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  • CEVA: Pourquoi recourir?

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    Au vu de certains commentaires haineux suscités par l'annonce du dépôt de plusieurs recours au Tribunal fédéral dans le cadre du projet CEVA, il me paraît utile de compléter l'information diffusée par les médias, laquelle pourrait laisser penser que le principe même du CEVA serait remis en cause, malgré la votation populaire du 29 novembre 2009.

    Quoique certains puissent continuer à faire croire, les recourants, - bien que convaincus que le CEVA ne résoudra aucunement les problèmes de mobilité, bien réels, auxquels Genève est confrontée, malgré une dépense globale qui dépassera les 2 milliards, dont 800 millions ont déjà été adjugés à une entreprise française, qui ne manquera pas d'employer des travailleurs de l'Union européenne sans respecter nos conventions collectives - ne remettent pas en cause, devant le Tribunal fédéral, le principe de cette ligne de chemin de fer.

    Je ne m'attarderai pas sur tous les mensonges qui ont été proférés par les pro-CEVA pour arracher un « oui » des urnes, que ce soit au niveau du coût global délibérément sous-estimé, de la participation française déclarée acquise alors que tel n'est pas le cas (la France ayant même demandé une étude d'impact qui risque de mettre en cause le projet lui-même), du travail prétendu que cela procurerait à nos entreprises, de l'impérieuse nécessité de construire cette ligne pour l'avenir de Genève, de la dissimulation de l'absence de parkings-relais à Annemasse, de l'évident désintérêt de la majorité des pendulaires pour cette ligne de chemin-de-fer, et j'en passe et des meilleures. Le peuple a voté en fonction de cette malhonnête manipulation, et je retiendrai que c'est le jeu de ce que l'on appelle la démocratie. Pour faire passer une idée, aussi fausse soit-elle, il faut de l'argent, et à l'évidence l'investissement fut colossal, car sous le couvert d'un projet d'intérêt public, ce sont des intérêts particuliers depuis la Gare des Eaux-Vives jusqu'à la frontière que l'on veut réaliser.

    Quoi qu'il en soit, si le CEVA doit se réaliser, cela veut-il dire qu'il doit être construit au mépris des règles élémentaires de protection des riverains ? Certainement pas. Et c'est précisément à ce niveau que portent les recours déposés.

    Peu importe que vous soyez propriétaire ou locataire, riche ou pauvre. Que diriez-vous à la lecture d'un courrier des CFF qui vous informerait que la future ligne de chemin de fer engendrera des vibrations, des sons solidiens, des ondes électro-magnétiques, qu'elle risquera de perturber votre télévision et votre ordinateur à chaque passage de train, mais que vous devrez le supporter dans l'intérêt général ? Ne demanderiez-vous pas à tout le moins que l'on utilise, selon les données techniques à disposition des mesures de protection aussi efficaces que possible? Et cela que vous habitiez à Champel, ou n'importe tout ailleurs ! N'avez-vous pas lu récemment dans la presse que Carouge aurait certainement maintenu son recours s'il n'avait été trompé par des promesses sans lendemain de nos autorités ?

    Que diriez-vous par ailleurs si vous appreniez que CFF immobilier, l'Etat de Genève et la Ville de Genève prévoient, au niveau de la Gare des Eaux-Vives, des protections maximales en faveur des immeubles qu'ils comptent construire au-dessus de la gare, tout en niant le droit, pour les autres riverains de la future ligne, de bénéficier des mêmes protections ? Ne considéreriez-vous pas légitime que les particuliers, locataires ou propriétaires, bénéficient des mêmes protections que l'Etat, la Ville et les CFF ?

    Que diriez-vous par ailleurs si l'on vous disait que chaque passage de train (192 par jour), sera perceptible depuis votre logement, mais que vous devrez le supporter, car cela n'est pas de nature à nuire à votre santé, et que de plus, en moyenne journalière, la nuisance est considérée comme acceptable. En d'autres termes, les trains étant prévus jusqu'à minuit, puis dès 5h00 du matin, peu importe que vous ne puissiez pas dormis avant 24h00 et que vous soyez réveillé à 5h00, puisqu'en moyenne, sur l'ensemble de la journée, la nuisance serait tolérable selon des normes de protection de la santé des individus.

    Que diriez-vous encore si les calculs de nuisances étaient réalisés avec des trains classiques, alors qu'il est déjà prévu de faire circuler des trains à deux étages, plus lourds et plus bruyants ? Si l'on vous disait que cette ligne ne recevra pas de trains de marchandises, alors que des documents officiels affirment le contraire ?

    Que diriez-vous enfin si l'on vous disait que les nuisances réelles ne sont pas connues aujourd'hui, mais qu'elles seront déterminées après coup au moyen d'un camion-vibreur circulant sur les rails d'ores et déjà posés, et qu'en toute hypothèse, si la nuisance devait dépasser les prévisions, il ne serait plus possible de mettre les protections adéquates, en raison d'un gabarit insuffisant du tunnel .

    Je suis certain que tout un chacun, qu'il soit favorable ou contraire à la ligne CEVA, considérerait que l'on ne peut pas se moquer pareillement des habitants de ce canton, ce d'autant que ces nuisances impliqueront finalement des indemnités, qui n'ont absolument pas été portées au budget, et qui seront à charge des contribuables, tout comme le déficit d'exploitation du CEVA, d'ores et déjà estimé à 34 millions par année, à charge du canton de Genève, seul !

    Le CEVA a été imaginé en 1912, et devait être construit en surface. La paresse de certains politiques, Robert Cramer en tête, les a poussés à exhumer ce projet pour éviter de devoir en concevoir un autre, plus efficace, mieux adapté aux besoins du XXIème siècle, et surtout, moins onéreux. Ce projet bâclé, a été autorisé sous 328 conditions ou charges imposées par l'Office fédéral des transports. Oui, TROIS-CENT VINGT-HUIT. Vous avez bien lu. C'est dire à quel point le travail avait été mal fait.

