17/09/2013

Les criminels mieux traités que les invalides

 

paquerette.jpgAprès nous être légitiment interrogés sur les compétences de l’expert psychiatre qui avait donné son aval à la sortie du criminel récidiviste responsable du meurtre de la malheureuse Adeline, voici que nous apprenons, effarés, qu’il n’y en a eu aucun ! Seul son psychiatre traitant l’aurait considéré apte à l’exercice.

On croit rêver ! Qui met en place les procédures ? Qui les valide ? Qui en contrôle la mise en œuvre ?

Alors que l’on se prépare à inaugurer CURABILIS, le centre de détention genevois destiné aux détenus dangereux romands présentant des troubles psychiques, ce constat n’est pas seulement inquiétant, il est consternant, tant il met en évidence l’incompétence, l’irresponsabilité et l’inadéquation des responsables de tous niveaux

A titre de comparaison, voyez plutôt ce que dit le Tribunal fédéral de l’avis du médecin traitant lorsqu’il s’agit de reconnaître une banale atteinte invalidante à la santé :

« S’agissant de la valeur probante des rapports établis par les médecins traitants, le juge peut et doit tenir compte du fait que selon l’expérience, le médecin traitant est généralement enclin, en cas de doute, à prendre parti pour son patient en raison de la relation de confiance qui l’unit à ce dernier. Ainsi, la jurisprudence accorde plus de poids aux constatations faites par un spécialiste qu’à l’appréciation de l’incapacité de travail par le médecin de famille » (ATF 125 V 353 consid. 3.b/cc).

Et l’on parle ici d’assurance invalidité, et non de mise en danger de la sécurité publique !

Je pense que tout autre commentaire serait superflu, et il faut espérer qu’en plus de la procédure pénale pour meurtre, voire pour assassinat, le Ministère public ouvrira une procédure pour homicide par négligence à l’encontre de ceux qui, par leur incurie, ont permis la commission de ce crime abominable.

10:19 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (5) | | |  Facebook

Commentaires

Monsieur Poggia,

Vous plus qu'un autre devrait savoir qu'une telle demande (faire payer ceux qui sont indirectement responsables de ce tragique événement) n'a aucune portée pratique. La justice est faite par des hommes, et elle est faillible. L'émotion qui nous submerge lorsqu'elle montre ses limites est compréhensible; elle ne doit pas pour autant obscurcir notre jugement.

Vous surfez sur une vague très tendance lorsqu'un drame s'est produit. C'est une forme de populisme assez bas de gamme si je puis me permettre. Les responsables indirects sont difficiles à désigner et vous le savez. Condamner des individus qui ont agi en leur âme et conscience en pensant réaliser ce pourquoi ils sont employés me paraît barbare et ouvre la porte à bien des dérives. Cela aussi, vous le savez.

J'ai l'intention de voter pour vous le 6 octobre. Mais de grâce, ne nous rejouez pas ce rôle ingrat si vous êtes élu conseiller d'Etat. Faire croire aux citoyens qu'on pourrait faire "payer" ceux qui ont eu maille à partir dans ce dossier est mensonger et surtout impropre à vos prétentions gouvernementales. Soyons honnêtes. C'est un crime abominable et la justice a failli. De là à en appeler à la vindicte populaire contre les autorités judiciaires, Monsieur Poggia, il y a un pas que je ne franchirai pas.

Cordialement,

Grégoire Barbey

Écrit par : Grégoire Barbey | 17/09/2013

Vous avez raison : on ne doit jamais s'habituer à considérer de tels crimes comme de simples faits divers. Et l'on est aussi en droit de laisser parler ses émotions.
Mais vous êtes bien placé pour savoir que les émotions n'ont pas leur place en droit. On juge sur des faits et on applique des peines d'après ce que le code autorise ou non.

J'ai tout de même une question. Pensez-vous vraiment, en conscience, qu'à la place de ceux que vous accusez d'incurie vous auriez eu la présence d'esprit et pourquoi pas le réflexe immédiat pour empêcher le crime. En ce qui me concerne, dans une telle situation, j'ignore quelle aurait été ma réaction et je ne vous ferai pas l'injure de vous demander de me répondre simplement par oui ou non.

