13/10/2013

Frontaliers. Le MCG s'excuse? Précisions

Suite à l’article paru dans le Matin Dimanche de ce jour, ATS a diffusé un communiqué repris par la Tribune. Plus on s’éloigne de la déclaration première, plus les termes utilisés peuvent prêter à confusion.

Il est rappelé que le titre d’un article paru dans l’avant-dernier journal tous ménages LE CITOYEN, qui était passé alors inaperçu, a connu voici trois semaines les feux de l’actualité, après que le député PLR Pierre Weiss, astucieusement drapé dans la blanche toge de président de la LICRA, a crié au scandale.

Tiré de son contexte, et surtout du corps de l’article qui suivait, le titre qui faisait référence à               « l’épidémie de frontaliers qui n’était pas éradiquée », avait de quoi choquer le lecteur non averti.

L’article quant à lui indiquait pourtant clairement que les frontaliers en tant que personnes n’étaient pas visés et que c’était la problématique de l’invasion de travailleurs frontaliers qui était en cause.

Venons-en à mes déclarations.

Tout d’abord, je m’exprime personnellement, en tant que candidat à l’élection au Conseil d’Etat, et je n’ai pas l’autorité pour m’exprimer, seul, au nom du MCG, qui a un Président en la personne de Roger Golay.

Ensuite, je confirme être désolé si des frontaliers travaillant à Genève ont pu comprendre par ce titre que le MCG les comparait personnellement à une maladie, et que de surcroit il entendait les « éradiquer ». Le MCG a toujours été clair, la priorité de l’emploi doit être garantie aux demandeurs d’emploi résidents dans le canton, et des personnes venant de l’étranger, qui restent de surcroit domiciliées à l’étranger, ne doivent être engagées qu’en dernier ressort. Genève a besoin de main-d’œuvre frontalière, mais les limites du tolérable ont été franchies depuis longtemps désormais.

Enfin, les personnes frontalières qui travaillent à Genève, et qui occupent des emplois pour lesquels des résidents ne sont pas disponibles ou n’ont pas la formation requise, tout en ne pouvant l’obtenir dans des délais raisonnables, sont et resteront nécessaires à notre économie.

En conclusion, si certains ont été choqués par le titre mentionné plus haut, tel que mis en exergue sciemment par Pierre Weiss, j’en suis désolé, car le MCG n’a jamais voulu insulter des personnes, mais dénoncer un problème grave qui n’a toujours pas été pris au sérieux par nos autorités.

La problématique de la concurrence déloyale des travailleurs européens restera un thème principal du MCG tant qu’il n’aura pas été convenablement réglé, n’en déplaise à certains, à gauche, comme à droite.

14:23 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (8) | | |  Facebook

Commentaires

Maître Poggia, sur sa suffisance perché,
Tenait dans sa bouche une contre-vérité,
Un journaliste intéressé par l'affaire,
Lui soumis des questions pour y voir plus clair;

Et maître Poggia dans sa mansuétude infinie,
Lui tint à peu près ce verbiage: «cher ami,
Vous savez, nous ne sommes pas bien méchants,
Un peu frustre, un peu gauche, tel des enfants,

Mais voyons, si nos mots ont heurté vos oreilles,
Veuillez par ma présence accepter mon oseille
Et je tiendrai à l'encontre des âmes fragiles,
Mes excuses dans une sincérité un peu fébrile.»

A ces mots le journaliste reconnu l'individu,
Et maître Poggia, voulant s'assurer de son dû,
Lui rappela gentiment les règles d'usage,
Pour ne pas que soit sali son beau plumage.

