24/02/2017

La campagne est ouverte!

Il semble bien qu’une année avant la date du renouvellement du Grand conseil et du premier tour de l’élection du Conseil d’Etat, la campagne soit déjà ouverte. Cela se constate non seulement par l’apparition de candidats dont l’annonce s’égraine au fil des semaines, mais aussi et surtout, par les déclarations prétendument critiques, assénées à l'emporte-pièce par des féaux de tous bords, dont le propos n’est pas d’informer mais de dénigrer, de surcroît sur des sujets qu’ils ne maîtrisent manifestement pas.
Le député suppléant socialiste Marko Bandler s’essaye laborieusement à l’exercice, privilégiant la virulence à la pertinence. http://mobile2.tdg.ch/articles/58adb674ab5c372a23000001
C’est ainsi que le responsable de la cohésion sociale de la ville de Vernier, directement rattaché au conseiller administratif Thierry Apothéloz (dont l’intérêt pour un siège au Conseil d’Etat n’est que fortuite coïncidence), reprenant les propos de celui qui semble être son maître à penser, accuse votre serviteur de s’en prendre aux chômeurs plutôt qu’au chômage, et de manipuler les chiffres à son avantage.


Souffrez Monsieur Bandler que je paraphrase à mon tour Audiard en vous disant que l’essentiel c’est de râler, ça fait bon genre, même s’il m’a démangé de vous rappeler, selon le même auteur, que lorsqu’on aura mis certaines personnes sur orbite, elles n’auront pas fini de tourner...
Cela dit, pour en venir à ce que vous appelez les “faits alternatifs”, vous rappelez qu’en 2012, les bénéficiaires du RMCAS ont été sortis des statistiques, avec pour conséquence une baisse du taux de chômage de 5,6 à 5%. Exact. Je vous rappelle “by the way”, que je suis entré en fonctions en décembre 2013. Détail bien évidemment dont vous ne vous embarrassez pas.
Que s’est-il passé depuis lors? Le taux de chômage à Genève n’a pratiquement pas évolué, alors qu’il a augmenté en moyenne suisse.
http://poggia.blog.tdg.ch/archive/2017/02/19/chomage-de-pire-en-pire-vraiment-282198.html
Faut-il pour autant “bomber le torse” pour reprendre votre expression? Certainement pas, et j’insiste bien sur ce point au début de mon billet, précaution que vous avez volontairement omise pour les besoins de votre prose.
Il se trouve, et cela vous semblez l’ignorer, que Genève intègre dans son taux de chômage, comme Vaud, Neuchâtel, Tessin et Schaffhouse, mais contrairement à l’ensemble des autres cantons suisses, les demandeurs d’emploi qui ont épuisé leurs indemnités de chômage, mais qui restent inscrits à l’Office cantonal de l’emploi. Cela a pour conséquence d’augmenter le taux de chômage à Genève de 0,4%!
Est-ce à dire qu’il n’y a pas davantage de demandeurs d’emploi que de chômeurs? Certainement pas. En le relevant, vous enfoncez des portes ouvertes. C’est moins douloureux, mais inutile, car on ne compare que ce qui est comparable, et, comme indiqué plus haut, Genève, avec 4 autres cantons seulement, est encore le plus transparent en ne comptabilisant pas uniquement les chômeurs indemnisés.
Voilà pour ce qui est des “faits imaginatifs”, Sieur Bandler!
Venons-en maintenant à la critique, ou prétendue telle, de l’action. Selon vous, rien ne serait fait si ce n’est la promotion de la priorité à l’emploi pour les résidents, ce que vous qualifiez de “danse de la pluie”.
J’aurais aimé, et les demandeurs d’emploi genevois avec moi, que le virulent porte-parole du PS que vous êtes, soutienne cette politique du bon sens. Nous attendrons encore.
Quant aux idées, dont vous prétendez qu’elles me font défaut, j’attends les vôtres avec impatience. Nul doute que vous en êtes pétri, faute de quoi Vernier, avec le brillant responsable de la cohésion sociale que vous êtes, ne serait pas sur la seconde marche du podium avec un taux de chômage de 6,6%, derrière Carouge (7,7%), et devant Onex (6,3%). CQFD

 

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20/02/2017

Chômage: de pire en pire? Vraiment?

Que les choses soient claires, la situation actuelle n’est pas satisfaisante, loin s’en faut. Si de plus en plus d’entreprises prennent conscience de leur responsabilité sociale pour lutter contre le chômage, trop nombreuses sont encore celles qui, sous le couvert de ne pas trouver ici les compétences dont elles ont besoin, vont chercher plus loin des employés disposés à accepter des salaires largement compatibles avec un coût de la vie inférieur à celui des résidents genevois.
Cela dit, on ne peut laisser dire n’importe quoi sur le sujet, dans le style de l'autoflagellation récurrente dans laquelle les médias genevois sont passés maîtres. Churchill était certainement dans le vrai lorsqu’il disait que le politique qui se plaint des médias est pareil au matelot qui se plaint de la mer; néanmoins, de là à sombrer dans le “Geneva bashing” perpétuel, il y a un pas, que la recherche constante de l’auditorat ne peut seule justifier.
Venons-en aux faits!
Chacun sait que le taux de chômage dépend de facteurs multiples, qui ne relèvent pas exclusivement du lieu où il est mesuré. La comparaison s’impose dès lors comme révélateur d’une amélioration ou d’une dégradation de la situation.
Ainsi, il n’est pas suffisant d’affirmer que Genève serait “lanterne rouge” (ce qu’il n’est d'ailleurs plus pour la première fois du XXIème siècle), comme se (com-)plaisent à le répéter nos médias locaux; encore faut-il mesurer l’écart qui sépare notre taux de chômage de la moyenne nationale.
Si l’on veut bien faire l’exercice, que constate-t-on? Que depuis 10 ans, sous réserve d’un épisode en 2012, l’écart entre la Suisse et Genève n’a jamais été aussi faible.

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Voilà pour le factuel! Il fallait au moins commencer par là.
Reste que le chemin à parcourir est encore long: anticiper les besoins de notre économie avec le concours de cette dernière, soutenir la formation continue en emploi, améliorer l’adéquation des compétences de nos candidats à l’emploi avec les postes à pourvoir, convaincre davantage d’entreprises à la fois de la présence de compétences motivées locales et de la nécessité de faire passer notre cohésion sociale avant l’optimisation de la rentabilité.
Pour cela, il s'agit de collaborer. Le partenariat public-privé, ce fameux PPP, dont on parle tant, commence par là. Il n'y aura finalement que des gagnants, ou au contraire, que des perdants. Alors il est grand temps de bâtir ensemble des voies innovantes pour que chaque individu trouve une réponse personnalisée et respectueuse, et pour que chaque entreprise trouve une réponse rapide et adaptée à ses besoins.
Tout cela bien évidemment dans un cadre général favorisant l’emploi, et, sur ce plan, ceux qui se plaignent de la situation du chômage à Genève ne sont pas toujours ceux qui ont conscience de la nécessité de créer les conditions permettant le maintien de nos entreprises et de leur compétitivité.

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