02/09/2008

Lettre ouverte à Pascal Couchepin

 

 

Monsieur le Conseiller fédéral,

 

 

Après avoir, en vain, tenté d’obtenir de vos Offices des réponses acceptables, ou même seulement compréhensibles, quant à la volonté de votre Département de contrôler les activités de SANTESUISSE, particulièrement actif sur le plan du lobby, je m’adresse directement à vous, que j’avais d’ailleurs interpellé le 14 novembre 2006 déjà, dans la perspective de la votation fédérale sur la Caisse maladie unique de mars 2007.

 

 

Un simple rappel chronologique est à lui-seul révélateur du fonctionnement de vos Services :

 

 

1)         Le 14 novembre 2006, donc, je me permettais de vous interpeler suite à mes démarches infructueuses, entreprises auprès de la Direction de SANTESUISSE dès mai 2006, afin d’obtenir des explications tant juridiques que financières quant à la campagne politique contre la Caisse unique, engagée par cet organe faîtier des assureurs maladies suisses.

 

 

2)         Le 22 décembre 2006, vous m’indiquiez que le Conseil fédéral avait chargé l’Administration fédérale d’examiner s’il disposait d’une compétence propre pour contrôler la manière dont les contributions des assureurs maladie sont utilisées par SANTESUISSE. Vous ajoutiez qu’en attendant le résultat de cet examen, le Conseil fédéral estimait qu’il n’était pas nécessaire de prendre d’autres mesures.

 

 

            En d’autres termes, la question serait réexaminée, le cas échéant, une fois la votation fédérale passée…

 

 

            Pourtant, un étudiant en droit de première année sait que lorsqu’une entité chargée d’exécuter des tâches de droit public, tel un assureur maladie social, est soumise à un contrôle de l’Etat, elle ne peut déléguer ses tâches à un tiers sans que celui-ci ne soit également soumis au même contrôle. Dans la mesure où SANTESUISSE prétend ne représenter que les assureurs maladie intervenant dans l’assurance de base (ce qui est contredit par sa pratique quotidienne), il est évident que ce contrôle s’imposait.

 

 

3)         Le 18 janvier 2007, j’intervenais à nouveau en constatant que les débats en vue de la votation fédérale du 11 mars 2007 avaient été faussés par une campagne trompeuse, orchestrée et financée directement ou indirectement par SANTESUISSE. Je m’étonnais qu’aucune justification n’ait été demandée à SANTESUISSE quant aux sommes investies, étant précisé que dans un article du 3 septembre 2006, la NZZ AM SONNTAG indiquait que la campagne publicitaire contre la Caisse unique, lancée par FORUM SANTE POUR TOUS, avait été financée par SANTESUISSE.

 

 

4)         Le 29 janvier 2007, vous faisiez répondre par votre Chef de la communication que de manière générale, vous ne répondiez pas en détail aux lettres ouvertes. Je n’ai reçu aucune réponse de votre part, ni dans le détail, ni en termes généraux et vous avez purement et simplement ignoré ma démarche, alors que le 1er février 2007, je vous indiquais que, par mon intermédiaire, tous les assurés de notre pays demandaient des comptes, et que la réponse qui m’était donnée ne pouvait dès lors apparaître que désinvolte.

 

 

5)         Sans réponse, ni même accusé de réception de votre part, à une semaine de la votation fédérale, je vous écrivais le 5 mars 2007 en supposant que vos services juridiques avaient enfin été en mesure de résoudre l’éminent problème qui leur avait été soumis.

 

 

            Le même jour, j’adressais des courriers au Comité national et au Comité Romand « Caisse unique : non à une dangereuse illusion » pour leur demander quelles étaient leurs sources de financement.

