14/07/2016

Qui a peur du candy raton?

Ce petit animal au nom sympathique, presque alléchant, sévit avec acharnement dans nos sociétés, qu'elles soient modernes ou archaïques, et cela depuis des temps immémoriaux.

C'est en vain que vous le chercherez dans un quelconque musée d'histoire naturelle, car aucun taxidermiste n'a jusqu'ici réussi à mettre la main dessus.

Champion de l´incarnation darwiniste de l'évolution, le candy raton, dont la survie dépend étroitement de sa proximité à l'Homme, a su s'adapter merveilleusement à nos sociétés de communication effreinée. Certains observateurs avertis (on ne sait d'ailleurs pas de quoi ils le sont) vont même jusqu'à penser que nos sociétés se nourrissent du candy raton par trophallaxie.

Invisible, sournois et même pervers, ce pseudo-rongeur arrive quand on s'y attend le moins, faisant des ravages, d'abord et surtout, auprès de ceux qui le craignent le plus. Car ce que ronge avant tout le candy raton, c'est la confiance en soi. Au point de paralyser ceux qui le redoutent, jusqu'à l'inertie totale. La peur de l'animal a ainsi accouché du politiquement correct, et sonné le glas du politiquement efficace.

Allié objectif du serpent à sornettes, avec lequel il partage son territoire, le candy raton a peu à peu transformé à notre insu les trois pouvoirs de nos sociétés démocratiques en un triangle quadrilatéral. Car l'animal a bien compris qu'il lui fallait un soutien externe pour mener à bien son travail d'érosion lente mais inéluctable. La médisance se vendant tellement mieux que l'éloge, certains journalistes se sont ainsi spéciaisés dans la salissure médiatique, pour la plus grande joie de ce raton, qui, contrairement à son cousin, ne lave rien, bien au contraire.

Malheureusement, il est inutile d'ouvrir la chasse à cet omnivore, les armes conventionnelles ayant démontré leur inocuité à son égard. Comme disait Bossuet, Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes.
Lutter contre le candy raton, c'est d'abord trouver en soi le courage de l'affronter. Or, le courage n'a jamais été une qualité fort répandue. Elle l'est d'autant moins que l'on est prompt à qualifier rétrospectivement de téméraire celui dont le courage ne l'a amené qu'à la défaite. ou au discrédit.

Inutile de dire que le candy raton n'est pas une espèce en voie d'extinction.image.jpg

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17/09/2013

Les criminels mieux traités que les invalides

 

paquerette.jpgAprès nous être légitiment interrogés sur les compétences de l’expert psychiatre qui avait donné son aval à la sortie du criminel récidiviste responsable du meurtre de la malheureuse Adeline, voici que nous apprenons, effarés, qu’il n’y en a eu aucun ! Seul son psychiatre traitant l’aurait considéré apte à l’exercice.

On croit rêver ! Qui met en place les procédures ? Qui les valide ? Qui en contrôle la mise en œuvre ?

Alors que l’on se prépare à inaugurer CURABILIS, le centre de détention genevois destiné aux détenus dangereux romands présentant des troubles psychiques, ce constat n’est pas seulement inquiétant, il est consternant, tant il met en évidence l’incompétence, l’irresponsabilité et l’inadéquation des responsables de tous niveaux

A titre de comparaison, voyez plutôt ce que dit le Tribunal fédéral de l’avis du médecin traitant lorsqu’il s’agit de reconnaître une banale atteinte invalidante à la santé :

« S’agissant de la valeur probante des rapports établis par les médecins traitants, le juge peut et doit tenir compte du fait que selon l’expérience, le médecin traitant est généralement enclin, en cas de doute, à prendre parti pour son patient en raison de la relation de confiance qui l’unit à ce dernier. Ainsi, la jurisprudence accorde plus de poids aux constatations faites par un spécialiste qu’à l’appréciation de l’incapacité de travail par le médecin de famille » (ATF 125 V 353 consid. 3.b/cc).

Et l’on parle ici d’assurance invalidité, et non de mise en danger de la sécurité publique !

Je pense que tout autre commentaire serait superflu, et il faut espérer qu’en plus de la procédure pénale pour meurtre, voire pour assassinat, le Ministère public ouvrira une procédure pour homicide par négligence à l’encontre de ceux qui, par leur incurie, ont permis la commission de ce crime abominable.

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04/01/2013

Les violeurs de New Delhi n'auront pas d'avocats


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« Nous avons décidé qu'aucun avocat ne se présentera pour défendre les accusés du viol, parce que ce serait immoral de défendre l'affaire", a annoncé Sanjay Kumar, un avocat membre du Barreau du district de Saket.

