Bloggia - Page 7

  • Libre circulation: l'huile et l'eau


    huile-eau.jpg

    La Tribune de Genève nous rapporte les propos tenus par Gerhard Pfister, président du groupe PDC aux Chambres fédérales, dans les colonnes du Tages Anzeiger, le 24 décembre, en réaction à l’initiative UDC contre l’immigration de masse :

    « Je propose que les entreprises suisses trouvent un système d’accord de branche, sous l’autorité d’EconomieSuisse, qui interdise de faire venir des travailleurs spécialisés bon marché sans avoir épuisé toutes les possibilités sur le marché du travail en Suisse. Une telle mesure redonnerait la confiance à la population en la libre circulation des personnes, explique Gerhard Pfister ».http://www.tdg.ch/suisse/economie-doit-donner-preference-travailleurs-suisses/story/25406337.

    Ainsi donc, tel l’huile retenue au fond de l’eau, le bon sens remonterait-il à la surface ?

    Comment pourrais-je m’empêcher de penser à ce que furent certaines réactions exprimées lors de mon passage du PDC au MCG ? Comment imaginer alors (voici trois ans à peine) que l’on puisse soutenir un discours demandant que l’on donne la préférence à la main-d’œuvre locale ? http://archives.tdg.ch/geneve/actu/heros-assures-rallie-mcg-2009-07-14

    Le MCG était alors qualifié de parti d’extrême droite, xénophobe et nationaliste, d’où sa localisation à la droite de l’UDC au parlement. Il n’y a plus aujourd’hui que les imbéciles ou les malhonnêtes qui le prétendent.

    Depuis des années, le MCG, et le MCG SEUL, défend la priorité d’embauche pour les résidents - quelle que soit leur nationalité - par l’Etat et les régies publiques d’abord, mais également par les employeurs privés.

    https://poggia.blog.tdg.ch/archive/2010/04/11/politique-transfrontaliere-l-hypocrisie-de-micheline-calmy-r.html

    Aujourd’hui on se réveille, du moins par le discours, car de la parole aux actes il y a encore tant à faire. Cela est tellement vrai que pour flatter le lecteur, on en vient à proposer un contre-projet à l’initiative UDC.

    Soyons sérieux ! La protection du marché de l’emploi helvétique doit passer impérativement par la renégociation des accords bilatéraux, car toute préférence législative ou sous forme de convention collective de branche d’activité serait considérée comme discriminatoire et sanctionnée par la justice.

    L’Union européenne n’acceptera évidemment pas, ce d’autant dans le contexte politique et économique actuel, d’instaurer une telle exception au principe, que d’autres en Europe ne manqueraient pas de revendiquer.

    Il faudra imaginer une contre-prestation suffisamment crédible et alléchante.

    Posons les bases du problème :

    1.  La libre circulation a incontestablement des aspects bénéfiques pour notre économie, qui peut aller chercher les compétences dont elle a besoin, là où elles se trouvent.

    2. Notre économie abuse de cette liberté en engageant hors de Suisse des personnes disposées à travailler pour un salaire inférieur à celui pratiqué généralement chez nous.

    3. Notre économie abuse également de cette liberté en engageant hors de Suisse des personnes avec expérience pour un salaire égal à celui d’un jeune ayant terminé sa formation, et qui se retrouve ainsi dans une concurrence totalement déloyale contre laquelle il ne peut rien.

    4. Ce qui est valable pour les ressortissant UE s’installant en Suisse au bénéfice d’un engagement décrit sous 2 et 3, vaut également pour ceux qui s’installent en zone frontalière, soit parce que le marché local du logement n’offre rien d’abordable, soit parce qu’ils sont domiciliés non loin de la Suisse, ou qu’ils trouvent à se loger meilleur marché en France, en Allemagne, en Italie ou en Autriche.

    5. Si l’on instaure une priorité pour le marché local de l’emploi, cela signifie que l’économie suisse ne fera appel à des travailleurs installés hors de Suisse que dans les cas où le profil du poste n’est pas disponible sur le marché intérieur.

    6. Pourquoi ces travailleurs étrangers devraient-ils être pénalisés lors de la perte de leur emploi, après avoir apporté leur contribution à l’économie suisse ?

    7. Il s’impose dès lors d’offrir aux travailleurs de l’UE qui perdent leur emploi alors que leur engagement a été soumis à la règle de la priorité territoriale, des prestations équivalentes à celles de nos chômeurs, et cela même lorsqu’ils ne se sont pas installés en Suisse ou qu’ils retournent dans leur pays. Ils ne seront donc pas à charge de la sécurité sociale de leur pays de résidence.

    A cette condition, l’Union Européenne pourra peut-être accepter de renégocier la Convention de libre circulation des personnes.

    A défaut, la Suisse ne pourra pas faire l’économie de s’interroger sur le bilan global des accords bilatéraux, en vue d’une possible dénonciation.

    Il est grand temps de sortir des grands discours dogmatiques, à droite, comme à gauche, et de regarder la réalité en face : la Suisse ne ressemble à aucun de ses voisins européens, ni politiquement, ni économiquement, malgré tous les efforts d’eurocompatibilité de notre législation. Il faut arrêter de vouloir singer le chaos par crainte de l’isolement, sous peine de perdre notre âme et, plus accessoirement, notre qualité de vie.

     

     

  • Couples homosexuels et adoption : brèche ou percée?

    Le Conseil national a accepté, le 13 décembre, la possibilité d’adopter « dans les couples homosexuels » et non « pour les couples homosexuels ». En clair, dans le cadre limité d’un partenariat enregistré qui aura duré cinq ans au moins, il sera possible d’adopter l’enfant du partenaire (ce qui implique bien évidemment que cet enfant n’ait qu’un seul parent).

     

    1899342_12974638-adoption-20121108-t103a.jpg

    Il n’est par contre pas question dans le texte adopté de permettre à un couple homosexuel en partenariat enregistré d’adopter un enfant qui ne serait pas descendant de l’un des partenaires.

    Que faut-il en penser ? S’agit-il d’une avancée vers la reconnaissance d’une égalité entre couples homo- et hétérosexuels ou, lorsqu’on déplore cette décision, d’une brèche dans l’image traditionnelle, que certains définiront par « naturelle », de la famille ?

    Comme la très grande majorité de la population, du moins je le présume, je fais partie de ceux qui considèrent qu’un enfant devrait idéalement grandir aux côtés de son père et de sa mère, lesquels devraient, aussi idéalement, filer le parfait amour.

    La réalité quotidienne nous enseigne cependant que cela n’est pas toujours le cas, et même de moins en moins, soit parce que père et mère, bien que vivant ensemble, donnent à leur enfant l’image d’un déchirement constant, soit parce qu’une séparation intervient, ou plus tragiquement un décès, ou même parce que l’un des parents n’a jamais été identifié (plus fréquemment le père pour des raisons bien compréhensibles).

    Que cela plaise ou non, que cela soit idéal ou non aux yeux de certains, et j’en suis, il est un fait que des enfants n’ayant que leur père ou leur mère vivent avec celui-ci, et, rarement certes au regard de la population globale, mais la situation existe néanmoins, certains de ces enfant vivent également avec le partenaire enregistré de leur père ou de leur mère.

    Faut-il dans ces situations interdire leur adoption par ce partenaire, dont ils partagent la vie, ou faut-il, non pas dans l’intérêt du partenaire en question, mais dans l’intérêt de cet enfant, permettre la création d’un lien juridique avec lui, ce qui donnera à l’enfant une sécurité accrue pour l’avenir ?