 

 

            Les réponses qui m’ont été données le furent sur papier en-tête du Parti Radical, secrétariat général, à Berne, et Parti Radical genevois…

 

 

6)         Le 5 avril 2007, une fois l’élection fédérale passée, sans doute rassuré par son résultat, vous me répondiez enfin que l’examen se poursuivait au sein de l’Administration fédérale et que l’Office fédéral de la santé publique avait jugé utile « après avoir mené une réflexion interne approfondie » de transmettre le cas à l’Office fédéral de la justice, non sans ajouter que SANTESUISSE s’était engagée à ne pas utiliser pour la campagne de moyens financiers provenant de l’assurance maladie sociale. En d’autres termes, c’était « promis-juré », engagement jugé suffisant par le Conseil fédéral.

 

 

7)         Le 17 avril 2007, j’intervenais à nouveau pour vous demander comment une Association telle SANTESUISSE qui, selon ses statuts, ne réunit que des assureurs exerçant dans le domaine de l’assurance obligatoire des soins aurait pu utiliser dans une campagne des fonds provenant de tiers, en l’occurrence d’assureurs privés ?

 

 

            A moins, - oh sacrilège ! - que SANTESUISSE ne soit également financée par les assureurs privés, ce dont elle s’est toujours défendue.

 

 

8)         La question devenant sans doute épineuse, vous avez préféré prier Monsieur Thomas ZELTNER, Directeur de l’Office fédéral de la santé publique de me répondre, ce qu’il fit le 7 mai 2007.

 

 

 

            Ce dernier m’apprenait que « si effectivement la majeure partie des membres de SANTESUISSE sont des assureurs qui exercent leur activité principale dans le domaine de l’assurance maladie sociale, le Conseil d’administration de SANTESUISSE peut étendre le droit à la qualité de membre de SANTESUISSE à d’autres institutions qui sont actives dans le domaine de l’assurance maladie » (C.Q.F.D.).

 

 

9)         Le 23 juillet 2007, j’intervenais auprès de l’Office fédéral de la santé publique en m’étonnant que l’Office fédéral de la justice ne se soit toujours pas prononcé.

 

 

            Par ailleurs, je vous demandais si le Conseil d’administration de SANTESUISSE avait usé de sa faculté d’étendre la qualité de membre à d’autres institutions actives dans le domaine de l’assurance maladie que celles exerçant leur activité dans le domaine de l’assurance maladie sociale.

 

 

10)       Le 20 août 2007, Monsieur Thomas ZELTNER, qui indiquait comprendre mon impatience, m’informait qu’il convenait « de ne pas minimiser la portée de la réponse » et qu’il s’agissait d’une décision de principe relative à la répartition des tâches de manière générale dans le domaine de la santé.

 

 

            En d’autres termes, savoir si SANTESUISSE pouvait exercer les tâches que bon lui semblait, sans contrôle, touchait directement la répartition des tâches entre la Confédération et les assureurs maladie.

 

 

            Monsieur Thomas ZELTNER me précisait, par ailleurs, que certaines fédérations d’assureurs faisaient partie de SANTESUISSE, notamment la RVK (Association des petites et moyennes assurances maladie) et SVK (Association suisse pour les tâches communes des assureurs maladie).

 

 

            C’est donc dire que des assureurs privés jouent un rôle central dans les activités de SANTESUISSE, laquelle, par ses actions de lobby, influence directement la politique fédérale en matière d’assurance maladie obligatoire...avec les primes des assurés.

 

11)       Huit mois après la votation rejetant la Caisse unique, l’Office fédéral de la justice confirmait une évidence, à savoir que SANTESUISSE n’avait pas à intervenir dans une campagne fédérale et que son intervention était dès lors illégale, précisant de surcroît que SANTESUISSE devait être contrôlée dans ses tâches de droit public.

 

 

12)       Le 12 décembre 2007, j’intervenais dès lors auprès de Monsieur Thomas ZELTNER pour savoir quelles mesures concrètes avaient été prises par l’Office fédéral de la santé publique pour contrôler les activités de SANTESUISSE. Par la même occasion, je demandais une copie des deux expertises qui avaient été, soi-disant, remises par SANTESUISSE, afin de démontrer qu’aucune somme provenant des primes de base n’avait été investie dans la campagne fédérale.

