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  • Un Conseil d’Etat schizophrène

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    Après avoir soutenu, par un lobbyisme assidu à Berne, l’instauration d’un moratoire à l’installation de nouveaux cabinets médicaux, en invoquant prioritairement l’afflux de nouvelles demandes émanant de médecins en provenance de l’Union européenne (UE) [1], notre Conseil d’Etat se prononce contre la reconduction et l’extension de la clause de sauvegarde dans le cadre de l’Accord sur la libre circulation des personnes.

     

    Ainsi, alors que le Conseil fédéral avait invoqué en avril 2012 la clause de sauvegarde à l’égard des huit nouveaux membres de l’UE, tous situés à l’Est, il envisage de l’étendre désormais à tous les pays de l’UE, afin de limiter l’arrivée en Suisse de travailleurs en provenance de ces pays.

     

    Ce qui est valable pour les médecins, ne semble pas être une règle générale pour notre Conseil d’Etat, qui, consulté par la Conférence des gouvernements cantonaux, a affirmé son soutien à une libre circulation sans entraves avec l’UE, au motif qu’à défaut cela « détériorerait notablement nos relations avec notre premier partenaire économique » (sic).

     

    DE LA PART DU GOUVERNEMENT DU CANTON QUI CONNAIT LE PIRE TAUX DE CHOMAGE EN SUISSE, IL FALLAIT OSER !

     

    La population genevoise n’a dès lors plus aucun doute sur le double discours du Conseil d’Etat qui, d’une part, affirme vouloir protéger l’emploi des résidents et, d’autre part, fait tout pour placer les mêmes résidents en situation de concurrence déloyale à l’égard des travailleurs en provenance de l’UE, de plus en plus nombreux, prêts à travailler pour des salaires d’autant plus bas et sans correspondance avec leurs qualifications et expérience qu’ils restent domiciliés en France, avec des loyer sans commune mesure avec ceux que doivent supporter les résidents de Genève.

     

    S’il est incontestable que l’apport de travailleurs en provenance de l’UE est indispensable à l’économie genevoise, notamment pour certains domaines dans lesquels l’imprévoyance des gouvernements antérieurs a engendré une pénurie (personnel infirmier par exemple), l’excès actuel, engendré par une absence totale de contrôle fédéral et cantonal, impose des mesures fortes.

     

    Il est impératif de subordonner sans délai l’engagement de nouveaux travailleurs en provenance de l’UE à la démonstration de l’absence de demandeur d’emploi résident, à Genève d’abord, et en Suisse ensuite, en mesure d’occuper le poste.

     

     Cette conclusion d’un élémentaire bon sens, qui s’imposerait à tout bon père de famille, semble totalement étrangère à notre gouvernement.

     

    La population genevoise s’en souviendra au moment de désigner celles et ceux qui dirigeront Genève durant cinq ans dès cet automne !

     

     

     



    [1] Clause acceptée la semaine dernière par le Conseil national, sur requête urgente du Conseil fédéral, et le 12 mars par le Conseil des Etats, avec une voix de différence. Cela n’a pas empêché le 13 mars à 7h00 la Commission de la sécurité sociale et de la santé publique du Conseil des Etats, par 7 voix contre 6, avec une incroyable outrecuidance, de décider de renvoyer purement et simplement la question à une séance ultérieure…On voit quels sont les intérêts défendus par certains Conseillers aux Etats, car la pléthore de nouveaux médecins ne ferait que faciliter le retour d’une proposition qu’affectionnent nos assureurs, la suppression du libre choix du médecin pour le patient, ou, inversement, la possibilité pour les assureurs maladie de choisir les médecins remboursés.

     

     

  • Afflux de frontaliers sans conséquences sur l'emploi et les salaires? Vraiment?

     

     

    manipulation.JPGLe 12 février 2013, l’Observatoire universitaire de l’Emploi de l’Université de Genève (OUE), sur mandat du SECO, rendait son rapport intitulé « Les effets de la libre circulation des personnes sur les salaires en Suisse » (http://www.seco.admin.ch/dokumentation/publikation/00008/00022/05059/index.html?lang=fr)

    A en croire les dépêches unanimes de nos médias, ceux-ci se sont contentés de relayer les communiqués de presse du SECO, d’Economiesuisse et des milieux patronaux, affirmant avec satisfaction que la libre circulation des personnes n’avait eu que des effets positifs pour notre économie, plutôt que d’examiner avec une élémentaire curiosité journalistique, le texte original.

    Commençons par regarder ce que nous apprend l’Office fédéral de la statistique plus spécifiquement sur les travailleurs frontaliers en Suisse : (dont les Suisses de l’étranger ne font pas partie, faut-il le rappeler ?) (http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/themen/03/01/new/nip_detail.html?gnpID=2013-263)

    A la fin de l’année 2012, 264'000 travailleurs frontaliers étaient recensés en Suisse, soit une augmentation de 12'000 en une année, correspondant à 4,8%. En cinq ans, (depuis 2007), l’augmentation est de 26,6% !

    Mieux encore, sur les 5 dernières années, cette augmentation est de 68% dans le secteur administratif, de 56,1% pour les professions élémentaires  et 42.1% pour les directeurs, cadres de direction et gérants. 34,3% des frontaliers travaillant en en Suisse sont employés dans la Région lémanique.

    Que nous enseigne ensuite le rapport de l’OUE ? En chiffres d’abord : Entre 2004 et 2010, le nombre de frontaliers travaillant en Suisse a augmenté de 40,4% !

    Entre 2004 et 2010, le pourcentage de travailleurs frontaliers a augmenté, par secteur, comme suit :

    Primaire :            de 24,3à 20,7    (en baisse)

    Secondaire :      de 56,2 à 54,4    (en baisse)

    Tertiaire :            de 19,5 à 25,0    (en hausse)

    Genève, à lui seul, compte 26,3% des frontaliers travaillant en Suisse. Ceux-ci représentent 25,8% des travailleurs du canton dans le secteur privé (43,5% de Suisses, 17% de permis C et 13,7% de permis B et L).