    Cette nouvelle loi ne crée donc rien de nouveau mais offre la possibilité de donner à l’enfant, si son intérêt le justifie, ce qui sera examiné de cas en cas, un plus par rapport au droit actuel. Aura-t-il pour autant deux pères ou deux mères ? Cette présentation caricaturale est évidemment absurde et aucun enfant, dès l’âge de raison, ne pensera jamais qu’il peut être issu de deux êtres de même sexe. Il saura également qui est son père, respectivement sa mère, et qui est le partenaire qui l’aura adopté.

    On peut donc considérer que l’adoption d’un enfant doit rester le fait d’un couple hétérosexuel, tout est acceptant, dans ce cas spécifique particulier, que l’adoption de l’enfant du partenaire enregistré qui n’a qu’un seul parent, est un avantage pour l’enfant, et pour lui d’abord.

    Quant à ceux qui brandissent l’épouvantail de la brèche à la sacro-sainte image de la famille et qui considèrent que seuls les enfants élevés par des couples-hétérosexuels connaîtront l’épanouissement, on ne les a pas vus déposer des projets de lois visant à retirer tous les enfants élevés dans des familles homosexuelles. Car enfin, de deux choses l’une, soit on affirme agir dans l’intérêt de l’enfant, lequel serait en danger dans de telles familles, et il est criminel de ne rien faire, soit on agit dans l’irrationnel ou, au pire, dans la manipulation, et l’intérêt de l’enfant n’est qu’un prétexte.

    Voilà ce qu’il me semblait devoir être dit à propos d’une votation que certains pourraient être tentés de présenter comme une victoire, et d’autres, comme un pas vers la décadence.
    .

  • Après le racket, la raquette

    Nous apprenons en lisant la Tribune du week-end dernier que « l’Etat veut un RER à deux milliards sur la Rive droite », poétiquement nommé "la raquette". Mais qui donc parle ainsi au nom de l’Etat ? Le Conseil d’Etat ? Un Conseiller d’Etat ? Que nenni ! Le chef de projet à la Direction générale de la mobilité (DGM), que l’on envoie en éclaireur pour sonder la réaction de l’opinion publique.

    La DGM, vous connaissez ? C’est ce service dirigé par Madame la Conseillère d’Etat verte Michèle Kunzler, qui n’a de cesse de transmettre sa couleur préférée au visage de tous les usagers de la route genevoise, bloqués dans les bouchons, confrontés à des chantiers organisés sans coordination ni surveillance, usagers de la route traités avec un souverain mépris lorsqu’ils ne prennent pas les transports publics, et avec une remarquable impéritie lorsqu’ils tentent de comprendre comment nos réseaux TPG sont organisés.

    2638904772_1.jpgLa DGM, ce service qui ne raisonne qu’en termes de « horizon 2030 », car le quotidien des Genevoises et des Genevois « hic et nunc », n’est que péripétie de l’Histoire.

    Ainsi, après avoir réussi à faire gober à la population que Genève n’aurait pas d’avenir sans le CEVA, ce train grande lignes sans marchandises allant de Cornavin à Annemasse avec 5 malheureux arrêts, pour un coût avoué de 1 milliard et demi, mais qui atteindra vraisemblablement le double, on nous explique qu’il va falloir faire une « Raquette » de deux milliards pour aller de Cornavin au Palais des Nations, à l’aéroport, Meyrin, Satigny et Bellegarde.

    L’aéroport que les trains relient déjà depuis Cornavin, la place des Nations, qui est reliée par un tram, Meyrin, qui est desservi par un tram fraîchement inauguré, Satigny et Bellegarde, qui sont déjà reliés par train. Et on nous explique, les travaux du CEVA venant de commencer, que les usagers de cette future nouvelle ligne ne pourront pas aller directement à l’aéroport, compte tenu de la surcharge des lignes…alors qu’il s’agissait précisément d’un argument marketting utilisé lors de la votation de 2009.

    Certes, dans l’absolu, tout est utile, car lorsqu’il y a un train, vous trouverez toujours quelqu’un pour monter dedans… La question n’est pas de faire des choses utiles (vous voulez la liste ?), mais de choisir des priorités.

    Alors que l’on parle d’économies, que le contribuable ne s’inquiète pas : « le Canton sollicitera la Confédération ». Si la Confédération finançait les voyages vers les étoiles, nul doute que Genève postulerait pour une rampe de lancement…

    Il est vrai qu’astre et désastre sont de la même famille.

  • Corruption et intégrité

    Le blog d’Olivier Emery revient bien opportunément sur un mal qui ronge notre planète, et non seulement ailleurs, la corruption. Il nous rappelle, à juste titre, que l’antidote à ce mal est l’intégrité. Jusqu’à ce point, les propos ne peuvent qu’être approuvés. (http://oemery.blog.tdg.ch/archive/2012/12/05/la-corruption-poison-mortel-mais-antidote-connu.html)

    Là où notre blogueur sombre dans une regrettable subjectivité, c’est lorsqu’il nous explique que « presque tous les pays bien classés présentent un arrière-plan historico-culturel chrétien (à majorité corruption2.jpgprotestante) ». L’explication serait ainsi à rechercher dans la Bible, qui voue au châtiment éternel les prévaricateurs de tous genres…

    En résumé et en clair, la foi des chrétiens protestants serait à l’origine de leur plus grande intégrité.

    J’ai trop de respect pour Olivier Emery pour attribuer ce dérapage à une méconnaissance des données objectives du problème.

    Saint-Augustin disait déjà : qu’« il faut un minimum d’aisance pour cultiver la vertu », et un parallèle entre niveau de corruption et niveau des salaires de l’administration doit incontestablement être fait.

    De même, le degré de surveillance et la sévérité des sanctions jouent évidemment un rôle déterminant.

    A suivre notre bloggeur de référence, nous serions amenés à penser que seul le christianisme prônerait l’intégrité. Pourtant, et même si Israël est malheureusement mal classé dans ce triste palmarès de la corruption, (http://revuedinfos.com/post/13683682665/israel-la-corruption-saggrave-dans-le-pays), personne n’osera prétendre que le judaïsme serait complaisant à l’égard de tels comportements.

    Quant à l’islam, un Hadith prescrit : « Dieu maudit le corrupteur, le corrompu et l'intermédiaire entre les deux ». Le message est donc clair.

    Le Qatar est d’ailleurs classé 22ème, deux places devant les Etats-Unis ; les Emirats Arabes Unis, 28èmes devancent Israël, l’Espagne et le Portugal.

    Il ne s’agit donc pas d’un problème de foi, car l’Homme est Homme, et plus la précarité et l’insécurité sont grandes, plus les opportunités sont présentes, faute de surveillance, et plus l’occasion fera le larron.

    Evitons donc d’opposer la foi des uns à la foi des autres, et travaillons ensemble pour donner aux pays gangrénés par la corruption les moyens de réduire au minimum incompressible la tentation des acteurs de ce fléau !

    Et commençons par regarder de près ce qui se passe chez nous, car, comme j’avais eu l’occasion de le dénoncer dans un précédent billet,(https://poggia.blog.tdg.ch/archive/2008/09/15/corruption-made-in-switzerland.html), la corruption y est beaucoup plus subtile qu’ailleurs, et donc plus difficile à identifier et à combattre !

  • Chronique de Berne: Lutter efficacement contre la petite délinquance

    De la parole aux actes:

    Notre Ministère public demande des moyens supplémentaires pour lutter efficacement contre la petite délinquance, compte tenu de la lourdeur de la nouvelle procédure pénale.

