30/11/2017

Préférence locale made in France

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(Article paru dans le journal "Le Citoyen" du MCG de décembre 2017)

Qui n’a pas encore à l’esprit les critiques émises par l’Union européenne, France en tête, contre du principe de priorité pour nos demandeurs d’emploi, porté avec pugnacité par le MCG jusque dans la politique publique du canton?

A l’heure où il est question de mise en œuvre de la “préférence nationale light” concoctée par notre Parlement fédéral, lequel a préféré méconnaître la volonté populaire plutôt que de froisser Bruxelles, voici que nos voisins de la Région Auvergne-Rhône-Alpes font mieux encore, dans l’indifférence générale.

Après la critique, le mimétisme

C’est ainsi qu’un “Tous-ménages” automnal informe les habitants de la région qu’il est désormais question de “priorité à l’emploi local” et de “préférence régionale sur les chantiers”!

Alors qu’une majorité politique en Suisse et à Genève, pratique l’autocensure par le politiquement correct en osant à peine parler du bout des lèvre de “préférence”, nos voisins, avec ce qu’il faut bien qualifier de bon sens flagrant, déclarent que “la Région veut que ses dépenses bénéficient d’abord à l’économie régionale”. On ne parle évidemment pas ici de la région du “Grand Genève”, dont se gargarise le landerneau politique, mais de la circonscription administrative française. Après la “Clause Molière” imposant l’usage du français sur les chantiers, dans le but évident d'exclure la main d'œuvre étrangère, nos proches voisins passent à la vitesse supérieure.

Quelle leçon tirer de cette observation?

D’abord, que le soutien nécessaire que les pouvoirs publics doivent mettre en œuvre sur le plan local, doit aussi s’étendre aux entreprises, lesquelles sont de plus en plus placées, dans les marchés publics, nationaux et internationaux, face à une concurrence déloyale. A force de vouloir jouer à tout prix le “bon élève”, Genève défavorise son économie locale. Le prix le plus favorable est une notion bien plus large que le montant inscrit au bas d’une soumission. Payer moins cher en aggravant le chômage local, c’est finalement payer le prix fort!

Ensuite, que progresse inexorablement la conscience des limites d’une régulation des marchés par la seule concurrence. L’Europe économique ne se construit pas sur un nivellement par le bas. La libre circulation telle que voulue par cette Europe-là, nous n’en voulons pas.

Enfin, que la protection de nos demandeurs d’emploi doit être poursuivie et renforcée par la protection de nos entreprises. C’est un donnant-donnant: plutôt que de sacrifier notre cohésion sociale sur l’autel d’un profit courtermiste, nos entreprises doivent s’engager résolument pour l’emploi de proximité. De plus en plus nombreux sont ceux qui le font, mais la route est encore longue. De leur côté, l’Etat et les collectivités publiques doivent donner l'exemple: l’argent public doit, en priorité, être injecté dans l’économie locale!

Du simple bon sens.

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Commentaires

Bonjour,

Entièrement d'accord avec vous il faut privilégier les entreprises locales, mais aussi en plus celles qui intègrent en premier lieu c'est à dire recrutement au chomage et collaboration avec l'office AI
Il y a beau jeu de dire on ne trouve pas mais si les entreprises collaboraient plus avec l'OCE et L'ai pour les reclassements il y a beaucoup de compétences en sommeil.
Je pense que même si elles sont un peu plus chères ces entreprises socialement responsable envers le canton à la fin tout le monde est gagnant:

- moins de chomage = moins d'indemnités moins de prestation sociales plus d'impot payé par les salariés qui reste intégralement à Genève.
- Réintégration des personnes à l'AI en reclassement = moins de rentes, moins de prestations sociales plus d'impot à la fin

Quand on a tout compté il n'y a pas photos

Il me font rire nos amis d'outre jura quand c'est nous c'est de l'infraction aux accords bilatéraux quand c'est eux c'est du patriotisme économique !!!!

Que les entreprises qui ont tant besoin des accords bilatéraux se mettent à réfléchir surtout à Genève le sens de l'histoire pourrait une fois changer et le peuple envoyer le tout aux oubliettes.

Personnellement on revote une fois sur le sujet des bilatérales ou quelque accord avec l'europe ce sera désormais non .

Écrit par : bruno | 30/11/2017

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