    Les Genevois se rendront compte, sans doute trop tard, qu'ils ont été trompés. Alors, plutôt que de fustiger les recourants et leurs avocats, d'ailleurs de tous bords politiques, demandez à nos autorités où réside réellement l'intérêt de ce canton à envoyer un train dans un trou ferroviaire où rien n'est prévu pour recevoir les pendulaires, lesquels entrent majoritairement par Bardonnex, au moyen d'une autoroute fraichement inaugurée qui rapproche d'autant Annecy de Genève, et qui symbolise à elle seule la conception à sens unique que se font nos voisins de la région franco-genevoise.

    Les recourants, vous dit-on enfin, pour emporter vos dernières réticences, vont aggraver le coût du CEVA. Certains marchent, d'autres courent. De quoi préparer d'ores et déjà le terrain d'une rallonge budgétaire programmée depuis des années avec des coupables tous désignés. En réalité, l'Office fédéral des transports, dans le cadre des charges imposées, avait exigé que de nouveaux plans soient déposés un an avant le début des travaux. Ce travail n'est toujours pas terminé et nos autorités, Mark Muller en tête, vont tenter de nous faire croire que le retard ne leur est pas imputable, pour mieux nous convaincre, alors que l'on sera peut-être au milieu du tunnel, qu'il faut ajouter un demi milliard pour terminer l'ouvrage...

    Alors, à tous les donneurs de leçons exempts d'esprit critique, je dis qu'avant  de juger et de condamner au bûcher, il faut tenter de comprendre. Et dans ce dossier, il y a la vérité, d'une part, et ce que l'on veut nous faire croire, de l'autre. Souhaitons que la première éclate avant qu'il ne soit trop tard.

     

     

     

  • Les Murs de la honte

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    Il y a 50 ans, dans la nuit du 12 au 13 août 1961, les dirigeants de l'Allemagne de l'Est ordonnaient la construction, à Berlin, d'un « mur de protection antifasciste ». Durant 28 ans, ce « Mur de la honte », comme tous s'accordent à le qualifier aujourd'hui, a séparé des familles entières, symbolisant, aux yeux de l'Occident, la démarcation entre l'ouest et l'est de l'Europe, entre la liberté et l'oppression.

    Les dirigeant du monde libre ont, unanimement, avec l'Allemagne, marqué ce devoir de mémoire, envers toutes ces femmes et ces hommes qui ont perdu la vie en tentant de franchir ce mur de bêtise, d'incompréhension et d'exclusion, érigé sur des prétexte, pour dissimuler des mobiles inavouables.  Il fallait le rappeler. L'oubli n'est-il pas le passage obligé vers la récidive ? J'en suis convaincu, et certains ne manquent pas de nous le rappeler à juste titre chaque 24 avril.

    Mais nos dirigeants restent cruellement silencieux lorsque, sous leurs yeux, se construit depuis bientôt 10 ans, une barrière trois fois plus haute et deux fois plus large que le mur de Berlin, dans un contexte historique certes incomparable, et pour des motifs, déclarés ou inavoués, bien différents, mais avec, néanmoins, le dessein, encore et toujours identique, de séparer ce qui est bon de ce qui ne l'est pas, les constructeurs étant bien évidemment convaincus d'être les seuls à pouvoir prononcer la juste sentence de l'exclusion des uns, et de la protection des autres.

    Mon propos n'est pas ici d'analyser les mobiles, réels ou fallacieux, à la base de la de construction du « mur de protection » érigé par Israël en Cisjordanie, même s'il est évident aujourd'hui, avec le recul, que cette barrière n'a jamais été à même d'empêcher le passage de terroristes, qu'elle a créé une misère accrue de « l'autre côté », comprenez, « le mauvais », et renforcé, chez les exclus, un radicalisme religieux et une haine, qui sont le terreau dans lequel germera la violence de demain. Par contre, cette  « barrière de sécurité » a  permis d'étendre impunément certaines colonies contestées en Cisjordanie, par la politique du fait accompli.

    Pour ceux que le sujet intéresse, je conseille vivement le visionnement d'un reportage diffusé par ARTE le 30 janvier 2010 : (http://videos.arte.tv/fr/videos/israel_retour_sur_une_separation-3134920.html)

    Nous attendrons donc 2052, pour voir nos dirigeants reconnaître que le mur construit par Israël est, lui aussi, un « mur de la honte », construit, contrairement au mur de Berlin, non pour mieux opprimer de ce côté-ci, « le bon », mais pour mieux humilier et écraser de ce côté-là, un peuple, dont la grande majorité ne demande qu'une chose, vivre en paix, chez lui, et dans la dignité.

    Il est sans doute plus conventionnel de privilégier le mutisme à la dénonciation. Mais la vérité, noyée au milieu de l'hypocrisie, est pareille à l'huile immergée dans l'eau. Quoi que l'on fasse ou dise, elle finit toujours par remonter à la surface...Ces murs-là, avant d'être la honte de ceux qui les érigent, sont la honte de ceux qui les tolèrent en silence.

     

     

     

     

     

     

  • Perle-du-lac : bientôt le bivouac!

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    « Le Conseil administratif a décidé de travailler sur un projet ambitieux »...nous dit Sylvie Bietenhader, au nom de la Gérance immobilière municipale de la Ville de Genève (http://www.tdg.ch/geneve/actu/perle-lac-fermera-portes-fin-mois-aout-2011-07-29 ).

    Nous voilà rassurés ! Si le Conseil administratif a décidé de travailler...il ne lui reste qu'à commencer à mettre en pratique cette belle résolution.

