12/09/2013

Travail au noir. La gauche s'en accomode et la droite en profite


Le travail au noir vous connaissez ? C’est ce fléau dont se plaint le patronat, car il instaure une concurrence déloyale entre les entreprises honnêtes, dont la masse salariale respecte les conventions collectives, et les margoulins, qui cassent les prix. C’est cette engeance contre laquelle se battent les syndicats, car elle permet l’exploitation de la précarité tout en instaurant un dumping salarial dont souffrent nos travailleurs.

Ça, c’est le discours officiel. L’envers du décor est moins reluisant.Travail%20au%20noir%20(3).jpg

Jugez plutôt : Considérant qu’il faut à la fois lutter contre cette triste réalité en s’en prenant aux premiers responsables, à savoir les employeurs, et décharger la collectivité, qui assume seule les coûts de la santé générés par les soins dont doivent bénéficier ces travailleurs sans permis, lorsqu’ils tombent, malades, je dépose une proposition devant le Parlement fédéral qui se résume en quatre points :

1.       Les travailleurs au noir sont légalement domiciliés en Suisse et devraient être obligatoirement assurés selon la LAMal.

2.       En pratique, ils ne le font pas, à la fois pour une question de coûts et par crainte d’être découverts et renvoyés. Par voie de conséquence, s’ils tombent malades, c’est la collectivité qui assume intégralement les soins.

3.       L’employeur, qui est responsable de cette situation, ne peut pas s’en laver les mains, et il y a lieu de le rendre solidairement responsable du paiement des primes pour toute la durée du contrat de travail.

4.       Cette responsabilisation de l’employeur est de nature à le faire réfléchir à deux fois avant de faire travailler un employé au noir.

http://www.parlament.ch/f/suche/pages/geschaefte.aspx?gesch_id=20123461

Le Conseil fédéral, par la voix de Monsieur Alain Berset, prudent, reconnaît que l’idée est bonne, mais sous prétexte qu’il est difficile de retrouver les employeurs, propose de ne pas entrer en matière.

Dans les coulisses, les socialistes, Verts, PDC, libéraux et UDC contactés, m’assurent de leur soutien.

Lors du vote final, seuls 11 parlementaires soutiennent ma demande, qui est balayée d’un revers de main par l’écrasante majorité du Conseil national.

Alors je vous le demande, qu’est-ce qui explique ce fossé, que dis-je, ce précipice, entre la parole et les actes ? Est-ce à dire que tout le monde y trouve son compte ?

A méditer. Qui veut réellement faire changer les choses inacceptables dans ce pays?

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Commentaires

Et dire que l'on se plaint (plus probablement "on fait semblant de se plaindre") du taux d'abstention aux votations!

Écrit par : Mère-Grand | 13/09/2013

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