    Votre serviteur a ainsi déposé devant le Conseil national, le 20 septembre dernier, une initiative parlementaire dont le but est d’accélérer la procédure dans les cas de flagrant délit ou d’aveu immédiat, en évitant au Ministère public de devoir demander systématiquement, comme c’est le cas actuellement, la prolongation de détention devant le Tribunal des mesures de contrainte.

    ( http://www.parlament.ch/f/suche/pages/geschaefte.aspx?gesch_id=20120465 )

    Ainsi, l’ordonnance pénale du Ministère public vaudrait prolongation de détention pour trois mois, mais au maximum pour la durée de la peine ferme prononcée, et il appartiendrait alors au condamné, s’il entend faire opposition contre cette ordonnance, de demander sa mise en liberté provisoire.

    Une fois le délai de 10 jours écoulé, en l’absence d’opposition, l’ordonnance pénale devient définitive et le prévenu, devenu condamné, passe en exécution de peine. En cas d’opposition, le Ministère public décide s’il maintient sa décision et, le cas échéant, après instruction complémentaire, renvoie le prévenu devant le Tribunal de police. Le tout peut se faire dans les trois mois, sans nécessité de passer par une demande de mise en détention, qui, en l’état actuel, est une simple formalité lorsqu’une ordonnance pénale est prononcée.

     

     

     

  • Du lever de drapeau au baisser de pantalon


    suisse_drapeau.jpggingerpig2000-300x215.jpg

    Que sera la place financière suisse dans 10 ans ? Si l’on nous avait posé cette question en 2002, aux balbutiements de l’euro, notre imagination la plus alarmiste n’aurait jamais décrit la situation actuelle. Le contexte international supporte incontestablement une responsabilité prépondérante, en faisant de l’Union européenne et des Etats-Unis, de faméliques prédateurs fiscaux à l’affut de toute nouvelle proie. Des états qui se drapent dans une prétendue moralité financière pour mieux justifier leurs attaques, se gardant bien d’appliquer à eux-mêmes les principes qu’ils exigent de notre pays.

    Mais l’Histoire jugera si les choix de reddition sans conditions, adoptés par le Conseil fédéral furent les bons. L’Histoire jugera si la majorité de ce parlement a eu raison de faire de la Suisse un couvent dans cette vaste maison close qu’est le monde de la finance dans lequel nous vivons, et qui nous envie.

    Le secret bancaire n’était pas négociable nous disait le Conseil fédéral au début 2008. Depuis lors, l’évasion fiscale a rejoint la  fraude fiscale, et n’est désormais propre que l’argent déclaré fiscalement. Nous sommes devenus, volontairement, les petits agents du fisc étranger, et cela sans contrepartie, puisque les îles vierges britanniques et les sociétés du Delaware , pour ne citer qu’elles, continueront à receler, au nez et à la barbe du monde, l’argent soustrait au fisc.

    Dernièrement, l’Accord sur les successions avec la France, négocié avec une totale absence de discernement politique, ne fait qu’ajouter à l’incompréhension. Certes, en l’état actuel, aucune solution n’est exempte de risques. Mais a-t-on seulement mis en balance les avantages et les inconvénients d’une position ferme, soucieuse des acquis sans lesquels notre pays n’aurait jamais connu son niveau de vie, ni, faut-il le rappeler à une gauche qui veut constamment laver plus blanc que blanc, un système d’assurances sociales parmi les plus performants au monde ?

    Aujourd’hui le message est clair : la Suisse brade ses valeurs et livre même ce qu’on ne lui demande pas encore. La capitulation a anticipé l’argumentaire.

    N’avons-nous donc que des faiblesses à opposer à l’arrogance, nous, dont la Banque nationale finance désormais près de 50 % du déficit public de la France et de l’Allemagne ?

    Pire encore, dans la hiérarchie de la délation institutionnalisée décrétée par le Conseil fédéral, que dire de la décision prise d’autoriser nos honorables banquiers, qui vendraient père et mère pour sauver leur tête, à livrer, aux Etats-Unis, sans conditions, l’identités de leurs employés ?

    La réponse donnée le 5 septembre dernier à l’interpellation de notre collègue Schwaab est à faire pleurer, et non seulement un étudiant de droit de première année, tant notre Conseil fédéral tente maladroitement d’habiller juridiquement une opportuniste décision politique. Au mépris de l’entraide pénale internationale, sans s’assurer de l’élémentaire application du principe de double incrimination, on jette en pâture à une administration dont les droits élémentaires du prévenu sont admirablement illustrés à Guantanamo, des milliers d’employés dont le seul crime est d’avoir fait ce qu’on leur demandait de faire, et cela en parfaite conformité avec le droit suisse.

    Alors que sera la Suisse dans 10 ans ? Je n’ose l’imaginer si notre pays continue à être dirigé comme il l’est actuellement, et cela, les citoyennes et les citoyens de notre pays ne l’accepteront pas.

     

    Intervention à la tribune du Conseil national le 27 septembre 2012

     

  • Sécurité du logement à la retraite. Restons sérieux !

     

    Le 23 septembre, nous devrons nous prononcer pour ou contre cette initiative, qui ne vise, ni plus ni moins, qu’à permettre aux personnes à la retraite, qui sont propriétaires de leur logement, de sortir, si e192_0-ZZbuRduC-personne-agee-absolut-fotolia-com-s-.pnglles le souhaitent, du système (injuste), qui impose, au titre du revenu, la valeur locative du logement occupé par son propriétaire.

    En effet, pour ceux qui l’ignoreraient dans notre canton à majorité de locataires (davantage par nécessité que par choix), les propriétaires sont imposés sur la valeur locative – théorique - du logement qu’ils occupent, qui vient s’ajouter à leurs revenus. La contrepartie consiste en la possibilité de déduire les intérêts hypothécaires effectivement versés, de même que les frais d’entretien.

    Ce système a pour conséquence perverse d’amener les propriétaires à conserver une dette hypothécaire dont les intérêts sont au moins égaux à la valeur locative de leur logement.

    A la retraite, dans la grande majorité des cas, les revenus diminuent, et les impôts liés à cette valeur locative sont d’autant plus douloureux que le propriétaire aura pris la précaution de réduire suffisamment sa dette hypothécaire. Inversement, le maintien de cette imposition sur la valeur locative incite les futurs retraités à conserver un endettement hypothécaire, dont les conséquences peuvent être financièrement insupportables  en cas de hausse des taux, jusqu’à les contraindre à la vente.

    Cette initiative est donc juste et équitable.

    Néanmoins, dans les colonnes de la Tribune du 13 septembre, sous la plume de Carlo Sommaruga, conseiller national socialiste, certes, mais avant tout Secrétaire général de l’ASLOCA romande, qui nourrit une méfiance épidermique à l’égard de tout propriétaire, aussi petit soit-il, je lis les arguments des opposants. Remarquables :

    1.       Une injuste violation de l’égalité de traitement, car les propriétaires non retraités continueraient impérativement à être imposés sur la valeur locative. Est-ce à dire que l’élu socialiste voudrait faire bénéficier de ce choix TOUS les propriétaires ? Non bien sûr. Selon cette bien curieuse conception de l’égalité de traitement l’injustice qui frappe les propriétaires avant la retraite devrait perdurer jusqu’à leur mort. La durée serait ainsi créative d’une juste injustice.

