26/09/2013

Assurance maladie: Genève plumée une fois de plus

 

augmentations.jpgUne fois de plus, une fois de trop, nos primes d’assurance-maladie vont augmenter. Heureusement, on a réussi à faire baisser…la hausse.

Il n’en demeure pas moins que la hausse moyenne à Genève sera supérieure à la moyenne suisse, soit 2,8% contre 2,2%. Pourquoi ? Rien ne le justifie. Mieux, tout le contredit ! Les assurés genevois ont déjà versé, durant des années, des primes supérieures aux coûts qu’ils généraient, accumulant des réserves en mains des assureurs. Réserves qui ont finalement été transférées à des cantons dont les primes avaient été maintenues artificiellement basses.

Pire, alors que les cantons profiteurs du système étaient majoritaires par rapport aux cantons lésés, ils n’ont rien trouvé  de mieux, pour légitimer leur appropriation, que de réunir tout le monde en assemblée générale. Ordre du jour : Doit-on rendre le butin ?

Il ne faut pas être sorcier pour deviner ce que fut le résultat du vote. Ce n’est que devant une pression, bien modeste il est vrai, qu’il fut décidé d’en rendre la moitié. Et cette moitié serait assumée en trois parts égales à charge de la Confédération, des assurés avantagés….et des assureurs.

Vous pariez combien que la hausse des primes 2014 servira en partie à permettre aux assureurs d’acquitter « leur » dette ? Et ce sont les lésés qui vont se rembourser eux-mêmes, pour garder une majorité de cantons du côté des satisfaits.

Le système est opaque et l’assuré est toujours le dindon de la farce. Seule une caisse publique permettra de mettre en place un instrument de mesure fiable et équitable. Comment expliquer que la prime la plus chère à Genève, pour un adulte avec franchise de 300 francs et sans couverture accident, soit de 595 francs chez Wincare et la meilleur marché de 359 francs chez Assura ? Pour des prestations strictement identiques !

Assura qui, curieusement, après les perturbations qui ont secoué le groupe (que l’on se souvienne de Supra) présente les primes les plus basses dans de nombreux cantons, dont Vaud et Fribourg. Sachant que cette situation va attirer vers cet assureur tous les cas les plus lourds, les esprits retors pourraient imaginer que l’on cherche ainsi une excuse pour mettre la clé sous le paillasson.

Quoi qu’il en soit, 2,2% de hausse moyenne nationale pour 2014, année de votation sur la caisse publique, est exactement le même taux que pour 2007, année de votation sur la caisse unique. Un taux porte bonheur pour nos assureurs ? Faisons-les déchanter, dans l’intérêt du maintien de l’accès à une médecine de qualité pour tous !

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17/09/2013

Les criminels mieux traités que les invalides

 

paquerette.jpgAprès nous être légitiment interrogés sur les compétences de l’expert psychiatre qui avait donné son aval à la sortie du criminel récidiviste responsable du meurtre de la malheureuse Adeline, voici que nous apprenons, effarés, qu’il n’y en a eu aucun ! Seul son psychiatre traitant l’aurait considéré apte à l’exercice.

On croit rêver ! Qui met en place les procédures ? Qui les valide ? Qui en contrôle la mise en œuvre ?

Alors que l’on se prépare à inaugurer CURABILIS, le centre de détention genevois destiné aux détenus dangereux romands présentant des troubles psychiques, ce constat n’est pas seulement inquiétant, il est consternant, tant il met en évidence l’incompétence, l’irresponsabilité et l’inadéquation des responsables de tous niveaux

A titre de comparaison, voyez plutôt ce que dit le Tribunal fédéral de l’avis du médecin traitant lorsqu’il s’agit de reconnaître une banale atteinte invalidante à la santé :

« S’agissant de la valeur probante des rapports établis par les médecins traitants, le juge peut et doit tenir compte du fait que selon l’expérience, le médecin traitant est généralement enclin, en cas de doute, à prendre parti pour son patient en raison de la relation de confiance qui l’unit à ce dernier. Ainsi, la jurisprudence accorde plus de poids aux constatations faites par un spécialiste qu’à l’appréciation de l’incapacité de travail par le médecin de famille » (ATF 125 V 353 consid. 3.b/cc).

Et l’on parle ici d’assurance invalidité, et non de mise en danger de la sécurité publique !

Je pense que tout autre commentaire serait superflu, et il faut espérer qu’en plus de la procédure pénale pour meurtre, voire pour assassinat, le Ministère public ouvrira une procédure pour homicide par négligence à l’encontre de ceux qui, par leur incurie, ont permis la commission de ce crime abominable.

