• COVID surtout pas mes réserves !

    Avez-vous remarqué à quel point nos assureurs maladie sont silencieux? Comme si le mot d’ordre était de « se faire oublier ». Faire le dos rond le temps que la vague passe. Celle-ci et les suivantes tant redoutées.
     
    Notre Conseil fédéral, avec un remarquable courage, a réussi, à coup d’ordonnances successives, à déroger pour des dizaines de milliards, à la législation ordinaire afin de répondre à une situation extraordinaire. Pourtant, il s’est bien gardé d’empiéter sur les platebandes du Parlement sur le sujet sensible des obligations de nos assureurs. Ici, et ici seulement, les règles ordinaires n’ont pas été touchées. Chasse-gardée. Les assureurs payent, pandémie ou pas, ce que la loi leur impose de payer. Rien de plus. Et si possible quelque chose de moins.
     
    Ainsi, alors que pour lutter contre la pandémie, la stratégie d’analyse diagnostique à été élargie à toutes les personnes symptomatiques, les assureurs sont à nouveau préservés, et leurs gigantesques réserves avec.
     
    Si la personne testée présente des symptômes légers et n’appartient pas à un groupe à risque, le dépistage est catalogué dans les mesures préventives et son coût est exclusivement à charge du canton selon la loi sur les épidémies. Ce sont donc les contribuables qui passent à la caisse, au motif contestable qu’il s’agirait d’une enquête épidémiologique, alors même que le test est désormais obligatoire dans une telle circonstance.
     
    Si les symptômes sont plus importants, par contre, le test de dépistage entre bien dans les prestations LAMAL, mais avec la franchise et la participation de 10%.
    Même si le coût du test a été ramené à moins de 100 francs récemment, reste la consultation médicale et les frais annexes, pour un total de l’ordre de 400 francs, de sorte que ce sont les assurés qui trinquent et les assureurs sont à nouveau préservés.
     
    Quand on sait que selon les derniers chiffres disponibles, les réserves de nos assureurs maladie excédaient de près de 5’000’000’000 ce qu’elles devaient être selon la LAMAL, pour garantir la fluctuation des coûts.
     
    Quand on sait que la crise sanitaire actuelle est exceptionnelle, avec des conséquences dans tous les domaines de la vie privée et publique.
     
    Quand on sait que les réserves, que l’on tente en vain de réunir dans un fonds national plutôt que de laisser chaque assureur constituer son propre magot, ont précisément pour fonction de répondre à des situation imprévisibles.
     
    On ne peut que s’étonner du manque de courage politique, tant du Conseil fédéral que du Parlement, en laissant des règles ordinaires régir une situation extraordinaire.
     
    On ne peut que s’étonner du manque d’éthique de nos assureurs qui ne viennent pas spontanément proposer des prestations exceptionnelles pour soutenir l’effort général.
    Mais sur ce dernier point mon étonnement est tempéré par l’expérience. 
     
    Ces mêmes assureurs ne manqueront pas de rétorquer qu’il agissent selon le principe de la légalité, dans le strict respect de la loi.
     
    Rappelons-leur que la loi ne les oblige pas à constituer des réserves au-delà du minimum exigé! Ils le peuvent.
     
    La loi ne les oblige pas à utiliser ces excès de réserves au profit des assurés. Ils le peuvent.
     
    Il y a donc des opportunités plus faciles à saisir que d’autres.
    Il ne manque plus qu’38D77BCF-1CC3-49D3-BBFA-E9E1433E6901.jpegun gendarme pour ramener l’ordre!