    2.       Les locataires, pour leur part, ne pourraient bénéficier d’aucune réduction fiscale. Certes, mais tel n’est pas l’objet de l’initiative, qui traite des retraités propriétaires, ceux-là même qui pèseront bien moins lourdement sur le budget de la collectivité pour le simple motif qu’ils ne pourront généralement pas bénéficier des prestations complémentaires à l’AVS, pas plus que d’allocation logement ( http://www.ge.ch/logement/aides-personne/allocation-conditions.asp ).

    3.       Aider les retraités serait injuste, car leur situation serait comparativement meilleure à celle des femmes célibataires, des parents isolés ou des familles nombreuses. Pour un élu socialiste, il fallait oser ! En d’autres termes nos aînés seraient bien lotis et ne devraient pas être aidés, car d’autres classes de la population le mériteraient davantage. C’est oublier que les situations signalées font également l’objet d’une attention particulière sur le plan cantonal, et même si des progrès doivent être réalisés, il n’y a aucune raison d’opposer l’une à l’autre des situations difficiles, notre société ayant tout intérêt à promouvoir l’indépendance économique de ses retraités.

    4.       Enfin cette initiative priverait les caisses de l’Etat de près de 750 millions de francs sur le plan national. D’abord cela reste à démontrer, car celles et ceux qui choisiront l’abandon de l’imposition de la valeur locative se priveront du même coup de la déduction des intérêts hypothécaires et se verront plafonner les frais d’entretien. Ensuite, si le parti socialiste est à ce point attentif aux entrées fiscales de notre pays, pourquoi lutte-t-il pour l’abolition de l’imposition d’après la dépense (impôt à forfait) en faveur des riches étrangers qui s’installent en Suisse, et qui rapporte annuellement 700 millions d’impôts, entre 25 et 35 millions à l’AVS, 300 millions à la TVA sur les dépenses et génère 22'500 emplois ? Position d’autant plus dogmatiquement absurde que ces riches étrangers, par définition mobiles, iraient s’installer ailleurs si, d’aventure, la Suisse devenait un couvent de la moralité fiscale au centre d’une vaste maison close européenne d’abord, et mondiale ensuite!

    En conclusion, les arguments des opposants à cette initiative sont sans fondement, lorsqu’ils ne sont pas fallacieux.

  • VERS LA DISPARITION DU FRANC SUISSE ?

     

    2330481.jpg

    A force de faire tourner la planche à billets dans le cadre de la politique de maintien du franc suisse au-dessus de 1,20 franc par euro, la Banque nationale a amené la Suisse à détenir désormais les cinquièmes réserves en devises du monde, derrière la Chine, le Japon, l'Arabie Saoudite et la Russie.

    Est-on seulement conscient du risque que cette situation implique pour l'indépendance de notre pays ?

    La Banque nationale annonçait ainsi le 7 août dernier, dans une apparente indifférence générale des milieux politiques, dont l'attention était accaparée par la désastreuse négociation d'un accord sur les successions avec la France, que ses réserves en devises avaient progressé de 11% en juillet, totalisant 406,45 milliards de francs. Il est à craindre que d'ici la fin de l'année le bilan de la BNS n'atteigne le Produit National Brut de notre pays.

    Le Conseil fédéral, et sa Présidente Eveline Widmer-Schlumpf en tête, ministre des finances de surcroît, ne semble pas s'en émouvoir. Inconscience ou incompétence ?

    Ainsi, pour maintenir la compétitivité internationale de nos entreprises exportatrices, dont le handicap ne constitue assurément pas la seule force de notre franc, la BNS vend en masse du franc suisse contre un euro chancelant, achetant à 60% des obligations d'Etat de la zone euro, au bénéfice essentiellement de la France et de l'Allemagne...

    Ce jeu en vaut-il la chandelle ? On aurait au moins souhaité que la question soit posée en toute transparence et que ce taux-plancher franc suisse-euro, qui se transforme inexorablement en un ancrage de notre monnaie avec la monnaie européenne, ne nous soit pas présenté comme une solution miracle incontournable.

    Car si la Suisse détient aujourd'hui à elle seule la moitié de toutes les réserves des 17 banques centrales de la zone euro, cela n'est pas le fruit d'une activité économique florissante, mais uniquement d'une manipulation monétaire qui ne peut rester sans conséquences.

    Aujourd'hui déjà, si les taux d'intérêts de plusieurs Etats européens sont aussi bas, et si l'euro ne baisse plus face au dollar américain, la politique de la BNS en est en grande partie responsable.

    Mais il y a pire.

    Que se passera-t-il si l'euro, déjà malade, connaît une chute vertigineuse suite à une implosion de la zone euro ? Notre Banque nationale se retrouverait potentiellement en faillite !

    Et si cette liquidité créée artificiellement était injectée dans l'économie réelle ? La Suisse connaîtrait alors une inflation sans précédent !

    On nous expliquerait alors que notre pays n'aurait d'autre alternative que d'adopter l'euro, monnaie principale détenue par notre Banque nationale...en entrant dans l'Union européenne.

    L'économie aurait eu raison, une fois de plus, de la volonté populaire.

     

    Avec mes remerciements à Pierre Leconte, GONET & Cie, pour m'avoir fait partager ses réflexions.

    Voir sur le sujet : http://www.latribune.fr/actualites/economie/international/20120807trib000713205/la-suisse-detient-les-cinquiemes-reserves-en-devises-du-monde.html

     

     

     

     

  • Grisons à l’honneur: Nino Schurter l’argent en VTT, EWS l’or en FTT !

     

    e237154c-4130-5aa4-ed72-3ab723a7a359.jpg

     

     

    Bravo pour le sportif. Bel effort ! On ne peut pas en dire autant d'Evelyne Widmer-Schlumpf, médaille d'or en « Fait Tout de Travers ».

    Après avoir capitulé sans coup férir devant tous les Etats qui ont à peine haussé le ton en matière fiscale, après avoir autorisé, au mépris du droit et de l'élémentaire bon sens, le transfert aux Etats-Unis des noms des employés des banques qui en faisaient la demande, notre Conseil fédéral, sa Présidente en tête, obtient la palme suprême de l'applaventrisme en accordant à la France des avantages injustifiables en matière successorale.

    Notre politique étrangère a touché le fond. Elle n'est plus qu'une politique du lombric, menée par des invertébrés de la négociation.

    Il ne manque plus que le Tribunal fédéral pour invoquer la raison d'Etat, roue de secours de toutes celles et ceux qui nous gouvernent selon le vent du moment, et dont le destin sera celui de feuilles mortes.

     

    Venez vous goinfrer, Mesdames et Messieurs les dirigeants étrangers ! Chez nous on sert gratis..Du moins jusqu'à la prochaine élection du Conseil fédéral.

     

     

  • Les employeurs préfèrent les Genevois aux frontaliers ! Ouf, on a eu chaud.

    chomage_partiel_personnel.jpg

     

    La Tribune nous le donnait le 24 juillet en primeur : une étude ( dont on insiste sur le caractère « scientifique », afin que personne ne puisse en douter ) menée par Monsieur Yves Flükiger, directeur de l'Observatoire universitaire de l'emploi, arrive à la conclusion que « loin des clichés rabâchés par les partis populistes », les employeurs préfèrent les demandeurs d'emploi résidents aux frontaliers.

    Nous voilà donc rassurés. Tout ce discours anxiogène n'était que poudre aux yeux. Tout va bien dans la République.

    Et notre presse locale, avec son esprit critique légendaire, avale la couleuvre avec soulagement.