Selon Sanjay Kumar, les 2.500 avocats enregistrés auprès du tribunal ont décidé de "rester à l'écart" pour assurer une "justice rapide", signifiant ainsi que les avocats des suspects devront être commis d'office » (Tribune de Genève, 2.1.2013).

J’avais pensé que le refus exprimé par les avocats susceptibles d’assurer la défense des six « violeurs-assassins » devait être mis sur le compte de la peur de représailles contre eux-mêmes ou leurs familles. Aussi légitime qu’aurait été, de prime abord, cette excuse, elle n’aurait pas moins jeté un discrédit définitif sur la justice indienne. En effet, si des avocats pouvaient craindre pour leur sécurité en défendant d’ignobles individus, que dire des juges eux-mêmes, dont le verdict devrait alors correspondre impérativement aux attentes de la foule. Cette foule, capable du meilleur comme du pire.

L’argumentaire est donc d’un autre ordre : il serait « immoral » de défendre ces criminels, et il serait préférable de laisser des avocats commis d’office pour assurer une « justice rapide »…Comprenez par là que les avocats d’office, en Inde, contrairement à ce qui se passe chez nous, ne sont que des béni-oui-oui, complices de la justice (avec un petit « j ») et du pouvoir, marionnettes sans consistance dont la seule raison d’être est de donner au procès une apparence d’équité. En réalité, ils ne servent à rien, et certainement pas à leurs clients, leur présence devant être une docile assistance aux juges pour leur permettre d’arriver rapidement à leurs fins.

Je me souviens encore du procès-éclair de Nicolae Ceaucescu le 25 décembre 1989. J’avais alors 30 ans, j’étais avocat depuis six ans à peine et j’avais été bouleversé, non pas tant par la sentence, certainement méritée, mais bien par le rôle abject assuré alors par un avocat-croupion, dont on ne savait pas vraiment s’il était à la défense ou à l’accusation. Après 55 minutes d’un simulacre de procès, le dictateur roumain était condamné à mort et aussitôt fusillé.

Bien sûr j’entends déjà certains d’entre vous me rétorquer que certaines crapules ne méritent même pas un procès. « Pourquoi faudrait-il encore leur assurer une défense puisqu’il n’y a rien à dire en leur faveur ? ».

C’est oublier que ces criminels, des hommes souvent, des femmes parfois, qui se retrouvent sur le banc des accusés ont aussi une parcelle d’humanité, infime peut-être à en juger par les crimes commis, et que cette humanité-là, même si elle ne doit finalement peser que bien peu au regard des charges de l’accusation, mérite d’être regardée, jaugée, exprimée aussi, peut-être une dernière fois, avec des mots qui feront du condamné notre « semblable » dans cette justice des hommes.

La défense, honnête, et respectueuse de la victime (à supposer bien sûr que l’on ne considère pas que la seule défense du criminel soit une insulte à sa victime), est le dernier rempart contre l’arbitraire. Je dirai même que cette défense est la seule légitimité de la sentence qui sera prononcée, aussi sévère soit-elle, et qu'un procès sans défense, en pareille situation n'est qu'une version déguisée du lynchage. 

Que la famille de la victime, et la rue avec elle, réclame vengeance, est sans doute compréhensible, voire respectable compte tenu de l’atrocité des faits, mais la société a instauré une justice précisément pour la substituer à la loi du talion, et même à l’égard de ceux qui n’ont eu aucune compassion pour leur victime. Dans un état de droit, cette justice ne doit donc pas devenir le bras armé de la vengeance.

C’est la raison pour laquelle je dis aux 2'500 avocats enregistrés auprès du tribunal qui doit connaître de ces faits horribles, que leur retrait pour laisser place à des fantoches de la défense n’est pas seulement une lâcheté. Il est le reniement de leur serment, il est une abnégation de la raison d’être de leur profession.

Imaginons un seul instant, oubliant le confort des certitudes rassurantes, que parmi les six accusés se trouve un innocent, que cet innocent soit condamné à mort et exécuté. De quel côté se situeraient alors les monstres ?

 

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06/06/2012

Jobs d'été: Mission impossible?

 

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J'ai encore le souvenir de la course aux jobs d'été que mes amis et moi entamions chaque début d'année, afin de gagner quelques sous pour partir en vacances ou, plus simplement, soulager les finances de nos parents.

