24/01/2013

Réserves des caisses-maladie: Ali Berset et les 20 voleurs

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Avant que l’idée même de notre Confédération ne voie le jour, et lorsque la loi du plus fort et du plus grand nombre s’imposait encore par la violence, une vallée reculée de l’Helvétie d’alors, composée de vingt-six villages, vivait en conflits constants, au gré des alliances qui se créaient et se dissolvaient entre les uns et les autres. Six villages prospères avaient néanmoins réussi, au fil des ans, à mettre de côté suffisamment de réserves pour les temps difficiles, alors que les vingt autres, moins prévoyants, vivaient au jour le jour, dans l’incertitude du lendemain.

La nécessité d’une alliance des vingt pour piller les six villages économes se fit rapidement jour, justifiée par un principe de solidarité, inventé pour la circonstance, aux termes duquel - dirait-on aujourd’hui - la fourmi devait soutenir la cigale.

Sitôt dit, sitôt fait, et les vingt pillards s’en allèrent avec leur butin, laissant aux victimes, ni plus ni moins que ce qui était nécessaire à leur subsistance.

Les malheureuses victimes ne l’entendirent pas de cette oreille et exigèrent sur-le-champ une réunion des chefs des 26 villages. Les vingt profiteurs, décidés à donner à leur rapine un semblant de légitimité, acceptèrent la réunion dont ils fixèrent l’ordre du jour : faut-il rendre le butin aux victimes ?

Le résultat du vote vous le devinez. Ce semblant de démocratie eut raison de la justice, laquelle retourna d’où elle venait, c’est-à-dire de nulle part.

C’est exactement ce qui s’est passé au sein de la Commission de la sécurité sociale et de la santé du Conseil des Etats le 22 janvier dernier. Pourquoi rendre ce qui nous est échu si l’on peut le garder ?

Certes les cantons bénéficiaires de nos réserves excédentaires n’ont rien volé, au sens pénal du terme, puisque ce sont nos assureurs maladie qui le leur ont impunément versé. Il se trouve cependant qu’il est aujourd’hui admis que les assurés de six cantons, dont Genève, ont été contraints d’accumuler deux milliards de réserves injustifiées, qui ont été transférées ailleurs, plutôt que de venir absorber les hausses des coûts de la santé de ces mêmes cantons. Paradoxalement, les cantons victimes de ce pillage moderne sont ceux-là mêmes que l’on accusait, année après année, d’être des cancres, alors qu’ils faisaient à leur insu les devoirs des premiers de classe…

Cette décision, si elle était maintenue, constituerait une violation grave de notre fédéralisme qui mériterait des mesures de rétorsion uniques dans notre histoire.

Les armes se fourbissent, et Genève verse suffisamment dans le cadre de la péréquation financière intercantonale pour fermer les robinets si l’on continue de se moquer d’elle.

Et il est exclu que les habitants de Genève versent désormais, jusqu’à règlement du litige, un seul centime de hausse de primes d’assurance maladie. Dès la fin de cette année, l’Etat devra mettre en place un guichet à disposition de la population, afin de contester systématiquement devant la justice toute augmentation. Si les coûts de la santé augmentent à Genève, nos assureurs devront d’abord utiliser les excès de réserves qui ont été constituées. Et qu’ils ne viennent pas nous dire qu’ils n’ont pas l’obligation de le faire. Si la LAMal a institué des primes cantonales c’est précisément pour responsabiliser les habitant d’un même canton dans la lutte contre la hausse des coûts. Cette cantonalisation des primes, Monsieur Alain Berset ne peut s’accommoder d’une fédéralisation des réserves.

Les bornes sont dépassées et l’on ne se moquera pas plus longtemps des Genevoises et des Genevois !

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20/01/2013

Les blaireaux entravent la mobilité à Genève

 

 

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La Tribune de Genève nous apprend que la route du Mandement s’est partiellement affaissée en raison de blaireaux ayant creusé des galeries sous la chaussée, entravant ainsi la circulation, (http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/route-mandement-v...).

En matière de circulation justement, il semble bien que Genève soit plus largement victime, ces dernières années, de mustélidés à deux pattes, dont la seule raison d’être est de bloquer la fluidité du trafic, par tous les moyens possibles et imaginables.

Au Service de la mobilité, dirigée par la Conseillère d’Etat Michèle Künzler, la nuisance a été érigée en politique d’Etat. Sous prétexte qu’il faut convaincre nos concitoyens de laisser leur véhicule privé au garage pour profiter de nos transports publics, toujours plus performants à en croire l’opinion publique, on multiplie les entraves de tous ordres afin que nos rues soient désormais un enfer.

-Chantiers désordonnés et interminables, non coordonnés, non surveillés et non signalisés à l’avance

-Sens interdits et sens uniques planifiés pour rallonger les trajets

-Phases de feux rouges prolongées échappant à l’entendement

-Déviations signalées à la dernière minute, sans raison apparente

-Réduction de la vitesse de correspondance des phases vertes afin d’obliger les véhicules à des arrêts successifs

-Abandon des feux sur demande pour piétons afin que les véhicules s’arrêtent pour ne laisser passer personne

-Et j’en passe et des meilleures (merci de me communiquer vos expériences quotidiennes dans des cas concrets).

Bref, circulant à Genève depuis 1977, je n’ai jamais vu une telle dégradation de la mobilité que ces dernières années, Monsieur Robert Cramer, Vert également, ayant inauguré cette politique de la nuisance délibérée et systématique…

…car on ne me dira pas que cela n’est pas intentionnel !

Ce serait par négligence que l’on nous imposerait ce chaos que ce serait pire encore, car, d’une manière générale, j’ai toujours préféré avoir la Méchanceté en face de moi plutôt que la Bêtise.

Le méchant a en lui l’essence d’une potentielle perfectibilité, alors que la bêtise a des relents d’éternité.

Et tout cela pourquoi ? Suis-je dans l’erreur en pensant qu’un véhicule circulant à vitesse constante d’un point à un autre pollue moins qu’un véhicule bloqué dans les embouteillages, contraint de subir des arrêts fréquents et prolongés suivis d’accélérations ?