    Il conviendra évidemment d'analyser dans le détail le modus operandi de l'équipe de « chercheurs » qui nous gratifie de ce rassurant constat. Examinons néanmoins d'ores et déjà ce que l'on veut bien nous en dire, sachant par expérience que les questions posées suscitent bien souvent les réponses obtenues.

    Première remarque : personne n'a jamais soutenu qu'à salaire égal et à compétences égales, les employeurs du canton iraient volontiers chercher la main-d'œuvre de l'autre côté de la frontière. Au contraire, tout employeur a intérêt à embaucher des travailleurs résidant à proximité de leur lieu de travail. De surcroit, et même s'il n'est pas politiquement correct d'écrire ce que tout le monde pense, la mentalité syndicaliste affichée par certains employés venant d'une France de plus en plus lointaine ne plaît guère en Suisse où le rapport avec le travail est certainement bien différent de ce qui a cours dans l'Hexagone. Ainsi, il n'est pas nécessaire de faire appel à des experts pour enfoncer des portes ouvertes et pour dire qu'à salaire égal et à compétences égales, nos employeurs préfèrent embaucher « local ».

    C'est sous réserve des cas dans lesquels les décideurs d'embauche au sein des entreprises viennent eux-mêmes de France et, qui, par affinité, préfèrent engager « l'ami du frère de la nièce du voisin ». Dans ces cas-là, les postes vacants ne se retrouvent jamais dans les petites annonces de jobup.ch, creuset dans lequel nos Sherlock Holmes universitaires sont allés chercher les résultats « scientifiques » qu'ils nous servent à la satisfaction des détenteurs du pouvoir.

    Seconde remarque : l'étude menée par notre « Observatoire de l'emploi » ne pouvait bien évidemment porter que sur des professions pour lesquelles l'offre existe des deux côtés de la frontière. La question n'est donc pas de savoir si Genève peut se passer des infirmières frontalières, car la réponse est clairement négative. Reste à savoir comment Genève en est arrivée à pareille pénurie dans ce secteur, par un manque flagrant et coupable d'anticipation. Ainsi, celles et ceux qui nous assènent à chaque débat sur le sujet la sempiternelle remarque : « que ferait Genève si toutes les infirmières françaises s'en allaient », sont prié-e-s de s'abstenir, telle n'est pas la question discutée ici.

    Cela dit, si Monsieur Yves Flückiger avait rencontré ces affreux « populistes » qu'il s'agit de museler, il aurait certainement compris - mais le voulait-il seulement ? - que la concurrence déloyale que subissent les demandeurs d'emploi résidents en Suisse porte sur deux plans bien définis :

    Premièrement un dumping salarial, car les travailleurs européens, et français singulièrement, (bien plus que les Allemands, dont l'économie est plus forte), sont prêts à travailler pour des salaires bien inférieurs à ceux des résidents genevois, qui doivent faire face à des charges fixes (loyer et assurances notamment), bien supérieures. Si certains domaines sont couverts par des Conventions collectives, celles-ci fixent des salaires minimums que les travailleurs domiciliés hors de Suisse sont prêts à accepter sans sourciller, même avec de l'expérience, car ils restent encore un multiple de ce qu'ils recevraient chez eux. Lorsqu'il n'y a aucune Convention collective, ce qui reste la majorité des cas, n'en parlons même pas, tant la concurrence est inégale.

    Deuxièmement une concurrence de compétences et d'expérience. Si à compétences égales un employeur genevois préférera un résident, la situation sera différente s'il doit choisir entre deux candidats ayant une expérience professionnelle différente. Ainsi, un travailleur expérimenté domicilié hors de Suisse sera disposé sans hésitation à travailler pour le salaire que l'on donnerait à un jeune sortant de nos écoles professionnelles ou de nos universités. Sur ce plan-là, nos jeunes ne peuvent pas soutenir la concurrence, et rencontrent d'énormes difficultés à trouver un premier emploi.

    Ceci étant rappelé, Monsieur Yves Fluckiger a choisi pour son étude des prémisses clairement réductrices, que les mauvais esprits pourraient qualifier d'orientées :

    1.Pourquoi avoir opté pour des candidats fictifs entre 22 et 23 ans, sachant qu'à cet âge, un employeur ne peut espérer pouvoir offrir un salaire inférieur à un travailleur frontalier et écartera ce critère de sélection ?

    2.Si l'étude avait opté pour des candidats fictifs plus âgés, un employeur aurait pu opter, à compétences et expérience égales, pour un travailleur frontalier prêt à accepter un salaire inférieur. Pourquoi cette option a-t-elle été écartée ? Craignait-on que le critère salarial vienne influencer les résultats ?

    3.Comment peut-on soutenir légitimement, au sein de l'Observatoire universitaire de l'emploi, que les petites annonces seraient révélatrices du marché de l'emploi genevois, sachant que dans ce domaine, comme d'ailleurs pour celui du logement, la grande majorité des attributions intervient par le relationnel et le « bouche à oreille » ?

    4.Comment peut-on scientifiquement retenir une préférence pour la main-d'œuvre locale du seul fait que les candidats domiciliés sur le canton recevraient plus souvent une proposition d'entretien ? Pourquoi n'a-t-on pas fait une étude globale de l'attribution des nouveaux postes de travail au sein des entreprises par l'intermédiaire des caisses de compensation auxquelles les employés doivent être affiliés ?

    5.Ne doit-on pas considérer que les employeurs passant par des petites annonces font preuve d'une plus grande ouverture quant aux candidatures recherchées, ou, pire pour l'enquête, ne passent par ces petites annonces qu'après avoir en vain recherché le candidat souhaité par un autre canal ?

    6.A-t-on recherché la nature de l'entreprise à l'origine de l'annonce ? Petite, moyenne ou grande ? Ne pense-t-on pas que les petites ou moyennes entreprises, plus implantées dans le tissu social du canton peuvent préférer les candidatures locales, alors que les grandes entreprises, plus axées sur le profit, agissent sur la base d'autres critères ? En quoi les 130 annonces retenues sur une année seraient-elles révélatrices du marché de l'emploi genevois si cette question n'est pas examinée ?

    7.Peut-on sérieusement affirmer qu'en demandant à 195 responsables de ressources humaines de classer des CV par ordre de préférence sans leur dire que le domicile du candidat sera le critère examiné, soit suffisant pour considérer que ces personnes n'ont pas été volontairement attentives à ne pas placer systématiquement en tête des candidats frontaliers, sachant que la demande émanait de l'Observatoire genevois de l'emploi ?

    En conclusion, il y a de quoi nourrir des doutes sérieux sur le caractère scientifique de cette étude. Chacun sait qu'il est plus habile, que l'on soit juge ou dirigeant, de faire passer par des experts certains messages que personne ne croirait si on les proférait soi-même.

  • Le PLR s'occupe enfin de sécurité

     

    Certains députés ont une vision toute personnelle des priorités en matière de sécurité. Ainsi Monsieur Pierre Weiss (PLR), toujours à l'affut d'un progrès sensible dans ce domaine, ne recule devant aucun effort afin de soutenir efficacement sa ministre.

     

     

    photo-004.JPG

    Après ce que l'on devine être une profonde cogitation, le 7 juin, une interpellation urgente est déposée par ce fin observateur des préoccupations de nos concitoyens, afin que cesse une situation intolérable pour la population genevoise, à savoir le parcage sauvage des véhicules à la rue de l'Hôtel-de-Ville, durant les séance du Grand conseil.

