14/03/2013

Défense des assurés à Berne : Sur qui compter ?

 

imagesCAUJ6LB7.jpgLe 20 décembre 2011, je déposais une initiative parlementaire demandant le passage généralisé au système du tiers payant dans la LAMal. En clair, il s’agissait, sauf avis contraire du patient, d’obliger les assureurs maladie, comme c’est déjà le cas pour les frais d’hospitalisation, à régler directement les factures des prestataires de soins et des pharmaciens, sans obliger les assurés à en faire l’avance.

 

http://www.parlament.ch/f/suche/pages/geschaefte.aspx?gesch_id=20110492

 

Comme expliqué dans la motivation de cette initiative, le système actuel est problématique pour les familles les plus modestes, qui, soit renoncent à des soins nécessaires ou aux médicaments prescrits, faute de pouvoir en anticiper le coût, soit attendent le remboursement de l’assurance, puis, par nécessité, utilisent celui-ci à d’autres fins et ne se rendent ensuite plus chez le médecin. Dans un cas comme dans l’autre, les soins sont retardés avec, trop souvent, une progression de la maladie aussi préjudiciable pour les patients que pour la maîtrise des coûts.

 

En réalité, aucun argument sérieux ne permet de soutenir le maintien du système actuel, qui engendre des tracasseries administratives inutiles, notamment pour les personnes âgées et malades.

 

Néanmoins, après mon audition, la Commission de la santé publique du Conseil national a refusé majoritairement d’entrer en matière, malgré un soutien des partis de gauche. Le PDC, qui se prétend le parti de la famille, et qui a résolument opté pour l’argent au détriment de l’humain, s’est aligné sur les partis de droite, au motif fallacieux que le paiement des factures par les assurés les rendrait plus responsables… Mieux encore, une parlementaire du Parti évangélique, membre de la Fondation « Pain pour tous » et de l’association pour la protection des oiseaux (je n’invente rien), intégrée au PDC, est même allée jusqu’à soutenir que les personnes démunies incapables d’avancer leurs frais de traitement n’étaient qu’une minorité, et qu’il n’était pas utile de légiférer pour une minorité ! Sans doute une conception personnelle de la charité chrétienne.

 

C’est ainsi que cette initiative revenait devant le Conseil national le 13 mars. Les personnes intéressées pourront prendre connaissance des débats.

 

http://www.parlament.ch/ab/frameset/f/n/4907/401448/f_n_4907_401448_401631.htm

 

Finalement, par 104 voix contre 58, le texte fut rejeté. Résultat certes honorable, mais néanmoins négatif, car il implique le statu quo. Il doit être respecté, car obtenu à l’issue d’un processus démocratique.

 

Néanmoins, il faut se demander quel double discours tiennent certains partis du centre, dont le PDC, qui reste une force importante au niveau fédéral, en prétendant aider les familles, mais en soutenant en réalité des lobbys économiques auxquels ils participent activement.

 

 

 

 

 

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Commentaires

Je suis sidéré de la pauvreté des débats parlementaires qui esquivent le fond de la question en focalisant sur les médicaments et non sur les soins.
Je déplore aussi la confidentialité des débats de la commission dont le vote est rarement remis en question par le parlement.
Avec vous je dénonce l'hypocrisie d'un système qui se dit et se veut solidaire notamment par l'obligation de contracter des citoyens mais qui s'arrange pour faire des économies sur le dos des plus démunis.
Si vraiment, comme semblent le suggérer certains, ce ne sont qu'une minorité d'administrés qui sont concernés alors je ne vois pas où est le problème.
Merci pour votre intervention.

Écrit par : Pierre Jenni | 14/03/2013

Dans un monde où l'élection d'un Pape représente un événement majeur, qu'espérer de plus de nos politiciens, surtout de ceux qui ont des liens avec la religion?