 

 

13)       Le 22 janvier 2008, Monsieur le Directeur de l’Office fédéral de la santé publique répondait ne pas être en possession desdits documents (remarquable) et que pour le surplus, le Département fédéral de l’intérieur entendait instituer, fin janvier 2008 « un groupe de travail qui comprendra des représentants des divers offices fédéraux et des experts externes et sera chargé de définir la manière de mettre en pratique les conclusions contenues dans l’avis de droit » de l’Office fédéral de la justice.

 

 

 

 

 

14)       Le 19 mars 2008, je m’interrogeais sur l’avancement des travaux de ce groupe de travail, sollicitant modestement la possibilité d’y participer, en qualité de représentant des assurés, principaux concernés, auxquels la parole est systématiquement refusée dans tous les groupes de travail qui les concernent.

 

 

15)       Le 2 mai 2008, Monsieur Thomas ZELTNER me répondait que le groupe de travail s’était réuni pur la première fois le 31 mars 1998 (soit onze jours après ma lettre) et qu’il était composé de représentants de divers office fédéraux et de SANTESUISSE. En d’autres termes, les « experts externes » dont il était question le 22 janvier 2008 étaient devenus des représentants de SANTESUISSE.

 

 

            Bien évidemment aucun représentant des assurés ne figurait dans ce groupe de travail, dont on pourra attendre les résultats quelques années encore…

 

 

16)       Le 9 mai 2008, j’écrivais à Monsieur Thomas ZELTNER pour m’étonner de cette situation, en insistant sur le caractère impératif de la présence de représentants des assurés, afin de garantir la transparence et l’efficacité des débats.

 

 

17)       Le 9 juin 2008, le Directeur de l’Office fédéral de la santé publique me répondait qu’il n’était pas dans l’intention de l’administration fédérale d’organiser une vaste consultation de toutes les personnes ou tous les organismes susceptibles d’être intéressés par le sujet traité.

 

 

            Je ne demandais évidemment pas de consulter tout le monde, mais au moins les organisations ayant pour but la défense des assurés de notre pays !

 

 

18)       Le 17 juin 2008, je m’étonnais une fois de plus de cette manière de procéder et sollicitais une copie des procès-verbaux des séances.

 

 

19)       Le 9 juillet 2008, Monsieur Daniel WIDMER, cette fois-ci en sa qualité de chef de la Division surveillance d’assurance maladie me répondait qu’il était envisagé de rédiger un rapport sur les travaux du groupe de travail et de formuler des recommandations à l’intention du Département fédéral de l’intérieur d’ici à l’automne prochain et qu’il appartiendrait alors au Département, soit à vous-même, de décider de la publicité qui serait donnée à ce document. En attendant, il était hors de question de me laisser prendre connaissance des procès-verbaux des séances.

 

 

 

En conclusion : au nom des 7 millions d’assurés de notre pays qui, dans leur très large majorité, en ont assez de recevoir systématiquement, chaque automne, une annonce de hausse de leur prime d’assurance maladie obligatoire, sans avoir accès à l’utilisation de leurs primes, si ce n’est à travers les statistiques tenues par SANTESUISSE, que votre Administration se garde bien de mettre en doute, je vous demande, à tout le moins en ce qui concerne l’activité de l’Administration fédérale, d’autoriser une prise de connaissance des travaux en cours, afin que les activités de SANTESUISSE s’exercent dans la transparence.

 

 

Enfin et tout particulièrement, puisque les assureurs maladie exerçant leur activité dans le domaine de l’assurance de base soutiennent invariablement ne réaliser aucun bénéfice, je demande au Conseil fédéral d’élaborer d'urgence les bases légales sur le plan constitutionnel et législatif, aux fins d’assurer une claire séparation, tant juridique que structurelle et économique, entre les assurances travaillant dans le domaine de l’assurance maladie

 

obligatoire et celles intervenant, pour des complémentaires, dans le domaine de l’assurance privée. Seule cette séparation sera de nature à empêcher l’utilisation de l’assurance de base, pour promouvoir et rentabiliser des assurances complémentaires, par la sélection des bons risques, avec tous les effets pervers annexes qu’il serait trop long ici d’énumérer.

