ores et déjà prévu dans le Protocole de 2002, qui avait actualisé la convention de ... 1912, pour ce qui est des coûts annuels, non couverts, d'entretien et d'exploitation de cette infrastructure.

    Certains esprits critiques, bien évidemment méprisables, pourraient être tentés de balbutier une objection, dans la mesure où ce qui était prétendument prévu aurait dû, logiquement, être annoncé, alors qu'au contraire, Monsieur Mark MULLER, en personne, affirmait en regardant l'électeur dans le blanc des yeux : « ce sera un milliard et demi et pas un sou de plus, je le garantis ». Oublions ce détail et regardons par-dessus cette abominable frontière, dont la région en construction n'a cure, et examinons, n'en déplaise aux manipulateurs qui nous gouvernent, ce qu'il en est du financement du CEVA côté français.

    Rappelons, si nécessaire, que le CEVA est destiné à relier la Gare de Cornavin à Annemasse et non pas à s'arrêter à la frontière française, faute de quoi sa justification même en serait niée. Or, la France n'ayant toujours pas bouclé le budget la concernant, qui est de la bagatelle d'environ 300 millions, comme le rappelle la TRIBUNE DE GENEVE dans l'article précité, un projet de loi fut déposé au Grand Conseil par certains mauvais esprits, dont votre serviteur (PL10773), demandant « un moratoire sur l'exécution des travaux du CEVA, jusqu'au bouclement du financement à charge des partenaires français ».

    Dans ce contexte, Monsieur Mark MULLER, lui encore, fut entendu par la Commission des travaux, ses propos ayant été ainsi rapportés dans le rapport de Monsieur Guy METTAN: « M. MULLER relate l'état des discussions régulières tenues avec les autorités françaises. Si la France refuse de payer sa part du projet, deux solutions se profilent : soit une autorité suisse accepte de financer ladite part, soit on renonce au projet de CEVA. Il estime toutefois que l'Etat français honorera ses engagements, car il y va de sa parole et de son honneur » (PL10773-A).

    Le lecteur appréciera le sérieux des garanties obtenues par notre Gouvernement de la part des autorités françaises pour être réduit à faire appel à « la parole » et à « l'honneur » lorsqu'il en va de ce que l'on nomme pompeusement « le chantier du siècle ».

    A ce jour, l'on ne sait dès lors toujours pas si la France va boucler sa part du budget, et si oui, quand.

    La TRIBUNE DE GENEVE, semble toutefois en savoir davantage que le Président du Conseil d'Etat, puisqu'il est indiqué dans l'article du 19 octobre 2011 : « A 1,567 milliard de francs suisses que le CEVA devrait coûter en valeur actuelle, s'ajoute la part française évaluée à 300 millions de francs suisses. Cette somme est entièrement à charge des collectivités publiques françaises, note le communiqué de l'administration fédérale. Du côté français, on assure que le financement est bouclé à 10 millions d'euros près ».

    Lorsqu'on parle « du côté français », on s'abstient évidemment de citer l'interlocuteur, des fois que l'on veuille vérifier.

    Parlons-en de ce « côté français »: Monsieur Bernard ACCOYER, député-maire d'Annecy-le-Vieux et Président de l'Assemblée Nationale française , rien que cela, accordait, le 3 novembre 2011, une interview au journal « Le Messager », dans lequel on pouvait lire , je cite :          « Quant au CEVA, il manque quelques millions d'euros côté français, l'Etat peut-il remettre la main au porte-monnaie ? ». « L'Etat a déjà mis plusieurs millions d'euros, le Département a également mis une grosse somme : ça suffit ! Le CEVA est une pompe aspirante. On ne va pas laisser enclaver le Châblais et le bassin annécien et voir notre main d'œuvre partir régulièrement de l'autre côté de la frontière. S'il faut plus d'argent, soit la Suisse apporte le financement, mais on ne peut pas mettre de financements quels qu'ils soient sans avoir désenclavé le nord du Département » ( http://www.lemessager.fr/Actualite/Actualite_de_Hte_Savoie/article_1482557.shtml ).

    Et de vanter le désenclavement du Châblais par de nouveaux réseaux routiers qui doivent, pour le Président de l'Assemblée Nationale, être une priorité.