C'est ainsi que plusieurs années durant, j'ai travaillé, au minimum cinq semaines d'été, dans l'usine de BAT, à la route des Acacias, à Genève. Les conditions de travail étaient difficiles, d'autant plus pour un non fumeur, avec une entrée d'usine à 7 heures et une sortie à 16 heures 30, ainsi qu'un travail dans le tabac brûlant, sortant des fours. Mais le salaire était plus élevé qu'ailleurs, et le sacrifice était récompensé, même si le tarif horaire ferait certainement sourire aujourd'hui.

J'en ai gardé un bon souvenir, d'autant qu'il m'a permis, collégien, puis étudiant en droit, de côtoyer des travailleurs d'usine et leurs préoccupations. Une belle leçon d'humilité.

Cette même leçon d'effort et d'humilité que nous souhaiterions certainement tous donner à nos enfants. Leur faire toucher la difficulté que peuvent rencontrer ces hommes et ces femmes que nous croisons tous les jours, à peine conscients de ce que peut être leur quotidien.

Les grands magasins étaient de grands pourvoyeurs de jobs d'été, et nos jeunes se pressaient chaque année pour décrocher un petit emploi d'aide magasinier ou de caissier, à la Migros ou à la Coop notamment.

Mission impossible désormais. Inutile de tenter un balbutiement de demande, vous vous verrez répondre que les jobs d'été sont réservés aux enfants des collaborateurs. Logique, dans un certain sens. Le malheur des uns, comme toujours, fait le bonheur des autres. La libre circulation est également passée par là, laissant derrière elle, une fois encore, nos résidents.

Dommage pour nos jeunes qui ne pourront pas avoir la satisfaction de réaliser quelques revenus fort appréciés, profitant, par la même occasion, de toucher des secteurs d'activités qu'ils ne pourront peut-être plus côtoyer à l'avenir, tout ne nouant avec les enterprises locales, les liens favorables à la cohesion sociale dont on parle tant.

 

 

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22/03/2008

Primes LAMAL : REAGISSEZ !

Après avoir obtenu gain de cause à deux reprises devant le Tribunal fédéral les 31 mai 2002 et 1er février 2005 sur le principe du contrôle des hausses de primes de l'assurance obligatoire des soins par le juge, le Tribunal cantonal des assurances sociales de Genève, vient de me donner raison,  sur le fond.
 A travers moi, ce sont tous les assurés silencieux de Suisse qui remportent une victoire fondamentale.
En effet, par un arrêt particulièrement bien motivé, le Tribunal cantonal des assurances sociales de Genève, dans une composition plénière, vient de déclarer nulle l'augmentation de mes  primes pour l'année 2001, qui avait été notifiée par MUTUEL ASSURANCES, anciennement MUTUELLE VALAISANNE, membre du GROUPE MUTUEL (les contestations pour les années suivantes sont pour l’instant suspendues dans l’attente du résultat final de cette première procédure).
Comme je n’avais cessé de le clamer depuis de nombreuses années, le Tribunal cantonal des assurances sociales retient l'opacité des comptes du GROUPE MUTUEL, dans lequel les primes versées par les assurés selon la LAMAL servent à l'évidence à supporter des charges qui n'ont rien à voir avec l'assurance de base et, pire encore, à réaliser des bénéfices substantiels qui échappent à tout contrôle.
Le résultat de cette procédure est la démonstration claire que l'OFAS, et l'OFSP qui l'a remplacé dans cette tâche, sous la responsabilité de Madame Ruth DREIFUSS, d’abord, et de Monsieur Pascal COUCHEPIN, ensuite, n'ont pas exécuté, pas plus qu’ils ne le font aujourd’hui d’ailleurs, leur travail de contrôle, avec la complaisance d'un pouvoir politique, au mieux incompétent et, au pire, complice.
Au-delà du cas particulier, c'est le calcul des primes réclamées aux assurés qui est mis en cause, primes dont il n'est aujourd'hui plus contesté qu'elles ont augmenté bien plus vite que les coûts de la santé.
Les considérants extrêmement sévères de cette décision, dont on peut regretter et s’étonner qu’elle n’ait pas été commentée par plus de médias (merci à cet égard à la Tribune de Genève et 24 Heures qui ont fait leur travail d’information), sont accessibles sur le site de l’ASSUAS (Association suisse des assurés) 
www.assuas.ch.
Ainsi, avant de diminuer le catalogue des prestations, mesure dont les assureurs complémentaires vont être les premiers bénéficiaires, ou de donner davantage de pouvoirs aux assureurs maladie représentés par le lobby de santésuisse, il est impératif de regarder de plus près où passent nos primes. Curieusement, nos élus, à de rares exceptions près, ne semblent pas intéressés par la tâche.
Seule l’opinion publique sera dès lors à même de faire bouger les choses.
REAGISSEZ !

09:05 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (12) | | |  Facebook