     

    Sans délai, dès le lendemain, la police est vigilante pour que la loi sur la circulation routière soit enfin respectée, et les infâmes contrevenants sont immédiatement sanctionnés. Le premier d'entre eux, RG (ou Hergé pour les intimes), ancien Président (PLR) du Grand conseil, a la joie de retrouver une amende d'ordre sur son motocycle.

     

     


    photo-002.JPG photo-003.JPG

    Durant cette période de l'Eurofoot, le PLR est assurément passé maître de l'auto-goal.

    Les Genevois peuvent enfin dormir sur leurs deux oreilles, l'insécurité n'est à nouveau plus qu'un sentiment.

     

     

  • Jobs d'été: Mission impossible?

     

    jobs-d'été.png

    J'ai encore le souvenir de la course aux jobs d'été que mes amis et moi entamions chaque début d'année, afin de gagner quelques sous pour partir en vacances ou, plus simplement, soulager les finances de nos parents.

    C'est ainsi que plusieurs années durant, j'ai travaillé, au minimum cinq semaines d'été, dans l'usine de BAT, à la route des Acacias, à Genève. Les conditions de travail étaient difficiles, d'autant plus pour un non fumeur, avec une entrée d'usine à 7 heures et une sortie à 16 heures 30, ainsi qu'un travail dans le tabac brûlant, sortant des fours. Mais le salaire était plus élevé qu'ailleurs, et le sacrifice était récompensé, même si le tarif horaire ferait certainement sourire aujourd'hui.

    J'en ai gardé un bon souvenir, d'autant qu'il m'a permis, collégien, puis étudiant en droit, de côtoyer des travailleurs d'usine et leurs préoccupations. Une belle leçon d'humilité.

    Cette même leçon d'effort et d'humilité que nous souhaiterions certainement tous donner à nos enfants. Leur faire toucher la difficulté que peuvent rencontrer ces hommes et ces femmes que nous croisons tous les jours, à peine conscients de ce que peut être leur quotidien.

    Les grands magasins étaient de grands pourvoyeurs de jobs d'été, et nos jeunes se pressaient chaque année pour décrocher un petit emploi d'aide magasinier ou de caissier, à la Migros ou à la Coop notamment.

    Mission impossible désormais. Inutile de tenter un balbutiement de demande, vous vous verrez répondre que les jobs d'été sont réservés aux enfants des collaborateurs. Logique, dans un certain sens. Le malheur des uns, comme toujours, fait le bonheur des autres. La libre circulation est également passée par là, laissant derrière elle, une fois encore, nos résidents.

    Dommage pour nos jeunes qui ne pourront pas avoir la satisfaction de réaliser quelques revenus fort appréciés, profitant, par la même occasion, de toucher des secteurs d'activités qu'ils ne pourront peut-être plus côtoyer à l'avenir, tout ne nouant avec les enterprises locales, les liens favorables à la cohesion sociale dont on parle tant.

     

     

  • En direct de Berne: La politique ne cède rien aux juges

     

    sans-titre.png

    Lors de la session d'hiver, le Conseil national avait accepté l'abrogation de l'article 190 de notre Constitution fédérale, autorisant ainsi les juges à vérifier, dans les cas concrets qui leur seraient soumis, la constitutionnalité (respect de la Constitution) des lois fédérales votées par le Parlement.

    Le Conseil des Etats se prononçait ce matin du 5 juin sur le même sujet.

    Les partisans de cette modification profonde de nos institutions, ont insisté sur la nécessité d'instaurer une Cour constitutionnelle, laquelle ne pourrait être saisie que dans des cas d'application de nos lois fédérales, afin de garantir le respect du texte fondamental que constitue la Constitution fédérale. En effet, la Convention de sauvegarde des Droits de l'Homme et des Libertés fondamentales, qui n'offre pas davantage de garanties que notre propre Constitution, permet de saisir la Cour européenne à Strasbourg en cas de violation. Ainsi, des juges étrangers sont amenés indirectement à vérifier si l'application de nos lois fédérales est conforme à la Constitution, alors que ce pouvoir est encore refusé à notre Tribunal fédéral.

    A cela s'ajoute que le Parlement est amené à adopter des lois d'application suite à des modifications constitutionnelles acceptées par le peuple et les cantons lors d'initiatives populaires, sans que les citoyens ne puissent se plaindre d'une violation du texte adopté par les électeurs à travers la loi votée par les Chambres fédérales.

    Enfin, si, historiquement, l'essentiel de notre législation émanait des cantons, la Confédération n'abordant que les sujets pour lesquels les cantons faisaient abandon de leur souveraineté, l'évolution du droit moderne nous amène à constater la tendance de la Confédération à légiférer dans tous les domaines, les cantons ne conservant finalement plus qu'une compétence résiduelle ou subsidiaire.

    Les opposants, de leur côté, ont insisté sur les caractéristiques propres de notre démocratie directe, qui permet au peuple de contester une loi fédérale par l'instrument du référendum, que ne connaissent pas, dans sa mesure helvétique, les Etats qui ont instauré une Cour constitutionnelle, laquelle est alors souvent le seul rempart contre l'arbitraire législatif. Laisser les juges contrôler nos lois fédérales sur la base de critères purement juridiques reviendrait à transférer du Parlement, élu démocratiquement par le peuple, aux juges, le pouvoir d'infléchir la politique de l'Etat. En d'autres termes, la politique a ses raisons que le droit ne connaît pas.

    Ce transfert de pouvoirs ne pourrait qu'inciter à la politisation des juges, lesquels seraient sélectionnés sur des critères plus politiques encore, après des auditions serrées ayant pour but de connaître leur opinion sur des sujets sensibles.

    J'étais moi-même tiraillé entre deux sentiments, ne pouvant arbitrer objectivement une lutte schizophrénique entre le juriste et le parlementaire. Le premier, légaliste, ne pouvant que se réjouir de l'accroissement du pouvoir d'examen de la justice, alors que le second, conscient que l'élaboration des lois n'est pas une science exacte, constate qu'elles sont le résultat de compromis qui ont fait la force et la stabilité de la Suisse.

    Le Conseil des Etats, par 27 voix contre 17, a finalement rejeté cette réforme, et il a sans doute eu raison, car plus je connais la justice, plus je sais qu'il faut s'en méfier. Dans les questions sensibles, sous le couvert de l'analyse rigoureuse, ce n'est finalement et sournoisement que la sensibilité des juges qui s'exprime.

    En politique au moins, les règles sont claires, et ceux qui prétendent se draper dans le blanc manteau de l'objectivité ne dupent personne.

     

     

  • Eric Stauffer: l'homme à abattre

     

    Avant d'accuser Eric Stauffer d'avoir menti, la Tribune de Genève serait bien inspirée de peser ses mots, et de vérifier ses sources.

    Eric Stauffer a répondu par la négative à la question de la Chancellerie quant à savoir s'il fait l'objet de procédures. Cette question, dont la réponse n'influence nullement l'éligibilité des candidats, a pour but de renseigner les électeurs sur leur moralité.

    A l'appui de sa réponse, Eric Stauffer a produit un certificat de bonne vie et moeurs, lequel n'est délivré que si celui qui le sollicite, non seulement ne fait l'objet d'aucune condamnation, mais ne risque même pas une condamnation infâmante dans le cadre d'une procédure en cours.

    Selon les informations de la Chancellerie, Eric Stauffer serait partie dans 11 procédures. Il n'en faut pas plus pour que la Tribune le traite illico de menteur.