    Oui mais voilà, le restaurant de La-Perle-du-lac, situé sur l'un des plus beaux sites de Genève, et qui mérite certes des travaux de rénovation, ne serait-ce que pour assurer la rentabilité à long terme de ce bien du patrimoine de la Ville, n'est pas encore prêt à accueillir ses nouveaux clients, bien que sa fermeture ait été décidée...pour le 31 août, au beau milieu de la belle saison.

    En effet, les travaux, prévus pour cet automne, ne pourront pas commencer comme prévu. On ne sait d'ailleurs pas encore ce que l'on va y faire, ni quand les travaux vont pouvoir commencer....mais on ferme, en attendant de réfléchir.

    Si l'on faisait de même dans le privé, nul doute que le responsable serait remercié.

    On nous informe par ailleurs que le gérant actuel aurait pour 500'000 francs d'arriérés de loyers, ce qui devrait nous conforter quant au bien-fondé de la décision de fermer l'établissement. Cette information nous laisse toutefois sur notre faim. Comment un arriéré pareil a-t-il pu être accumulé, sinon par la mauvaise gestion municipale d'un bien public ? La fermeture est-elle la conséquence de la décision de rénover ou d'une résiliation de bail pour non-paiement du loyer ? En toute hypothèse, ce n'est pas en laissant l'établissement fermé durant de nombreux mois sans aucun motif que l'on va combler ce trou.

    Autre question à Madame Salerno : On ne sait pas encore quand et comment La-Perle-du-Lac sera rénovée, mais l'on sait déjà que sa gérance sera confiée à un Alsacien domicilié à Annemasse et exploitant la Brasserie alsacienne dans la même ville. Indépendamment des qualités certaines de cette personne, n'y a-t-il aucun jeune talent du cru qui pourrait avoir la chance d'exploiter ce restaurant d'exception, comme l'école hôtelière de Genève, par exemple, qui avait postulé ? Les meilleurs viennent-ils toujours d'ailleurs ?

    En matière de gestion de nos joyaux du bord du lac, comme en matière de culture, notre gauche genevoise a un complexe...peut-être juge-t-elle nos concitoyens à l'aune de l'image qu'elle se fait d'elle-même. Plate et sans ambition.

    Il est grand temps  que notre Ville soit gouvernée, et non gérée comme une association de bons (et petits) copains.

     

     

     

  • CEVA: sans foi ni loi

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    Carouge se sent trahie par Mark Muller (http://www.tdg.ch/geneve/actu/carouge-fachee-etat-tenu-promesses-2011-08-02 ). Mais la trahison n'est pas le fait d'un seul homme. A ses côtés, des hommes et des femmes politiques, sans foi ni loi, étaient prêt à promettre n'importe quoi pour arracher au forceps un « oui » au CEVA lors de la votation du 29 novembre 2009. Aujourd'hui et demain, les mêmes, ne reculeront devant rien pour dissimuler leurs mensonges à la population de ce canton et insulter impunément ceux qui persistent à dénoncer cette extorsion.

    Carouge avait des exigences, et sa population devait être convaincue. Alors il lui fut promis d'améliorer la qualité de vie communale contre un retrait de son opposition au CEVA. Promesse que l'on savait ne pas vouloir tenir pour la simple et bonne raison que le budget ne le permettrait pas. Autorités carougeoises sans doute naïves. Mais doit-on leur reprocher de ne pas s'être méfiées de la roublardise des représentants du canton ?

    N'est-il pas choquant de lire dans la bouche d'un représentant communal qu'à l'avenir il ne faudra plus se fier aux représentants du canton qu'en échange d'engagements datés et signés ? L'Etat est-il devenu un interlocuteur comme un autre dont il faut se méfier ? Je parle ici bien évidemment de l'Etat, et non de candidats en période électorale. Où est la décence ? Où est la moralité ?

    Combien de mensonges faudra-t-il encore mettre en lumière pour que les électrices et les électeurs de ce canton comprennent qu'ils ont été abusés ?

     

     

  • Bonneteau, encore et toujours!

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    Lundi 1er août 17 h 30, quai du Mont-Blanc, la clientèle à pigeonner est abondante et les joueurs de bonneteau sévissent impunément, protégés par des guetteurs bien rôdés.

    Durant 1 h 30, pas un uniforme à l'horizon. Pourtant, vers 19 h, une patrouille bienvenue de 4 gendarmes (oui, 4 gendarmes groupés, et non 2 patrouilles de 2 partant de chaque bout du quai) déambule le long du quai. Présence sans doute rassurante, mais inefficace pour interpeller les joueurs de bonneteau, qui, alertés par leurs complices, ont traversé la route, en attendant le passage de la patrouille, avant de sévir à nouveau.

    A part quelques interventions médiatiques, dont le but est évidemment de convaincre la population genevoise que la loi est appliquée, où est donc la volonté politique de la Conseillère d'Etat Isabel Rochat ? Sans doute en vacances avec elle.

     

     

  • 1er Août: Reprendre son destin en mains et préserver les emplois

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    Le 1er août en Suisse, comme toute fête nationale ailleurs dans le monde, est l'occasion de s'interroger sur les liens que l'on entretient avec la nation, et l'idée que l'on se fait de la position que doit adopter celle-ci face aux problèmes qu'elle traverse ou qui la guettent.

    L'homme, pareil à l'arbre, ne peut véritablement s'élever, dans tous les sens du terme, y compris, et surtout, pour regarder au loin, s'il n'a de larges et profondes racines. Celles-ci ne sont pas tributaires du temps écoulé depuis l'arrivée sur un sol, mais, d'abord, et non seulement, des efforts et de la volonté déployée pour s'intégrer à une communauté, au sein de laquelle on n'est pas toujours né, et dans laquelle on est arrivé, en ayant dû arracher ses racines d'autres terres, parfois dans la douleur, jamais dans la joie. La force et la profondeur des racines dépendent aussi de la qualité du sol qui les accueille, car l'intégration n'est pas une démarche unilatérale accomplie sous les regards d'une population autochtone passive.

