01/09/2015

Genève négligerait "ses vieux". Vraiment ?

Nos chers syndicats (syna, vpod/ssp, sit et unia) voudraient nous alerter sur ce qui serait, à leurs yeux, un « déni de démocratie » voire même un « mépris du Conseil d’Etat » à l’égard de nos « vieux » (sic), suite à un manque de personnel dans les EMS, cela à l'encontre de la volonté populaire exprimée en 2007 par l'acceptation de l’initiative « pour une meilleure prise en charge des personnes âgées en EMS ».

Je ne m’attarderai pas sur le terme utilisé - ayant pour ma part le respect de qualifier nos aînés de « personnes âgées » et non de « vieux » - pour en venir au fond de cette nouvelle protestation, ponctuée par un « sitting de 3 jours sur la place du Bourg-de-Four », du prénommé Mohammed, aide-soignant, qui entend dénoncer des conditions « de plus en plus désastreuses que l’Etat réserve à nos aînés », se présentant de surcroît, avec un mauvais goût remarquable, en fauteuil roulant, laissant ainsi croire aux passants qu'il serait personnellement victime de cette situation.

Nul doute qu’en période électorale, une certaine Gauche « extrême », préoccupée par un souhaité retour au Conseil national, soit à la recherche de visibilité. En cela, quoi de mieux que nos aînés pour attester d’un engagement social responsable ?

Il se trouve que la réalité est quelque peu différente et que ce type d’action, non seulement ne sert pas à alerter le Conseil d’Etat sur les défis posés par le vieillissement de la population, dont il est parfaitement conscient, son action dans ce domaine étant engagée, mais, plus dommageable, cela est également de nature à faire croire à notre population que nos personnes âgées seraient mal traitées ou pire encore maltraitées.

En effet, Genève, après Fribourg, dispose dans ce domaine de la meilleure dotation de Suisse en termes de personnel avec 1,02 poste par lit, avec 4600 collaborateurs pour une masse salariale de 340 millions !

La Cour des comptes, qui a examiné les prestations offertes par les EMS genevois, et qui a rendu son rapport en juin 2015, a pu souligner la grande qualité de ces prestations et la rigueur de la gestion de nos établissements, ce dont nous pouvons être fiers (http://www.cdc-ge.ch/Htdocs/Files/v/6442.pdf/Rapportsdaudit/2015/Rapport8920150626.pdf?download=1).

Il sera ajouté encore que les sommes globales investies par le canton de Genève dans les différentes actions en faveur des personnes âgées, sont proches de 900 millions, avec 236 millions pour les subventions publiques directes (à domicile, en foyers de jour, foyers jour/nuit, unités d'accueil temporaire et EMS) et 302 millions de subventions publiques indirectes (à domicile, et en EMS), de même que 345 millions estimés pour les HUG. En précisant si nécessaire que Genève a fait le choix de favoriser la prise en charge de nos aînés à domicile, ce qui correspond d'ailleurs à leur souhait, plutôt que de poursuivre une effrénée ouverture d'EMS, ces dernières structures n'accueillant désormais, et en priorité, que des personnes gravement atteintes dans leur autonomie.

A cela s'ajoute que ce ne sont pas 15 postes de travail qui ont été créés depuis 2007 comme l'affirment les syndicats, mais 550, soit 100 postes supplémentaires pour les EMS existants et 450 postes pour les nouveaux EMS!

Dans ces conditions, nous pouvons certes prendre acte qu’un aide-soignant « s’indigne », mais ce sont tous les contribuables du canton de Genève qui doivent s’indigner du fait que l’on utilise ce sujet sérieux avec autant de désinvolture pour rechercher une visibilité évanescente.

D’aucuns regretteront que nos syndicats ne soient pas plus expressifs pour défendre, notamment, nos chômeurs, et à cet égard leur silence envers des actions menées pour privilégier leur engagement est assourdissant.

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