    Au-delà des chiffres eux-mêmes, que peut-on dire de l’influence sur les salaires de l’arrivée massive de travailleurs européens suite à la libre circulation des personnes ?

    D’abord, l’augmentation la plus importante du nombre de travailleurs étrangers touche les salaires élevés. Il faut en déduire que les jeunes sortant de formations universitaires ou hautement spécialisées sont en concurrence directe avec des travailleurs étrangers, qui peuvent offrir, pour un salaire égal, une expérience supérieure. Et le rapport de conclure que plus les salaires sont hauts, plus le dumping salarial est important !

    L’analyse économétrique effectuée par l’OUE met par ailleurs en évidence la baisse des salaires chez les travailleurs bénéficiant entre 10 et 15 ans d’expérience, soit précisément ceux qui sont également en concurrence avec des travailleurs étrangers bénéficiant d’une solide expérience professionnelle.

    Enfin, après avoir relevé que si une étude comparative peut être faite sur le plan de la qualification, elle est impossible au niveau de l’expérience professionnelle précisément, l’étude relève avec pertinence que les travailleurs étrangers occupent des postes pour lesquels ils sont surqualifiés (downgrading ou déclassement, page 85 du rapport) !

     Il est donc démontré que les travailleurs du canton de Genève sont bien exposés à une concurrence déloyale de la part des travailleurs en provenance de l’Union européenne, sous la forme d’un dumping de compétences et d’expérience, ce qu’aucune statistique ne pourra jamais quantifier.

    Lorsque le MCG tire la sonnette d’alarme, comme il le fait depuis des années, il est donc en plein dans le mille !

  • Clause du besoin et médecine de famille: mieux répartir l'offre

     

    imagesCAFJFERO.jpgAprès avoir accepté de justesse (5 voix d'écart) la clause du besoin permettant aux cantons d'instaurer un moratoire de trois ans au maximum pour l'installation de nouveaux cabinet médicaux de spécialistes, le Conseil national devait se prononcer sur l'initiative "OUI à la médecine de famille".

    Ce débat a permis d'aborder la nécessité de rechercher des solutions sur la plan national afin de mieux répartir l'offre médicale - excessive dans les agglomérations - sur le plan géographique.

    Voici quels furent mes propos sur le sujet:

    "Tant l’initiative « oui à la médecine de famille » que la motion du Conseil des Etats ont pour cible une problématique qui mérite notre attention et notre soutien.

    D’autres l’ont dit et le diront encore, une maîtrise des coûts de la santé, de même qu’une offre de soins suffisante pour la population, ne passeront que par le soutien et l’encouragement des médecins de famille, auxquels il faut ajouter les médecins de premier recours, tels les pédiatres et les gynécologues.

    J’entends pour ma part insister sur un point important mis en avant dans le nouvel article 118 b proposé par l’initiative, et qui ne se retrouve curieusement pas dans la motion. Je cite : «  La Confédération et les cantons oeuvrent à l’établissement d’une répartition équilibrée des médecins de famille entre les régions ».

    Cette meilleure répartition de l’offre de soins médicaux, qui se concentre actuellement dans les agglomérations, doit être désormais au centre des préoccupations en matière de politique de santé.

    Alors que certaines régions rurales manquent cruellement de médecins, et notamment de généralistes, certains cantons urbains sont submergés de demandes de droits de pratique.

    Nous le savons, dans ce secteur, spécifique sur bien des points, qu’est la santé, l’offre suscite en partie la demande, alors qu’inversement, cette demande est supérieure à l’offre dans certaines régions.

    La clause du besoin, que notre conseil vient d’adopter, n’est pas une solution à moyen terme, ne serait-ce qu’en raison du signal négatif qu’elle donne à la relève médicale. Nous avons cependant considéré majoritairement qu’il s’agit du seul moyen efficace à court terme pour lutter contre une installation massive et surtout non coordonnée de nouveaux médecins.

    A Genève, canton frontalier par excellence, sur les nouvelles demandes depuis le début de l’année passée, 46% émanent de médecins étrangers en provenance de l’Union européenne, majoritairement de France.

    Cette pléthore médicale contribue à faire le lit des partisans, assureurs maladie en tête, d’une suppression de l’obligation de contracter. Au nom d’un libéralisme non réglementé, c’est la mort de cette profession libérale qu’est la pratique de la médecine que l’on précipite.

    Bientôt on dira à nos jeunes médecins : « vous pouvez vous installer où bon vous semble, mais vos prestations ne seront pas à charge de l’assurance maladie sociale ».

    Qui seront les gagnants ? Les assureurs privés sans doute, mais ni les patients, ni les médecins.

    Il est donc urgent d’embrasser la problématique d’une meilleure répartition territoriale des cabinets médicaux, par des incitatifs, notamment fiscaux, afin que la médecine de famille ait encore un sens à l’avenir, faute de quoi elle sera remplacée par les prestations ambulatoires des hôpitaux publics, ce qui va à l’encontre du type même de relation thérapeutique que souhaitent à juste titre promouvoir aussi bien l’initiative que la motion qui nous sont soumises, et que je vous encourage à soutenir."

    Le Conseil national a décidé de soutenir le contre-projet direct qui sera soumis au peuple simultanément à l'initiative, si celle-ci n'est pas retirée d'ici là, les initiants pouvant se déclarer satisfaits du contre-projet qui sera voté en fin de session.

  • Pour une prime d'assurance maladie unique et nationale

     

    La récente décision de la Commission de la sécurité sociale et de la santé du Conseil des Etats de refuser d’examiner les modalité d’un remboursement, même partiel et échelonné, des réserves excédentaires de l’assurance maladie de base, accumulées par certains canton, dont Genève, Vaud et abracadabra.jpgZurich, n’a pas fini de faire couler de l’encre acide.

