24/01/2013

Réserves des caisses-maladie: Ali Berset et les 20 voleurs

voleur.gif

 

Avant que l’idée même de notre Confédération ne voie le jour, et lorsque la loi du plus fort et du plus grand nombre s’imposait encore par la violence, une vallée reculée de l’Helvétie d’alors, composée de vingt-six villages, vivait en conflits constants, au gré des alliances qui se créaient et se dissolvaient entre les uns et les autres. Six villages prospères avaient néanmoins réussi, au fil des ans, à mettre de côté suffisamment de réserves pour les temps difficiles, alors que les vingt autres, moins prévoyants, vivaient au jour le jour, dans l’incertitude du lendemain.

La nécessité d’une alliance des vingt pour piller les six villages économes se fit rapidement jour, justifiée par un principe de solidarité, inventé pour la circonstance, aux termes duquel - dirait-on aujourd’hui - la fourmi devait soutenir la cigale.

Sitôt dit, sitôt fait, et les vingt pillards s’en allèrent avec leur butin, laissant aux victimes, ni plus ni moins que ce qui était nécessaire à leur subsistance.

Les malheureuses victimes ne l’entendirent pas de cette oreille et exigèrent sur-le-champ une réunion des chefs des 26 villages. Les vingt profiteurs, décidés à donner à leur rapine un semblant de légitimité, acceptèrent la réunion dont ils fixèrent l’ordre du jour : faut-il rendre le butin aux victimes ?

Le résultat du vote vous le devinez. Ce semblant de démocratie eut raison de la justice, laquelle retourna d’où elle venait, c’est-à-dire de nulle part.

C’est exactement ce qui s’est passé au sein de la Commission de la sécurité sociale et de la santé du Conseil des Etats le 22 janvier dernier. Pourquoi rendre ce qui nous est échu si l’on peut le garder ?

Certes les cantons bénéficiaires de nos réserves excédentaires n’ont rien volé, au sens pénal du terme, puisque ce sont nos assureurs maladie qui le leur ont impunément versé. Il se trouve cependant qu’il est aujourd’hui admis que les assurés de six cantons, dont Genève, ont été contraints d’accumuler deux milliards de réserves injustifiées, qui ont été transférées ailleurs, plutôt que de venir absorber les hausses des coûts de la santé de ces mêmes cantons. Paradoxalement, les cantons victimes de ce pillage moderne sont ceux-là mêmes que l’on accusait, année après année, d’être des cancres, alors qu’ils faisaient à leur insu les devoirs des premiers de classe…

Cette décision, si elle était maintenue, constituerait une violation grave de notre fédéralisme qui mériterait des mesures de rétorsion uniques dans notre histoire.

Les armes se fourbissent, et Genève verse suffisamment dans le cadre de la péréquation financière intercantonale pour fermer les robinets si l’on continue de se moquer d’elle.

Et il est exclu que les habitants de Genève versent désormais, jusqu’à règlement du litige, un seul centime de hausse de primes d’assurance maladie. Dès la fin de cette année, l’Etat devra mettre en place un guichet à disposition de la population, afin de contester systématiquement devant la justice toute augmentation. Si les coûts de la santé augmentent à Genève, nos assureurs devront d’abord utiliser les excès de réserves qui ont été constituées. Et qu’ils ne viennent pas nous dire qu’ils n’ont pas l’obligation de le faire. Si la LAMal a institué des primes cantonales c’est précisément pour responsabiliser les habitant d’un même canton dans la lutte contre la hausse des coûts. Cette cantonalisation des primes, Monsieur Alain Berset ne peut s’accommoder d’une fédéralisation des réserves.

Les bornes sont dépassées et l’on ne se moquera pas plus longtemps des Genevoises et des Genevois !

07:25 | Lien permanent | Commentaires (7) | | |  Facebook

20/01/2013

Les blaireaux entravent la mobilité à Genève

 

 

blaireau1[1].jpg

La Tribune de Genève nous apprend que la route du Mandement s’est partiellement affaissée en raison de blaireaux ayant creusé des galeries sous la chaussée, entravant ainsi la circulation, (http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/route-mandement-v...).

En matière de circulation justement, il semble bien que Genève soit plus largement victime, ces dernières années, de mustélidés à deux pattes, dont la seule raison d’être est de bloquer la fluidité du trafic, par tous les moyens possibles et imaginables.

Au Service de la mobilité, dirigée par la Conseillère d’Etat Michèle Künzler, la nuisance a été érigée en politique d’Etat. Sous prétexte qu’il faut convaincre nos concitoyens de laisser leur véhicule privé au garage pour profiter de nos transports publics, toujours plus performants à en croire l’opinion publique, on multiplie les entraves de tous ordres afin que nos rues soient désormais un enfer.

-Chantiers désordonnés et interminables, non coordonnés, non surveillés et non signalisés à l’avance

-Sens interdits et sens uniques planifiés pour rallonger les trajets

-Phases de feux rouges prolongées échappant à l’entendement

-Déviations signalées à la dernière minute, sans raison apparente

-Réduction de la vitesse de correspondance des phases vertes afin d’obliger les véhicules à des arrêts successifs

-Abandon des feux sur demande pour piétons afin que les véhicules s’arrêtent pour ne laisser passer personne

-Et j’en passe et des meilleures (merci de me communiquer vos expériences quotidiennes dans des cas concrets).

Bref, circulant à Genève depuis 1977, je n’ai jamais vu une telle dégradation de la mobilité que ces dernières années, Monsieur Robert Cramer, Vert également, ayant inauguré cette politique de la nuisance délibérée et systématique…

…car on ne me dira pas que cela n’est pas intentionnel !