    Diable! Voilà ce qui s'appelle construire la région franco-genevoise! Mais quels sont ces « plusieurs millions d'euros » qui auraient déjà été mis par l'Etat français et quelle serait la « grosse somme » versée par le Département de la Haute-Savoie ? Bien évidemment, personne ne pose la question côté Suisse, afin d'éviter les réponses embarrassantes.

    Malgré cela, on continue à véhiculer l'information selon laquelle, sur les 300 millions nécessaires du côté français, il ne manquerait que 10 millions. Trois fois rien.

    Alors souffrez que je pose la question, au risque de gâcher votre petite fête du 15 novembre prochain: combien de temps encore va-t-on prendre les Genevoises et les Genevois pour des imbéciles en donnant le « premier coup de pioche » à un chantier, dont on sait déjà qu'il dépassera très largement le budget annoncé, tout en le dissimulant délibérément aux contribuables de ce Canton ?

     

     

     

     

     

  • Frontaliers: fallait oser

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    C'est LeMatinDimanche qui nous l'apprend. Astrid Baud-Roche, adjointe au maire de Thonon-les-Bains,et membre du bureau du syndicat mixte de l'Agglomération franco-valdo-genevoise considère que les employeurs suisses qui emploient des travailleurs frontaliers français devraient payer au moins le 50% de leurs frais de transport.

    Pourtant, depuis 2010, suite à une décision du Tribunal fédéral, les frontaliers peuvent déduire leurs frais de l'impôt à la source, et donc également leurs frais de déplacement. Pas suffisant semble-t-il, pas plus que le taux de change alléchant. Nul doute que cette revendication saura être relayée par nos syndicats, dont les travailleurs frontaliers sont désormais la force vive, tant la fibre syndicale de nos travailleurs résidents a été corrodée par quelques décennies de paix du travail. Ceci explique sans doute pourquoi la gauche helvétique, dont les syndicats sont le fer de lance, répugne à voir la réalité en face et à exiger une priorité territoriale en matière d'embauche*, se limitant à réclamer des mesures d'accompagnement plus efficaces et plus contrôlées à la libre circulation, ce qui ne constituera jamais une protection suffisante pour nos jeunes en fin de formation face à des travailleurs en provenance de l'Union européenne et disposant d'une expérience qui leur fait précisément défaut.

    En fin de compte, ne devrait-on pas soutenir cette exigence ? Et même aller plus loin encore !

    Ainsi, les employeurs qui engageraient un travailleur frontalier sans avoir préalablement annoncé le poste vacant à l'Office de l'emploi de leur canton, et qui refuseraient un candidat résident en Suisse disposant du profil du poste, devraient assumer intégralement les frais de transport ou de déplacement du travailleur frontalier engagé, sans possibilité de les déduire fiscalement dans la masse salariale. Ce serait ainsi une façon de participer aux efforts financiers du canton pour améliorer les transports des pendulaires.

    Cette mesure ne contreviendrait pas aux accords bilatéraux, car un employeur ne pourrait pas être empêché d'engager un travailleur frontalier, si tel est son désir. Par ailleurs, un employeur qui engagerait un travailleur frontalier faute de trouver un candidat en Suisse ne serait pas pénalisé, dans la mesure où son annonce à l'Office de l'emploi resterait sans résultat.

    Ceci devrait évidemment être associé à des mesures incitatives sur le plan financier et fiscal, afin de favoriser l'engagement de nos jeunes en fin de formation (ou moins jeunes en cas de nouvelle formation suite à un chômage).

    Scandale criera la gauche : vous dressez des travailleurs contre d'autres travailleurs ! Scandale hurlera la droite : vous voulez mettre des entraves à notre économie.

    Eh oui, le bon sens a encore du chemin à faire pour vaincre la mauvaise foi.

    *afin d'anticiper les récurrentes remarques de certains bloggeurs, qui prennent un malin plaisir à entretenir la confusion, je rappelle que les ressortissants suisses domiciliés à l'étranger ne sont pas et ne seront jamais des frontaliers, puisqu'ils viennent travailler dans leur pays.

     

     

  • Procureur général: Indépendance ou soumission?

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    La crise que traverse actuellement le Ministère public genevois a généré, cette semaine, des symptômes qui méritent que l'on se penche sérieusement sur le patient. En effet, ce sont tous les quatre Premiers Procureurs qui ont démissionné de leur poste, pour retourner, cursus peu banal, au niveau de simples Procureurs. En d'autres termes, les adjoints immédiats de notre Procureur général ont exprimé ainsi leur désolidarisation, et leur impossibilité de cautionner la politique menée par le Parquet.

