22/12/2017

La diplomatie suisse n'apprend pas de ses erreurs

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Moins d’un mois après que la Suisse ait annoncé à Jean-Claude Juncker, en visite à Berne, qu’elle verserait 1,3 milliard pour la cohésion européenne, nous apprenons avec dépit et consternation, que la Commission européenne n’accordera l’équivalence boursière à notre pays que pour l’année 2018, dans l’attente que soit signé l’accord institutionnel avec l’Union européenne.
Entre la bise du précité à Doris Leuthard, présidente de la Confédération (voir photo) et ce qui n’est autre qu’un ignoble chantage, nous avions déjà été gratifiés, expression de la singulière reconnaissance européenne, d’une inscription de la Suisse sur la liste grise des paradis fiscaux (dont les Etats-Unis sont évidement absents, tant ils sont exemplaires en ce domaine).

Les bons offices de la Suisse en matière diplomatique, sont mondialement reconnus. Nulle part ailleurs on ne trouvera de meilleures conditions pour tenter de concilier l’inconciliable. Si nos diplomates excellent dans ce rôle de médiateurs, c’est indéniablement parce qu’ils créditent leurs interlocuteurs d’une irréfragable bonne foi, n’imaginant même pas la fourberie, dont ils sont eux-mêmes incapables.
Pourtant, tels les cordonnier mal chaussés, lorsqu’il s’agit de préserver nos intérêts, leur bonne volonté semble confiner à la naïveté.

Aurions-nous déjà oublié comment nous avons si aisément renoncé au secret bancaire, et accepté l’échange automatique d’informations, sans même exiger l’élémentaire réciprocité, affaiblissant ainsi notre place financière au profit de ceux qui nous donnaient la leçon?

Avons-nous oublié également qu’à peine le Parlement avait-il voté le 16 décembre 2016, une préférence nationale light à l’emploi, pour plaire à l’Union européenne en biaisant la volonté populaire, la première annonçait vouloir imposer à la Suisse le financement du chômage des travailleurs frontaliers?

Alors que depuis 2007, la Suisse avait versé de bonne grâce 1 milliard de francs “pour la cohésion”, en faveur de dix pays européens (Chypre, Estonie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Malte, Pologne, République tchèque, Slovaquie et Slovénie), augmenté de 257 millions pour la Bulgarie et la Roumanie, ainsi que de 45 millions pour la Croatie, rien ne l’obligeait à récidiver. Raison pour laquelle Jean-Claude Juncker, avec une rare arrogance, avait déclaré en novembre dernier, qu’il n’avait pas à remercier la Suisse car il s’agissait d’une décision “unilatérale et souveraine”.
En d’autres termes, “on ne vous a rien demandé et si vous êtes assez stupides pour faire ce versement sans contrepartie, ne me demandez pas encore de vous dire merci”.

L’Union européenne dit ne pas accepter de discrimination pour ses travailleurs, mais pratique la discrimination arbitraire pour favoriser ses places financières.
Quand finira-t-on enfin par comprendre qu’avec l’Union européenne, tout n’est que rapports de forces, travestis en rapports de droit?

Réagir aujourd'hui en déclarant se réserver de ne pas verser ce qui a été promis, si l'Union européenne met ses menaces à exécution, c'est avouer un manque total de stratégie et de vision d'ensemble. Quand on négocie, on doit d'abord savoir ce que l'on attend de son interlocuteur, et poser ses conditions !


Que cesse enfin ce marché de dupes! Rien ne se construit sans respect mutuel et que ces technocrates de Bruxelles comprennent bien que derrière les États, il y a des peuples, et que lorsque la démocratie directe le permet, ces peuples s’expriment. Et c’est le cas chez nous.

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12/12/2017

La femme, vue par Roger Köppel

IMG_0899.JPGC’est toujours avec le plus grand intérêt que je m’imprègne de la pensée profonde de nos élites, ce d’autant lorsque je me dis qu’elles marqueront l’opinion publique de leur remarquable analyse des sujets de société du moment, si d’aventure l’initiative No Billag devait trouver grâce aux yeux du peuple.


J’ai donc été particulièrement attentif aux propos tenus par le brillant conseiller national UDC Roger Köppel, rédacteur en chef de la Weltwoche, propriété de son maître à penser Christoph Blocher.
Ainsi, interpellé par la RTS sur les récentes déclarations de sa collègue de parti Céline Amaudruz, laquelle avait indiqué avoir été elle aussi victime à plusieurs reprises de gestes déplacés de parlementaires à Berne, le conseiller national le mieux élu du groupe UDC (c’est dire son rayonnement intellectuel) nous a soumis sa vision de la femme. Pour lui, une femme qui porte une jupe courte ou un haut moulant n’a pas à se plaindre de harcèlement. En d’autres termes, elle l’aura bien cherché.
https://www.rts.ch/info/suisse/9163148-reactions-apres-les-critiques-de-tenors-de-ludc-contre-celine-amaudruz.html


C’est évident! Il fallait simplement prendre le temps de réfléchir un instant. Heureusement que nous avons pour cela des penseurs imprégnés de Plotin (philosophe gréco-romain 205-270): Une femme coquette, prenant soin de son apparence, ne peut agir ainsi que dans le but de séduire le mâle (à l’évidence dominant au sein du Parlement fédéral). Si ce but est atteint, il ne saurait y avoir de préjudice, et encore moins de plainte, puisque la victime, pire que consentante, est instigatrice.
Monsieur Köppel doit aller jusqu’au bout de sa démonstration: la femme est tentation par essence, et le seul moyen de protéger nos mères, nos épouses et nos sœurs, est de les couvrir. Pourquoi n’essayerait-il pas la burqa? Certains disent que ça marche! Pathétique!

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