    Atteinte au fédéralisme crie-t-on du côté des lésés ! Menaces anti-fédérales ! Rétorque-t-on du côté des bénéficiaires de cette injustice, qui apprécient peu l’idée de certains de se rattraper sur la péréquation financière intercantonale.

    Evidemment, le fédéralisme n’a pas été institué en Suisse pour permettre le détournement de fonds, sans base légale, au préjudice de ceux que l’on a forcés, malgré leurs protestations, à accumuler, depuis 1996, des réserves indécentes, au profit d’autres, qui non seulement on systématiquement versé moins que ce qu’ils devaient réellement, mais qui, de surcroit, se sont autorisés, année après année, à vilipender ceux-là mêmes qui travaillaient pour eux, et qu’ils traitaient de dépensiers et de profiteurs du système.

    Rappelons pour ceux qui considèrent qu’un effort de mémoire ne leur serait pas profitable, que le Tribunal administratif fédéral s’était contenté de dire en 2009 que l’Office fédéral de la santé publique ne disposait pas de base légale pour obliger Assura (déjà elle…qui nous donnait des leçons) à utiliser une partie des réserves accumulées pour compenser une projection de hausse des coûts de la santé. Monsieur le Conseiller fédéral Burkhalter (PLR…) avait alors jugé inutile d’aller au Tribunal fédéral pour faire trancher la question. A aucun moment un juge n’a indiqué qu’il y avait une base légale pour prendre les réserves d’un canton et de les transférer en faveur d’un autre !

    Rappelons également que notre système LAMal a été construit sur le principe de primes cantonales, afin de responsabiliser la population d’un canton, et son gouvernement, en matière de maîtrise des coûts ! Aujourd’hui nous aurions des primes cantonales et des réserves fédérales, gérées dans une totale opacité par nos assureurs. Cessons de plaisanter !

    Si les cantons profiteurs d’aujourd’hui, en majorité, veulent jouer ce jeu-là, il faut les mettre devant leurs responsabilités.

    Vous voulez bénéficier des réserves des autres ? Alors participez à leurs coûts de la santé !

    Dès la prochaine session des Chambres fédérales je déposerai donc une initiative parlementaire demandant une modification de la LAMal afin que les coûts de la santé soient « lissés » au niveau national et qu’une prime unique soit instaurée pour tous les assurés de Suisse.

    Nous verrons alors le vrai visage de ces mêmes profiteurs qui monteront au créneau en s’opposant à ce qui ne serait que la juste conséquence de leur arrogance actuelle.

    La justice et l’équité ne sont pas des notions à géométrie variable. En tout cas elles ne devraient pas l’être.

  • Réserves des caisses-maladie: Ali Berset et les 20 voleurs

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    Avant que l’idée même de notre Confédération ne voie le jour, et lorsque la loi du plus fort et du plus grand nombre s’imposait encore par la violence, une vallée reculée de l’Helvétie d’alors, composée de vingt-six villages, vivait en conflits constants, au gré des alliances qui se créaient et se dissolvaient entre les uns et les autres. Six villages prospères avaient néanmoins réussi, au fil des ans, à mettre de côté suffisamment de réserves pour les temps difficiles, alors que les vingt autres, moins prévoyants, vivaient au jour le jour, dans l’incertitude du lendemain.

    La nécessité d’une alliance des vingt pour piller les six villages économes se fit rapidement jour, justifiée par un principe de solidarité, inventé pour la circonstance, aux termes duquel - dirait-on aujourd’hui - la fourmi devait soutenir la cigale.

    Sitôt dit, sitôt fait, et les vingt pillards s’en allèrent avec leur butin, laissant aux victimes, ni plus ni moins que ce qui était nécessaire à leur subsistance.

    Les malheureuses victimes ne l’entendirent pas de cette oreille et exigèrent sur-le-champ une réunion des chefs des 26 villages. Les vingt profiteurs, décidés à donner à leur rapine un semblant de légitimité, acceptèrent la réunion dont ils fixèrent l’ordre du jour : faut-il rendre le butin aux victimes ?

    Le résultat du vote vous le devinez. Ce semblant de démocratie eut raison de la justice, laquelle retourna d’où elle venait, c’est-à-dire de nulle part.

    C’est exactement ce qui s’est passé au sein de la Commission de la sécurité sociale et de la santé du Conseil des Etats le 22 janvier dernier. Pourquoi rendre ce qui nous est échu si l’on peut le garder ?

    Certes les cantons bénéficiaires de nos réserves excédentaires n’ont rien volé, au sens pénal du terme, puisque ce sont nos assureurs maladie qui le leur ont impunément versé. Il se trouve cependant qu’il est aujourd’hui admis que les assurés de six cantons, dont Genève, ont été contraints d’accumuler deux milliards de réserves injustifiées, qui ont été transférées ailleurs, plutôt que de venir absorber les hausses des coûts de la santé de ces mêmes cantons. Paradoxalement, les cantons victimes de ce pillage moderne sont ceux-là mêmes que l’on accusait, année après année, d’être des cancres, alors qu’ils faisaient à leur insu les devoirs des premiers de classe…

    Cette décision, si elle était maintenue, constituerait une violation grave de notre fédéralisme qui mériterait des mesures de rétorsion uniques dans notre histoire.

    Les armes se fourbissent, et Genève verse suffisamment dans le cadre de la péréquation financière intercantonale pour fermer les robinets si l’on continue de se moquer d’elle.

    Et il est exclu que les habitants de Genève versent désormais, jusqu’à règlement du litige, un seul centime de hausse de primes d’assurance maladie. Dès la fin de cette année, l’Etat devra mettre en place un guichet à disposition de la population, afin de contester systématiquement devant la justice toute augmentation. Si les coûts de la santé augmentent à Genève, nos assureurs devront d’abord utiliser les excès de réserves qui ont été constituées. Et qu’ils ne viennent pas nous dire qu’ils n’ont pas l’obligation de le faire. Si la LAMal a institué des primes cantonales c’est précisément pour responsabiliser les habitant d’un même canton dans la lutte contre la hausse des coûts. Cette cantonalisation des primes, Monsieur Alain Berset ne peut s’accommoder d’une fédéralisation des réserves.