En revanche, comme politicien, vous avez le devoir de légiférer et de modifier le code et les procédures afin que de tels affaires se produisent le moins souvent possible. Car ni vous ni moi n'avons, j'imagine, la naïveté de croire qu'un code, aussi dur soit-il, empêche les crimes.

Écrit par : Michel Sommer | 17/09/2013

Vous avez parfaitement raison et la comparaison avec les procédures de l'assurance invalidité me paraît tout à fait pertinente.
Mais, voilà, quelqu'un qui demande à bénéficier (sic) de l'AI ne fait les titres qu'en cas d'abus ou de soupçon d'abus.
Dans un cas, des mesures extrêmement sévères sont mises en place pour éviter tout abus, qui n'entraînerait d'ailleurs pas un risque mortel, dans l'autre, la moindre précaution exigée par le bon sens est absente.

Écrit par : Mère-Grand | 17/09/2013

mais non M.Poggia vous savez bien que non. l'exercice d'enlisement à commençé quelques heures après la découverte du corps Les journalistes et les politiques pourront se démener autant qu'ils veulent l'administration a pris ses précautions. Tout est diffus, ce n'est personne, on ne se souvient pas
il n'y avait qu'à voir la tête de la directrice pendant la conf de presse.
pas le moindre signe d'empathie, déjà en mode défense.
Il,est même probable qu'ils vont chercher à mettre la faute sur la malheureuse victime en exhumant quelque directive salvatrice et oubliée jusqu'à ce jour

Écrit par : pralong | 17/09/2013

Je confirme. Les criminels sont mieux traités que les invalides, les handicapés, les personnes atteintes de maladies neuro-dégénératives, maladies rares, génétiques, endocriniennes, etc.. etc...

Mais certains ou peut-être tous sont également des invalides, non pas psychiatriques, mais neurologiques ou neuro-biologiques, anarchies desquelles découlent les maladies endocriniennes qui elles aussi, on un effet sur le comportement.

Alors cessez tous, une fois pour toutes, de vouloir soigner des effets et interrogez-vous sur les causes des causes et surtout, vous les élus, faites en sorte que des statistiques et recherches soient faites en ce sens.

Comme je l'ai déjà dit sur le blog de M. Buchs, un trauma, un choc émotionnel, n'est pas une cause, c'est un déclencheur d'une faiblesse latente qui elle est due à de nombreux facteurs. Il faut donc remonter à la source, de toute urgence, c'est à dire la cause première.

Dans un pays, Monsieur, où l'on ne connait, ni ne reconnaît, ni les symptômes, ni les effets du mercure sur l'être humain, pas même de 30 x la dose mortelle, ni même qu'un protocole soit en place, obligatoire, pour le dénoncer aux services de santé, comment espérer qu'un jour l'Etat se responsabilisera, lui-même, sur les coûts de santé qu'il génère ?

Je suis d'accord avec le fait qu'on ne peut pas laisser en liberté des personnes qui sont dangereuses pour les autres, comme les violeurs, les pédophiles, les assassins, etc... qu'il faut protéger la population, mais je ne suis pas d'accord non plus que l'on oublie de faire les recherches nécessaires sur le plan toxicologique, neurologique, génétique et endocrinien et que l'Etat lui-même se déresponsabilise totalement de ce qu'il a engendré via de nombreux neurotoxiques.

Mon vieux médecin traitant réaliste aujourd'hui retraité et sûrement le plus collaborant et le plus intelligent qu'il m'ait été donné de rencontrer, disait "les maladies psychiques, c'est le fourre-tout de la médecine quand elle est incapable de faire un diagnostic".

Et pour cause...

Nos médecins, Monsieur, ne sont pas formés à la toxicologie, sont incapables d'en déceler les signes ni les symptômes et regardent comme une analyse abstraite n'importe quelle rapport de laboratoire. C'est terrifiant.

Alors que cela saute aux yeux des médecins étrangers. Cherchez l'erreur. Elle est dans la formation et les recherches.

Écrit par : Jmemêledetout | 17/09/2013

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