20/07/2013

Detroit en faillite. Et Genève?

 

geneve-2.jpgNous l’apprenons cette semaine, Détroit est la plus grande ville des Etats-Unis à se déclarer en faillite, ce que la loi américaine permet aux collectivités publiques, afin d’éviter les conséquences d’une cessation des paiements mettant en péril les services publics essentiels (police, pompiers, urgences médicales)

Depuis ce côté-ci de l’Atlantique, la nouvelle paraît exotique, et depuis la Suisse, tant bercée par le discours lénifiant de nos dirigeants, elle pourrait même paraître surréaliste. Cela n’arriverait jamais chez nous ! Pense-t-on immédiatement.

Et pourtant, à y regarder de plus près, la réalité des chiffres est inquiétante.

Détroit, avec 707'000 habitants, a une dette de 18,5 milliards de dollars, correspondant approximativement (on n’est plus à quelques centaines de millions près) à 17,5 milliards de francs.

Genève, avec 471'000 habitants supporte désormais une dette de 11,2 milliards.

Alors je vous le demande, qui de Détroit ou de Genève est proportionnellement la plus endettée ?

Certes, la notation de Genève n’est pas celle de Détroit, ce qui influe encore favorablement sur les taux de la dette que nous devons (du moins celles et ceux qui paient des impôts dans cette République) assumer. Certes, notre canton n’est pas en cessation de paiements et nos fonctionnaires et fournisseurs reçoivent ce qui leur est dû.

Mais pendant combien de temps encore ?Detroit.png

Peut-on faire indéfiniment comme si de rien n’était ? Sans jamais envisager un remboursement régulier de la dette, tant que l’on peut encore le faire ? Ou est-il déjà trop tard ? Précisément lorsque la population a dû avaler la pilule amère du renflouement des caisses de pension publiques que l’incurie électoraliste de décennies de dirigeants a laissées se vider inexorablement ?

Malgré ce constat alarmant, et alors que Genève doit faire face, chaque jour davantage, à un inquiétant afflux de personnes faisant appel à la solidarité, certains n’ont de cesse de lancer initiatives sur projets de lois, et de se répandre en déclarations haineuses, systématiquement dirigées contre les contribuables les plus importants de notre pays et de notre canton, sans lesquels nous pourrions rapidement suivre l’exemple de Détroit.

Combien de fois faudra-t-il rappeler à ces moralisateurs de comptoir que rien n’est plus mobile qu’un riche et que rien n’est plus sédentaire qu’un pauvre, de surcroit assisté ? La Suisse doit-elle suivre l’exemple désolant de certains pays européens, qui ont fait fuir leurs riches tout en conservant et en augmentant le nombre de leurs pauvres, et qui se permettent, de surcroit, de donner des leçons ?

Il est temps de se réveiller ! Les loups sont à la lisière de la forêt, et certains agneaux, parmi nous, sont devenus leurs complices inconscients, en les accueillant en libérateurs.

10:03 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (9) | | |  Facebook

Commentaires

Brillant!

Evident!

100% d'accord!

Et arrêtons d'accueillir toute la misère du monde.

Écrit par : la censure règne en Suisse | 20/07/2013

Lorsqu'on voit que ces élus sont capables d'aller dépenser 8'000 sur des poubelles on se demande où on est. Le drame est que lesdites poubelles sont manifestement trop petites pour accueillir ceux qui prennent de telles décisions.
Le plus consternant est que le responsable du département est à ce point fier de sa connerie qu'il pose à côté!

J'ai toutefois un gros doute, la capacité de votre représentation au conseil municipal d'anticiper ces dérives. Ils sont prompts à aboyer lorsque le voleur est passé mais bien trop silencieux avant qu'il n'entre.

Nous voterons pour vous en octobre en espérant que certains de la ville ne soient pas députés car ils ne relèvent pas niveau.

Quant à vous-même nous nous mobiliserons pour que vous soyez élu, on a besoin de personnes telles que vous là-haut pour épauler les deux rescapés de l'équipe actuelle qui, elle, est une faillite démocratique.

Courage les citoyens réveillés seront là au moment voulu!

Écrit par : Dominique Vergas | 20/07/2013

Pour rappel, la dette de certains pays africains a été annulée.

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 20/07/2013

Mon cher Mauro ,
La dette consolidée de notre Etat atteint 14,8 milliards de francs, c'est cette somme qu'il faut hélas considérer, car les banques et les agences de notation se basent sur ce chiffre pour accorder leurs prêts
pour les premières et leur note pour les secondes.Mais tout va bien, comme le déclare notre ministre des finances.... Je dirai plutôt : tout va très bien Madame la Marquise !

Écrit par : Leyvraz Eric | 20/07/2013

Bonjour,

Effectivement, Genève est la France de la Suisse. Ne dit-t'on pas : quitter Genève pour la Suisse ?

Effectivement, il y a à Genève trop peu de personnes qui paient un montant sérieux d'impôt. Pour mémoire, Genève dépense environ 21'000 francs par habitant. Et la part de l'impôt sur le revenu et la fortune dépasse 11'000 francs par personne et pas an. 11'000 francs par personne, pas par ménage.

Effectivement. Genève dilapide son argent depuis des décennies, par exemple en le donnant à la France. 260 millions par an. Pour, dit-on, la France voisine. Mais lorsque le MCG demande des comptes, le Conseil d'Etat l'envoie sur les roses.

