• Primes maladie: un os à ronger


    Les primes baisseront donc à Genève en 2022…de quelques francs par mois. 

    Depuis que la loi sur la surveillance de l’assurance maladie a été révisée le 1er juin dernier, nos assureurs peuvent enfin, mais selon leur bon vouloir, réduire leurs réserves lorsqu’elles sont jugées « excessives », et rendre aux assurés le trop-versé.
    L’élan de générosité et de transparence de nos assureurs, jusqu’ici brimés par une administration tatillonne pourrait enfin s’exprimer librement. C’est ainsi que sur les 12,4 milliards de réserves accumulées à fin 2020, 380 millions sont restitués aux assurés.

    Mieux que rien diraient certains. Broutilles en réalité.

    De 2017 à 2020, ces mêmes réserves ont augmenté de 5 milliards, fruits de projections pessimistes des coûts futurs. Pire, pour la seule année 2020, c’est 1 milliard de non dépensé qui est allé augmenter leur trésorerie. 
    Oui, vous avez bien lu, en pleine pandémie, alors que les cantons et la Confédération injectent des milliards pour soutenir économie, emploi et système de santé, nos assureurs maladie engrangent des bénéfices, gonflant d’autant leurs recettes.
    Rien qu’à Genève, ce sont plusieurs centaines de millions qui ont été investis pour lutter contre cette pandémie, en réorganisant le réseau hospitalier, en engageant des forces supplémentaires, pour soigner ou casser les chaînes de transmission du virus, ou encore pour organiser la vaccination.
    Depuis 25 ans, âge de notre LAMal, nos assureurs nous martèlent que nos réserves ne peuvent être diminuées car elles doivent servir à faire face à des imprévus. Et lorsque l’imprévisible survient, on nous oppose l’absence de base légale pour refuser toute participation financière à l’effort commun.
     
    Ce qui est scandaleux, ce n’est pas tant que nos assureurs ne payent que ce que la loi les oblige à assumer. Rien d’inhabituel. Le contraire aurait été surprenant.
    Ce qui est inadmissible par contre, c’est l’attitude de nos instances fédérales, Parlement et Conseil fédéral, qui ont été capables de modifier notre ordre juridique dans de multiples domaines pour soutenir l’économie, l’emploi, la culture, et le sport, mais considèrent que l’argent des assurés en mains des assureurs demeure un oursin politique, intouchable, même en situation de crise.
     
    En conclusion, nous rendre à peine la moitié de ce que la pandémie à permis d’économiser en 2020, et laisser les cantons assumer seuls les milliards nécessités par les mesures sanitaires exceptionnelles mises en place, n’est pas un cadeau, mais à peine la restitution d’une infime partie du butin accumulé.