    Monsieur Daniel Zappelli a beau nous expliquer que la cause est à rechercher dans la surcharge de travail qui incombe aux Procureurs depuis la suppression, le 1er janvier dernier, de la fonction de juge d'instruction, même si cela ne facilite pas les choses, s'il s'agissait de la cause réelle du malaise, ce serait une conférence de presse commune, réunissant le Procureur général et les Premiers procureurs qui aurait été organisée pour demander d'urgence des moyens supplémentaires.

    Non le problème est ailleurs, et la population, qui doit avoir confiance en sa justice, est en droit de savoir.

    On ne peut être qu'interpellé lorsque l'on lit, à trois reprises, dans la Tribune des 8 et 9 octobre (1ère page, éditorial et page 3, http://www.tdg.ch/zappelli-lache-2011-10-06, http://www.tdg.ch/geneve/actu/departs-chaine-ministere-public-decime-2011-10-07 ), que le PLR a demandé au Procureur général de s'abstenir de toute nouvelle intervention sur la sécurité à Genève durant la campagne pour les élections fédérales. Certes les déclarations faites ces derniers mois mettaient en évidence une discrépance pour le moins gênante entre le discours médiatique et la réalité des directives internes du Parquet, mais au nom de quelle allégeance un parti politique dicterait-il au 1er magistrat du Pouvoir judiciaire ce qu'il doit dire ou taire ?

    N'est-ce pas à ce niveau que réside le malaise ? Dans ce mariage de la carpe et du lapin, qui veut qu'à Genève, sauf exception majeure, qualifiée d'ailleurs de dysfonctionnement, tout nouveau magistrat est présenté par un parti politique, et doit donc, préalablement, recevoir l'aval de la commission judiciaire du même parti politique, avant de passer devant une commission interpartis, qui a, pour tâche essentielle, d'éviter que l'incompétence ne passe les mailles du filet.

    Ainsi, les magistrats sont tous catalogués selon leur couleur politique, et continuent, pour la plupart, à faire partie de la commission judiciaire du parti qui les a propulsés à cette charge. Lorsque l'ambiance se gâte, vous l'aurez compris, les blocs se figent et la machine se fige.

    Certes, le Procureur général, élu par le peuple pour 6 ans, a dû faire campagne, et son affiliation à un parti politique n'a pas pu être ignorée. Aussi regrettable que soit cette situation, il n'y a guère de solution miracle, car toute élection par le peuple amène les partis politiques à se positionner, et par conséquent, les candidats à exprimer leur vision de la politique répressive que doit mener l'Etat. Et qu'on le veuille ou non, alors que la loi devrait être la même pour tous, nous avons assisté, lors des 4 dernières élections du Procureur général, à l'affrontement d'un candidat de droite et d'un candidat de gauche...

    Mais pour le reste, comment exiger d'un futur magistrat, dont la qualité première devra être l'indépendance, qu'il commence d'abord par l'aliéner ? Ses compétences ne devraient-elle pas être le seul critère de sélection ? Etant précisé que l'on ne parle pas seulement de compétences juridiques, mais également de compétences humaines, si l'on ne veut pas faire de nos juges de vulgaires techniciens du droit.

    Le mode de désignation de nos juges est une question à laquelle il convient maintenant de s'atteler de toute urgence, si l'on ne veut pas faire du Palais de justice une reproduction de notre Grand Conseil, dans lequel, trop souvent malheureusement, l'intérêt du citoyen passe après les luttes idéologiques. Car lorsque la justice tousse, c'est la société toute entière qui se grippe.

     

     

     

  • Réseaux de soins : le piège

    imagesCAO7POLL.jpgLe Parlement a donné son feu-vert à une législation incitative, afin que les assurés acceptent, plus nombreux encore, à entrer dans des réseaux de soins, qui seraient un moyen efficace pour lutter contre la hausse des coûts de la santé.

     

    Le sacrifice demandé?

    D'abord financier, puisqu'au lieu d'accorder des avantages à ceux qui accepteraient de limiter leur liberté de choisir leur médecin, ce sont au contraire ceux qui s'y refuseront qui seront pénalisés, en voyant leur participation passer de 10% à 15%, avec un plafond, non plus de 700 francs, mais de 1000 francs par année.