 

 

Dans l’impatiente attente de votre réponse, je vous prie de croire, Monsieur le Conseiller fédéral, à l’assurance de ma parfaite considération.

 

 

 

 

 

 

 

                                                                               

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25/08/2008

Médecine hospitalière : de la prise de pouvoir avortée à l’infiltration programmée

 

Le 1er juin 2008 nous avons massivement refusé la « gestion moniste » de nos hôpitaux publics. En d’autres termes, nous avons considéré que la gestion des subventions cantonales à la médecine hospitalière ne devait pas être confiée aux assureurs.

Cette défaite des assureurs maladie dans leur processus de prise de pouvoir au niveau de la santé en Suisse, n’est que partie remise, car la solution de rechange est déjà sous presse.

Le 21 décembre 2007, en effet, l’Assemblée fédérale a approuvé l’introduction du DRG (Diagnosis Related Groups) qui n’est autre que le forfait par cas en fonction du diagnostic (il est vrai que les programmes indigestes passent mieux en anglais).

En d’autres termes, le système actuel, dans lequel les hôpitaux sont rémunérés, lors des séjours stationnaires, en fonction des jours d’hospitalisation, par un forfait journalier, sera remplacé dès 2012 par un forfait par cas.

A titre d’exemple, on considère qu’une appendicite doit coûter 3000 francs, quelle que soit la durée du séjour, et c’est donc cette somme forfaitaire qui sera versée. L’hôpital aura donc tout intérêt, pour être rentable, à faire rentrer le patient le jour de l’opération et à le renvoyer chez lui le plus vite possible.

Voilà la médecine d’avenir qu’on nous mijote, au nom du sacro-saint principe d’économicité.

Si vous avez la curiosité d’aller consulter le texte allemand, vous constaterez d’ailleurs qu’il est question de « Wirtschaftlichkeit » qui se traduit en français par rentabilité. Or, économicité et rentabilité ne sont pas synonymes, car faire des économies, en matière d’assurance maladie, devrait signifier dépenser le moins possible pour obtenir une prestation de qualité identique, alors que la rentabilité est le rapport entre le revenu obtenu ou prévu et les ressources employées pour l’obtenir. Il s’agit donc d’un principe qui devrait être étranger à l’assurance sociale, laquelle ne doit pas être rentable, mais efficace au meilleur coût.

De cette manière, les assureurs maladie atteignent un double but : standardiser et uniformiser les coûts hospitaliers par diagnostic, comme ils l’auraient fait si la gestion financière des hôpitaux leur avait été confiée, et imposer parallèlement aux cliniques privées un alignement tarifaire par le biais de conditions générales qui excluent la couverture d’assurance, même en privé ou semi-privé, si le principe d’économicité n’est pas respecté.

Une fois encore, les assureurs maladie font voter les lois qui les arrangent pour atteindre le but qu’ils se sont fixé.

 

Ce n’est pas le seul exemple. Les assurés tiennent au libre choix de leur médecin ? Qu’à cela ne tienne, parallèlement aux hausses constantes et injustifiées des primes, on va leur proposer des modèles alternatifs, dans lesquels ils renonceront à ce libre choix en échange d’une prime plus basse. Le libre choix deviendra ainsi un luxe que de moins en moins d’assurés pourront s’offrir.

Les apparences sont sauves : ne renonceront au libre choix que celles et ceux qui l’auront accepté « de leur plein gré ».

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04/08/2008

Primes d’assurance maladie 2009 : Le spectacle a commencé

 

L’accalmie fut de courte durée. Assurés préparez-vous, les crus 2009 des primes d’assurance maladie seront un bon millésime… pour les assureurs bien sûr !

En 2007, il fallait donner l’impression que l’on maîtrisait le sujet – la votation contre la caisse unique du 11 mars 2007 l’imposait – et en 2008, il fallait permettre à Pascal Couchepin de sauver la face, lui qui s’était « battu à mort » contre la caisse unique, et qui avait pour cela dû faire des promesses.