    Les bornes sont dépassées et l’on ne se moquera pas plus longtemps des Genevoises et des Genevois !

  • Les blaireaux entravent la mobilité à Genève

     

     

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    La Tribune de Genève nous apprend que la route du Mandement s’est partiellement affaissée en raison de blaireaux ayant creusé des galeries sous la chaussée, entravant ainsi la circulation, (http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/route-mandement-victime-blaireaux/story/28694817).

    En matière de circulation justement, il semble bien que Genève soit plus largement victime, ces dernières années, de mustélidés à deux pattes, dont la seule raison d’être est de bloquer la fluidité du trafic, par tous les moyens possibles et imaginables.

    Au Service de la mobilité, dirigée par la Conseillère d’Etat Michèle Künzler, la nuisance a été érigée en politique d’Etat. Sous prétexte qu’il faut convaincre nos concitoyens de laisser leur véhicule privé au garage pour profiter de nos transports publics, toujours plus performants à en croire l’opinion publique, on multiplie les entraves de tous ordres afin que nos rues soient désormais un enfer.

    -Chantiers désordonnés et interminables, non coordonnés, non surveillés et non signalisés à l’avance

    -Sens interdits et sens uniques planifiés pour rallonger les trajets

    -Phases de feux rouges prolongées échappant à l’entendement

    -Déviations signalées à la dernière minute, sans raison apparente

    -Réduction de la vitesse de correspondance des phases vertes afin d’obliger les véhicules à des arrêts successifs

    -Abandon des feux sur demande pour piétons afin que les véhicules s’arrêtent pour ne laisser passer personne

    -Et j’en passe et des meilleures (merci de me communiquer vos expériences quotidiennes dans des cas concrets).

    Bref, circulant à Genève depuis 1977, je n’ai jamais vu une telle dégradation de la mobilité que ces dernières années, Monsieur Robert Cramer, Vert également, ayant inauguré cette politique de la nuisance délibérée et systématique…

    …car on ne me dira pas que cela n’est pas intentionnel !

    Ce serait par négligence que l’on nous imposerait ce chaos que ce serait pire encore, car, d’une manière générale, j’ai toujours préféré avoir la Méchanceté en face de moi plutôt que la Bêtise.

    Le méchant a en lui l’essence d’une potentielle perfectibilité, alors que la bêtise a des relents d’éternité.

    Et tout cela pourquoi ? Suis-je dans l’erreur en pensant qu’un véhicule circulant à vitesse constante d’un point à un autre pollue moins qu’un véhicule bloqué dans les embouteillages, contraint de subir des arrêts fréquents et prolongés suivis d’accélérations ?

    A ce stade, le bien du plus grand nombre est sacrifié sur l’autel de dogmes ésotériques qui n’ont plus rien à voir avec l’écologie.

    Pourtant, n’a-t-on pas récemment adopté une nouvelle Constitution qui donne pour mission à l’Etat de garantir la liberté individuelle du choix du mode de transport  (190 al.3) ?

    Il y a la lettre, et il y a l’esprit, disait Montesquieu. En fait, y a-t-il bien un esprit ?

    Alors les blaireaux, la barbe !

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  • Les violeurs de New Delhi n'auront pas d'avocats


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    « Nous avons décidé qu'aucun avocat ne se présentera pour défendre les accusés du viol, parce que ce serait immoral de défendre l'affaire", a annoncé Sanjay Kumar, un avocat membre du Barreau du district de Saket.

    Selon Sanjay Kumar, les 2.500 avocats enregistrés auprès du tribunal ont décidé de "rester à l'écart" pour assurer une "justice rapide", signifiant ainsi que les avocats des suspects devront être commis d'office » (Tribune de Genève, 2.1.2013).

    J’avais pensé que le refus exprimé par les avocats susceptibles d’assurer la défense des six « violeurs-assassins » devait être mis sur le compte de la peur de représailles contre eux-mêmes ou leurs familles. Aussi légitime qu’aurait été, de prime abord, cette excuse, elle n’aurait pas moins jeté un discrédit définitif sur la justice indienne. En effet, si des avocats pouvaient craindre pour leur sécurité en défendant d’ignobles individus, que dire des juges eux-mêmes, dont le verdict devrait alors correspondre impérativement aux attentes de la foule. Cette foule, capable du meilleur comme du pire.

    L’argumentaire est donc d’un autre ordre : il serait « immoral » de défendre ces criminels, et il serait préférable de laisser des avocats commis d’office pour assurer une « justice rapide »…Comprenez par là que les avocats d’office, en Inde, contrairement à ce qui se passe chez nous, ne sont que des béni-oui-oui, complices de la justice (avec un petit « j ») et du pouvoir, marionnettes sans consistance dont la seule raison d’être est de donner au procès une apparence d’équité. En réalité, ils ne servent à rien, et certainement pas à leurs clients, leur présence devant être une docile assistance aux juges pour leur permettre d’arriver rapidement à leurs fins.

    Je me souviens encore du procès-éclair de Nicolae Ceaucescu le 25 décembre 1989. J’avais alors 30 ans, j’étais avocat depuis six ans à peine et j’avais été bouleversé, non pas tant par la sentence, certainement méritée, mais bien par le rôle abject assuré alors par un avocat-croupion, dont on ne savait pas vraiment s’il était à la défense ou à l’accusation. Après 55 minutes d’un simulacre de procès, le dictateur roumain était condamné à mort et aussitôt fusillé.

    Bien sûr j’entends déjà certains d’entre vous me rétorquer que certaines crapules ne méritent même pas un procès. « Pourquoi faudrait-il encore leur assurer une défense puisqu’il n’y a rien à dire en leur faveur ? ».