Écrit par : Grégoire Barbey | 13/10/2013

Joliment écrit Monsieur Barbey, mais la contre-vérité c'est vous qui la véhiculez. Est-ce trop subtil pour un journaliste en herbe que de faire la distinction entre une politique d'exclusion et une politique de protection?
Le MCG ne se bat pas CONTRE les frontaliers, mais POUR les résidents. La nuance semble échapper à celles et ceux pour qui il est plus facile de diaboliser l'adversaire politique, comme LE TEMPS, qui se permet de faire témoigner, face obscurcie, une personne qui vote MCG, comme si nous étions une maladie honteuse. Bien joué le PLR! Personne n'est dupe. Pour sauver vos maillons faibles, vous devez salir le MCG, et que ceux qui votent pour lui ne le disent surtout pas, de peur d'être catalogués adeptes de la bête immonde.
Qui transporte la haine? Le MCG qui veut donner la priorité à l'emploi aux résidents, ou ses adversaires qui parlent de parti anti-frontalier?
Le bon père de famille, qui n'invite pas l'étranger à sa table lorsqu'il n'a pas assez à manger pour les siens est-il xénophobe? Certainement pour cette droite bien-pensante qui préfère aller droit dans le mur plutôt que de reconnaître l'incompétence de ses membres. Certainement pour cette gauche dorée pour qui la charité doit se faire avec les deniers publics.

Écrit par : mauro poggia | 14/10/2013

Pardonnez Messieurs,à un Français qui travaille en France ces quelques remarques.
Tous les pays ont besoin et recours à la main-oeuvre étrangère, quel qu’en soit les raisons. Toutefois il me semble légitime en premier lieu de donner la priorité aux salariés originaires de ce pays et en second lieu aux étrangers résidents.
La démarche du frontalier dans l'exemple de la Suisse mais cela se trouve être le cas pour pratiquement tous les pays concernés, est de gagner plus d'argent tout en dépensant moins!Le niveau des salaires en Suisse est de trois fois celui de la France, et bien évidement le coût du logement y est pratiquement trois fois plus élevé! Résultat,embouteillages monstres à la sortie des bureaux aux postes frontière mais surtout des milliard de francs Suisse qui ne seront pas dépensés en Suisse! si vous ajoutez à cela les aides et subventions versées par votre pays aux départements frontaliers au titre des coûts structurels induits, je peux comprendre la position de certains de vos politiques.
Toutefois je leur dirais: " pouvez vous imaginer demain voir vos villes doubler de surface pour loger tous ces travailleurs étrangers?"
" souhaitez vous voir se créer chez vous des métropoles tentaculaires au détriment de vos surfaces agricoles et espaces verts si chers à vos cœurs?"
Permettez Messieurs au Français que je suis, amoureux de son pays et passionné par la qualité de vie de la Suisse un avis: " Ne changez rien! au contraire préservez vous et même si cela peut paraître égoïste ne faite pas comme mon pays qui à force de vouloir intégrer en perd son âme, visez la qualité, et si l'apport de culture autre que la sienne est un atout il peut devenir un danger.

Écrit par : perroud eric | 14/10/2013

Mouais...
La substantifique moelle sémantique des affiches est quand-même systématiquement CONTRE les frontaliers (et je ne parle même pas du contenus simplificateurissime du "Le Citoyen")

"Frontaliers ASSEZ!"
http://promcg.blog.tdg.ch/media/00/02/923290239.jpg

"Moins de frontaliers
moins de chômeurs"
http://www.memepasmal.ch/wp-content/uploads/2010/09/mcg_frontaliers_01.jpg

"les ennemis des genevois
Frontaliers ASSEZ!"
http://www.20min.ch/dyim/34b838/B.M600,1000/images/content/1/9/9/19959330/6/topelement.jpg

Ou bien?

Écrit par : Ahhh Genève | 14/10/2013

Une chose est sûre, une grande partie de votre électorat à voté pour vous uniquement sur le sujet des frontaliers. Même les propos excessifs de votre parti ne les aura pas rebuté. Donc si vous êtes élu, c'est grâce à ce sujet et celui-là uniquement. Je ne vous raconte pas le retour de bâton si vous ne faites pas des actions concrètes et efficaces pour les travailleurs genevois une fois élu. Je vous assure qu'au travail, avec mes petits chefs qui passent leur temps à dénigrer les formations suisses, même l'augmentation de l'assurance maladie n'a aucune importance pour moi.