A ce stade, le bien du plus grand nombre est sacrifié sur l’autel de dogmes ésotériques qui n’ont plus rien à voir avec l’écologie.

Pourtant, n’a-t-on pas récemment adopté une nouvelle Constitution qui donne pour mission à l’Etat de garantir la liberté individuelle du choix du mode de transport  (190 al.3) ?

Il y a la lettre, et il y a l’esprit, disait Montesquieu. En fait, y a-t-il bien un esprit ?

Alors les blaireaux, la barbe !

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04/01/2013

Les violeurs de New Delhi n'auront pas d'avocats


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« Nous avons décidé qu'aucun avocat ne se présentera pour défendre les accusés du viol, parce que ce serait immoral de défendre l'affaire", a annoncé Sanjay Kumar, un avocat membre du Barreau du district de Saket.

Selon Sanjay Kumar, les 2.500 avocats enregistrés auprès du tribunal ont décidé de "rester à l'écart" pour assurer une "justice rapide", signifiant ainsi que les avocats des suspects devront être commis d'office » (Tribune de Genève, 2.1.2013).

J’avais pensé que le refus exprimé par les avocats susceptibles d’assurer la défense des six « violeurs-assassins » devait être mis sur le compte de la peur de représailles contre eux-mêmes ou leurs familles. Aussi légitime qu’aurait été, de prime abord, cette excuse, elle n’aurait pas moins jeté un discrédit définitif sur la justice indienne. En effet, si des avocats pouvaient craindre pour leur sécurité en défendant d’ignobles individus, que dire des juges eux-mêmes, dont le verdict devrait alors correspondre impérativement aux attentes de la foule. Cette foule, capable du meilleur comme du pire.

L’argumentaire est donc d’un autre ordre : il serait « immoral » de défendre ces criminels, et il serait préférable de laisser des avocats commis d’office pour assurer une « justice rapide »…Comprenez par là que les avocats d’office, en Inde, contrairement à ce qui se passe chez nous, ne sont que des béni-oui-oui, complices de la justice (avec un petit « j ») et du pouvoir, marionnettes sans consistance dont la seule raison d’être est de donner au procès une apparence d’équité. En réalité, ils ne servent à rien, et certainement pas à leurs clients, leur présence devant être une docile assistance aux juges pour leur permettre d’arriver rapidement à leurs fins.

Je me souviens encore du procès-éclair de Nicolae Ceaucescu le 25 décembre 1989. J’avais alors 30 ans, j’étais avocat depuis six ans à peine et j’avais été bouleversé, non pas tant par la sentence, certainement méritée, mais bien par le rôle abject assuré alors par un avocat-croupion, dont on ne savait pas vraiment s’il était à la défense ou à l’accusation. Après 55 minutes d’un simulacre de procès, le dictateur roumain était condamné à mort et aussitôt fusillé.

Bien sûr j’entends déjà certains d’entre vous me rétorquer que certaines crapules ne méritent même pas un procès. « Pourquoi faudrait-il encore leur assurer une défense puisqu’il n’y a rien à dire en leur faveur ? ».

C’est oublier que ces criminels, des hommes souvent, des femmes parfois, qui se retrouvent sur le banc des accusés ont aussi une parcelle d’humanité, infime peut-être à en juger par les crimes commis, et que cette humanité-là, même si elle ne doit finalement peser que bien peu au regard des charges de l’accusation, mérite d’être regardée, jaugée, exprimée aussi, peut-être une dernière fois, avec des mots qui feront du condamné notre « semblable » dans cette justice des hommes.

La défense, honnête, et respectueuse de la victime (à supposer bien sûr que l’on ne considère pas que la seule défense du criminel soit une insulte à sa victime), est le dernier rempart contre l’arbitraire. Je dirai même que cette défense est la seule légitimité de la sentence qui sera prononcée, aussi sévère soit-elle, et qu'un procès sans défense, en pareille situation n'est qu'une version déguisée du lynchage. 

Que la famille de la victime, et la rue avec elle, réclame vengeance, est sans doute compréhensible, voire respectable compte tenu de l’atrocité des faits, mais la société a instauré une justice précisément pour la substituer à la loi du talion, et même à l’égard de ceux qui n’ont eu aucune compassion pour leur victime. Dans un état de droit, cette justice ne doit donc pas devenir le bras armé de la vengeance.

C’est la raison pour laquelle je dis aux 2'500 avocats enregistrés auprès du tribunal qui doit connaître de ces faits horribles, que leur retrait pour laisser place à des fantoches de la défense n’est pas seulement une lâcheté. Il est le reniement de leur serment, il est une abnégation de la raison d’être de leur profession.

Imaginons un seul instant, oubliant le confort des certitudes rassurantes, que parmi les six accusés se trouve un innocent, que cet innocent soit condamné à mort et exécuté. De quel côté se situeraient alors les monstres ?

 

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03/01/2013

Aménagement urbain by Rémy Pagani

L’aménagement de nos rues, places et autres lieux de vie en Ville de Genève échappe à l’entendement. Ainsi, après avoir condamné la circulation au bas de la rue de la Fontaine, antérieurement accessible aux véhicules en provenance de la place Longemalle, notre édile municipal Rémy Pagani ne semble avoir rien trouvé de mieux pour agrémenter cette esplanade nouvellement créée, que d’y placer…deux supports métalliques à bicyclettes.

Voyez plutôt le ravissement que procure cette vision enchanteresse, sans nul doute le fruit d’une profonde et intense réflexion.

Si le but était d’empêcher l’accès aux véhicules, peut-être que quelques bacs de verdure auraient mieux fait l’affaire. 

De quoi, définitivement, ne pas regretter d’avoir massivement rejeté, en septembre dernier, le projet de fermer 50 rues à la circulation.

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29/12/2012

Manuel valse avec les loups

 

 

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Pas un seul spot d’information sur France Info ne manque de rappeler l’engagement du Ministre de l’Intérieur Manuel Valls de diffuser le nombre de véhicules incendiés le soir du Réveillon, et cela dès le lendemain.

Au nom de la transparence, c’est l’instigation qui pointe son nez.