Il s’agit maintenant de revenir aux bonnes vieilles habitudes. Pardi ! On ne change pas une équipe qui gagne.

Le scénario est bien rôdé : fin juillet santésuisse est alarmiste. Les coûts de la santé ont explosé l’année précédente et il va bien falloir passer à la caisse.

C’est à ce moment qu’intervient Zorro  Couchepin dont le bras armé n’est autre que le perspicace Office fédéral de la santé publique, lequel jugule la hausse, et baisse…l’augmentation. Nous l’avons échappée belle et nous voilà satisfaits.

 

Les primes 2009 n’échapperont pas à cette mascarade, qui a déjà commencé au cœur de la canicule estivale.

 

30 juillet 2008 : le communiqué de santésuisse tombe : les coûts de l’assurance de base ont augmenté de 4,7% en 2007 et les premiers mois de 2008 donnent tout lieu de penser que la hausse de 2008 sera supérieure encore. La conclusion est claire : « la phase des hausses réduites de coûts et des augmentations modérées de primes semble toucher à sa fin. Il faut s’attendre dans les prochaines années à de fortes augmentations des primes » A bon entendeur…

 

 

Ne craignez rien ! Pascal Couchepin s’occupe de tout. Les assureurs demandent 4% ? Eh bien ils n’auront que 3%. Nah !

 

Eh bien NON, cette année les assurés genevois (les vaudois également) ne doivent pas accepter un seul centime de hausse, si besoin en faisant une opposition systématique aux nouveaux avis de primes. Car les assureurs sont assis sur notre argent depuis des années, en accumulant des réserves gigantesques injustifiées qu’ils doivent impérativement utiliser en priorité pour faire face à cette prétendue hausse des coûts.

 

 

Le surplus de réserves totalise 1,135 milliard au niveau national et certainement 210 millions pour Genève. En d’autres termes, année après année, les primes de certains cantons, comme Genève et Vaud, ont été fixées au-delà de ce qui était justifié sous le prétexte fallacieux que les assurés de ces cantons abusaient des prestations médicales. On se souviendra de la démonstration magistrale de Pascal Couchepin, qui lançait aux mécontents qu’ils ne pouvaient accuser la caissière de la Migros ou de la Coop de leur présenter une facture trop élevée alors qu’ils avaient eux-mêmes déposé les achats sur le tapis roulant…Eh bien Monsieur Couchepin, c’est une partie des emplettes des assurés de Berne, Obwald, Appenzell, Uri, Glaris ou Saint-Gall – ceux-là mêmes qui faisaient figure de premiers de la classe- que réglaient à la caisse les assurés de Genève, Vaud, Jura ou Fribourg !

 

Pensez-vous que notre Ministre veuille remettre les pendules à l’heure ? Absolument pas. « Je ne peux pas commencer à fixer les primes moi-même » déclare-t-il.

 

On parle beaucoup de Samuel Schmid cet été, lequel devrait démissionner car incapable de présenter des projets de réforme de notre armée. Que dire de Pascal Couchepin, qui laisse les assureurs faire la pluie et le beau temps au préjudice de 7 millions d’assurés ? Et tout cela avec un sourire goguenard qui est une insulte pour toutes ces familles et ces retraités dont les primes sont une charge insupportable.

 

Le taux légal de réserves ne doit plus être un minimum mais un maximum et aucune augmentation de prime ne peut être acceptée tant que ce taux est dépassé. Une décision du Conseil fédéral dans ce sens serait un signal politique clair.

 

On peut rêver !

 

 

 

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07/05/2008

De LAMal en pis

80571908.jpg Les Assurés disent NON le 1er juin 2008 au nouvel article constitutionnel 117a

Sous le couvert d’apparentes bonnes intentions, et dans le but sans doute louable de faire « bonne mesure » par rapport à l’initiative de l’UDC visant à restreindre la liste des prestations obligatoirement à charge de l’assurance maladie, le Parlement nous propose un nouvel article constitutionnel, dont la finalité –inavouée dans son texte, mais claire à la lumière des débats- est de donner aux assureurs les moyens de renforcer leur pouvoir dans le domaine fort lucratif de la santé.