    De tout temps la Suisse fut à la fois une terre de traditions et d'accueil. Elle en a retiré sa force et sa grandeur. A l'heure où les termes de multiculturalisme et d'intégration sont sur toutes les lèvres, le risque est grand de laisser la peur de l'immigration dicter notre conduite et de nous refermer sur nous-mêmes, derrière le rempart de nos traditions, fourre-tout dans lequel chacun met ce qu'il croit bon. Il ne s'agit pas de pointer du doigt ceux qui ressentent une crainte, car ses fondements sont réels. Il ne s'agit surtout pas de laisser à certains extrêmes l'opportunité de mener le débat, car c'est de notre avenir à tous dont il est question.

    La Suisse, petite île au milieu de l'océan européen, a peur du ras-de-marée. Elle aurait tort d'ignorer le risque. Avec des salaires qui sont un multiple de celui de ses voisins, notre pays ne peut que susciter la convoitise. Si tous les partis de droite et de centre-droit considèrent que la libre circulation a favorisé l'économie helvétique et doit dès lors être absolument maintenue, la gauche, pour sa part, après l'enthousiasme initial, reste favorable au principe, mais demande davantage de mesures d'accompagnement, afin de lutter contre le dumping salarial.

    L'UDC, quant à elle, lance une initiative pour lutter contre l'immigration et fixer des contingents  annuels d'étrangers, demandeurs d'asile inclus...Texte bien vague qui demandera tant de règlements d'application, que personne, partisans ou adversaires, n'y trouvera sont compte

    Dire que la population suisse n'est pas préoccupée, notamment  pour son emploi, en raison de la concurrence européenne, est aussi faux que de prétendre que la Suisse doit être soumise à une économie planifiée, avec un besoin estimé administrativement de ressources étrangères.

    Les dirigeants d'un pays, tels de bons chefs de famille, ne peuvent ouvrir les portes de la maison sans contrôle, au risque de priver ses occupants des ressources dont ils ont besoin. De quoi a donc besoin notre économie ? Des forces qui lui manquent ! Et le patronat suisse n'a jamais prétendu que les accords de libre circulation devaient permettre de remplacer les travailleurs résidents par des travailleurs européens, mais bien de rechercher là où elle se trouve, la main-d'œuvre qualifiée qui lui manque.

    Le système actuel,  mis en place depuis le début du XXIe siècle sans aucun garde-fou efficace, écarte du marché de l'emploi de nombreux travailleurs, victimes d'une concurrence excessive sur le marché du travail, autant au niveau des salaires que des compétences. En plus des chômeurs officiels, il faut encore ajouter les personnes éjectées vers l'assistance publique, et même les frontaliers traditionnels, qui perdent eux aussi leur emploi en raison de cette mécanique implacable.

    Il n'est décidément plus question de laisser  au patronat la liberté absolue de faire son marché dans une population de plus de 500 millions d'habitants, où se présentera toujours quelqu'un de plus expérimenté qu'un résident en Suisse (peu importe sa nationalité). Il n'est cependant pas question de laisser à l'administration le soin d'évaluer les besoin de notre économie, et de fixer des contingents annuels de permis de travail en faveur de ressortissants européens, comme le voudrait l'UDC, dont l'initiative est un non-sens visant à limiter la population étrangère en Suisse sous prétexte d'assurer une qualité de vie, dont cette population est, et a été, bien souvent, le premier artisan.

    La libre circulation ne doit plus être un dogme intangible. Aucune société ne peut accepter une liberté absolue en ce domaine, faute d'aboutir à une dérégulation du marché. L'emploi de nos résidents doit être préservé, particulièrement l'entrée dans la vie active de nos jeunes, sortant de formation. Si l'Union européenne veut absolument maintenir une liberté absolue de circulation des personnes, sans priorité au marché local de l'emploi, elle n'est pas le partenaire dont la Suisse a besoin, et l'ensemble des accords bilatéraux, qui n'auraient jamais dû être négociés sur de telles bases, deviendront caducs. Nous verrons qui a le plus à perdre dans les négociations qui s'ouvriront alors.

    Notre pays, qui a trop longtemps vécu, préservé des attaques, a perdu l'habitude de les prévenir. L'économie européenne est aux abois. La Suisse va au-devant d'années difficiles (secret bancaire, franc fort-euro faible). Nous devons préserver nos acquis et nous battre pour cela. Les employeurs de notre pays auront logiquement la tentation de réduire leur masse salariale. Un moyen sera de remplacer la main-d'œuvre locale par de la main-d'œuvre étrangère, meilleur marché, chaque fois que cela sera possible. Si nos dirigeants ne réagissent pas, de peur de froisser notre grand voisin, notre pouvoir d'achat ne cessera de chuter, avec pour conséquence indirecte un démantèlement accéléré de notre couverture sociale (AVS, LPP, LAMAL, AI, LAA, Chômage), d'ores et déjà amorcé par cet UDC qui prétend servir la population de notre pays.

    L'initiative UDC est une mauvaise réponse à un vrai problème. Pour une fois, que nos parlementaires ne jouent pas l'autruche ! Qu'ils ne laissent pas une peur légitime sortir des urnes et qu'ils anticipent la préoccupation de nos concitoyens !

    La Suisse a des atouts, il faut qu'elle cesse de douter d'elle-même, et qu'elle reprenne en mains sa destinée, car de sa détermination internationale dépendra le bien-être de sa population.