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12/09/2013

Travail au noir. La gauche s'en accomode et la droite en profite


Le travail au noir vous connaissez ? C’est ce fléau dont se plaint le patronat, car il instaure une concurrence déloyale entre les entreprises honnêtes, dont la masse salariale respecte les conventions collectives, et les margoulins, qui cassent les prix. C’est cette engeance contre laquelle se battent les syndicats, car elle permet l’exploitation de la précarité tout en instaurant un dumping salarial dont souffrent nos travailleurs.

Ça, c’est le discours officiel. L’envers du décor est moins reluisant.Travail%20au%20noir%20(3).jpg

Jugez plutôt : Considérant qu’il faut à la fois lutter contre cette triste réalité en s’en prenant aux premiers responsables, à savoir les employeurs, et décharger la collectivité, qui assume seule les coûts de la santé générés par les soins dont doivent bénéficier ces travailleurs sans permis, lorsqu’ils tombent, malades, je dépose une proposition devant le Parlement fédéral qui se résume en quatre points :

1.       Les travailleurs au noir sont légalement domiciliés en Suisse et devraient être obligatoirement assurés selon la LAMal.

2.       En pratique, ils ne le font pas, à la fois pour une question de coûts et par crainte d’être découverts et renvoyés. Par voie de conséquence, s’ils tombent malades, c’est la collectivité qui assume intégralement les soins.

3.       L’employeur, qui est responsable de cette situation, ne peut pas s’en laver les mains, et il y a lieu de le rendre solidairement responsable du paiement des primes pour toute la durée du contrat de travail.

4.       Cette responsabilisation de l’employeur est de nature à le faire réfléchir à deux fois avant de faire travailler un employé au noir.

http://www.parlament.ch/f/suche/pages/geschaefte.aspx?gesch_id=20123461

Le Conseil fédéral, par la voix de Monsieur Alain Berset, prudent, reconnaît que l’idée est bonne, mais sous prétexte qu’il est difficile de retrouver les employeurs, propose de ne pas entrer en matière.

Dans les coulisses, les socialistes, Verts, PDC, libéraux et UDC contactés, m’assurent de leur soutien.

Lors du vote final, seuls 11 parlementaires soutiennent ma demande, qui est balayée d’un revers de main par l’écrasante majorité du Conseil national.

Alors je vous le demande, qu’est-ce qui explique ce fossé, que dis-je, ce précipice, entre la parole et les actes ? Est-ce à dire que tout le monde y trouve son compte ?

A méditer. Qui veut réellement faire changer les choses inacceptables dans ce pays?

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09/09/2013

Contrairement au roseau, la Suisse plie et quelque chose se brise

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Journée noire pour notre pays. Le Conseil national, convaincu que la Suisse "n'a pas le choix", accepte de ratifier l'accord Fatca avec les Etats-Unis, imposant l'application du droit américain sur notre territoire. Oui mais attention, ce ne sera pas automatique, les « Yankees » devront demander l'info pour qu'on la leur donne! Tout dans nuance, cette politique!

Pourtant, un Etat souverain a toujours le choix. La seule question qui se pose est celle de savoir quels sont les sacrifices qu’il est prêt à faire pour adopter une position conforme à ses principes.

Comment peut-on, d'une part, faire campagne pour le maintien d'une armée de milice crédible et, donc, de l'obligation de servir, et, d'autre part, sacrifier, avec une inconcevable précipitation, l'image que se font nos concitoyens de notre pays?

Car enfin, notre armée est évidemment davantage qu'un instrument de défense. De même que le service civil n'est pas un système mis en place pour bénéficier d'une main-d'oeuvre bon marché. Le service obligatoire est avant tout une école civique et un ciment de cohésion sociale. Il concrétise le lien intime entre le citoyen et son pays, un lien qu'on nous enviait, partout dans le monde, il y a peu encore.

Pense-t-on réellement que l'abdication devant la force et l'arrogance d'un Etat étranger soit de nature à encourager l'engagement citoyen? Quel qu'il soit d'ailleurs.

Pour ma part, tous ces "onnapalechoixistes" feraient bien de méditer sur l'Histoire, pas la grande, celle des livres d'école. Celle des humbles qui, un jour, on ne sait sous quelle impulsion, se sont levés devant un char et ont dit "non". Le bon sens aurait voulu qu'ils s'écartent et qu'ils agitent leurs mouchoirs. Ils ne l'ont pas fait, et nous leur devons notre liberté.

On n'arrête pas le progrès diront certains. Encore faut-il ne pas confondre la marche avant et la marche arrière.

