A la mémoire de mon père

Après avoir nié l’existence de la pandémie, puis son ampleur, prétendu à la dissimulation de traitements existants, nié les chiffres et moqué les mesures prises, vous voilà poussés dans vos derniers retranchements. Vous les complotistes en tous genres, terme bien trop sympathique si l’on en juge par les qualificatifs dont vous affublez « les autres », seriez devenus les derniers résistants face à l’oppresseur.A831F4DD-C850-4844-9CDD-ECF6632B3A06.jpegVous comparant à la résistance contre le fascisme et le nazisme, le tout agrémenté de photographies souvent corrigées avec indécence, vous vous qualifiez comme les derniers remparts contre la dictature, avec cette complaisance qui a fait dire à Bossuet que l’amour-propre dore si bien nos vices que nous les prenons pour des vertus. Minoritaires et incompris, conspués par la majorité bêlante, vos gourous vous prédisent l’heure de gloire, lorsqu’enfin la liberté sera retrouvée…grâce à vous, invariables, droits dans vos bottes - pardon, dans vos pantoufles - fiers défenseurs de nos valeurs.
Il se trouve que vous êtes exactement le contraire de ce que vous prétendez. Si le virus était un régime politique tyrannique, vous en seriez les meilleurs serviteurs, en permettant son avancée sournoise. Car contrairement à vous, les résistants de 39-45, étaient prêts à sacrifier leur liberté, et mieux encore leur vie, pour nos libertés. Alors que vous, résistants d’opérette autoproclamés, vous êtes prêts à sacrifier nos libertés, et pire encore nos vies, au nom de votre liberté personnelle. Les « collabos », ce ne sont donc pas ceux que vous qualifiez comme tels.
Car si la liberté de se faire vacciner est un droit reconnu, et j’y suis pour ma part attaché, venir faire la propagande éhontée, par des propos fallacieux et racoleurs, d’une opposition à la vaccination qui serait l’apanage du savoir des esprits éclairés, est tout simplement inacceptable, car irresponsable.
Si la pandémie repartait, en raison d’un pourcentage insuffisant de population immunisée, cela aurait des conséquences sanitaires, économiques, et sociales, qu’il n’est pas besoin d’énoncer. Vous seriez alors les premiers, au nom de cette liberté personnelle dont vous vous gargarisez, à désigner les mesures qui devraient inévitablement être prises, comme les stigmates de cette distature annoncée. Vous seriez ainsi confortés dans votre bon droit. En contribuant à la cause, vous pourriez ainsi vous en prendre aux effets.
Étant moi-même fils de résistant, et pour avoir entendu de la bouche de celui qui les a vécus, des récits empreints de convictions, d’angoisses, d’espoirs et de courage, je considère que de vous assimiler à ces combattants de la liberté, assis devant vos tablettes, dans le confort de vos salons, est non seulement le signe d’une inculture que nous soupçonnions déjà, mais plus encore d’une indécence qui insulte leur mémoire.

 

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