La compétition est ainsi lancée. Tous les petits voyous de banlieues, dont la seule reconnaissance que la nation est en mesure de leur offrir est celle des statistiques policières, ne rêvent désormais que de hisser leur ville sur le podium.

Fallait-il vraiment agir avec pareille légèreté ? Une décision sur la communication aurait-elle été à ce point tardive le 1er janvier ?

Nous connaîtrons dans quelques jours le résultat de cette stratégie…ou de cette maladresse.

 

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27/12/2012

Libre circulation: l'huile et l'eau


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La Tribune de Genève nous rapporte les propos tenus par Gerhard Pfister, président du groupe PDC aux Chambres fédérales, dans les colonnes du Tages Anzeiger, le 24 décembre, en réaction à l’initiative UDC contre l’immigration de masse :

« Je propose que les entreprises suisses trouvent un système d’accord de branche, sous l’autorité d’EconomieSuisse, qui interdise de faire venir des travailleurs spécialisés bon marché sans avoir épuisé toutes les possibilités sur le marché du travail en Suisse. Une telle mesure redonnerait la confiance à la population en la libre circulation des personnes, explique Gerhard Pfister ».http://www.tdg.ch/suisse/economie-doit-donner-preference-....

Ainsi donc, tel l’huile retenue au fond de l’eau, le bon sens remonterait-il à la surface ?

Comment pourrais-je m’empêcher de penser à ce que furent certaines réactions exprimées lors de mon passage du PDC au MCG ? Comment imaginer alors (voici trois ans à peine) que l’on puisse soutenir un discours demandant que l’on donne la préférence à la main-d’œuvre locale ? http://archives.tdg.ch/geneve/actu/heros-assures-rallie-m...

Le MCG était alors qualifié de parti d’extrême droite, xénophobe et nationaliste, d’où sa localisation à la droite de l’UDC au parlement. Il n’y a plus aujourd’hui que les imbéciles ou les malhonnêtes qui le prétendent.

Depuis des années, le MCG, et le MCG SEUL, défend la priorité d’embauche pour les résidents - quelle que soit leur nationalité - par l’Etat et les régies publiques d’abord, mais également par les employeurs privés.

http://poggia.blog.tdg.ch/archive/2010/04/11/politique-tr...

Aujourd’hui on se réveille, du moins par le discours, car de la parole aux actes il y a encore tant à faire. Cela est tellement vrai que pour flatter le lecteur, on en vient à proposer un contre-projet à l’initiative UDC.

Soyons sérieux ! La protection du marché de l’emploi helvétique doit passer impérativement par la renégociation des accords bilatéraux, car toute préférence législative ou sous forme de convention collective de branche d’activité serait considérée comme discriminatoire et sanctionnée par la justice.

L’Union européenne n’acceptera évidemment pas, ce d’autant dans le contexte politique et économique actuel, d’instaurer une telle exception au principe, que d’autres en Europe ne manqueraient pas de revendiquer.

Il faudra imaginer une contre-prestation suffisamment crédible et alléchante.

Posons les bases du problème :

1.  La libre circulation a incontestablement des aspects bénéfiques pour notre économie, qui peut aller chercher les compétences dont elle a besoin, là où elles se trouvent.

2. Notre économie abuse de cette liberté en engageant hors de Suisse des personnes disposées à travailler pour un salaire inférieur à celui pratiqué généralement chez nous.

3. Notre économie abuse également de cette liberté en engageant hors de Suisse des personnes avec expérience pour un salaire égal à celui d’un jeune ayant terminé sa formation, et qui se retrouve ainsi dans une concurrence totalement déloyale contre laquelle il ne peut rien.

4. Ce qui est valable pour les ressortissant UE s’installant en Suisse au bénéfice d’un engagement décrit sous 2 et 3, vaut également pour ceux qui s’installent en zone frontalière, soit parce que le marché local du logement n’offre rien d’abordable, soit parce qu’ils sont domiciliés non loin de la Suisse, ou qu’ils trouvent à se loger meilleur marché en France, en Allemagne, en Italie ou en Autriche.

5. Si l’on instaure une priorité pour le marché local de l’emploi, cela signifie que l’économie suisse ne fera appel à des travailleurs installés hors de Suisse que dans les cas où le profil du poste n’est pas disponible sur le marché intérieur.

6. Pourquoi ces travailleurs étrangers devraient-ils être pénalisés lors de la perte de leur emploi, après avoir apporté leur contribution à l’économie suisse ?

7. Il s’impose dès lors d’offrir aux travailleurs de l’UE qui perdent leur emploi alors que leur engagement a été soumis à la règle de la priorité territoriale, des prestations équivalentes à celles de nos chômeurs, et cela même lorsqu’ils ne se sont pas installés en Suisse ou qu’ils retournent dans leur pays. Ils ne seront donc pas à charge de la sécurité sociale de leur pays de résidence.

A cette condition, l’Union Européenne pourra peut-être accepter de renégocier la Convention de libre circulation des personnes.

A défaut, la Suisse ne pourra pas faire l’économie de s’interroger sur le bilan global des accords bilatéraux, en vue d’une possible dénonciation.

Il est grand temps de sortir des grands discours dogmatiques, à droite, comme à gauche, et de regarder la réalité en face : la Suisse ne ressemble à aucun de ses voisins européens, ni politiquement, ni économiquement, malgré tous les efforts d’eurocompatibilité de notre législation. Il faut arrêter de vouloir singer le chaos par crainte de l’isolement, sous peine de perdre notre âme et, plus accessoirement, notre qualité de vie.

 

 

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13/12/2012

Couples homosexuels et adoption : brèche ou percée?

Le Conseil national a accepté, le 13 décembre, la possibilité d’adopter « dans les couples homosexuels » et non « pour les couples homosexuels ». En clair, dans le cadre limité d’un partenariat enregistré qui aura duré cinq ans au moins, il sera possible d’adopter l’enfant du partenaire (ce qui implique bien évidemment que cet enfant n’ait qu’un seul parent).

