18/08/2017

Préférence cantonale et louvoiement syndical

 

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A l’occasion de la mise en œuvre, au 1er janvier 2018, de la préférence nationale “light” concoctée par contorsion intellectuelle aux Chambres fédérales en décembre dernier, et au sujet de laquelle nous avions déjà dit tout le mal que nous en pensions                                           http://poggia.blog.tdg.ch/archive/2016/12/30/philipp-muller-le-prestidigitateur-281152.html , la question se pose désormais des moyens mis à disposition des cantons pour recevoir et traiter les annonces que les entreprises désireuses de recruter dans les professions touchées lourdement par le chômage devront obligatoirement faire.

En d’autres termes, les offices régionaux de placement - à Genève au sein de l’Office cantonal de l’emploi - devront traiter des milliers d’annonces supplémentaires, avec des outils informatiques dépassés et des ressources insuffisantes, afin de proposer des candidats, dont on ne pourra même pas exiger qu’ils soient reçus, et encore moins engagés à compétences égales ou supérieures. Bref, une usine à gaz en trompe l'œil qui générera des frustrations à la hauteur de l’espoir que l’on aura fait naître.

C’est dans ce contexte que la RTS a interrogé, le 16 août, un secrétaire syndical d'UNIA, lequel a déploré l’absence de mesures de contrainte à l’encontre des employeurs, le droit fédéral allant moins loin que ce qui a été mis en place à Genève pour l’administration cantonale, les institutions publiques et les entités subventionnées.
http://www.rts.ch/info/regions/geneve/8846090-quelque-600...
(Voir ci-dessous le commentaire de l'intéressé, et se référer au lien ci-dessus)

Pour la première fois, un syndicaliste genevois, sans doute seul à pouvoir répondre à une sollicitation médiatique en cette période estivale, exprimait un soutien envers la politique de préférence cantonale mise en place pour favoriser nos demandeurs d’emploi. Le bon sens s’exprimait-il, faute de censure hiérarchique?

Pour preuve, le 20 juin dernier, Alessandro Pelizzari, secrétaire régional d’UNIA Genève, interpellait la RTS en déclarant: "il existe depuis 2012 une directive européenne, s'appliquant aussi à la Suisse, qui donne accès aux travailleurs frontaliers à des prestations des offices de placement dans les pays où ils travaillent. On a donc alerté l'Office cantonal de l'emploi et on s'est vite rendu compte que cette directive n'était pas appliquée (...) On est donc intervenu au niveau de l'Etat pour que ce déni de droit s'arrête."
https://www.rts.ch/info/regions/geneve/8717565-breche-ouv...

Les syndicats intervenaient ainsi auprès de l’Etat pour que les chômeurs frontaliers soient inscrits à l’Office cantonal de l’emploi de Genève et soient proposés pour les places vacantes annoncées par les employeurs du canton.

Alors je pose la question, déjà posée en vain à maintes reprises: à quoi jouent nos syndicats? Vont-ils enfin nous dire CLAIREMENT s’ils soutiennent en priorité nos candidats à l’emploi résidents sur le territoire cantonal?

Ou vont-ils enfin avouer ne pas pouvoir soutenir officiellement la politique de préférence cantonale, compte tenu du nombre important de leurs affiliés titulaires d’un permis G? Il suffit d’ailleurs d’aller sur le site du Groupement transfrontalier européen pour constater qu’UNIA, précisément, offre des cotisations de faveur aux nouveaux adhérents en provenance de l’Union européenne.

(http://www.frontalier.org/emploi-suisse/1114933/syndicat-...).


Ceci n'explique-t-il pas cela?

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