09/04/2013

Cahuzac la main dans le sac

 

imagesCA132KYN.jpgL’affaire Cahuzac ne doit pas se réduire à la mise en évidence d’un manque de probité, malheureusement prédominant, de la classe politique (et non seulement française), n’hésitant pas à mentir effrontément pour accéder et se maintenir au pouvoir. Pas plus qu’à la démonstration d’une pratique de l’évasion fiscale, de la part même de celles et ceux qui prétendent la combattre le plus farouchement.

Cahuzac est socialiste, faut-il le rappeler, comme DSK d’ailleurs, dont il était un fervent partisan. Non pas que l’attrait de l’argent soit légitime, ou du moins qu’il le soit davantage, pour un homme de droite, mais le socialisme a été construit, et continue à être « vendu » aux électeurs, comme le seul rempart contre les dérives de l’argent facile. Le parti du respect des classes défavorisées. Mieux encore, le parti d’une morale économique et financière. L’argent au service de l’Homme, et non l’inverse.

Cahuzac incarne aujourd’hui exactement l’inverse : l’immoralité, la fourberie et l’avidité. Alors s’agit-il de l’exception qui confirme la règle ? On peut en douter. Comment en effet un homme politique condamné en 2007 pour avoir engagé dans sa clinique une employée philippine pour 250 euros par mois, signe évident d’un manque de considération pour la classe ouvrière qu’il prétend défendre, a-t-il pu se retrouver ministre du budget si les instances socialistes françaises ne lui ressemblaient pas ?

Comment ce médecin, conseiller de laboratoires pharmaceutiques, porte-parole du groupe socialiste, radical et citoyen sur les questions financières à l’Assemblée nationale, a-t-il pu se retrouver à la tête d’une fortune non déclarée de 15 millions d’euros selon les dernières informations ? Telle est la vraie question. D’où provient cet argent pour qu’en 2009 un établissement bancaire refuse de le recevoir ?

Ce n’est plus seulement Cahuzac qui est en cause désormais, c’est la légitimité d’un gouvernement qui prétend moraliser le pays (et ses voisins), et qui doit être soupçonné de n’être composé que d’hommes et de femmes, François Hollande en tête, pour qui le socialisme n’est plus qu’un label commercial, par lequel passent leurs ambitions personnelles.

Le socialisme, pas celui des exemples de l’Histoire, le vrai, le sincère, le généreux. Celui des idéaux. Ce socialisme-là est mort depuis longtemps. Celles et ceux qui parlent en son nom aujourd’hui, sauf quelques rares, trop rares, exceptions, n’ont plus en eux cette flamme du don de soi. Un socialisme d’opportunisme, de dépit ou même d’envie, qui ne rêve que de singer ce qu’il conspue à longueur d’année.

 

08:37 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | | |  Facebook

Commentaires

Tout à fait d'accord, mais pour quel parti voter dont le politique et les politiciens seraient à la fois efficaces et plus (ne cherchons pas la perfection) honnêtes?

Écrit par : Mère-Grand | 09/04/2013

De même pour le libéralisme qui a perdu depuis belle lurette son caractère humaniste.

Écrit par : Pierre Jenni | 09/04/2013

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