    C’est oublier que ces criminels, des hommes souvent, des femmes parfois, qui se retrouvent sur le banc des accusés ont aussi une parcelle d’humanité, infime peut-être à en juger par les crimes commis, et que cette humanité-là, même si elle ne doit finalement peser que bien peu au regard des charges de l’accusation, mérite d’être regardée, jaugée, exprimée aussi, peut-être une dernière fois, avec des mots qui feront du condamné notre « semblable » dans cette justice des hommes.

    La défense, honnête, et respectueuse de la victime (à supposer bien sûr que l’on ne considère pas que la seule défense du criminel soit une insulte à sa victime), est le dernier rempart contre l’arbitraire. Je dirai même que cette défense est la seule légitimité de la sentence qui sera prononcée, aussi sévère soit-elle, et qu'un procès sans défense, en pareille situation n'est qu'une version déguisée du lynchage. 

    Que la famille de la victime, et la rue avec elle, réclame vengeance, est sans doute compréhensible, voire respectable compte tenu de l’atrocité des faits, mais la société a instauré une justice précisément pour la substituer à la loi du talion, et même à l’égard de ceux qui n’ont eu aucune compassion pour leur victime. Dans un état de droit, cette justice ne doit donc pas devenir le bras armé de la vengeance.

    C’est la raison pour laquelle je dis aux 2'500 avocats enregistrés auprès du tribunal qui doit connaître de ces faits horribles, que leur retrait pour laisser place à des fantoches de la défense n’est pas seulement une lâcheté. Il est le reniement de leur serment, il est une abnégation de la raison d’être de leur profession.

    Imaginons un seul instant, oubliant le confort des certitudes rassurantes, que parmi les six accusés se trouve un innocent, que cet innocent soit condamné à mort et exécuté. De quel côté se situeraient alors les monstres ?

     

  • Aménagement urbain by Rémy Pagani

    L’aménagement de nos rues, places et autres lieux de vie en Ville de Genève échappe à l’entendement. Ainsi, après avoir condamné la circulation au bas de la rue de la Fontaine, antérieurement accessible aux véhicules en provenance de la place Longemalle, notre édile municipal Rémy Pagani ne semble avoir rien trouvé de mieux pour agrémenter cette esplanade nouvellement créée, que d’y placer…deux supports métalliques à bicyclettes.

    Voyez plutôt le ravissement que procure cette vision enchanteresse, sans nul doute le fruit d’une profonde et intense réflexion.

    Si le but était d’empêcher l’accès aux véhicules, peut-être que quelques bacs de verdure auraient mieux fait l’affaire. 

    De quoi, définitivement, ne pas regretter d’avoir massivement rejeté, en septembre dernier, le projet de fermer 50 rues à la circulation.

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  • Manuel valse avec les loups

     

     

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    Pas un seul spot d’information sur France Info ne manque de rappeler l’engagement du Ministre de l’Intérieur Manuel Valls de diffuser le nombre de véhicules incendiés le soir du Réveillon, et cela dès le lendemain.

    Au nom de la transparence, c’est l’instigation qui pointe son nez.

    La compétition est ainsi lancée. Tous les petits voyous de banlieues, dont la seule reconnaissance que la nation est en mesure de leur offrir est celle des statistiques policières, ne rêvent désormais que de hisser leur ville sur le podium.

    Fallait-il vraiment agir avec pareille légèreté ? Une décision sur la communication aurait-elle été à ce point tardive le 1er janvier ?

    Nous connaîtrons dans quelques jours le résultat de cette stratégie…ou de cette maladresse.

     

  • Libre circulation: l'huile et l'eau


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    La Tribune de Genève nous rapporte les propos tenus par Gerhard Pfister, président du groupe PDC aux Chambres fédérales, dans les colonnes du Tages Anzeiger, le 24 décembre, en réaction à l’initiative UDC contre l’immigration de masse :

    « Je propose que les entreprises suisses trouvent un système d’accord de branche, sous l’autorité d’EconomieSuisse, qui interdise de faire venir des travailleurs spécialisés bon marché sans avoir épuisé toutes les possibilités sur le marché du travail en Suisse. Une telle mesure redonnerait la confiance à la population en la libre circulation des personnes, explique Gerhard Pfister ».http://www.tdg.ch/suisse/economie-doit-donner-preference-travailleurs-suisses/story/25406337.

    Ainsi donc, tel l’huile retenue au fond de l’eau, le bon sens remonterait-il à la surface ?

    Comment pourrais-je m’empêcher de penser à ce que furent certaines réactions exprimées lors de mon passage du PDC au MCG ? Comment imaginer alors (voici trois ans à peine) que l’on puisse soutenir un discours demandant que l’on donne la préférence à la main-d’œuvre locale ? http://archives.tdg.ch/geneve/actu/heros-assures-rallie-mcg-2009-07-14

    Le MCG était alors qualifié de parti d’extrême droite, xénophobe et nationaliste, d’où sa localisation à la droite de l’UDC au parlement. Il n’y a plus aujourd’hui que les imbéciles ou les malhonnêtes qui le prétendent.

    Depuis des années, le MCG, et le MCG SEUL, défend la priorité d’embauche pour les résidents - quelle que soit leur nationalité - par l’Etat et les régies publiques d’abord, mais également par les employeurs privés.

    http://poggia.blog.tdg.ch/archive/2010/04/11/politique-transfrontaliere-l-hypocrisie-de-micheline-calmy-r.html

    Aujourd’hui on se réveille, du moins par le discours, car de la parole aux actes il y a encore tant à faire. Cela est tellement vrai que pour flatter le lecteur, on en vient à proposer un contre-projet à l’initiative UDC.

    Soyons sérieux ! La protection du marché de l’emploi helvétique doit passer impérativement par la renégociation des accords bilatéraux, car toute préférence législative ou sous forme de convention collective de branche d’activité serait considérée comme discriminatoire et sanctionnée par la justice.