    Décryptage d'une manoeuvre politicienne à laquelle se livre un service de l'Etat, instrumentalisé pour la circonstance:

    Sur le plan pénal, Eric Stauffer est plaignant dans 4 affaires. Aurait-il dû le mentionner? Suite aux attaques calomnieuses dont il fait systématiquement l'objet, Eric Stauffer se défend. Quoi de plus logique?

    Les 2 autres procédures sont une plainte du député Broggini pour une altercation à la buvette, plainte dont le prochain classement ne fait aucun doute, faute de quoi le certificat de bonne vie et moeurs n'aurait pas été délivré avec l'aval du Parquet, et une plainte déposée par Santésuisse pour avoir osé mettre en cause la probité de son président dans une affiche électorale en octobre 2011, ce dont tout le monde se souvient. A cette occasion, Eric Stauffer avait dénoncé les liens incestueux entre le monde de la politique et celui des assurances.

    Sur le plan civil Eric Stauffer est demandeur dans 1 procédure dans laquelle il demande le respect d'un contrat, et est défendeur dans 3 autres. Dans deux procédures, Eric Stauffer est assigné aux côtés des candidats aux dernières élections fédérales, dont moi-même, dans des actions qui visent à valider l'interdiction de publier des affiches mettant en cause Santésuisse et le Groupe Mutuel. Dans la dernière, terminée en ce qui le concerne, Eric Stauffer était assigné aux côtés de la Tribune de Genève elle-même, suite à un billet publié sur son blog. La Tribune n'ayant pas accepté sa condamnation pour une question de principe a recouru au Tribunal fédéral.

    Quant à la procédure administrative...il s'agit du recours déposé par Éric Stauffer lui-même contre la décision du Bureau du Grand conseil l'excluant de ses commissions durant 5 mois pour avoir arrosé Pierre Weiss. Procédure dans laquelle il a déjà obtenu l'effet suspensif.

    Voici donc les procédures en question. Le simple fait de les mentionner est indécent, tant il est évident qu'elles ne salissent aucunement Eric Stauffer, le contraire étant même vrai pour la majorité d'entre elles.

    Pour ce qui est des actes de défaut de biens inscrits à l'Office des poursuites, la question à laquelle Eric Stauffer a répondu par la négative était celle de savoir s'il avait des dettes pour plus de 50'000 francs.

    Cette réponse est conforme à la réalité, car la grande majorité de ces actes de défaut de biens datent de plus de 10 ans, certains même de plus de 20 ans. A un moment où Eric Stauffer a rencontré des difficultés, ce dont il ne s'est jamais caché, certaines poursuites n'ont même pas fait l'objet d'une opposition. D'autres ont été réglées ultérieurement directement en mains des créanciers, lesquels n'ont pas retourné l'original du commandement de payer, certaines sociétés poursuivantes ayant par ailleurs disparu.

    Ces créanciers n'ont jamais repris les poursuites, et s'ils le faisaient Eric Stauffer s'opposerait à ces créances.

    Un certificat de l'Office des poursuites a été délivré le 11 mai 2012 et confirme qu'il n'y a aucune poursuite en cours.

    Comment se fait-il que la Chancellerie, qui n'avait pas tenu compte, à juste titre, des registres peu fiables de l'Office des poursuites, tant pour sa candidature au Conseil d'Etat en 2009, que pour sa candidature au Conseil administratif d'Onex en 2011, ALORS QUE CES ACTES DE DEFAUT DE BIENS ANCIENS EXISTAIENT, en vienne subitement à changer de position, discréditant par là-même sa démarche?

    Une fois encore, qui peut à ce point craindre la candidature de Eric Stauffer pour manipuler ainsi un service de l'Etat?

    Même si l'existence de dettes ne rend aucunement un candidat inéligible, il est possible de se demander si l'action politique indépendante est davantage prétéritée par des actes de défaut de biens qui n'ont plus qu'une valeur historique que par des soutiens de campagne occultes dont bénéficient certains candidats, qui en déduiront une dette morale qu'il faudra bien rembourser un jour. Sans parler de tous les engagements financiers de toute nature, bien évidemment incontrôlables, qui ne ressortent pas de l'Office des poursuites...

    En conclusion, Eric Stauffer confirme sa réponse négative à la question "Avez-vous des dettes pour plus de 50'000."

    L'attitude de la Chancellerie, qui semble parfaitement couplée avec un nouvel article de l'Illustré paru ce jour, n'est qu'une manoeuvre supplémentaire visant à discréditer le candidat Eric Stauffer, lequel reste le seul à pouvoir sérieusement empoigner les problèmes que traverse notre canton aujourd'hui.

     

     

  • Il est donc comme les autres, nous voilà rassurés.

     

    Jean-Pascal Delamuraz disait de la Suisse qu'elle était un pays de viticulteurs. Lorsqu'un cep dépasse, il faut le tailler. Les élagueurs d'aujourd'hui sont partout. Mais les plus efficaces sont particulièrement actifs dans notre presse écrite locale. La médisance étant bien plus prisée que l'éloge, certains journalistes dits « d'investigation », mais dont la seule qualité est de compiler les informations que l'on dépose complaisamment sur leur bureau, se sont spécialisés dans la salissure médiatique. Leur fonction, et même leur raison d'être, est de démontrer que tout est pourri dans notre société, y compris et surtout celles et ceux dont d'autres, forcément complaisants, vantent les mérites.

    A moins d'être doté d'une dose anormalement élevée de masochisme, ne vous étonnez donc pas que la carrière politique n'intéresse généralement que celles et ceux qui n'ont pas d'autre choix qui se présente à eux. Regardez un instant le curriculum vitae des membres de notre Conseil fédéral, il est éloquent à une exception près. Le résultat vous le constatez quotidiennement : Genève périclite, la Suisse devient reine de l'applaventrisme, et l'Europe étouffe.

    J'avais jusqu'ici navigué par vent favorable, inconscient par mon ingénuité politique, de l'orage qui devait impérativement entraver ma route.

    Vous avez ainsi pu vous rassurer en lisant la Tribune du 25 mai. Poggia est comme les autres, « faites ce que je dis mais non ce que je fais », telle serait ma devise.

    A lire les commentaires acides suscités par l'article de Fabiano Citroni, le but est atteint.

    Tenu par le secret professionnel, je ne peux malheureusement pas fournir aux lecteurs avides de détails, toutes les subtilités qui n'ont guère embarrassé le journaliste de la Tribune. Néanmoins, et puisque je suis jugé, condamné, et exécuté, permettez que d'outre-tombe, je balbutie quelques explications.

    Mon épouse a acquis, sans que j'intervienne d'aucune manière, un immeuble à Florissant en septembre 2004. Cet immeuble était en mains de la Fondation de valorisation des actifs de la BCGe, suite à la faillite d'une Société immobilière, incapable de s'acquitter de sa dette (je vous laisse imaginer l'état locatif). Cette acquisition a reçu l'aval, selon la loi, du Grand conseil.

    L'immeuble n'était pas géré, dans la mesure où les loyers n'avaient pas été adaptés depuis des lustres, certains locataires ayant loué plusieurs appartements et ayant même occupé certains locaux communs pour leur usage personnel. L'immeuble n'était pas non plus entretenu, avec une façade, une entrée, un ascenseur et des locaux communs vétustes. Le restaurant du rez-de-chaussée, crasseux, était squatté...

    Bref, un état locatif à ce point piteux qu'il ne permettait pas de rentabiliser les fonds propres investis, et encore moins de redonner à cet immeuble un aspect acceptable.

