05/08/2013

Avec le CEVA, de la plage à la montagne

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Il nous en aura fait voir du pays ce CEVA. Si l’on devait passer au détecteur de mensonges tous ces politiciens fers de lances de cette liaison ferroviaire, peu seraient sans doute ceux qui pourraient soutenir aujourd’hui, le regard ferme et déterminé, sans faire tressaillir l’aiguille, qu’ils tiendraient le même discours que voici quatre ans.

Et ce n’est de loin pas terminé. Derrière le discours officiel, les consciences se réveillent, peu à peu. Lentement, bien sûr, on est en Suisse que diable !

La droite, qui a « vendu » le projet au motif qu’il donnerait du travail à nos entreprises a bien vite déchanté. Elle s’est souvenue, « mais un peu tard », comme dit la fable, que nos accords avec l’Europe exigeaient un appel d’offre pour marchés publics. Résultat, le gros-œuvre a été attribué à une entreprise française pour 800 millions. Et bientôt les rames du CEVA pourraient être commandées à un fabricant français.

La gauche, qui aurait signé les yeux fermés en faveur d’un nouveau transport public, quel qu’il soit, où qu’il aille et quoi qu’il coûte d’ailleurs, se rend compte progressivement « mais un peu tard »aussi, que ces entreprises européennes interviennent avec des ouvriers européens (la belle découverte pour les militants de l’internationale des chômeurs), lesquels sont payés selon d’autres critères que ceux de nos Conventions collectives.

A la droite, comme à la gauche, il est bon de rappeler que pour remporter un marché public de cette importance, il faut bien réduire les charges…et que les entreprises suisses, dans ce domaine, ne peuvent pas régater.

38.jpgBientôt Genève, ébahie, découvrira que ce projet ne lui coûtera pas les 1,5 milliard annoncés, mais certainement le double, car lorsque l’on commencera enfin à creuser (au fait, c’est pour quand ?), on verra que le sous-sol se prête peu à cet exercice en raison des nombreuses nappes phréatiques, et que les fissures, lézardes et autres brèches apparues d’ores et déjà sur les immeubles environnants, ne feront que s’étendre et se multiplier, sans que l’on ait prévu aucun poste au budget pour y remédier.

Mais tout ceci n’est que musique de (proche) avenir. En attendant, nous avons à gérer les 1,9 million de m3 de gravats, dont moins d’un tiers peuvent être recyclés. Les gravières genevoises étant déjà saturées, on comptait sur la plage providentielle pour y déverser les déblais du CEVA, selon la devise « sous le CEVA la plage ». Manque de chance, le projet de plage était à ce point mal ficelé, comme tous les grands projets préparés par nos autorités, que les juges n’ont pu que renvoyer la copie à leurs auteurs.

Faute de plage, on pense désormais faire une montagne. Ils ne se laissent pas démonter par si peu nos dirigeants. Ils sont pleins de ressources (intellectuelles bien sûr ; les autres c’est nous qui les assumons). Mais il y a un problème : où créer cette montagne ? Quelle commune serait prête à l’accueillir ? Pourtant son usage pourrait être multiple. Station de sports d’hiver, luge d’été, ou simplement fournisseur d’ombre dans la perspective du réchauffement climatique.

27.jpgNi la plage, ni la montagne ne sont dès lors des réalités genevoises prochaines, et il faudra bien se résoudre à transporter nos gravats…en France, où l’on daignera les recevoir, non sans se faire copieusement prier, moyennant monnaie sonnante et trébuchante. Ma foi, ils n’ont rien demandé. Et ce CEVA, c’est avant tout en projet suisse pour les Suisses !

 

00:32 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (8) | | |  Facebook

Commentaires

Je souhaite bien du plaisir au successeur de Hiler, pour payer les dettes du Canton, ainsi augmentées.

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 05/08/2013

Et les défenseurs francophiles du CEVA de commencer à montrer leurs véritables intentions en nous expliquant que le CEVA n'est en réalité que le premier tronçon du RER haut-savoyard... ici :

"Le CEVA serait le premier rameau d’un véritable Réseau Express Régional français. Un RER savoyard qui serait extrêmement profitable aux déplacements du Grand-Genève ... "

http://philippesouaille.blog.tdg.ch/archive/2013/08/03/fisc-locomotives-francais-et-romands-s-observent-245144.html

En gros un réseau construit par des français pour des français mais payé par les Suisses...

