13/03/2013

Un Conseil d’Etat schizophrène

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Après avoir soutenu, par un lobbyisme assidu à Berne, l’instauration d’un moratoire à l’installation de nouveaux cabinets médicaux, en invoquant prioritairement l’afflux de nouvelles demandes émanant de médecins en provenance de l’Union européenne (UE) [1], notre Conseil d’Etat se prononce contre la reconduction et l’extension de la clause de sauvegarde dans le cadre de l’Accord sur la libre circulation des personnes.

 

Ainsi, alors que le Conseil fédéral avait invoqué en avril 2012 la clause de sauvegarde à l’égard des huit nouveaux membres de l’UE, tous situés à l’Est, il envisage de l’étendre désormais à tous les pays de l’UE, afin de limiter l’arrivée en Suisse de travailleurs en provenance de ces pays.

 

Ce qui est valable pour les médecins, ne semble pas être une règle générale pour notre Conseil d’Etat, qui, consulté par la Conférence des gouvernements cantonaux, a affirmé son soutien à une libre circulation sans entraves avec l’UE, au motif qu’à défaut cela « détériorerait notablement nos relations avec notre premier partenaire économique » (sic).

 

DE LA PART DU GOUVERNEMENT DU CANTON QUI CONNAIT LE PIRE TAUX DE CHOMAGE EN SUISSE, IL FALLAIT OSER !

 

La population genevoise n’a dès lors plus aucun doute sur le double discours du Conseil d’Etat qui, d’une part, affirme vouloir protéger l’emploi des résidents et, d’autre part, fait tout pour placer les mêmes résidents en situation de concurrence déloyale à l’égard des travailleurs en provenance de l’UE, de plus en plus nombreux, prêts à travailler pour des salaires d’autant plus bas et sans correspondance avec leurs qualifications et expérience qu’ils restent domiciliés en France, avec des loyer sans commune mesure avec ceux que doivent supporter les résidents de Genève.

 

S’il est incontestable que l’apport de travailleurs en provenance de l’UE est indispensable à l’économie genevoise, notamment pour certains domaines dans lesquels l’imprévoyance des gouvernements antérieurs a engendré une pénurie (personnel infirmier par exemple), l’excès actuel, engendré par une absence totale de contrôle fédéral et cantonal, impose des mesures fortes.

 

Il est impératif de subordonner sans délai l’engagement de nouveaux travailleurs en provenance de l’UE à la démonstration de l’absence de demandeur d’emploi résident, à Genève d’abord, et en Suisse ensuite, en mesure d’occuper le poste.

 

 Cette conclusion d’un élémentaire bon sens, qui s’imposerait à tout bon père de famille, semble totalement étrangère à notre gouvernement.

 

La population genevoise s’en souviendra au moment de désigner celles et ceux qui dirigeront Genève durant cinq ans dès cet automne !

 

 

 



[1] Clause acceptée la semaine dernière par le Conseil national, sur requête urgente du Conseil fédéral, et le 12 mars par le Conseil des Etats, avec une voix de différence. Cela n’a pas empêché le 13 mars à 7h00 la Commission de la sécurité sociale et de la santé publique du Conseil des Etats, par 7 voix contre 6, avec une incroyable outrecuidance, de décider de renvoyer purement et simplement la question à une séance ultérieure…On voit quels sont les intérêts défendus par certains Conseillers aux Etats, car la pléthore de nouveaux médecins ne ferait que faciliter le retour d’une proposition qu’affectionnent nos assureurs, la suppression du libre choix du médecin pour le patient, ou, inversement, la possibilité pour les assureurs maladie de choisir les médecins remboursés.

 

 

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Commentaires

Avec bon nombre de citoyens genevois, je partage vos inquiétudes.
Pourtant, malgré vos indéniables qualités, j'éprouve toujours un vague sentiment de malaise chaque fois qu'un membre du MCG s'exprime.