Il faut empêcher l'immigration de ceux qui paient moins de 11'000 francs par an d'impôt, à l'exception de ceux qui sont indspensables à Genève et non pas chasser ceux qui paient plus de 11'000 francs.

Il faut dénoncer l'accord de janvier 1973 par lequel Genève s'est engagé à donner 3.5 % de la masse salariale des frontaliers à la France. A ce jour, 264 millions par an. Il n'y a rien à négocier. L'accord est dénonçable par chacune des parties pour la fin d'une année civile moyennant préavis d'une année. La Suisse, c'est-à-dire Genève puisqu'il s'agit d'un accord conclu entre la France et Genève, peut le dénoncer.

Il n'y à rien à renégocier. Nous ne sommes pas demandeur. Et donc cela sera rien, nada, 0 %. Les allégations de ceux qui voient en cet accord une chance sont des élucubrations. L'accord de janvier 1973 n'est pas un traité fiscal. Sa dénonciation maintient l'état fiscal tel qu'il est, soit l'imposition au lieu de travail.

Le mieux serait que le parlement cantonal adopte une loi consacrant un fond suisse pour la France voisine. Il serait alimenté à hauteur de 1.75 % de la masse salariale des frontaliers (environ 12.5 % de l'impôt, soit le taux retenu avec le plus amaible des pays qui nous entoure). Les dépenses seraient autorisées par projet et un contrôle serait exercé sur chaque projet. Celle loi entrerait en vigueur dès le premier janvier suivant la fin de l'accord de 1973.

Ensuite, il faut procéder à la démonciation de l'accord.

Si la France, veut un nouvel accord et si cela est opportun, il est possible d'en conclure un nouveau, pour autant qu'il reprenne pour l'essentiel la loi genevoise.

De toute les manière, si ni le parlement, ni le gouvernement, ni les partis établis ne bougent, l'initiative HALTE AUX fonds FRONTALIERS, initiative que veut lancer le Rassemblement, receuillera les signatures sans difficultés.

Bonne journée.

Écrit par : CEDH | 20/07/2013

Vous faites bien de parler des caisses de pension publiques, à lire cet article il n'est pas exclu que ce soit leur sous-couverture chronique qui ait donné l'estocade finale à la ville de Detroit. Et il n'est pas du tout sûr que ce soit la dernière faillite du genre, vu l'ampleur du problème un peu partout aux USA.

http://www.guardian.co.uk/commentisfree/2013/jul/18/detroit-pensions-liability-iceberg

(article où on remarquera d'ailleurs avec amusement mais sans grande surprise que notre chère UBS est impliquée dans l'affaire...)

La solution logique qui va se profiler à l'avenir: des coupes massives dans les retraites. A lire aussi ici:

http://online.wsj.com/article/SB10001424127887324263404578616204128866568.html

Pourquoi est-ce encore tabou à Genève?

Écrit par : Mikhail Ivanovic | 20/07/2013

Je suis séduit par l'idée de CEDH de coupler l'aide au développement transfrontalier à un pourcentage de la masse salariale frontalière. Ainsi l'effort est rémunéré à juste titre.
Je vous suis aussi reconnaissant de relever l'état des finances de notre canton par un exemple objectif. Vous pourriez sensibiliser nos concitoyens par un chiffre encore plus parlant : Chaque jour, l'Etat de Genève doit payer près d'un million cinq cent mille (1'500'000.-) par jour d'intérêts de la dette.
Je me réjouis de siéger avec vous au CE.

Écrit par : Pierre Jenni | 20/07/2013

Monsieur Poggia le titre lui même permet de rire surtout en pensant aux citoyens d'un autre canton qui ont sans doute pensé de même pour leur commune.Ah cette belle américanisation rêve de nombreux et* bien aimés socialistes* utopistes comme les nôtres
Et comme votre canton marche main dans la main avec le nôtre pour tout ce qui est stupide ,oui il faut le préciser,cela augure encore de nombreux coups de colère
Je connais pas mal de vos concitoyens ayant fui Genève en croyant trouver mieux chez nous qui doivent être sérieusement déçus .A moins qu'ayant senti le vent tourné ils aient tous migré en Laponie
toute belle journée pour vous!

Écrit par : lovsmeralda | 21/07/2013

Cette analyse est très intéressante, en revanche je me permets de l'atténuer quelque peu.

Il y a des différences notables entre Genève et Detroit, et une très importante qui peut expliquer à elle seule la faillite de cette grande ville américaine. Certes, les dettes de Detroit et de Genève, proportionnellement à leur nombre d'habitants, sont très proches, mais la dette de Detroit a explosé depuis que la démographie de cette ville chute, et de manière considérable. Detroit, fleuron de l'industrie automobile américaine, a vu sa démographie tomber dans un profond gouffre, en passant de presque deux millions d'âmes dans les années 60 à environ sept-cent-mille habitants dans les années 2010.

Cependant, les dépenses et services de la ville ne se sont jamais adaptées à cette contraction démographique alors que les recettes fiscales baissaient toujours plus. Le coup de grâce fut porté ensuite à la crise économique et financière de 2008 avec ses graves conséquences sur les grands groupes de cette ville jusqu'à une capitulation en 2013.

Genève, à contrario de Detroit, peut (encore) supporter le poids de sa dette, à condition qu'elle n'évolue pas davantage comme vous le soulignez.

Pour le reste, tout est dit, le constat peut être dérangeant mais il est juste. Bravo Mr. Poggia et espérons que le peuple vous porte au Conseil d'État en novembre prochain.

Écrit par : Ricardo Do Rego | 22/07/2013

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