 

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Il n’est par contre pas question dans le texte adopté de permettre à un couple homosexuel en partenariat enregistré d’adopter un enfant qui ne serait pas descendant de l’un des partenaires.

Que faut-il en penser ? S’agit-il d’une avancée vers la reconnaissance d’une égalité entre couples homo- et hétérosexuels ou, lorsqu’on déplore cette décision, d’une brèche dans l’image traditionnelle, que certains définiront par « naturelle », de la famille ?

Comme la très grande majorité de la population, du moins je le présume, je fais partie de ceux qui considèrent qu’un enfant devrait idéalement grandir aux côtés de son père et de sa mère, lesquels devraient, aussi idéalement, filer le parfait amour.

La réalité quotidienne nous enseigne cependant que cela n’est pas toujours le cas, et même de moins en moins, soit parce que père et mère, bien que vivant ensemble, donnent à leur enfant l’image d’un déchirement constant, soit parce qu’une séparation intervient, ou plus tragiquement un décès, ou même parce que l’un des parents n’a jamais été identifié (plus fréquemment le père pour des raisons bien compréhensibles).

Que cela plaise ou non, que cela soit idéal ou non aux yeux de certains, et j’en suis, il est un fait que des enfants n’ayant que leur père ou leur mère vivent avec celui-ci, et, rarement certes au regard de la population globale, mais la situation existe néanmoins, certains de ces enfant vivent également avec le partenaire enregistré de leur père ou de leur mère.

Faut-il dans ces situations interdire leur adoption par ce partenaire, dont ils partagent la vie, ou faut-il, non pas dans l’intérêt du partenaire en question, mais dans l’intérêt de cet enfant, permettre la création d’un lien juridique avec lui, ce qui donnera à l’enfant une sécurité accrue pour l’avenir ?

Cette nouvelle loi ne crée donc rien de nouveau mais offre la possibilité de donner à l’enfant, si son intérêt le justifie, ce qui sera examiné de cas en cas, un plus par rapport au droit actuel. Aura-t-il pour autant deux pères ou deux mères ? Cette présentation caricaturale est évidemment absurde et aucun enfant, dès l’âge de raison, ne pensera jamais qu’il peut être issu de deux êtres de même sexe. Il saura également qui est son père, respectivement sa mère, et qui est le partenaire qui l’aura adopté.

On peut donc considérer que l’adoption d’un enfant doit rester le fait d’un couple hétérosexuel, tout est acceptant, dans ce cas spécifique particulier, que l’adoption de l’enfant du partenaire enregistré qui n’a qu’un seul parent, est un avantage pour l’enfant, et pour lui d’abord.

Quant à ceux qui brandissent l’épouvantail de la brèche à la sacro-sainte image de la famille et qui considèrent que seuls les enfants élevés par des couples-hétérosexuels connaîtront l’épanouissement, on ne les a pas vus déposer des projets de lois visant à retirer tous les enfants élevés dans des familles homosexuelles. Car enfin, de deux choses l’une, soit on affirme agir dans l’intérêt de l’enfant, lequel serait en danger dans de telles familles, et il est criminel de ne rien faire, soit on agit dans l’irrationnel ou, au pire, dans la manipulation, et l’intérêt de l’enfant n’est qu’un prétexte.

Voilà ce qu’il me semblait devoir être dit à propos d’une votation que certains pourraient être tentés de présenter comme une victoire, et d’autres, comme un pas vers la décadence.
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10/12/2012

Après le racket, la raquette

Nous apprenons en lisant la Tribune du week-end dernier que « l’Etat veut un RER à deux milliards sur la Rive droite », poétiquement nommé "la raquette". Mais qui donc parle ainsi au nom de l’Etat ? Le Conseil d’Etat ? Un Conseiller d’Etat ? Que nenni ! Le chef de projet à la Direction générale de la mobilité (DGM), que l’on envoie en éclaireur pour sonder la réaction de l’opinion publique.

La DGM, vous connaissez ? C’est ce service dirigé par Madame la Conseillère d’Etat verte Michèle Kunzler, qui n’a de cesse de transmettre sa couleur préférée au visage de tous les usagers de la route genevoise, bloqués dans les bouchons, confrontés à des chantiers organisés sans coordination ni surveillance, usagers de la route traités avec un souverain mépris lorsqu’ils ne prennent pas les transports publics, et avec une remarquable impéritie lorsqu’ils tentent de comprendre comment nos réseaux TPG sont organisés.

2638904772_1.jpgLa DGM, ce service qui ne raisonne qu’en termes de « horizon 2030 », car le quotidien des Genevoises et des Genevois « hic et nunc », n’est que péripétie de l’Histoire.

Ainsi, après avoir réussi à faire gober à la population que Genève n’aurait pas d’avenir sans le CEVA, ce train grande lignes sans marchandises allant de Cornavin à Annemasse avec 5 malheureux arrêts, pour un coût avoué de 1 milliard et demi, mais qui atteindra vraisemblablement le double, on nous explique qu’il va falloir faire une « Raquette » de deux milliards pour aller de Cornavin au Palais des Nations, à l’aéroport, Meyrin, Satigny et Bellegarde.

L’aéroport que les trains relient déjà depuis Cornavin, la place des Nations, qui est reliée par un tram, Meyrin, qui est desservi par un tram fraîchement inauguré, Satigny et Bellegarde, qui sont déjà reliés par train. Et on nous explique, les travaux du CEVA venant de commencer, que les usagers de cette future nouvelle ligne ne pourront pas aller directement à l’aéroport, compte tenu de la surcharge des lignes…alors qu’il s’agissait précisément d’un argument marketting utilisé lors de la votation de 2009.

Certes, dans l’absolu, tout est utile, car lorsqu’il y a un train, vous trouverez toujours quelqu’un pour monter dedans… La question n’est pas de faire des choses utiles (vous voulez la liste ?), mais de choisir des priorités.

Alors que l’on parle d’économies, que le contribuable ne s’inquiète pas : « le Canton sollicitera la Confédération ». Si la Confédération finançait les voyages vers les étoiles, nul doute que Genève postulerait pour une rampe de lancement…

Il est vrai qu’astre et désastre sont de la même famille.