    Sacrifice au niveau des principes ensuite, puisque malgré le résultat parfaitement clair de la votation du 1er juin 2008, refusant la suppression de l'obligation de contracter pour les assureurs et, inversement, le maintien du libre choix du médecin pour les assurés, c'est par une pression économique exercée sur ces derniers que cette restriction de liberté, renvoyée par la porte, revient par la fenêtre...

     

    Ainsi, les assurés conserveront bien entendu la liberté de choix de leur médecin, mais ils devront la payer davantage, comme s'ils ne payaient pas déjà suffisamment, notamment à Genève, pour avoir constitué des réserves colossales, transférées abusivement dans d'autres cantons !

     

    Indiscutablement, une meilleure concertation entre professionnels de la santé, ayant en charge un patient, constitue un facteur d'économicité (il n'est plus possible de parler d'assurance maladie, sans mentionner au moins une fois ce sacro-saint principe). Croire, cependant, que des réseaux ne sont efficaces que lorsqu'ils sont localisés géographiquement sous un même toit, constitue une méconnaissance de la pratique actuelle, par laquelle chaque médecin de premier recours, généraliste, pédiatre, ou gynécologue dispose d'un réseau de médecins spécialistes de confiance, auxquels leurs patients sont adressés en cas de besoin.

     

    Par ailleurs, il n'est de loin pas établi qu'il soit plus économique d'obliger un patient à s'adresser d'abord à son généraliste, car, compte tenu de la pression financière exercée par les assureurs sur les médecins, lesquels ne doivent pas dépasser de plus de 30% le coût moyen par patient des médecins de leur catégorie pour le canton où ils exercent, ces mêmes médecins ont tendance à « refiler la patate chaude », comprenez le patient, à un spécialiste, chaque fois qu'un examen plus pointu s'impose. En d'autres termes, un patient qui souffre du genou risque fort de faire supporter à son assurance-maladie le coût de son généraliste et le coût d'un orthopédiste, alors que compte tenu de la localisation de la douleur, il serait plus logique qu'il s'adresse directement au second.

     

    Ces remarques préalables amènent cependant à un problème plus profond, car les assureurs ne font jamais rien gratuitement, tant au sens propre, que figuré. S'ils insistent tant pour que Monsieur Didier Burkhalter, qui est désormais devenu leur bras armé, après le départ de Monsieur Pascal Couchepin, favorise les réseaux de soins , c'est évidemment, bien sûr, pour faire des économies, mais surtout pour prendre davantage de pouvoir dans le domaine de la santé.

     

    En effet, les réseaux, tels que les entendent nos assureurs, ne sont autres que des groupements de médecins ayant une unité d'intérêts sur le plan économique et avec lesquels ces mêmes assureurs sauront négocier des forfaits annuels par patient (système dit de la capitation).

     

    Au moyen de la somme ainsi négociée, ledit groupement devra s'arranger pour couvrir la moyenne des coûts par patient du réseau, tout en dégageant le plus gros bénéfice possible, pas trop important cependant, faute de se voir pénaliser par les assureurs, qui négocieront alors un nouveau forfait sur des bases inférieures.

     

    Ce système permettra ainsi aux médecins du réseau de s'assurer la fidélité d'une patientèle, de même qu'un revenu garanti. Les assureurs, pour leur part, seront à l'abri de toute surprise, en sachant, par avance, la somme qu'ils verseront pour chaque patient-assuré, que celui-ci fasse ou non appel au réseau et, s'il le fait, quel que soit le coût global qu'il engendrera.

     

    La conséquence ? Le médecin, qu'il le veuille ou non, de partenaire de son patient, deviendra l'associé de l'assureur, travaillant avec lui, consciemment ou non, pour restreindre les coûts de la santé le plus possible. De là à penser que le patient en fera les frais, il n'y a qu'un pas que l'on doit franchir intellectuellement, car les mesures diagnostiques, souvent coûteuses, risquent fort d'être reportées jusqu'à la dernière limite, celle au-delà de laquelle la responsabilité du médecin pourrait bien être engagée. Or, une maladie diagnostiquée tardivement n'engendre pas une économie, mais au contraire un surcoût et c'est là précisément la faiblesse de cette construction qui nous est présentée comme une solution idéale à la maîtrise des coûts.

     

    Un bon médecin, pour un assureur, est un médecin bon marché et, comme chacun le sait, le bon marché est toujours trop cher.