18/09/2017

Ignazio Cassis. Tessinois? Et alors?

Dans 48 heures, nous saurons qui sera le nouveau Conseiller fédéral PLR, qui remplacera Didier Burkhalter.
Que le meilleur gagne! A-t-on l’habitude de dire en pareille circonstance.

Cependant, si les seules qualités d’un candidat à cette haute fonction étaient le critère de prédilection, cela se saurait, depuis le temps que les membres de l'exécutif fédéral sont nommés par le législatif, une entorse au principe de séparation des pouvoirs, mise précisément en place pour que notre Parlement choisisse avec qui il entend travailler. A cette aune-là, on comprend aisément que les plus fortes personnalités, celles qui ont su résister à la pression constante des lobbys, suscitent la méfiance. Rien n’est plus imprévisible que l'indépendance...


Alors finalement, sera élu celui qui aura su tirer profit de la somme de tous les intérêts divergents, unis dans une alliance objective de l’instant.
Ainsi, malgré leur discours opposé, toutes les femmes ayant des velléités d’ascension au Conseil fédéral ne voteront précisément pas pour Isabelle Moret, espérant augmenter leurs chances au prochain tour. Tous les Romands ayant les mêmes ambitions ne voteront pas pour Pierre Maudet pour les mêmes raisons...et ainsi de suite.


Reste l’”italianité” d’Ignazio Cassis. Cette notion qui fait sourire les Tessinois eux-mêmes, lorsqu’elle ne les rend pas méfiants par sa référence à ce voisin envahissant.
Pourtant, Ignazio Cassis, à part son domicile et son droit de cité, n’a rien qui le relie aux préoccupations tessinoises. Au point qu’il a même rendu son passeport italien pour renforcer un lien qu’il sait ténu.


Les Tessinois sont en effet préoccupés par les conséquences de la libre circulation. Ignazio Cassis considère au contraire qu’il ne faut rien réguler dans ce domaine. Le Tessin est préoccupé également par l'augmentation constante des primes d’assurance maladie. Ignazio Cassis estime que la solution doit être trouvée en laissant les assureurs choisir les médecins avec lesquels ils veulent travailler.
En réalité, Ignazio Cassis est un PLR suisse-alémanique qui parle italien. Il sait cependant jouer habilement du sentiment de culpabilité de nos concitoyens d’outre-Sarine, pour endosser l’habit d’une minorité prétendument oubliée qu’il s’agirait de réhabiliter.


Tout ceci n'est que stratégie électoraliste, rien de plus.


Qui a entendu les représentants des trois cantons fondateurs de la Suisse historique se plaindre de n’avoir jamais eu de Conseiller fédéral? Personne.
Qui a entendu les représentants de la langue romanche se plaindre de n’avoir jamais eu de Conseiller fédéral? Personne..
En d’autres termes, le temps ne serait-il pas venu pour que les “petit arrangements entre ennemis” et les choix d’étendards cèdent le pas à une élection fondée essentiellement sur les qualités et les compétences? On peut rêver...jusqu’à mercredi.

11:25 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | | |  Facebook