19/12/2016

UE-CH: Le Renard et le Bouc, nouvelle version sans morale


Le Conseil fédéral avait 3 ans pour mettre en oeuvre l'initiative contre l'immigration de masse. Durant ces trois années, sachant d'emblée que l'instauration de contingents ne serait pas acceptée par l'Union Européenne, nos négociateurs helvétiques avaient la possibilité de faire preuve de créativité en proposant une contre-prestation acceptable à la mise en place d'une priorité à la main-d'oeuvre locale

Au lieu de cela, ils ont attendu béatement, tout en faisant mine de négocier, espérant soit que l'Union européenne assouplisse ses exigences, soit que l'UDC accepte une mise en oeuvre contraire à la volonté populaire exprimée le 9 février 2014.

Voici pourtant ce que j'écrivais sur le sujet le 27 décembre 2012, voici donc bientôt 4 ans, et plus d'un an avant que cette initiative soit acceptée en votation populaire:

"Soyons sérieux ! La protection du marché de l’emploi helvétique doit passer impérativement par la renégociation des accords bilatéraux, car toute préférence législative ou sous forme de convention collective de branche d’activité serait considérée comme discriminatoire et sanctionnée par la justice.

L’Union européenne n’acceptera évidemment pas, ce d’autant dans le contexte politique et économique actuel, d’instaurer une telle exception au principe, que d’autres en Europe ne manqueraient pas de revendiquer.

Il faudra imaginer une contre-prestation suffisamment crédible et alléchante.

Posons les bases du problème :
1. La libre circulation a incontestablement des aspects bénéfiques pour notre économie, qui peut aller chercher les compétences dont elle a besoin, là où elles se trouvent.

2. Notre économie abuse de cette liberté en engageant hors de Suisse des personnes disposées à travailler pour un salaire inférieur à celui pratiqué généralement chez nous.

3. Notre économie abuse également de cette liberté en engageant hors de Suisse des personnes avec expérience pour un salaire égal à celui d’un jeune ayant terminé sa formation, et qui se retrouve ainsi dans une concurrence totalement déloyale contre laquelle il ne peut rien.

4. Ce qui est valable pour les ressortissant UE s’installant en Suisse au bénéfice d’un engagement décrit sous 2 et 3, vaut également pour ceux qui s’installent en zone frontalière, soit parce que le marché local du logement n’offre rien d’abordable, soit parce qu’ils sont domiciliés non loin de la Suisse, ou qu’ils trouvent à se loger meilleur marché en France, en Allemagne, en Italie ou en Autriche.

5. Si l’on instaure une priorité pour le marché local de l’emploi, cela signifie que l’économie suisse ne fera appel à des travailleurs installés hors de Suisse que dans les cas où le profil du poste n’est pas disponible sur le marché intérieur.

6. Pourquoi ces travailleurs étrangers devraient-ils être pénalisés lors de la perte de leur emploi, après avoir apporté leur contribution à l’économie suisse ?

7. Il s’impose dès lors d’offrir aux travailleurs de l’UE qui perdent leur emploi alors que leur engagement a été soumis à la règle de la priorité territoriale, des prestations équivalentes à celles de nos chômeurs, et cela même lorsqu’ils ne se sont pas installés en Suisse ou qu’ils retournent dans leur pays. Ils ne seront donc pas à charge de la sécurité sociale de leur pays de résidence.
A cette condition, l’Union Européenne pourra peut-être accepter de renégocier la Convention de libre circulation des personnes.

A défaut, la Suisse ne pourra pas faire l’économie de s’interroger sur le bilan global des accords bilatéraux, en vue d’une possible dénonciation."

http://poggia.blog.tdg.ch/archive/2012/12/27/libre-circulation-l-huile-et-l-eau.html

Nous apprenons maintenant que la Commission européenne a proposé au Parlement européen d'imposer au pays dans lequel le dernier emploi s'est déroulé les prestations de chômage aux frontalier qui perdent leur emploi.


http://www.tdg.ch/suisse/ue-veut-payer-suisse-frontaliers-chomage/story/22768833

En d'autres termes, après que notre Parlement ait à peine voté une loi inefficace pour protéger nos travailleurs, en soumettant à la priorité locale quelques rares et improbables entreprises qui feront de toute façon comme cela leur plaira en termes d'engagement, l'Union européenne nous demandera bientôt quelques centaines de millions supplémentaires pour les travailleurs qui ont trouvé un emploi chez nous plutôt que de grossir le rang des chômeurs chez eux.

Quel gâchis! Quelle inefficacité! Quelle légèreté!

Une fois de plus, nous n'aurons rien vu venir, et nous nous serons fait imposer des exigences supplémentaires sans savoir négocier une quelconque contre-prestation. Quant à ceux qui osent encore affirmer que la Suisse résistera, leur optimisme à toute épreuve les rend sans doute amnésiques.

Dans cette triste fable sans morale, ils ont le beurre et l'argent du beurre, nous aurons à charge le salaire de la crémière.

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Commentaires

La Suisse est en passe de devenir l'esclave politique de l'Europe tant la soumission de nos élus fédéraux aux dictas des seigneurs de Bruxelles est grande. S'il la Suisse me dénonce pas les accords bilatéraux le chantage ne cessera jamais. Mais peut on encore parler de Suisse tant le mélange de gens et de genres voulu par nos dirigeants dénature notre pays au point qu'il ne sait plus qui il est. Nous adhérons contre notre gré et par la bande à une Europe en voie de désintégration. Merci Berne !

Écrit par : norbert maendly | 19/12/2016

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