 

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08/09/2013

L'invective pour argument

 

Réponse publiée dans Le Courrier du 7 septembre 2013, suite à un article signé993905_10200516760854350_800322461_n.jpg par Pascal Holenweg le 21 août sous le titre « Quand les TPG trimballent le MCG ». http://www.lecourrier.ch/113086/quand_les_tpg_trimballent_le_mcg

La Rédaction du Courrier est ici remerciée pour l’octroi de ce droit de réponse.   

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Sous la plume de Pascal Holenweg, conseiller municipal « carrément socialiste » en Ville de Genève, comme il se plaît à se qualifier lui-même (sans doute par référence à la forme géométrique qui rappelle son ouverture d’esprit), un pamphlet particulièrement virulent a été publié le 21 août dernier, aussi bien à l’encontre du MCG, qui en a vu d’autres, que des TPG, accusés de « trimballer » les slogans du premier.

Ce ne sont pas tant les propos injurieux qui ont retenu mon attention, car je comprends bien que pour un débat d’idées il est d’abord essentiel d’en avoir, mais bien plutôt l’argumentaire, celui-ci n’étant pas développé, mais asséné sur un ton péremptoire, ne laissant guère de place à l’objection. Ainsi, ce grand démocrate, poète à ses heures perdues, partisan de la liberté d’expression sélective, nous explique que le MCG, n’aurait pas été autorisé à placarder sur les trams « ses cochonneries », que dis-je, ses « étrons rhétoriques » visant la préférence cantonale à l’emploi, au motif incontournable qu’un tiers des conducteurs sont des frontaliers.

Et d’ajouter que pour « ce boulot », il n’y a pas assez de Genevois « candidats à le faire, et capables de le faire. A moins d’engager des chauffards alcooliques sur leur seule qualification d’être de Piogre ».

Les esprits retors pourraient retenir de ce discours savant, éructé par un éminent socialiste du cru, que nos braves demandeurs d’emploi, alternativement fainéants, incapables ou alcooliques, laisseraient volontairement ce travail, indigne de leurs origines, à des travailleurs venant d’ailleurs. Pour un prétendu représentant de la classe ouvrière, on aurait attendu davantage de considération pour ce qui ne semble être pour lui qu’un fonds de commerce.

Mais il y a mieux. Considérant que la lutte contre la délinquance croissante et la prolifération de la mendicité organisée, n’a rien à faire sur les véhicules des TPG, et cela même si les délinquants et les mendiants ne conduisent pas les trams (sic), notre folliculaire du jour préconise ni plus ni moins que la resquille, activité pour laquelle il nous dit avoir un penchant particulier, et cela même sans le prétexte que lui donnent désormais les slogans de la campagne MCG « trimballés » par les TPG.

Pour ma part, je ne vois aucune objection à ce que les même TPG « trimballent » les visages déformés de candidats socialistes, avec pour seul slogan, l’injonction « Osez ! », sans que l’on sache si l’audace suggérée est celle desdits candidats, prêts à perdre la moitié de la face pour convaincre qu’ils ont le profil, ou celle des électeurs qui devraient voter pour eux. Quoi qu’il en soit, ce ne sont pas les slogans qui font de bons candidats, et j’aurais souhaité que l’insulte cède le pas à l’argument.

Puisqu’une certaine gauche répugne à envisager ne serait-ce que l’idée d’une corrélation entre chômage, notamment de nos jeunes, et augmentation du nombre de frontaliers, parlons-en !

Le 12 février 2013, l’Observatoire universitaire de l’Emploi de l’Université de Genève (OUE), sur mandat du SECO, rendait son rapport intitulé « Les effets de la libre circulation des personnes sur les salaires en Suisse »

Au-delà des communiqués de presse auto satisfaits, il en résultait une claire augmentation du nombre de travailleurs frontaliers en Suisse, dont 34,3% travaillent dans la Région lémanique et 26,3% à Genève. Si leur pourcentage a baissé, dans les secteurs primaire et secondaire, il a augmenté de 19,5 à 25% dans le secteur tertiaire, et notamment pour les salaires élevés. Ce ne sont donc plus les travaux peu spécialisés qui sont attribués aux frontaliers, contrairement à une idée répandue, mais des postes exigeant une formation universitaire ou hautement spécialisée. Pour le salaire d’un jeune en fin de formation, nos entreprises semblent ainsi préférer des travailleurs frontaliers avec expérience, venant de plus en plus loin s’installer à proximité de Genève. Ainsi, plus les salaires sont hauts, plus le dumping salarial est important !

Exiger que nos demandeurs d’emploi aient la priorité n’est donc pas un discours « puant », Monsieur Holenweg, mais uniquement l’expression du bon sens. Encore faudrait-il en avoir.

 

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