Écrit par : quidam | 05/08/2013

en 68, les étudiants disaient sous les pavés la plage. Ils entendaient par là dire que sous la route, tracée en apparence, se trouve un rêve, celui d'une société meilleure, plus juste et des autorités plus honnêtes.

En 2013, à Genève, on nous fait croire au rêve d'une plage pour mieux planquer les restes d'un trou qui creuse non seulement le passage d'un tortillard mais surtout nos finances publiques.

Cette plage n'est en fait qu'un faux prétexte mis en place par "Cramer le jésuite". Il savait très bien que les gravas allaient être un énorme problème et il a tout misé sur la naïveté des genevois en espérant qu'ils goberaient
le concept de la plage.

Heureusement, que le MCG a réveillé tout le monde et mis suffisamment le doute dans l'esprit de tous pour que nous ayons un minimum de bon sens.

A ce titre merci à vous, personnellement, d'avoir été tenace jusqu'au bout. Le combat était très inégal puisque l'appareil judiciaire étant totalement inféodé aux partis politiques qui soutenaient ce projet débile qui en fait ne sert que les bétonneurs et le lobby de la construction.

cordialement,
Patrick Dimier

Écrit par : Patrick Dimier | 05/08/2013

en 68, les étudiants disaient sous les pavés la plage. Ils entendaient par là dire que sous la route, tracée en apparence, se trouve un rêve, celui d'une société meilleure, plus juste et des autorités plus honnêtes.

En 2013, à Genève, on nous fait croire au rêve d'une plage pour mieux planquer les restes d'un trou qui creuse non seulement le passage d'un tortillard mais surtout nos finances publiques.

Cette plage n'est en fait qu'un faux prétexte mis en place par "Cramer le jésuite". Il savait très bien que les gravas allaient être un énorme problème et il a tout misé sur la naïveté des genevois en espérant qu'ils goberaient
le concept de la plage.

Heureusement, que le MCG a réveillé tout le monde et mis suffisamment le doute dans l'esprit de tous pour que nous ayons un minimum de bon sens.

A ce titre merci à vous, personnellement, d'avoir été tenace jusqu'au bout. Le combat était très inégal puisque l'appareil judiciaire étant totalement inféodé aux partis politiques qui soutenaient ce projet débile qui en fait ne sert que les bétonneurs et le lobby de la construction.

cordialement,
Patrick Dimier

Écrit par : Patrick Dimier | 05/08/2013

La majorité de la classe politique a réussi à faire bêler le peuple: ceva..., ceva..., ...
Il suffit de jeter un coup d'oeil aux falaises qui bordent l'Arve pour se rendre compte des gros problèmes qui
surviendront à l'ensemble des bâtiments sous lesquels passera le fameux tunnel...Sans compter des effets colatéraux sur les nappes phréatiques...On est pas sortis du tunnel en effet...

Écrit par : Exprof | 07/08/2013

La majorité de la classe politique a réussi à faire bêler le peuple: ceva..., ceva..., ...
Il suffit de jeter un coup d'oeil aux falaises qui bordent l'Arve pour se rendre compte des gros problèmes qui
surviendront à l'ensemble des bâtiments sous lesquels passera le fameux tunnel...Sans compter des effets colatéraux sur les nappes phréatiques...On est pas sortis du tunnel en effet...

Écrit par : Exprof | 07/08/2013

Il suffit de se balader au bord de l'Arve pour se rendre compte de la fragilité de la zone ou sera construit le fameux tunnel reliant Carouge à la gare des Eaux_Vives notamment.

Il y a de quoi être inquiet pour l'ensemble des bâtiments, des nappes phréatiques et des habitants bien sûr... situés dans cette zone. A l'évidence, "on est pas sortit du tunnel" bien au contraire.

Ce que vous décrivez-là est d'une telle évidence, qu'on se demande encore aujourd'hui, comment le peuple a-t-il put se faire embarquer dans ce gouffre.

Écrit par : Exprof | 13/08/2013

Bravo Mr Poggia, que du bonheur de voir un homme qui se bat et qui est un homme d'honneur face aux politiciens de notre cantons qui n’en sont pas.
Merci pour ce que vous faite.
Une frontalière forcée qui a été refusée par le canton de revenir en Suisse.

Écrit par : Connor Aeschlimann | 14/08/2013

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