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22/03/2008

Primes LAMAL : REAGISSEZ !

Après avoir obtenu gain de cause à deux reprises devant le Tribunal fédéral les 31 mai 2002 et 1er février 2005 sur le principe du contrôle des hausses de primes de l'assurance obligatoire des soins par le juge, le Tribunal cantonal des assurances sociales de Genève, vient de me donner raison,  sur le fond.
 A travers moi, ce sont tous les assurés silencieux de Suisse qui remportent une victoire fondamentale.
En effet, par un arrêt particulièrement bien motivé, le Tribunal cantonal des assurances sociales de Genève, dans une composition plénière, vient de déclarer nulle l'augmentation de mes  primes pour l'année 2001, qui avait été notifiée par MUTUEL ASSURANCES, anciennement MUTUELLE VALAISANNE, membre du GROUPE MUTUEL (les contestations pour les années suivantes sont pour l’instant suspendues dans l’attente du résultat final de cette première procédure).
Comme je n’avais cessé de le clamer depuis de nombreuses années, le Tribunal cantonal des assurances sociales retient l'opacité des comptes du GROUPE MUTUEL, dans lequel les primes versées par les assurés selon la LAMAL servent à l'évidence à supporter des charges qui n'ont rien à voir avec l'assurance de base et, pire encore, à réaliser des bénéfices substantiels qui échappent à tout contrôle.
Le résultat de cette procédure est la démonstration claire que l'OFAS, et l'OFSP qui l'a remplacé dans cette tâche, sous la responsabilité de Madame Ruth DREIFUSS, d’abord, et de Monsieur Pascal COUCHEPIN, ensuite, n'ont pas exécuté, pas plus qu’ils ne le font aujourd’hui d’ailleurs, leur travail de contrôle, avec la complaisance d'un pouvoir politique, au mieux incompétent et, au pire, complice.
Au-delà du cas particulier, c'est le calcul des primes réclamées aux assurés qui est mis en cause, primes dont il n'est aujourd'hui plus contesté qu'elles ont augmenté bien plus vite que les coûts de la santé.
Les considérants extrêmement sévères de cette décision, dont on peut regretter et s’étonner qu’elle n’ait pas été commentée par plus de médias (merci à cet égard à la Tribune de Genève et 24 Heures qui ont fait leur travail d’information), sont accessibles sur le site de l’ASSUAS (Association suisse des assurés) 
www.assuas.ch.
Ainsi, avant de diminuer le catalogue des prestations, mesure dont les assureurs complémentaires vont être les premiers bénéficiaires, ou de donner davantage de pouvoirs aux assureurs maladie représentés par le lobby de santésuisse, il est impératif de regarder de plus près où passent nos primes. Curieusement, nos élus, à de rares exceptions près, ne semblent pas intéressés par la tâche.
Seule l’opinion publique sera dès lors à même de faire bouger les choses.
REAGISSEZ !

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17/12/2018

Monsieur le Maire...

 

(Lettre ouverte à M. Antoine Vielliard, Maire de Saint-Julien-en-Genevois)

Monsieur le Maire,

Votre dernier billet, par lequel vous commentez, jugez, et condamnez, du haut de votre promontoire haut-savoyard, la décision du Conseil d’Etat de la République et canton de Genève, de refuser bientôt l’accès aux classes du primaire à de nouveaux écoliers non domiciliés sur le canton (à l’exception des fratries), a retenu ma plus grande attention.
( http://portevoix.blog.tdg.ch/archive/2018/02/14/effectifs-scolaires-que-geneve-assume-ses-reves-delirants-de-289723.html )