Écrit par : Loren Stravinski | 14/10/2013

Cher Mauro, bien que tu saches que je ne suis pas toujours d'accord avec tes prises de position, je tiens à t'apporter mon soutien car, tout comme cela fut le cas pour notre regretté Soli Pardo (détournement ridicule de sa déclaration quant à la "racaille d'Annemasse - alors que les journaux parlaient sans vergogne de la "racaille des Pâquis...) et quelles que soient les véritables intentions et buts recherchés lorsqu'un parti, un candidat font peur, nos adversaires s'acharnent à détourner les mots et tentent par les moyens même les plus bas de ternir l'image tant du parti que du/des candidats.
À toi de savoir te préserver et "t'endurcir le cuir" car les flèches empoisonnées vont pleuvoir à la mesure du danger que tu représentes pour les partis en place.
Eric et toi, vous faites peur car vous représentez le bâton dans les roues qui peut les faire chuter.
Associés à Céline Amaudruz, vos possibilités d'être élu(e)s sont réelles... il est évident que cela peut déplaire aux adeptes de l'immobilisme ...
Courage!
Reste tel que tu es, assume tes déclarations et avance tête haute, les électeurs t'ont donné leur confiance,tu continueras à agir de manière à la mériter et c'est ce qui compte.

Amitiés

Écrit par : Mireille Luiset | 15/10/2013

L'histoire géo-politique de la région a façonné la Genève que nous connaissons aujourd'hui. Des hommes et des femmes ont permis à ce canton/ville, malgré l'étroitesse de son territoire, de se développer. Mais parmi les décisions politiques ET économiques qui ont contribué à cet essor, il en est une qui a lamentablement manqué de vision; celle du logement. Nous le savons.

De fait, de nombreux "locaux", genevois de souche, genevois confédérés, ou encore genevois d'origine étrangère, se sont expatriés en France voisine. Leurs seuls torts : gagner trop pour bénéficier d'un loyer à prix décent et ne pas avoir de fortune suffisante pour devenir propriétaire sur sol genevois. Effet collatéral de ce manque de vision genevois, certains français travaillant sur leur territoire, ont dû déménager et "reculer" pour trouver à se loger à des prix abordables. Ce qui n'empêche pas les communes voisines, malgré leur jérémiades, de continuer à offrir en masse du terrain à bâtir pendant que nous, on ergote pendant 10 ans pour faire sortir un immeuble de notre sol !

Avec les accords de Schengen, qui profitent bien à l'économie Suisse et qui interdisent toute préférence liée à la nationalité, le MCG veut pratiquer la préférence de résidence et donc abandonne ces citoyens passés de l'autre côté. Quand on pense à ces gens qui ont suivis leurs études à Genève et dont l'expérience professionnelle est en totalité (pour la plupart) genevoise, cela signifie simplement que l'on condamne ces compatriotes à ne plus pouvoir travailler en cas de chômage. Pas adaptés au marché de l'emploi français, ils sont déjà privés de toutes les aides auxquelles ils ont contribué durant plusieurs années sur Genève, voire durant une grande partie de leur vie.

En réalité, ce n'est pas un choix, ou une "préférence" comme on veux nous le faire croire, mais c'est la volonté à peine déguisée d'imposer, à quelques exceptions près qui nous arrangent bien, l'embauche d'un travailleur résident plutôt qu'un autre. Que dire, alors, de la mobilité professionnelle; plus aucun de ses travailleurs ne pourra être engagé ailleurs, sclérosant ainsi le marché de l'emploi. Et que dire des multinationales qui font venir leurs cadres étrangers à Genève et qui ont des moyens qu'aucun "local" ne peux soutenir ?

Je comprends donc qu'un migrant domicilié sur Genève est mieux considéré qu'un genevois qui a pris la décision d'aller vivre en France pour améliorer la qualité de vie de sa famille tout en maintenant des liens forts avec Genève (travail, amis, famille, associations, sport, etc.).