     

     

     

     

     

     

  • La délation obtient l'onction du Tribunal fédéral

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    Dans un  billet publié hier, Andreas Dekany revient fort opportunément sur un tout récent arrêt du Tribunal fédéral, donnant tort au Tribunal administratif fédéral, et confirmant la décision de février 2009 de la FINMA (autorité de surveillance des banques) d'autoriser l'UBS à transmettre les données bancaires de 255 clients aux autorités américaines (http://leblogdandreasdekany.blog.tdg.ch/archive/2011/07/26/arret-du-tribunal-federal-concernant-la-transmission-de-donn.html )

    Nous avons tout lieu de nous inquiéter des principes dégagés par une telle décision, et même s'il n'est pas politiquement correct de poser cette question, ce d'autant lorsque l'on est soi-même avocat, il serait intéressant de connaître la coloration politique des juges qui ont voté pour l'admission du recours de la FINMA...N'oublions pas qu'en Suisse, les juges fédéraux sont élus par le Parlement, mais qu'ils sont présentés par des partis politiques. Sans doute un système qui en vaut bien un autre, même s'il est difficile de comprendre que la démarche préalable que l'on demande à un juge, dont la qualité première requise est l'indépendance, soit un acte d'allégeance.

    Cela dit, une société privée, ce qu'est encore l'UBS jusqu'à preuve du contraire - bien qu'elle s'empresse de faire appel à l'aide de l'Etat quand cela l'arrange, tout en invoquant immédiatement après, lorsqu'il s'agit de fixer les bonus de ses cadres et dirigeant, les règles internes de la société anonyme - pourrait invoquer l'état de nécessité, ou mieux, la raison d'Etat, pour livrer à une puissance  étrangère, des clients qui se sont précisément adressés à elle en raison du secret qui constituait son fonds de commerce, et auxquels elle a offert des services illégaux aux yeux de l'Etat étranger concerné.

    Ce ne sont pas tant les répercussions de la procédure américaine sur l'UBS qui ont été retenues, mais les conséquences indirectes sur l'économie suisse...

    Ce même Tribunal fédéral, qui ne cesse de rappeler que le dommage indirect n'est pas indemnisé en droit suisse, lorsqu'il s'agit d'examiner les prétentions de victimes en matière de responsabilité civile (ainsi, la mère d'un enfant rendu invalide par un accident qui cesserait de travailler pour s'en occuper ne pourrait pas demander sa perte de gain au responsable), viendrait à considérer que le seul risque d'un dommage indirect pour l'économie nationale légitimerait la violation, par une société privée, de ses obligations tant légales et contractuelles. Historique d'opportunisme jurisprudentiel.

    Et cela ne fait bouger aucun journaliste de notre pays? Cela ne secoue pas le monde politique, concentré sur son échéance nombrilliste du 23 octobre, et cela n'ébranle pas la moralité de la nation. La Suisse est-elle devenue un Etat voyou sans décence, dirigé par des invertébrés qui se plient au gré du vent le plus fort ? Voici ce que j'écrivais il y a deux ans déjà sur le sujet :

    http://poggia.blog.tdg.ch/archive/2009/08/19/ubs-la-honte.html

    L'UBS aurait ainsi subi une procédure pénale? Eh bien qu'elle assume! Cela aurait touché l'économie suisse? Peut-être, mais qu'a fait finalement le Conseil fédéral bien que cette délation officielle ait été cautionnée? Il a garanti l'UBS avec l'argent des contribuables de ce pays.

    Que défend la FINMA ? L'intérêt du pays à long terme ou les intérêts économiques de nos entreprises à court terme comme je le démontrerai prochainement dans un billet relatif au contrôle des assurances privées ? Pour moi la réponse est claire.

    Et s'il fallait une preuve de plus que la justice, dans les affaires sensibles, est un exercice à géométrie variable, elle est toute rapportée.

     

     

     

  • La femme sera l'été du printemps arabe

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    La femme est l'avenir de l'homme chantait Jean Ferrat sur les paroles du poète Louis Aragon. Jamais cela ne sera plus vrai que dans le monde arabe qui se réveille à la démocratie. Balbutiement difficile, et innombrables écueils pour des populations qui n'ont connu, durant des générations, que le discours unique du pouvoir, et pour qui le savoir n'a été, que la reproduction par cœur du savoir des générations antérieures, comme on apprend les versets de l'immuable saint Coran.

    Pourtant, la démocratie ne se reçoit pas, ne s'importe pas. Elle s'apprend, jour après jour, dans l'analyse critique des événements, en se forgeant sa propre opinion, dans l'écoute respectueuse de l'opinion d'autrui. Tâche oh combien difficile.

    Dans ce contexte, glisser un bulletin dans  l'urne n'est pas le début d'une expression démocratique, mais son aboutissement, car ce n'est pas le geste qui importe, mais bien la volonté que son contenu exprime. Et le risque de céder aux sirènes d'un nouveau discours unique et faussement rassurant, celui des intégrismes religieux, est bien présent.

    La société aurait sans doute beaucoup à perdre, mais quelle est la conscience immédiate que peut avoir, l'espace d'un instant de l'Histoire, une population encore enivrée par un espoir qu'elle ne pensait plus avoir? Tout n'est-il pas mieux que la dictature en ces moments-là?  Le doute, et peut-être même la crainte pourraient inciter à l'attentisme et à l'inertie. Pourtant l'avenir immédiat ne se construit pas en soubresauts, car les ajustements risquent de ne jamais être possibles. Autant ne pas faire fausse route.

    Dans ce contexte, la menace intégriste, qui vise à réguler la vie de la société par les dogmes religieux, ne pourra être évitée, principalement qu'avec la force de conviction et la détermination de la femme arabe. C'est elle qui a décidément le plus à perdre dans un tel virage obscurantiste, et qui doit défendre l'égalité des sexes, dans un combat politique, bien sûr, mais aussi à l'intérieur de chaque maison, auprès de chaque père, chaque frère, chaque mari. Car l'apparent effacement de certaines femmes arabes n'est souvent qu'un jeu de rôles social, qui disparait à peine le seuil du domicile franchi, pour laisser la place à un réel partenariat au sein du couple.