Écrit par : Mère-Grand | 14/03/2013

Monsieur le conseiller national,

Votre combat est apprécié de tous ceux pour qui la maladie est une épreuve.Il est rejeté par tous ceux pour lesquels la maladie est un moyen de gagner plus d'argent.

Passer au tiers payant voudrait dire que ces machines à fric, que sont les compagnies d'assurances, perdraient des jours valeur sur des sommes très importantes. Ils préfèrent donc obliger les assurés modestes, ceux que vous défendez avec tant d'ardeur, à passer à la caisse.

Pendant ce temps-là ils font travailler ces sommes colossales et grapillent des intérêts sur le dos de leurs assurés.

Pour moi, le seul slogan qui vaille est:
FAITES DE LA SANTE AVEC NOTRE ARGENT ET NON PAS DE L'ARGENT AVEC NOTRE SANTE

J'espère que le MCG soutiendra la caisse unique qui renverra, les assureurs à leurs pénates.

Économie Suisse a Balet, les citoyens donneront un coup de balai!

Merci pour ce que vous faites, c'est le mandat que vous ont confié vos électeurs.

cordialement,
Patrick Dimier

Écrit par : Patrick Dimier | 14/03/2013

Non seulement le MCG soutiendra l'initiative sur la caisse publique, mais il fait partie du comité d'initiative!
Il s'agit d'ailleurs du seul parti qui n'est pas de gauche qui soutient cette initiative.

Écrit par : mauro poggia | 14/03/2013

Le tiers payant serait une bonne solution je pense, si nous recevions copie des factures envoyées et que nous puissions les contrôler, ce qui n'est pas le cas, même pas pour les laboratoires d'analyses médicales qui le pratiquent sans que l'on sache jamais ce qui a été facturé. Il est donc impossible de s'opposer à une facture si celle-ci comporte des erreurs ou irrégularités.

Tout comme tout résultat médical d'analyse ou de radio, etc... devrait faire systématiquement l'objet de copie au patient, ce qui n'est pas le cas, même lorsque le médecin le demande sur sa fiche d'analyse, les labos "oublient" de le faire, tellement encore de nos jours dans l'esprit du corps médical seul le médecin a le droit de savoir ce qui est dans le dossier d'un patient...

C'est ainsi que l'on peut perdre des années d'analyses importantes chez un médecin qui refusera pendant plus de 5 ans de vous envoyer copie de son dossier, pièces qui sont parfois nécessaires comme preuves auprès de différentes institutions.

Ce qui fait partie de votre initiative, mais n'est actuellement pas appliqué pour ceux qui le pratiquent.

Mais je ne vois pas de mention concernant tous les médicaments sur ordonnance qui sont hors liste et pourtant nécessaires à la survie de certains, tous comme ceux qui sont pris en charge par certaines assurances complémentaires à des tarifs qui diffèrent selon l'assurance. Quant à ceux que l'on est obligé parfois de commander à l'étranger...

Les personnes multi-allergiques n'ont quasiment aucun moyen de se soigner dans ce pays, car il leur est impossible de trouver des médicaments ou substances qui ne contiennent pas d'additifs, sans parler du retrait de la possibilité pour tous les laboratoires homeopathiques de pouvoir trouver les souches des biothérapiques, bactéries, virus, etc... parce que la Suisse suit les recommandations de l'UE qui a "décidé" que cela ne servait à rien et dont nous ne faisons pas partie !!!, et les prive de souches qui permettent à tous les allergiques aux antibiotiques de pouvoir soigner, et très rapidement, des infections virulentes.

Alors... une caisse unique oui, mais si elle prend des décisions aussi stupides, dont l'OFAS ou Swissmedic seront responsables que celles existantes, cela ne servira pas à grand chose, car ces décisions aberrantes augmentent très sensiblement les coûts de santé, tout comme beaucoup d'autres décisions d'ailleurs, mettant des malades graves dans l'impossibilité de se soigner et altérant leur santé ad lib.

Écrit par : Jmemêledetout | 16/03/2013

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