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06/12/2012

Corruption et intégrité

Le blog d’Olivier Emery revient bien opportunément sur un mal qui ronge notre planète, et non seulement ailleurs, la corruption. Il nous rappelle, à juste titre, que l’antidote à ce mal est l’intégrité. Jusqu’à ce point, les propos ne peuvent qu’être approuvés. (http://oemery.blog.tdg.ch/archive/2012/12/05/la-corruptio...)

Là où notre blogueur sombre dans une regrettable subjectivité, c’est lorsqu’il nous explique que « presque tous les pays bien classés présentent un arrière-plan historico-culturel chrétien (à majorité corruption2.jpgprotestante) ». L’explication serait ainsi à rechercher dans la Bible, qui voue au châtiment éternel les prévaricateurs de tous genres…

En résumé et en clair, la foi des chrétiens protestants serait à l’origine de leur plus grande intégrité.

J’ai trop de respect pour Olivier Emery pour attribuer ce dérapage à une méconnaissance des données objectives du problème.

Saint-Augustin disait déjà : qu’« il faut un minimum d’aisance pour cultiver la vertu », et un parallèle entre niveau de corruption et niveau des salaires de l’administration doit incontestablement être fait.

De même, le degré de surveillance et la sévérité des sanctions jouent évidemment un rôle déterminant.

A suivre notre bloggeur de référence, nous serions amenés à penser que seul le christianisme prônerait l’intégrité. Pourtant, et même si Israël est malheureusement mal classé dans ce triste palmarès de la corruption, (http://revuedinfos.com/post/13683682665/israel-la-corruption-saggrave-dans-le-pays), personne n’osera prétendre que le judaïsme serait complaisant à l’égard de tels comportements.

Quant à l’islam, un Hadith prescrit : « Dieu maudit le corrupteur, le corrompu et l'intermédiaire entre les deux ». Le message est donc clair.

Le Qatar est d’ailleurs classé 22ème, deux places devant les Etats-Unis ; les Emirats Arabes Unis, 28èmes devancent Israël, l’Espagne et le Portugal.

Il ne s’agit donc pas d’un problème de foi, car l’Homme est Homme, et plus la précarité et l’insécurité sont grandes, plus les opportunités sont présentes, faute de surveillance, et plus l’occasion fera le larron.

Evitons donc d’opposer la foi des uns à la foi des autres, et travaillons ensemble pour donner aux pays gangrénés par la corruption les moyens de réduire au minimum incompressible la tentation des acteurs de ce fléau !

Et commençons par regarder de près ce qui se passe chez nous, car, comme j’avais eu l’occasion de le dénoncer dans un précédent billet,(http://poggia.blog.tdg.ch/archive/2008/09/15/corruption-made-in-switzerland.html), la corruption y est beaucoup plus subtile qu’ailleurs, et donc plus difficile à identifier et à combattre !

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15/10/2012

Chronique de Berne: Lutter efficacement contre la petite délinquance

De la parole aux actes:

Notre Ministère public demande des moyens supplémentaires pour lutter efficacement contre la petite délinquance, compte tenu de la lourdeur de la nouvelle procédure pénale.

Votre serviteur a ainsi déposé devant le Conseil national, le 20 septembre dernier, une initiative parlementaire dont le but est d’accélérer la procédure dans les cas de flagrant délit ou d’aveu immédiat, en évitant au Ministère public de devoir demander systématiquement, comme c’est le cas actuellement, la prolongation de détention devant le Tribunal des mesures de contrainte.

( http://www.parlament.ch/f/suche/pages/geschaefte.aspx?gesch_id=20120465 )

Ainsi, l’ordonnance pénale du Ministère public vaudrait prolongation de détention pour trois mois, mais au maximum pour la durée de la peine ferme prononcée, et il appartiendrait alors au condamné, s’il entend faire opposition contre cette ordonnance, de demander sa mise en liberté provisoire.

Une fois le délai de 10 jours écoulé, en l’absence d’opposition, l’ordonnance pénale devient définitive et le prévenu, devenu condamné, passe en exécution de peine. En cas d’opposition, le Ministère public décide s’il maintient sa décision et, le cas échéant, après instruction complémentaire, renvoie le prévenu devant le Tribunal de police. Le tout peut se faire dans les trois mois, sans nécessité de passer par une demande de mise en détention, qui, en l’état actuel, est une simple formalité lorsqu’une ordonnance pénale est prononcée.

 

 

 

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27/09/2012

Du lever de drapeau au baisser de pantalon


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Que sera la place financière suisse dans 10 ans ? Si l’on nous avait posé cette question en 2002, aux balbutiements de l’euro, notre imagination la plus alarmiste n’aurait jamais décrit la situation actuelle. Le contexte international supporte incontestablement une responsabilité prépondérante, en faisant de l’Union européenne et des Etats-Unis, de faméliques prédateurs fiscaux à l’affut de toute nouvelle proie. Des états qui se drapent dans une prétendue moralité financière pour mieux justifier leurs attaques, se gardant bien d’appliquer à eux-mêmes les principes qu’ils exigent de notre pays.

Mais l’Histoire jugera si les choix de reddition sans conditions, adoptés par le Conseil fédéral furent les bons. L’Histoire jugera si la majorité de ce parlement a eu raison de faire de la Suisse un couvent dans cette vaste maison close qu’est le monde de la finance dans lequel nous vivons, et qui nous envie.

Le secret bancaire n’était pas négociable nous disait le Conseil fédéral au début 2008. Depuis lors, l’évasion fiscale a rejoint la  fraude fiscale, et n’est désormais propre que l’argent déclaré fiscalement. Nous sommes devenus, volontairement, les petits agents du fisc étranger, et cela sans contrepartie, puisque les îles vierges britanniques et les sociétés du Delaware , pour ne citer qu’elles, continueront à receler, au nez et à la barbe du monde, l’argent soustrait au fisc.