J’ai particulièrement apprècié, en tant que membre du gouvernement que vous conspuez, le vocabulaire choisi que vous utilisez, et qui devrait vous valoir une admission sans examen d’entrée, à l’Institut diplomatique et consulaire. Ainsi, vous retenez le “caractère ordurier” de ce que vous qualifiez de “politique discriminatoire”. Selon vous, considérer que les enfants devraient être scolarisés à leur lieu de domicile, plutôt que sur le chemin menant au lieu de travail de leurs parents, serait une insulte à l’élémentaire bon sens, que dis-je, à l’équité.
Je ne m’attarderai pas sur les chiffres fantaisistes que vous avancez, si ce n’est pour relever que la démarche a manifestement pour but d’exprimer le coût que cette décision imposerait, selon vous, aux communes françaises, lesquelles supportent déjà avec un sens inouï de l’abnégation le fardeau que représentent ces travailleurs dévoués à l’économie genevoise...

Curieux discours que vous tenez là, Monsieur le Maire.
N’êtes-vous pas l’acteur de cette surveillance douanière spontanée visant à débusquer ces résidents genevois qui vivent en réalité sur votre territoire? Cela ne procède-t-il pas de la volonté de faire coïncider la réalité et le droit? Car enfin, ce qu’il faut comprendre en filigrane, c’est bien que ces personnes bénéficient des infrastructures de votre commune, sans rétrocession aucune sur les impôts encaissés à Genève.
Parlons-en de cette rétrocession, acceptée à bien plaire par Genève en 1973 pour contribuer au coût desdites infrastructures ! Sur les 259 millions EUR versés en 2016, Saint-Julien-en Genevois a reçu 5,4 millions EUR pour 4421 frontaliers sur ses 13500 habitants. Sachant qu’il s’agit de 3,5% de la masse salariale, vos communiers travaillant à Genève ont donc reçu des salaires (dont personne ne conteste évidemment la légitimité) à hauteur de 154,3 millions EUR, de cette économie dont vous critiquez sans cesse la croissance. Où pensez-vous, Monsieur le Maire, que ce revenu est dépensé prioritairement ? Cela ne contribue-t-il pas à la richesse de votre commune et de la région ? Allons, faites-vous violence, un petit effort d’objectivité !

Et pourtant, à vous lire, les écoles primaires françaises n’auraient pas à accueillir les enfants de ces communiers-là ? Qui fait de la discrimination ? Le Grand Genève, dans votre esprit, est-il une construction à géométrie variable, dont vous devriez retirer les bénéfices mais non pas supporter les charges ?
Je croyais que vous ne souhaitiez pas faire de votre commune une cité-dortoir, reprochant à Genève de ne pas construire suffisamment, et d'exporter en France celles et ceux que le canton ne peut pas loger. Or, des enfants qui n’ont pas de liens amicaux et sociaux à leur lieu de domicile, et qui n’y vivent que le soir, pour faire leurs devoirs et y dormir, et le week-end, lorsqu’ils ne sont pas avec leurs parents pour faire leurs courses à Casino ou Intermarché, correspondent-ils vraiment à ce que vous voulez pour votre commune ?

J’aurais voulu vous entendre, Monsieur le Maire, défendre les frontaliers, lorsque votre Etat les a renvoyés à la sécurité sociale, les privant de facto des prestations médicales d'un hôpital universitaire de renommée internationale situé à deux pas de chez eux. Vous n'avez alors pas pipé mot, si ce n’est pour entonner le couplet de la solidarité. Cette même solidarité qui semble vous échapper aujourd’hui lorsque vous demandez à Genève d’assurer une scolarité qui n’a pour seul fondement que la convenance de certains parents. Cette même convenance que vous fustigez, lorsque certains préfèrent rester officiellement domiciliés à Genève tout en vivant en France.
Alors, Monsieur le Maire, plutôt que d’invoquer à tort des accords internationaux qui n’ont jamais obligé un pays à scolariser les enfants domiciliés sur le territoire d’un voisin, venez pour une fois avec des propositions constructives, afin que cette réalité qu’est le Grand Genève, qu’elle plaise ou non, coïncide avec un “mieux vivre ensemble”, plutôt que d’être une quête inlassable de ce que Genève pourrait faire davantage encore.

Recevez, Monsieur le Maire, mes certes bien consternées mais néanmoins toujours optimistes salutations .

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