Je suis d'accord sur le fait qu'il y a des abus, qu'il faut les dénoncer et les combattre mais La position du MCG pourrait chercher à identifier des cas particuliers (Bien sûr c'est plus long, plus compliqué et on s'expose un peu plus) et non à mettre tous le monde dans le même sac. Je connais des résidents genevois qui n'ont pas grand chose à faire de leur concitoyens et je connais aussi des frontaliers qui sont investis dans la vie genevoise (professionnelle, associative, sportive) depuis des dizaines d'années. Par ailleurs, tant que les solutions proposées seront générales, les entreprises trouveront la parade et ce sera toujours les plus faibles qui seront punis.

Faire en sorte que chacun soit gagnant pour valoriser cette belle région en appliquant une volonté de n'être ni de gauche, ni de droite, c'est ça le vrai défi; au lieu de cela, le MCG crée des dissensions, renforce la peur de l'autre et finira peut-être par remporter une bataille mais celle-ci ne fera que retarder un processus inéluctable. Les habitants de cette région sont faits pour vivre et travailler ensemble comme il le font depuis l'époque romaine, bien avant que Bonaparte nous trace "sa" frontière et que la mère Royaume, lyonnaise de son état, ne verse la soupe sur les hommes du Duc de Savoie pour protéger Genève.

Écrit par : Sam Fischer | 15/10/2013

A cause des bilatérales, il est impossible d'imposer la préférence nationale. Posons-nous la bonne question: pourquoi des français déménage de l'autre bout de la France pour s'installer dans le 01 ou 74? L'avantage financier,c'est tout. Pourquoi ne pas s'attaquer à ce point? Finalement le gouvernement français a fait beaucoup plus que le MCG pour inverser la tendance avec sa CMU. Alors pourquoi ne pas continuer sur cette voie. Quel est l'intérêt d'un genevois travaillant à Genève de déduire ses frais kilométriques? Enlevons cela des impôts. Et ensuite taxons les frontaliers aux frais réels comme les genevois. Y compris LA VALEUR LOCATIVE. Pourquoi les entreprises sont rémunérées pour établir l'impôt à la source? Si elles veulent un frontalier, elles assument. Ou alors le genevois doit lui aussi être rémunéré quand il remplit sa déclaration. Genève croule sous le trafic? Pourquoi ne pas mettre un péage à l'entrée du canton? Les genevois n'ont pas de véhicules diesel et pourtant c'est la ville suisse la plus polluée aux particules fines. Interdisons aux véhicules diesel de circuler. Je ne suis pas spécialiste mais je pense qu'il y a plein d'autres pistes à explorer.

Le but n'est pas de s'attaquer aux frontaliers mais de rétablir un équilibre. L'habitant de Gex et Annemasse ira travailler à Genève car c'est naturel. Un Nantais ou un Marseillais réfléchira à 2 fois avant de venir. S'il finit par venir ce sera parce que réellement, il aime la Suisse et peut-être même qu'il s'y installera.

Autre chose, pour avoir travaillé dans une grande entreprise à Genève (la plus grande pour être précis), je sais que la direction ne prête pas attention à ce que font les RH français pour l'embauche systématique de co-nationaux. Il suffirait d'un article dans un journal pour que cela change du tout au tout. A une époque une simple allusion au nombre de temporaires dans la presse avait fait l'effet d'un tremblement de terre. Je pense que pour l'entreprise juste à côté à PLO (qui avait calqué sa fermeture annuelle sur les vacances scolaires de Rhone-Alpes décalées d'une semaine avec les genevoises), ce serait pareil et pour l'entreprise où je vais faire mes courses aussi. Le MCG sait certainement ce qui se passe dans ces entreprises. Ok qu'il ne les nomme pas pour l'instant, mais une fois au pouvoir, aller voir les PDG et discutez franchement. Et ne vous faites pas avoir, sauf exception, il y a des personnes formées à Genève ou en Suisse qui font l'affaire!

Écrit par : Loren Stravinski | 15/10/2013

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