    L’Union européenne n’acceptera évidemment pas, ce d’autant dans le contexte politique et économique actuel, d’instaurer une telle exception au principe, que d’autres en Europe ne manqueraient pas de revendiquer.

    Il faudra imaginer une contre-prestation suffisamment crédible et alléchante.

    Posons les bases du problème :

    1.  La libre circulation a incontestablement des aspects bénéfiques pour notre économie, qui peut aller chercher les compétences dont elle a besoin, là où elles se trouvent.

    2. Notre économie abuse de cette liberté en engageant hors de Suisse des personnes disposées à travailler pour un salaire inférieur à celui pratiqué généralement chez nous.

    3. Notre économie abuse également de cette liberté en engageant hors de Suisse des personnes avec expérience pour un salaire égal à celui d’un jeune ayant terminé sa formation, et qui se retrouve ainsi dans une concurrence totalement déloyale contre laquelle il ne peut rien.

    4. Ce qui est valable pour les ressortissant UE s’installant en Suisse au bénéfice d’un engagement décrit sous 2 et 3, vaut également pour ceux qui s’installent en zone frontalière, soit parce que le marché local du logement n’offre rien d’abordable, soit parce qu’ils sont domiciliés non loin de la Suisse, ou qu’ils trouvent à se loger meilleur marché en France, en Allemagne, en Italie ou en Autriche.

    5. Si l’on instaure une priorité pour le marché local de l’emploi, cela signifie que l’économie suisse ne fera appel à des travailleurs installés hors de Suisse que dans les cas où le profil du poste n’est pas disponible sur le marché intérieur.

    6. Pourquoi ces travailleurs étrangers devraient-ils être pénalisés lors de la perte de leur emploi, après avoir apporté leur contribution à l’économie suisse ?

    7. Il s’impose dès lors d’offrir aux travailleurs de l’UE qui perdent leur emploi alors que leur engagement a été soumis à la règle de la priorité territoriale, des prestations équivalentes à celles de nos chômeurs, et cela même lorsqu’ils ne se sont pas installés en Suisse ou qu’ils retournent dans leur pays. Ils ne seront donc pas à charge de la sécurité sociale de leur pays de résidence.

    A cette condition, l’Union Européenne pourra peut-être accepter de renégocier la Convention de libre circulation des personnes.

    A défaut, la Suisse ne pourra pas faire l’économie de s’interroger sur le bilan global des accords bilatéraux, en vue d’une possible dénonciation.

    Il est grand temps de sortir des grands discours dogmatiques, à droite, comme à gauche, et de regarder la réalité en face : la Suisse ne ressemble à aucun de ses voisins européens, ni politiquement, ni économiquement, malgré tous les efforts d’eurocompatibilité de notre législation. Il faut arrêter de vouloir singer le chaos par crainte de l’isolement, sous peine de perdre notre âme et, plus accessoirement, notre qualité de vie.

     

     

  • Couples homosexuels et adoption : brèche ou percée?

    Le Conseil national a accepté, le 13 décembre, la possibilité d’adopter « dans les couples homosexuels » et non « pour les couples homosexuels ». En clair, dans le cadre limité d’un partenariat enregistré qui aura duré cinq ans au moins, il sera possible d’adopter l’enfant du partenaire (ce qui implique bien évidemment que cet enfant n’ait qu’un seul parent).

     

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    Il n’est par contre pas question dans le texte adopté de permettre à un couple homosexuel en partenariat enregistré d’adopter un enfant qui ne serait pas descendant de l’un des partenaires.

    Que faut-il en penser ? S’agit-il d’une avancée vers la reconnaissance d’une égalité entre couples homo- et hétérosexuels ou, lorsqu’on déplore cette décision, d’une brèche dans l’image traditionnelle, que certains définiront par « naturelle », de la famille ?

    Comme la très grande majorité de la population, du moins je le présume, je fais partie de ceux qui considèrent qu’un enfant devrait idéalement grandir aux côtés de son père et de sa mère, lesquels devraient, aussi idéalement, filer le parfait amour.

    La réalité quotidienne nous enseigne cependant que cela n’est pas toujours le cas, et même de moins en moins, soit parce que père et mère, bien que vivant ensemble, donnent à leur enfant l’image d’un déchirement constant, soit parce qu’une séparation intervient, ou plus tragiquement un décès, ou même parce que l’un des parents n’a jamais été identifié (plus fréquemment le père pour des raisons bien compréhensibles).

    Que cela plaise ou non, que cela soit idéal ou non aux yeux de certains, et j’en suis, il est un fait que des enfants n’ayant que leur père ou leur mère vivent avec celui-ci, et, rarement certes au regard de la population globale, mais la situation existe néanmoins, certains de ces enfant vivent également avec le partenaire enregistré de leur père ou de leur mère.

    Faut-il dans ces situations interdire leur adoption par ce partenaire, dont ils partagent la vie, ou faut-il, non pas dans l’intérêt du partenaire en question, mais dans l’intérêt de cet enfant, permettre la création d’un lien juridique avec lui, ce qui donnera à l’enfant une sécurité accrue pour l’avenir ?

    Cette nouvelle loi ne crée donc rien de nouveau mais offre la possibilité de donner à l’enfant, si son intérêt le justifie, ce qui sera examiné de cas en cas, un plus par rapport au droit actuel. Aura-t-il pour autant deux pères ou deux mères ? Cette présentation caricaturale est évidemment absurde et aucun enfant, dès l’âge de raison, ne pensera jamais qu’il peut être issu de deux êtres de même sexe. Il saura également qui est son père, respectivement sa mère, et qui est le partenaire qui l’aura adopté.