Dernièrement, l’Accord sur les successions avec la France, négocié avec une totale absence de discernement politique, ne fait qu’ajouter à l’incompréhension. Certes, en l’état actuel, aucune solution n’est exempte de risques. Mais a-t-on seulement mis en balance les avantages et les inconvénients d’une position ferme, soucieuse des acquis sans lesquels notre pays n’aurait jamais connu son niveau de vie, ni, faut-il le rappeler à une gauche qui veut constamment laver plus blanc que blanc, un système d’assurances sociales parmi les plus performants au monde ?

Aujourd’hui le message est clair : la Suisse brade ses valeurs et livre même ce qu’on ne lui demande pas encore. La capitulation a anticipé l’argumentaire.

N’avons-nous donc que des faiblesses à opposer à l’arrogance, nous, dont la Banque nationale finance désormais près de 50 % du déficit public de la France et de l’Allemagne ?

Pire encore, dans la hiérarchie de la délation institutionnalisée décrétée par le Conseil fédéral, que dire de la décision prise d’autoriser nos honorables banquiers, qui vendraient père et mère pour sauver leur tête, à livrer, aux Etats-Unis, sans conditions, l’identités de leurs employés ?

La réponse donnée le 5 septembre dernier à l’interpellation de notre collègue Schwaab est à faire pleurer, et non seulement un étudiant de droit de première année, tant notre Conseil fédéral tente maladroitement d’habiller juridiquement une opportuniste décision politique. Au mépris de l’entraide pénale internationale, sans s’assurer de l’élémentaire application du principe de double incrimination, on jette en pâture à une administration dont les droits élémentaires du prévenu sont admirablement illustrés à Guantanamo, des milliers d’employés dont le seul crime est d’avoir fait ce qu’on leur demandait de faire, et cela en parfaite conformité avec le droit suisse.

Alors que sera la Suisse dans 10 ans ? Je n’ose l’imaginer si notre pays continue à être dirigé comme il l’est actuellement, et cela, les citoyennes et les citoyens de notre pays ne l’accepteront pas.

 

Intervention à la tribune du Conseil national le 27 septembre 2012

 

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13/09/2012

Sécurité du logement à la retraite. Restons sérieux !

 

Le 23 septembre, nous devrons nous prononcer pour ou contre cette initiative, qui ne vise, ni plus ni moins, qu’à permettre aux personnes à la retraite, qui sont propriétaires de leur logement, de sortir, si e192_0-ZZbuRduC-personne-agee-absolut-fotolia-com-s-.pnglles le souhaitent, du système (injuste), qui impose, au titre du revenu, la valeur locative du logement occupé par son propriétaire.

En effet, pour ceux qui l’ignoreraient dans notre canton à majorité de locataires (davantage par nécessité que par choix), les propriétaires sont imposés sur la valeur locative – théorique - du logement qu’ils occupent, qui vient s’ajouter à leurs revenus. La contrepartie consiste en la possibilité de déduire les intérêts hypothécaires effectivement versés, de même que les frais d’entretien.

Ce système a pour conséquence perverse d’amener les propriétaires à conserver une dette hypothécaire dont les intérêts sont au moins égaux à la valeur locative de leur logement.

A la retraite, dans la grande majorité des cas, les revenus diminuent, et les impôts liés à cette valeur locative sont d’autant plus douloureux que le propriétaire aura pris la précaution de réduire suffisamment sa dette hypothécaire. Inversement, le maintien de cette imposition sur la valeur locative incite les futurs retraités à conserver un endettement hypothécaire, dont les conséquences peuvent être financièrement insupportables  en cas de hausse des taux, jusqu’à les contraindre à la vente.

Cette initiative est donc juste et équitable.

Néanmoins, dans les colonnes de la Tribune du 13 septembre, sous la plume de Carlo Sommaruga, conseiller national socialiste, certes, mais avant tout Secrétaire général de l’ASLOCA romande, qui nourrit une méfiance épidermique à l’égard de tout propriétaire, aussi petit soit-il, je lis les arguments des opposants. Remarquables :

1.       Une injuste violation de l’égalité de traitement, car les propriétaires non retraités continueraient impérativement à être imposés sur la valeur locative. Est-ce à dire que l’élu socialiste voudrait faire bénéficier de ce choix TOUS les propriétaires ? Non bien sûr. Selon cette bien curieuse conception de l’égalité de traitement l’injustice qui frappe les propriétaires avant la retraite devrait perdurer jusqu’à leur mort. La durée serait ainsi créative d’une juste injustice.

2.       Les locataires, pour leur part, ne pourraient bénéficier d’aucune réduction fiscale. Certes, mais tel n’est pas l’objet de l’initiative, qui traite des retraités propriétaires, ceux-là même qui pèseront bien moins lourdement sur le budget de la collectivité pour le simple motif qu’ils ne pourront généralement pas bénéficier des prestations complémentaires à l’AVS, pas plus que d’allocation logement ( http://www.ge.ch/logement/aides-personne/allocation-condi... ).

3.       Aider les retraités serait injuste, car leur situation serait comparativement meilleure à celle des femmes célibataires, des parents isolés ou des familles nombreuses. Pour un élu socialiste, il fallait oser ! En d’autres termes nos aînés seraient bien lotis et ne devraient pas être aidés, car d’autres classes de la population le mériteraient davantage. C’est oublier que les situations signalées font également l’objet d’une attention particulière sur le plan cantonal, et même si des progrès doivent être réalisés, il n’y a aucune raison d’opposer l’une à l’autre des situations difficiles, notre société ayant tout intérêt à promouvoir l’indépendance économique de ses retraités.

4.       Enfin cette initiative priverait les caisses de l’Etat de près de 750 millions de francs sur le plan national. D’abord cela reste à démontrer, car celles et ceux qui choisiront l’abandon de l’imposition de la valeur locative se priveront du même coup de la déduction des intérêts hypothécaires et se verront plafonner les frais d’entretien. Ensuite, si le parti socialiste est à ce point attentif aux entrées fiscales de notre pays, pourquoi lutte-t-il pour l’abolition de l’imposition d’après la dépense (impôt à forfait) en faveur des riches étrangers qui s’installent en Suisse, et qui rapporte annuellement 700 millions d’impôts, entre 25 et 35 millions à l’AVS, 300 millions à la TVA sur les dépenses et génère 22'500 emplois ? Position d’autant plus dogmatiquement absurde que ces riches étrangers, par définition mobiles, iraient s’installer ailleurs si, d’aventure, la Suisse devenait un couvent de la moralité fiscale au centre d’une vaste maison close européenne d’abord, et mondiale ensuite!