Les propos font sens, mais le ton est presque toujours dénigrant.
Le MCG dénonce systématiquement mais que propose-t-il concrètement ?
En admettant que vous soyez élu pensez-vous sincèrement que vous aurez le poids pour convaincre le collège ?
Et même si vous obtenez quelques appuis sur les constats, quid des remèdes ?
Je n'ai encore jamais vu, lu ou entendu des propositions de pistes et encore moins des solutions.

Peut-être avez-vous choisi le mauvais parti. Bien sûr, il vous donne immédiatement de la visibilité et une place en vue, mais il vous associe aussi à ceux qu'on appelle les populistes, ceux qui surfent sur le mécontentement de la population et qui prétendent les entendre à défaut de les écouter. Mais aussi ceux qui ont au moins le mérite de ne pas faire trop de promesses (mis à part le troublion fondateur) puisqu'ils n'ont pas de programme.

J'ai vécu ce scénario dans ma jeunesse lorsque mon père s'est inscrit au parti Vigilance. Très vite il fut en tête de liste dans un parti qui ne lui ressemblait pourtant pas vraiment. En effet ils étaient considérés comme xénophobes et soutenaient l'initiative Schwarzenbach si vous vous en souvenez.
Et pourtant mon père était un humaniste qui pratiquait déjà précocement la parité dans son entreprise avec près de 40 % de femmes et d'étrangers.
La suite, vous la connaissez. Vigilance est devenu le MPG pour disparaître assez rapidement.

Écrit par : Pierre Jenni | 14/03/2013

Monsieur Jenni, vous avez raison de vous demander si le MCG, une fois au Conseil d'Etat, fera mieux que ceux qu'il critique. C'est légitime. Mais dites-moi, afin que je puisse apprécier vos critères relatifs à la crédibilité d'un candidat, pour qui avez-vous voté il y a 4 ans? Nul doute qu'il s'agissait de personnes évidemment compétentes, jouissant d'une solide expérience professionnelle et fourmillant d'idées nouvelles pour Genève. Il n'y a que ça au gouvernement actuellement.
J'aurais peut-être choisi le mauvais parti selon vous? Absolument pas. Le MCG est le SEUL parti qui peut laisser s'exprimer une personne comme moi. Je dérange un parti traditionnel. Trop à droite pour la gauche, trop à gauche pour la droite, et trop peu caméléon pour le centre. Bref, trop indiscipliné ou trop indépendant selon le goûts.
Quant à notre programme? Nous allons bientôt le mettre en ligne et vous serez rassasié. Nous ne sommes pas révolutionnaires, seulement pleins de bon sens. Si chacun, à sa place, faisait son travail avec pour seule préoccupation l'intérêt de la population genevoise, vous verriez quel chamboulement. L'Etat doit être le moins présent possible dans l'économie. Juste pour éviter les abus et les dysfonctionnements. Pour le reste, ses tâches sont clairement définies dans nos lois, et c'est leur mise en oeuvre qui laisse à désirer.
La fonction publique fonctionne bien majoritairement, mais elle doit être là pour aider et non pour compliquer. Je suis pour externaliser l'incompétence quand il le faut. Le temps me manque ici pour aller plus loin, mais sachez que l'on n'élit pas un candidat seulement sur un programme. Au cirque aussi il y un programme, mais c'est après la représentation que l'on exprime sa satisfaction.
Regardez quelles sont toutes les causes que j'ai défendues en 30 ans, vous aurez une idée de moi. Certes en tant qu'avocat, il peut arriver de devoir défendre des cas difficiles, mais je ne crois pas avoir l'étiquette d'un avocat d'affaires, âpre au gain. A vous de voir.

Écrit par : mauro poggia | 14/03/2013

"Nous allons bientôt le mettre en ligne et vous serez rassasié."
J'aurais préféré "rasséréné" ;-)

Écrit par : Mère-Grand | 14/03/2013

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