    On peut donc considérer que l’adoption d’un enfant doit rester le fait d’un couple hétérosexuel, tout est acceptant, dans ce cas spécifique particulier, que l’adoption de l’enfant du partenaire enregistré qui n’a qu’un seul parent, est un avantage pour l’enfant, et pour lui d’abord.

    Quant à ceux qui brandissent l’épouvantail de la brèche à la sacro-sainte image de la famille et qui considèrent que seuls les enfants élevés par des couples-hétérosexuels connaîtront l’épanouissement, on ne les a pas vus déposer des projets de lois visant à retirer tous les enfants élevés dans des familles homosexuelles. Car enfin, de deux choses l’une, soit on affirme agir dans l’intérêt de l’enfant, lequel serait en danger dans de telles familles, et il est criminel de ne rien faire, soit on agit dans l’irrationnel ou, au pire, dans la manipulation, et l’intérêt de l’enfant n’est qu’un prétexte.

    Voilà ce qu’il me semblait devoir être dit à propos d’une votation que certains pourraient être tentés de présenter comme une victoire, et d’autres, comme un pas vers la décadence.
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  • Après le racket, la raquette

    Nous apprenons en lisant la Tribune du week-end dernier que « l’Etat veut un RER à deux milliards sur la Rive droite », poétiquement nommé "la raquette". Mais qui donc parle ainsi au nom de l’Etat ? Le Conseil d’Etat ? Un Conseiller d’Etat ? Que nenni ! Le chef de projet à la Direction générale de la mobilité (DGM), que l’on envoie en éclaireur pour sonder la réaction de l’opinion publique.

    La DGM, vous connaissez ? C’est ce service dirigé par Madame la Conseillère d’Etat verte Michèle Kunzler, qui n’a de cesse de transmettre sa couleur préférée au visage de tous les usagers de la route genevoise, bloqués dans les bouchons, confrontés à des chantiers organisés sans coordination ni surveillance, usagers de la route traités avec un souverain mépris lorsqu’ils ne prennent pas les transports publics, et avec une remarquable impéritie lorsqu’ils tentent de comprendre comment nos réseaux TPG sont organisés.

    2638904772_1.jpgLa DGM, ce service qui ne raisonne qu’en termes de « horizon 2030 », car le quotidien des Genevoises et des Genevois « hic et nunc », n’est que péripétie de l’Histoire.

    Ainsi, après avoir réussi à faire gober à la population que Genève n’aurait pas d’avenir sans le CEVA, ce train grande lignes sans marchandises allant de Cornavin à Annemasse avec 5 malheureux arrêts, pour un coût avoué de 1 milliard et demi, mais qui atteindra vraisemblablement le double, on nous explique qu’il va falloir faire une « Raquette » de deux milliards pour aller de Cornavin au Palais des Nations, à l’aéroport, Meyrin, Satigny et Bellegarde.

    L’aéroport que les trains relient déjà depuis Cornavin, la place des Nations, qui est reliée par un tram, Meyrin, qui est desservi par un tram fraîchement inauguré, Satigny et Bellegarde, qui sont déjà reliés par train. Et on nous explique, les travaux du CEVA venant de commencer, que les usagers de cette future nouvelle ligne ne pourront pas aller directement à l’aéroport, compte tenu de la surcharge des lignes…alors qu’il s’agissait précisément d’un argument marketting utilisé lors de la votation de 2009.

    Certes, dans l’absolu, tout est utile, car lorsqu’il y a un train, vous trouverez toujours quelqu’un pour monter dedans… La question n’est pas de faire des choses utiles (vous voulez la liste ?), mais de choisir des priorités.

    Alors que l’on parle d’économies, que le contribuable ne s’inquiète pas : « le Canton sollicitera la Confédération ». Si la Confédération finançait les voyages vers les étoiles, nul doute que Genève postulerait pour une rampe de lancement…

    Il est vrai qu’astre et désastre sont de la même famille.

  • Corruption et intégrité

    Le blog d’Olivier Emery revient bien opportunément sur un mal qui ronge notre planète, et non seulement ailleurs, la corruption. Il nous rappelle, à juste titre, que l’antidote à ce mal est l’intégrité. Jusqu’à ce point, les propos ne peuvent qu’être approuvés. (http://oemery.blog.tdg.ch/archive/2012/12/05/la-corruption-poison-mortel-mais-antidote-connu.html)

    Là où notre blogueur sombre dans une regrettable subjectivité, c’est lorsqu’il nous explique que « presque tous les pays bien classés présentent un arrière-plan historico-culturel chrétien (à majorité corruption2.jpgprotestante) ». L’explication serait ainsi à rechercher dans la Bible, qui voue au châtiment éternel les prévaricateurs de tous genres…

    En résumé et en clair, la foi des chrétiens protestants serait à l’origine de leur plus grande intégrité.

    J’ai trop de respect pour Olivier Emery pour attribuer ce dérapage à une méconnaissance des données objectives du problème.

    Saint-Augustin disait déjà : qu’« il faut un minimum d’aisance pour cultiver la vertu », et un parallèle entre niveau de corruption et niveau des salaires de l’administration doit incontestablement être fait.

    De même, le degré de surveillance et la sévérité des sanctions jouent évidemment un rôle déterminant.

    A suivre notre bloggeur de référence, nous serions amenés à penser que seul le christianisme prônerait l’intégrité. Pourtant, et même si Israël est malheureusement mal classé dans ce triste palmarès de la corruption, (http://revuedinfos.com/post/13683682665/israel-la-corruption-saggrave-dans-le-pays), personne n’osera prétendre que le judaïsme serait complaisant à l’égard de tels comportements.

    Quant à l’islam, un Hadith prescrit : « Dieu maudit le corrupteur, le corrompu et l'intermédiaire entre les deux ». Le message est donc clair.

    Le Qatar est d’ailleurs classé 22ème, deux places devant les Etats-Unis ; les Emirats Arabes Unis, 28èmes devancent Israël, l’Espagne et le Portugal.