    Plus facile à dire qu'à faire pensez-vous ? Sans doute. Mais qui aurait pensé, voici 9 mois à peine, que la Tunisie se débarrasserait de Ben Ali et l'Egypte de Moubarak ? Et ce n'est qu'un début au vu de l'actualité internationale.

    Alors Mesdames, le monde compte sur vous, et sur votre vote massif, pour que ces révolutions soient un réel pas en avant pour la société arabe en route vers une démocratie laïque et respectueuse de l'égalité des sexes.

     

     

  • CEVA: la censure continue!

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    Le 16 décembre 2010 un projet de loi était déposé, demandant un moratoire pour les travaux du CEVA, jusqu’au bouclement du financement à charge des partenaires français (http://www.geneve.ch/grandconseil/data/texte/PL10773.pdf). L’argumentation était simple et élémentaire : pourquoi commencer la construction de cette ligne ferroviaire impliquant une charge financière avouée - mais en-dessous de la réalité - de 1,5 milliard de francs à charge des contribuables genevois et confédérés, si les partenaires français ne sont pas en mesure de poursuivre les voies depuis la frontière à la gare d’Annemasse, avec l’aménagement requis de cette dernière ?

    Le bon sens pesant peu au regard de la force d’inertie, les partis ayant soutenu le CEVA ne souhaitant évidemment pas que leur impéritie, ou pire, leur tromperie, ne soit découverte, ce projet de loi fut d’abord renvoyé aux calendes grecques, puis à la commission des travaux (voir http://poggia.blog.tdg.ch/archive/2011/01/28/ceva-de-la-tromperie-a-la-censure1.html ). La censure était donc reportée à l'épisode suivant.

    Une séance unique a suffi pour balayer cette demande au nom du « on a commencé, faut finir », ou du « vos arguments on ne veut pas les entendre, on a décidé ». Bref, les dés étaient pipés. Tous, sauf le MCG et l’UDC ont rejeté cette demande, sans même entendre qui que ce soit, si ce n’est les balbutiements gênés de Monsieur Mark Muller, Conseiller d’Etat…

    Un rapporteur de majorité fut désigné en la personne de Monsieur Guy Mettan (PDC) et un rapporteur de minorité, Monsieur Roger Golay (MCG), avec un délai au 24 mai pour le dépôt des rapports, en vue du débat en séance plénière.

    Entretemps, la presse nous apprenait que la France exigeait une étude d’impact du CEVA sur la faune et la flore…( http://www.tdg.ch/print/node/343142 ) Le moratoire demandé apparaissait dès lors d’autant plus d’actualité, car jamais les Genevois n’avaient voulu d’un train qui s’arrête à la frontière…Pour la majorité pro-ceva, il devenait dès lors urgent …d’attendre, afin d’éviter tout débat public qui aurait pour conséquence inévitable de mettre au grand jour les mensonges éhontés qui avaient été assénés aux électrices et électeurs lors du référendum de 2009 quant au prétendu soutien indéfectible de nos voisins français, et quant à la volonté commune de construire la région, dont le CEVA serait la colonne vertébrale.

    Ainsi, plutôt que d’affronter honnêtement le débat, des moyens peu avouables sont utilisés pour ne pas dévoiler la réalité des faits. Alors que le député Roger Golay a respecté le délai qui lui a été imposé, Monsieur Guy Mettan n’a toujours pas déposé son rapport, rendant ainsi impossible tout débat en séance plénière. Le but est ainsi atteint.

    On se rappellera que Monsieur le député Guy Mettan, en sa qualité de président de ALP-Rail (http://www.alp-rail.net/cm/contacts.php?lg=fr&page=main ), n’est pas totalement désintéressé dans ce débat, si l’on en juge par les propos qu’il avait tenus dans les médias :

    « Le CEVA sera aussi financé par les Français... » (Un train pour rêver, Tribune de Genève du 18 novembre 2009).

    Nous avons aujourd’hui la preuve que les partisans du CEVA, Conseil d’Etat en tête, n’avaient alors aucune garantie à cet égard, pas même un petit courrier… Toujours difficile de reconnaître ses erreurs.

    Ceci explique cela. Et vive la manipulation !

    (Voir le bêtisier politique du CEVA :( http://www.mobilitege.ch/ceva/affirmations.php ))big-preoccupation.jpg

     

     

  • C'est pas parce qu'on n'a rien à dire....

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    La Tribune de Genève nous apprend que Sami Canaan a donné sa première conférence de presse en qualité de Conseiller administratif de la culture et des sports. Chouette, on va en savoir plus sur sa vision de la culture à Genève, me suis-je dit.

    On apprend ainsi avec délectation :

    Qu’il est arrivé à l’heure. Faut croire que d’autres n’avaient pas cette politesse, et que l'on en vient à s'étonner de la normalité.

    Qu’il est à l’écoute, mais on ne sait pas de quoi.

    Qu’il ne porte pas de cravate, mais qu’il n’est pas débraillé. Juste ce qu’il faut pour montrer qu’on est de gauche, quoi, mais pas soixante-huitard.

    Qu’il ne porte au moins pas de sandales, lui. Ce qui nous épargne le style négligé de Patrice Mugny.

    Qu’il ne fait pas semblant de tout savoir, comme si cela était surprenant dans sa fonction.

    Qu’il sait lire un texte préparé « quand il le faut », à savoir lorsque l’improvisation serait périlleuse.

    Qu’il sait « mettre son monde en valeur ». On ne sait pas de quel monde on parle...

    Pour le reste, il faudra attendre.

    Comme disait Michel Audiard, c’est pas parce qu’on n’a rien à dire qu’il faut fermer sa gueule.

    Moi, si je suis un jour Ministre de la culture, je viendrai à ma première conférence de presse en caleçon de bain, ou en uniforme de hussard. Au moins les journalistes auront quelque chose à dire.