En conclusion, les arguments des opposants à cette initiative sont sans fondement, lorsqu’ils ne sont pas fallacieux.

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16/08/2012

VERS LA DISPARITION DU FRANC SUISSE ?

 

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A force de faire tourner la planche à billets dans le cadre de la politique de maintien du franc suisse au-dessus de 1,20 franc par euro, la Banque nationale a amené la Suisse à détenir désormais les cinquièmes réserves en devises du monde, derrière la Chine, le Japon, l'Arabie Saoudite et la Russie.

Est-on seulement conscient du risque que cette situation implique pour l'indépendance de notre pays ?

La Banque nationale annonçait ainsi le 7 août dernier, dans une apparente indifférence générale des milieux politiques, dont l'attention était accaparée par la désastreuse négociation d'un accord sur les successions avec la France, que ses réserves en devises avaient progressé de 11% en juillet, totalisant 406,45 milliards de francs. Il est à craindre que d'ici la fin de l'année le bilan de la BNS n'atteigne le Produit National Brut de notre pays.

Le Conseil fédéral, et sa Présidente Eveline Widmer-Schlumpf en tête, ministre des finances de surcroît, ne semble pas s'en émouvoir. Inconscience ou incompétence ?

Ainsi, pour maintenir la compétitivité internationale de nos entreprises exportatrices, dont le handicap ne constitue assurément pas la seule force de notre franc, la BNS vend en masse du franc suisse contre un euro chancelant, achetant à 60% des obligations d'Etat de la zone euro, au bénéfice essentiellement de la France et de l'Allemagne...

Ce jeu en vaut-il la chandelle ? On aurait au moins souhaité que la question soit posée en toute transparence et que ce taux-plancher franc suisse-euro, qui se transforme inexorablement en un ancrage de notre monnaie avec la monnaie européenne, ne nous soit pas présenté comme une solution miracle incontournable.

Car si la Suisse détient aujourd'hui à elle seule la moitié de toutes les réserves des 17 banques centrales de la zone euro, cela n'est pas le fruit d'une activité économique florissante, mais uniquement d'une manipulation monétaire qui ne peut rester sans conséquences.

Aujourd'hui déjà, si les taux d'intérêts de plusieurs Etats européens sont aussi bas, et si l'euro ne baisse plus face au dollar américain, la politique de la BNS en est en grande partie responsable.

Mais il y a pire.

Que se passera-t-il si l'euro, déjà malade, connaît une chute vertigineuse suite à une implosion de la zone euro ? Notre Banque nationale se retrouverait potentiellement en faillite !

Et si cette liquidité créée artificiellement était injectée dans l'économie réelle ? La Suisse connaîtrait alors une inflation sans précédent !

On nous expliquerait alors que notre pays n'aurait d'autre alternative que d'adopter l'euro, monnaie principale détenue par notre Banque nationale...en entrant dans l'Union européenne.

L'économie aurait eu raison, une fois de plus, de la volonté populaire.

 

Avec mes remerciements à Pierre Leconte, GONET & Cie, pour m'avoir fait partager ses réflexions.

Voir sur le sujet : http://www.latribune.fr/actualites/economie/international...

 

 

 

 

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13/08/2012

Grisons à l’honneur: Nino Schurter l’argent en VTT, EWS l’or en FTT !

 

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Bravo pour le sportif. Bel effort ! On ne peut pas en dire autant d'Evelyne Widmer-Schlumpf, médaille d'or en « Fait Tout de Travers ».

Après avoir capitulé sans coup férir devant tous les Etats qui ont à peine haussé le ton en matière fiscale, après avoir autorisé, au mépris du droit et de l'élémentaire bon sens, le transfert aux Etats-Unis des noms des employés des banques qui en faisaient la demande, notre Conseil fédéral, sa Présidente en tête, obtient la palme suprême de l'applaventrisme en accordant à la France des avantages injustifiables en matière successorale.

Notre politique étrangère a touché le fond. Elle n'est plus qu'une politique du lombric, menée par des invertébrés de la négociation.

Il ne manque plus que le Tribunal fédéral pour invoquer la raison d'Etat, roue de secours de toutes celles et ceux qui nous gouvernent selon le vent du moment, et dont le destin sera celui de feuilles mortes.

 

Venez vous goinfrer, Mesdames et Messieurs les dirigeants étrangers ! Chez nous on sert gratis..Du moins jusqu'à la prochaine élection du Conseil fédéral.

 

 

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25/07/2012

Les employeurs préfèrent les Genevois aux frontaliers ! Ouf, on a eu chaud.

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La Tribune nous le donnait le 24 juillet en primeur : une étude ( dont on insiste sur le caractère « scientifique », afin que personne ne puisse en douter ) menée par Monsieur Yves Flükiger, directeur de l'Observatoire universitaire de l'emploi, arrive à la conclusion que « loin des clichés rabâchés par les partis populistes », les employeurs préfèrent les demandeurs d'emploi résidents aux frontaliers.

Nous voilà donc rassurés. Tout ce discours anxiogène n'était que poudre aux yeux. Tout va bien dans la République.

Et notre presse locale, avec son esprit critique légendaire, avale la couleuvre avec soulagement.

Il conviendra évidemment d'analyser dans le détail le modus operandi de l'équipe de « chercheurs » qui nous gratifie de ce rassurant constat. Examinons néanmoins d'ores et déjà ce que l'on veut bien nous en dire, sachant par expérience que les questions posées suscitent bien souvent les réponses obtenues.