    Il ne s’agit donc pas d’un problème de foi, car l’Homme est Homme, et plus la précarité et l’insécurité sont grandes, plus les opportunités sont présentes, faute de surveillance, et plus l’occasion fera le larron.

    Evitons donc d’opposer la foi des uns à la foi des autres, et travaillons ensemble pour donner aux pays gangrénés par la corruption les moyens de réduire au minimum incompressible la tentation des acteurs de ce fléau !

    Et commençons par regarder de près ce qui se passe chez nous, car, comme j’avais eu l’occasion de le dénoncer dans un précédent billet,(http://poggia.blog.tdg.ch/archive/2008/09/15/corruption-made-in-switzerland.html), la corruption y est beaucoup plus subtile qu’ailleurs, et donc plus difficile à identifier et à combattre !

  • Chronique de Berne: Lutter efficacement contre la petite délinquance

    De la parole aux actes:

    Notre Ministère public demande des moyens supplémentaires pour lutter efficacement contre la petite délinquance, compte tenu de la lourdeur de la nouvelle procédure pénale.

    Votre serviteur a ainsi déposé devant le Conseil national, le 20 septembre dernier, une initiative parlementaire dont le but est d’accélérer la procédure dans les cas de flagrant délit ou d’aveu immédiat, en évitant au Ministère public de devoir demander systématiquement, comme c’est le cas actuellement, la prolongation de détention devant le Tribunal des mesures de contrainte.

    ( http://www.parlament.ch/f/suche/pages/geschaefte.aspx?gesch_id=20120465 )

    Ainsi, l’ordonnance pénale du Ministère public vaudrait prolongation de détention pour trois mois, mais au maximum pour la durée de la peine ferme prononcée, et il appartiendrait alors au condamné, s’il entend faire opposition contre cette ordonnance, de demander sa mise en liberté provisoire.

    Une fois le délai de 10 jours écoulé, en l’absence d’opposition, l’ordonnance pénale devient définitive et le prévenu, devenu condamné, passe en exécution de peine. En cas d’opposition, le Ministère public décide s’il maintient sa décision et, le cas échéant, après instruction complémentaire, renvoie le prévenu devant le Tribunal de police. Le tout peut se faire dans les trois mois, sans nécessité de passer par une demande de mise en détention, qui, en l’état actuel, est une simple formalité lorsqu’une ordonnance pénale est prononcée.

     

     

     

  • Du lever de drapeau au baisser de pantalon


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    Que sera la place financière suisse dans 10 ans ? Si l’on nous avait posé cette question en 2002, aux balbutiements de l’euro, notre imagination la plus alarmiste n’aurait jamais décrit la situation actuelle. Le contexte international supporte incontestablement une responsabilité prépondérante, en faisant de l’Union européenne et des Etats-Unis, de faméliques prédateurs fiscaux à l’affut de toute nouvelle proie. Des états qui se drapent dans une prétendue moralité financière pour mieux justifier leurs attaques, se gardant bien d’appliquer à eux-mêmes les principes qu’ils exigent de notre pays.

    Mais l’Histoire jugera si les choix de reddition sans conditions, adoptés par le Conseil fédéral furent les bons. L’Histoire jugera si la majorité de ce parlement a eu raison de faire de la Suisse un couvent dans cette vaste maison close qu’est le monde de la finance dans lequel nous vivons, et qui nous envie.

    Le secret bancaire n’était pas négociable nous disait le Conseil fédéral au début 2008. Depuis lors, l’évasion fiscale a rejoint la  fraude fiscale, et n’est désormais propre que l’argent déclaré fiscalement. Nous sommes devenus, volontairement, les petits agents du fisc étranger, et cela sans contrepartie, puisque les îles vierges britanniques et les sociétés du Delaware , pour ne citer qu’elles, continueront à receler, au nez et à la barbe du monde, l’argent soustrait au fisc.

    Dernièrement, l’Accord sur les successions avec la France, négocié avec une totale absence de discernement politique, ne fait qu’ajouter à l’incompréhension. Certes, en l’état actuel, aucune solution n’est exempte de risques. Mais a-t-on seulement mis en balance les avantages et les inconvénients d’une position ferme, soucieuse des acquis sans lesquels notre pays n’aurait jamais connu son niveau de vie, ni, faut-il le rappeler à une gauche qui veut constamment laver plus blanc que blanc, un système d’assurances sociales parmi les plus performants au monde ?

    Aujourd’hui le message est clair : la Suisse brade ses valeurs et livre même ce qu’on ne lui demande pas encore. La capitulation a anticipé l’argumentaire.

    N’avons-nous donc que des faiblesses à opposer à l’arrogance, nous, dont la Banque nationale finance désormais près de 50 % du déficit public de la France et de l’Allemagne ?

    Pire encore, dans la hiérarchie de la délation institutionnalisée décrétée par le Conseil fédéral, que dire de la décision prise d’autoriser nos honorables banquiers, qui vendraient père et mère pour sauver leur tête, à livrer, aux Etats-Unis, sans conditions, l’identités de leurs employés ?

    La réponse donnée le 5 septembre dernier à l’interpellation de notre collègue Schwaab est à faire pleurer, et non seulement un étudiant de droit de première année, tant notre Conseil fédéral tente maladroitement d’habiller juridiquement une opportuniste décision politique. Au mépris de l’entraide pénale internationale, sans s’assurer de l’élémentaire application du principe de double incrimination, on jette en pâture à une administration dont les droits élémentaires du prévenu sont admirablement illustrés à Guantanamo, des milliers d’employés dont le seul crime est d’avoir fait ce qu’on leur demandait de faire, et cela en parfaite conformité avec le droit suisse.

    Alors que sera la Suisse dans 10 ans ? Je n’ose l’imaginer si notre pays continue à être dirigé comme il l’est actuellement, et cela, les citoyennes et les citoyens de notre pays ne l’accepteront pas.

     

    Intervention à la tribune du Conseil national le 27 septembre 2012