  • Le PDC soutient les assureurs contre les assurés

    PDC_Familen.jpgCertains votes du Grand Conseil ne sont pas jugés suffisamment dignes d'intérêt par les médias pour être rapportés à la population. Pourtant, quel enseignement pour l'électeur à s'arrêter au « détail » médiatique.

    Ainsi, ce qui fut retenu du vote du 27 mai portant sur les dernières modifications de notre législation cantonale en vue de son adaptation au nouveau code fédéral de procédure civile, fut le débat d'arrière-garde visant à déterminer à quel moment un huissier judiciaire devrait intervenir en cas de résiliation du bail pour non paiement du loyer par le locataire. Ce débat est d'arrière-garde car, huissier ou pas, le couperet est imposé par le droit fédéral : après mise en demeure, par le bailleur, de payer l'arriéré dans les 30 jours, le juge ne peut plus refuser d'évacuer le locataire !

    Le problème est évidemment ailleurs. Pourquoi un locataire se trouve-t-il dans l'impossibilité financière de régler son loyer ? Pourquoi les loyers sont-il souvent si élevés qu'un travailleur soit incapable de s'en acquitter ? Pourquoi un locataire dont le loyer est excessif pour son revenu ne parvient-il pas à trouver un logement au loyer supportable ? Voilà les vraies questions ! Les réponses vous les connaissez : on ne construit pas assez de logements à Genève depuis des décennies, et la situation ne change pas malgré la présence d'un Libéral (pardon PLR) à la tête du Département des constructions, et cela en grande partie en raison de blocages de la gauche qui trouve toujours quelque chose à redire lorsqu'un projet est enfin sur le point d'être réalisé.

    Bref. Tel n'est pas mon propos aujourd'hui.

    Ce 27 mai, une minorité de la commission du Grand Conseil chargée d'élaborer cette nouvelle législation, MCG, PS et LES VERTS (dans l'ordre alphabétique), proposait en séance plénière d'insérer la gratuité pour les procédures engagées par un assuré contre un assureur privé, lorsque l'objet de l'assurance couvre le décès et l'invalidité et ses conséquences, suite à une maladie ou un accident.

    Après avoir accordé la gratuité pour les procédures devant les baux et loyers et les tribunaux de prud'hommes, il semblait logique et équitable de permettre au « pot de terre », l'assuré, de se battre à armes égales contre le « pot de fer », à savoir un assureur tenant les cordons de la bourse et profitant trop souvent de la précarité et de l'incertitude financière dans laquelle se trouvent les assurés atteints dans leur santé et leur capacité de travail, pour refuser des prestations pourtant dues. Elémentaire ! Et quelle force supplémentaire pour les droits des assurés !

    Dans ce discours, MCG, PS et LES VERTS n'avaient rien à attendre du PLR, dont les couleurs sont majoritairement représentées dans tous les conseils d'administration de nos assureurs.

    Quant à l'UDC, même si sa branche genevoise s'était montrée plus sensible aux avancées sociales ces dernières années, la volonté de sa nouvelle présidente Céline Amaudruz de vouloir singer jusqu'à l'incompréhension la position fédérale du parti, qui n'a de cesse de démanteler la couverture sociale en faveur les plus fragiles (personnes âgées, malades, chômeurs, invalides), rendait vain tout espoir de le rallier à la cause des assurés.

    Restait le PDC, parti prétendument favorable à la famille, dont le vote était en l'occurrence dicté par Vincent Maitre, son représentant en commission... Rien n'y fit, comme un seul homme, le PDC vota contre cette proposition, qui fut refusée par 47 voix contre 45 !

    Les assurés tiennent ici à remercier le PDC pour son vote de barrage. Il est vrai que les familles ne sont pas affectées par l'invalidité de l'un de ses membres....Il y a le discours,  il y a les actes.

     

     

     

     

     

     

  • Les radicaux libres sont (définitivement) nés

    701320_mobilier-hermes.jpg« Les radicaux libres sont des molécules d'oxygène instables et incomplètes qui peuvent se retrouver dans l'organisme et qui tentent de s'accoupler à des éléments de nos propres cellules afin de se compléter. Dans l'opération, ils détruisent alors des cellules saines. Les radicaux libres entraînent des dommages à notre organisme un peu comme la rouille sur le métal d'une automobile. L'oxydation provoquée par les radicaux libres exerce une action similaire en s'attaquant aux tissus et aux cellules de notre organisme, accélérant ainsi leur vieillissement. » (www.masanténaturelle.com)

    Radicaux et Libéraux genevois ont donc plébiscité leur fusion. A défaut d’amour, mariage de raison entre un parti radical moribond et au bord de la disparition sur le plan cantonal, nécessitant donc l’assistance respiratoire des libéraux, et un parti libéral quasiment inexistant sur le plan national, recherchant ainsi une visibilité fédérale grâce aux radicaux.

    Il n’en demeure pas moins que ce nouveau parti, accouché aux forceps, laissera à beaucoup un sentiment d’amertume, devant partager la bannière avec des membres dont les idées et les idéaux ne sont pas les leurs.

    La droite sociale, que se prétendait être le Parti radical est définitivement morte, à supposer qu’elle ne le fut pas depuis longtemps déjà.

    Résolument, seul le MCG représente une vision de la société, proche du citoyen, à droite sur le plan économique et sécuritaire, mais à gauche sur le plan social, car une économie forte a besoin de paix sociale et de sécurité, tout comme la solidarité sociale nécessite une économie performante et des finances étatiques saines.

    Comme les radicaux libres engendrent l’instabilité de l’organisme et son vieillissement prématuré, ce nouveau parti aux lignes directrices mal définies ne satisfera ni les uns ni les autres et ne pourra que servir un programme aussi indigeste que du saumon à la longeole.