    C'est alors que mon épouse décida de libérer certains appartements, afin de les rénover, et de les louer aux prix du quartier, un appartement de 4 pièces et demi à 600 francs ne permettant évidemment aucune amélioration du confort des lieux.

    De même que l'épouse d'un dentiste s'adresse à son mari pour un traitement dentaire, il était naturel qu'elle s'adresse à moi pour suivre les procédures engagées. D'autres que moi auraient pris un confrère en prête-nom pour ne pas s'exposer eux-mêmes, mais la dissimulation n'a jamais été mon style.

    Il faut ici préciser que notre loi actuelle ne permet malheureusement pas à un bailleur de discuter avec un locataire quant à la hausse de son loyer, même lorsque son loyer actuel est manifestement inadéquat, car en cas d'échec des discussions, une résiliation du bail serait considérée, à juste titre, comme une mesure de représailles. Ainsi les bailleurs sont contraints de résilier d'abord, et de discuter ensuite.

    Les baux résiliés à fin 2004 et début 2005 (on appréciera l'actualité de l'information), n'ont pas concerné des personnes âgées, mais notamment des sociétés qui logeaient des employés, des étudiants, et des appartements sous-loués. De cas en cas, des indemnités de départ ont été versées.

    Un couple de retraités, qui louait deux appartements dans l'immeuble, l'un pour l'hiver, l'autre, orienté au nord, pour l'été, constituent l'exception à cette règle, et après encaissement d'une indemnité, ils ont acquis un bien immobilier dans le canton de Vaud.

    Mon épouse, qui n'a pas acquis ce bien pour le revendre en réalisant une plus-value immobilière, mais pour le conserver à long terme, a souhaité y installer des parents, proches ou amis, considérant que les loyers modestes fixés par le DCTI après travaux, devaient profiter prioritairement à des personnes de confiance. Procédé apparemment inconcevable pour une Genève calviniste, qui, par tradition, semble considérer la famille comme un moyen plutôt qu'une finalité.

    Ainsi, lorsqu'un membre de la famille recherchait un appartement, il était examiné si une possibilité pouvait être trouvée dans l'immeuble. Deux locataires ont alors prétendu qu'il ne s'agissait que d'un prétexte, et bien que mon épouse ait proposé de verser une pénalité au cas où il devait s'avérer que le proche invoqué ne s'installait pas dans l'appartement, le congé fut annulé. Il est vrai que depuis la résiliation du bail, plusieurs années s'étaient écoulées, et la personne devant bénéficier de l'appartement avait fini par trouver une solution de relogement. Il n'en fallut pas plus pour conclure à la nullité du congé. Il est vrai que mon épouse n'a pas un nom « bien de chez nous »...

    Pour dire à quel point ces deux procédures furent discutables, était invoqué le fait qu'un proche attendait un enfant. Or, cet enfant n'a pas vu le jour. Il fut conclu au prétexte. Or, cette personne avait été victime d'une fausse-couche, ce que la décence nous interdisait d'alléguer. Une autre personne de la famille avait fini par quitter le deux pièces qu'elle occupait dans l'immeuble avec son mari et son enfant, ne pouvant attendre que la personne seule occupant un quatre pièces et demie veuille bien le libérer. Il fut également conclu au prétexte.

    Le Tribunal fédéral, contrairement à ce qui est affirmé, n'a pas sèchement rejeté le recours déposé. Il s'est borné à rappeler que son examen était limité à l'arbitraire et qu'il ne pouvait revenir sur les considérations de l'instance cantonale. Mieux encore, il est allé jusqu'à affirmer en février 2011, que la considération de cette instance cantonale, bien que discutable, n'était pas arbitraire...On appréciera.

    Quant à la procédure en cours, je me bornerai à préciser, puisque la locataire en cause, journaliste de profession, est l'instigatrice de l'article de GaucheHebdo, repris par la Tribune, qu'elle s'est vue résilier son bail pour son échéance, dans la mesure où elle est elle-même propriétaire d'un appartement à Champel, et qu'elle est soupçonnée de sous-louer son appartement à Florissant. On comprendra que le journaliste de la Tribune ne se soit pas attardé sur ces précisions, qui auraient été de nature à détourner le lecteur de l'empathie souhaitée.

    En résumé, rien d'illégal dans les procédures engagées, à moins que l'on considère qu'un particulier qui se porte acquéreur d'un immeuble doive subventionner des personnes qui n'en ont nul besoin.

    Pour ce qui est des loyers pratiqués, cela ne me concerne pas, je ne suis pas consulté, et je ne suis pas impliqué. En toute hypothèse, tout locataire a des droits et ne manque pas de les faire valoir si nécessaire.

    Qu'en est-il de la violation de la LDTR ? Ainsi que vous l'avez lu, le fourbe Poggia, feignant ignorer la loi, aurait tenté de la contourner.

    La vérité est toute autre : souhaitant avoir mes parents âgés près de moi, nous avons regardé si un appartement au premier étage pouvait se libérer, l'idée était que l'appartement ne soit pas à un étage élevé en cas de panne d'ascenseur. Un appartement de trois pièces s'est libéré, et nous avons demandé à une personne âgée qui vivait, seule, dans un quatre pièces et demie au même étage, si elle était intéressée à le reprendre, après travaux, et pour un loyer inférieur. Ce fut le cas.

    Lorsque j'ai vu l'état de l'appartement, qui n'avait pas été entretenu depuis plusieurs décennies, j'ai décidé d'agencer la cuisine et de refaire les sanitaires, en même temps qu'un rafraîchissement général. Un locataire bien intentionné a alors écrit au Département pour signaler que des travaux avaient été entrepris dans un appartement et, après visite, il me fut demandé de déposer une demande d'autorisation, nécessaire si l'on ne se borne pas à des travaux de peinture, ce que j'ai fait, s'agissant d'une simple formalité.

    L'autorisation m'a été délivrée avec, selon la loi, le loyer maximum après travaux, durant trois ans. Je n'ai rien contesté, mais l'ASLOCA, suite à la publication de cette autorisation dans la FAO a recouru, considérant que le loyer de mes parents était trop élevé...Ainsi va notre République. Finalement le recours a été retiré car le Département avait parfaitement respecté la loi.

    Voilà pourquoi j'ai parlé de ma bonne foi, ignorant que le fait d'agencer une cuisine et de remplacer un WC et une baignoire vétustes impliquait le dépôt d'une demande d'autorisation. Je signale d'ailleurs que la seule sanction a été de devoir déposer cette demande rétroactivement.

    J'ai sans doute été un peu long, mais l'article de la Tribune méritait une mise au point. Que je puisse gêner dans le microcosme politique genevois est évident, et je m'en réjouis, mais que l'on se laisse instrumentaliser par des personnes malveillantes, et même si l'on s'en défend, est discutable, sachant l'impact que peut avoir sur l'opinion publique une mise en cause hâtive de la probité d'une personne ayant des charges politiques.

    Que la Tribune s'intéresse aussi au travail que je fais à Berne, car si j'ai été reconnu par le 20Minutes suisse-alémanique comme étant le conseiller national qui avait déposé le plus de textes parlementaires depuis six mois, je n'ai rien lu sur le sujet dans nos journaux romands http://www.20min.ch/schweiz/news/story/Die-neuen-Vorstoss-Koenige-von-Bundesbern-27018500

    Une fois encore, la médisance semble davantage intéresser les Genevois que la reconnaissance.

    Ainsi va Genève...de plus en plus mal.