Première remarque : personne n'a jamais soutenu qu'à salaire égal et à compétences égales, les employeurs du canton iraient volontiers chercher la main-d'œuvre de l'autre côté de la frontière. Au contraire, tout employeur a intérêt à embaucher des travailleurs résidant à proximité de leur lieu de travail. De surcroit, et même s'il n'est pas politiquement correct d'écrire ce que tout le monde pense, la mentalité syndicaliste affichée par certains employés venant d'une France de plus en plus lointaine ne plaît guère en Suisse où le rapport avec le travail est certainement bien différent de ce qui a cours dans l'Hexagone. Ainsi, il n'est pas nécessaire de faire appel à des experts pour enfoncer des portes ouvertes et pour dire qu'à salaire égal et à compétences égales, nos employeurs préfèrent embaucher « local ».

C'est sous réserve des cas dans lesquels les décideurs d'embauche au sein des entreprises viennent eux-mêmes de France et, qui, par affinité, préfèrent engager « l'ami du frère de la nièce du voisin ». Dans ces cas-là, les postes vacants ne se retrouvent jamais dans les petites annonces de jobup.ch, creuset dans lequel nos Sherlock Holmes universitaires sont allés chercher les résultats « scientifiques » qu'ils nous servent à la satisfaction des détenteurs du pouvoir.

Seconde remarque : l'étude menée par notre « Observatoire de l'emploi » ne pouvait bien évidemment porter que sur des professions pour lesquelles l'offre existe des deux côtés de la frontière. La question n'est donc pas de savoir si Genève peut se passer des infirmières frontalières, car la réponse est clairement négative. Reste à savoir comment Genève en est arrivée à pareille pénurie dans ce secteur, par un manque flagrant et coupable d'anticipation. Ainsi, celles et ceux qui nous assènent à chaque débat sur le sujet la sempiternelle remarque : « que ferait Genève si toutes les infirmières françaises s'en allaient », sont prié-e-s de s'abstenir, telle n'est pas la question discutée ici.

Cela dit, si Monsieur Yves Flückiger avait rencontré ces affreux « populistes » qu'il s'agit de museler, il aurait certainement compris - mais le voulait-il seulement ? - que la concurrence déloyale que subissent les demandeurs d'emploi résidents en Suisse porte sur deux plans bien définis :

Premièrement un dumping salarial, car les travailleurs européens, et français singulièrement, (bien plus que les Allemands, dont l'économie est plus forte), sont prêts à travailler pour des salaires bien inférieurs à ceux des résidents genevois, qui doivent faire face à des charges fixes (loyer et assurances notamment), bien supérieures. Si certains domaines sont couverts par des Conventions collectives, celles-ci fixent des salaires minimums que les travailleurs domiciliés hors de Suisse sont prêts à accepter sans sourciller, même avec de l'expérience, car ils restent encore un multiple de ce qu'ils recevraient chez eux. Lorsqu'il n'y a aucune Convention collective, ce qui reste la majorité des cas, n'en parlons même pas, tant la concurrence est inégale.

Deuxièmement une concurrence de compétences et d'expérience. Si à compétences égales un employeur genevois préférera un résident, la situation sera différente s'il doit choisir entre deux candidats ayant une expérience professionnelle différente. Ainsi, un travailleur expérimenté domicilié hors de Suisse sera disposé sans hésitation à travailler pour le salaire que l'on donnerait à un jeune sortant de nos écoles professionnelles ou de nos universités. Sur ce plan-là, nos jeunes ne peuvent pas soutenir la concurrence, et rencontrent d'énormes difficultés à trouver un premier emploi.

Ceci étant rappelé, Monsieur Yves Fluckiger a choisi pour son étude des prémisses clairement réductrices, que les mauvais esprits pourraient qualifier d'orientées :

1.Pourquoi avoir opté pour des candidats fictifs entre 22 et 23 ans, sachant qu'à cet âge, un employeur ne peut espérer pouvoir offrir un salaire inférieur à un travailleur frontalier et écartera ce critère de sélection ?

2.Si l'étude avait opté pour des candidats fictifs plus âgés, un employeur aurait pu opter, à compétences et expérience égales, pour un travailleur frontalier prêt à accepter un salaire inférieur. Pourquoi cette option a-t-elle été écartée ? Craignait-on que le critère salarial vienne influencer les résultats ?

3.Comment peut-on soutenir légitimement, au sein de l'Observatoire universitaire de l'emploi, que les petites annonces seraient révélatrices du marché de l'emploi genevois, sachant que dans ce domaine, comme d'ailleurs pour celui du logement, la grande majorité des attributions intervient par le relationnel et le « bouche à oreille » ?

4.Comment peut-on scientifiquement retenir une préférence pour la main-d'œuvre locale du seul fait que les candidats domiciliés sur le canton recevraient plus souvent une proposition d'entretien ? Pourquoi n'a-t-on pas fait une étude globale de l'attribution des nouveaux postes de travail au sein des entreprises par l'intermédiaire des caisses de compensation auxquelles les employés doivent être affiliés ?

5.Ne doit-on pas considérer que les employeurs passant par des petites annonces font preuve d'une plus grande ouverture quant aux candidatures recherchées, ou, pire pour l'enquête, ne passent par ces petites annonces qu'après avoir en vain recherché le candidat souhaité par un autre canal ?

6.A-t-on recherché la nature de l'entreprise à l'origine de l'annonce ? Petite, moyenne ou grande ? Ne pense-t-on pas que les petites ou moyennes entreprises, plus implantées dans le tissu social du canton peuvent préférer les candidatures locales, alors que les grandes entreprises, plus axées sur le profit, agissent sur la base d'autres critères ? En quoi les 130 annonces retenues sur une année seraient-elles révélatrices du marché de l'emploi genevois si cette question n'est pas examinée ?

7.Peut-on sérieusement affirmer qu'en demandant à 195 responsables de ressources humaines de classer des CV par ordre de préférence sans leur dire que le domicile du candidat sera le critère examiné, soit suffisant pour considérer que ces personnes n'ont pas été volontairement attentives à ne pas placer systématiquement en tête des candidats frontaliers, sachant que la demande émanait de l'Observatoire genevois de l'emploi ?

En conclusion, il y a de quoi nourrir des doutes sérieux sur le caractère scientifique de cette étude. Chacun sait qu'il est plus habile, que l'on soit juge ou dirigeant, de faire passer par des experts certains messages que personne ne croirait si on les proférait soi-même.

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