    Alors, avant d’être malades, si vous avez un esprit suffisamment ouvert au débat d’idées, et si vous pensez pouvoir apporter à notre société des solutions concrètes au-delà des clivages politiques, en anticipant les défis qui nous guettent, sans hypocrisie et sans langue de bois, alors rejoignez le MCG, vous serez les bienvenus !

    MCG, ni à droite, ni à gauche, mais près de vous !

     

  • ON SE REVEILLE?

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    Madame la Conseillère fédérale Simonetta Sommaruga nous l’assure, l’erreur n’était pas volontaire ! Comprenez par là qu’il n’y a pas eu mensonge délibéré, car c’est ainsi que l’on appelle une contre-vérité assénée en connaissance de cause.

    Lorsque le Conseil fédéral nous a dit en 2005, pour nous inciter à accepter les Accords de Schengen-Dublin, que cela nous coûterait la bagatelle de 7,4 millions par an, il le croyait dur comme fer. Promis juré.

    Vous aurez apprécié la précision: pas entre 7 et 8, non, 7,4, pour bien donner l'illusion de l'analyse scientifique.

    Il se trouve que le coût moyen pour la Suisse a été de 80 millions par année…Petite erreur d’appréciation de 980%. Chacun sait que l’erreur est humaine, mais là, il fallait s’appliquer.

    Un responsable financier dans le domaine privé qui commettrait une telle erreur serait viré sur-le-champ, et sa responsabilité personnelle pourrait même être engagée. Il n’y a qu’à la tête de l’Etat où l’on peut tout se permettre impunément.

    L’essentiel est que le peuple ait dit « oui », tout le reste n’est qu’accessoire.

    En attendant, il faut bien prendre l’argent où l’on peut, à savoir dans des domaines où ceux que l’on veut pénaliser ne réuniront jamais la majorité et sont donc un électorat négligeable. Au hasard, les chômeurs (tous les travailleurs actifs sont convaincus que cela ne leur arrivera pas), les invalides (les bien-portants pensent que cela n’arrive qu’aux autres), les personnes âgées (cela nous arrivera, mais nous, on est bien plus prévoyants), et j’en passe et des meilleurs.

    Alors, les amis, on se réveille ?

  • MAX FRISCH CITOYEN

    frischGP_site.jpg« Pire que le bruit des bottes, le silence des pantoufles ». Cette phrase de Max Frisch, dont on célèbre aujourd’hui le 100ème anniversaire de la naissance,  désigne par excellence l’ennemi de la démocratie, dont le citoyen doit inlassablement redouter et combattre les effets.

    Ce n’est pas la dictature ou la tyrannie d’un homme ou d’un régime que nous devons craindre, mais bien la sournoise victoire du conformisme et de la démission des esprits.

    Max Frisch l’avait bien compris. Au sortir de la guerre, la Suisse avait échappé au pire de la violence et de la négation de l’Homme, mais le fait d’avoir dû se battre bien moins qu’ailleurs pour maintenir la démocratie et rétablir l’Etat de droit, n’avait sans doute pas permis de sensibiliser autant qu’ailleurs la population sur l’impérieuse nécessité, mais aussi l’incomparable privilège de pouvoir s’exprimer sur l’avenir de la nation.

    Les décennies ont passé, mais le danger menace plus que jamais. Alors qu’ailleurs des hommes et des femmes sont prêts à donner leur vie pour accéder à la démocratie, chez nous, 60% des citoyens considèrent sans doute indigne de leur emploi du temps de consacrer quelques minutes pour exprimer leur point de vue sur les sujets qui leur sont soumis, ou pour élire ceux qui devront les représenter à la tête de l’Etat.

    Les pantoufles, dans leur sournoise avancée silencieuse, gagnent du terrain, jour après jour. Le bruit des bottes est-il si lointain ?

  • MOBILITE: UNE VIOLENTE DOUCEUR

    mobilite-douce.gifSous un titre racoleur, censé rallier à elle les plus hésitants, l’initiative 144 « Pour une mobilité douce », sera soumise au peuple le 15 mai prochain.

    Qui donc pourrait être contre la mobilité ? Se mouvoir, c’est vivre en liberté ! Et lorsque l’on vit au quotidien les chantiers anarchiques ouverts tous azimuts à Genève, on ne peut que rêver de cette liberté.

    La douceur quant à elle ne peut qu’éveiller dans notre imaginaire, l’antidote tant souhaité à cette barbarie urbaine.

    En un mot comme en cent, se mouvoir en douceur, quoi de plus enviable ?

    Mais cette douceur-là a son prix de violence. Si vous avez aimé nos chantiers routiers, vous adorerez ceux que cette initiative déclenchera si elle est adoptée. En 8 ans, toutes nos routes principales et secondaires, vous avez bien lu TOUTES, devront être équipées de pistes cyclables. On élargira donc les routes qui peuvent l’être, et sur celles qui ne le peuvent pas, on prendra l’espace nécessaire sur les places de stationnement et les voies de circulation.

    Vous avez saisi ? Et tout cela en douceur…

    Pour ma part je circule à vélo chaque fois que je peux, et j’apprécie. Mais de là à exiger de la collectivité qu’elle fasse partout des piste cyclables, qui, faute de pouvoir être séparées de la circulation automobile, seront empruntées par les voitures et les motocyclistes et scootéristes, il y a un pas que je ne franchirai pas. Genève est déjà impraticable aujourd’hui, avec un Office de la mobilité dont le seul mot d’ordre est de dégouter les automobilistes d’entrer au centre ville, et je n’entends pas en ajouter une couche.

    Cette initiative « ne casse pas trois pattes à un canard », selon Mme Kunzler. Je pense pour ma part que l’argent des contribuables peut être mieux investi qu’à leur rendre la vie insupportable. Ce devrait être également la préoccupation de notre Conseil d’Etat.