Ce serait par négligence que l’on nous imposerait ce chaos que ce serait pire encore, car, d’une manière générale, j’ai toujours préféré avoir la Méchanceté en face de moi plutôt que la Bêtise.

Le méchant a en lui l’essence d’une potentielle perfectibilité, alors que la bêtise a des relents d’éternité.

Et tout cela pourquoi ? Suis-je dans l’erreur en pensant qu’un véhicule circulant à vitesse constante d’un point à un autre pollue moins qu’un véhicule bloqué dans les embouteillages, contraint de subir des arrêts fréquents et prolongés suivis d’accélérations ?

A ce stade, le bien du plus grand nombre est sacrifié sur l’autel de dogmes ésotériques qui n’ont plus rien à voir avec l’écologie.

Pourtant, n’a-t-on pas récemment adopté une nouvelle Constitution qui donne pour mission à l’Etat de garantir la liberté individuelle du choix du mode de transport  (190 al.3) ?

Il y a la lettre, et il y a l’esprit, disait Montesquieu. En fait, y a-t-il bien un esprit ?

Alors les blaireaux, la barbe !

blaireau-plisson.jpg

16:06 | Lien permanent | Commentaires (5) | | |  Facebook

04/01/2013

Les violeurs de New Delhi n'auront pas d'avocats


JUSTICE.1.jpg

« Nous avons décidé qu'aucun avocat ne se présentera pour défendre les accusés du viol, parce que ce serait immoral de défendre l'affaire", a annoncé Sanjay Kumar, un avocat membre du Barreau du district de Saket.

Selon Sanjay Kumar, les 2.500 avocats enregistrés auprès du tribunal ont décidé de "rester à l'écart" pour assurer une "justice rapide", signifiant ainsi que les avocats des suspects devront être commis d'office » (Tribune de Genève, 2.1.2013).

J’avais pensé que le refus exprimé par les avocats susceptibles d’assurer la défense des six « violeurs-assassins » devait être mis sur le compte de la peur de représailles contre eux-mêmes ou leurs familles. Aussi légitime qu’aurait été, de prime abord, cette excuse, elle n’aurait pas moins jeté un discrédit définitif sur la justice indienne. En effet, si des avocats pouvaient craindre pour leur sécurité en défendant d’ignobles individus, que dire des juges eux-mêmes, dont le verdict devrait alors correspondre impérativement aux attentes de la foule. Cette foule, capable du meilleur comme du pire.

L’argumentaire est donc d’un autre ordre : il serait « immoral » de défendre ces criminels, et il serait préférable de laisser des avocats commis d’office pour assurer une « justice rapide »…Comprenez par là que les avocats d’office, en Inde, contrairement à ce qui se passe chez nous, ne sont que des béni-oui-oui, complices de la justice (avec un petit « j ») et du pouvoir, marionnettes sans consistance dont la seule raison d’être est de donner au procès une apparence d’équité. En réalité, ils ne servent à rien, et certainement pas à leurs clients, leur présence devant être une docile assistance aux juges pour leur permettre d’arriver rapidement à leurs fins.

Je me souviens encore du procès-éclair de Nicolae Ceaucescu le 25 décembre 1989. J’avais alors 30 ans, j’étais avocat depuis six ans à peine et j’avais été bouleversé, non pas tant par la sentence, certainement méritée, mais bien par le rôle abject assuré alors par un avocat-croupion, dont on ne savait pas vraiment s’il était à la défense ou à l’accusation. Après 55 minutes d’un simulacre de procès, le dictateur roumain était condamné à mort et aussitôt fusillé.

Bien sûr j’entends déjà certains d’entre vous me rétorquer que certaines crapules ne méritent même pas un procès. « Pourquoi faudrait-il encore leur assurer une défense puisqu’il n’y a rien à dire en leur faveur ? ».

C’est oublier que ces criminels, des hommes souvent, des femmes parfois, qui se retrouvent sur le banc des accusés ont aussi une parcelle d’humanité, infime peut-être à en juger par les crimes commis, et que cette humanité-là, même si elle ne doit finalement peser que bien peu au regard des charges de l’accusation, mérite d’être regardée, jaugée, exprimée aussi, peut-être une dernière fois, avec des mots qui feront du condamné notre « semblable » dans cette justice des hommes.

La défense, honnête, et respectueuse de la victime (à supposer bien sûr que l’on ne considère pas que la seule défense du criminel soit une insulte à sa victime), est le dernier rempart contre l’arbitraire. Je dirai même que cette défense est la seule légitimité de la sentence qui sera prononcée, aussi sévère soit-elle, et qu'un procès sans défense, en pareille situation n'est qu'une version déguisée du lynchage. 

Que la famille de la victime, et la rue avec elle, réclame vengeance, est sans doute compréhensible, voire respectable compte tenu de l’atrocité des faits, mais la société a instauré une justice précisément pour la substituer à la loi du talion, et même à l’égard de ceux qui n’ont eu aucune compassion pour leur victime. Dans un état de droit, cette justice ne doit donc pas devenir le bras armé de la vengeance.

C’est la raison pour laquelle je dis aux 2'500 avocats enregistrés auprès du tribunal qui doit connaître de ces faits horribles, que leur retrait pour laisser place à des fantoches de la défense n’est pas seulement une lâcheté. Il est le reniement de leur serment, il est une abnégation de la raison d’être de leur profession.

Imaginons un seul instant, oubliant le confort des certitudes rassurantes, que parmi les six accusés se trouve un innocent, que cet innocent soit condamné à mort et exécuté. De quel côté se situeraient alors les monstres ?

 

08:00 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (36) | | |  Facebook

03/01/2013

Aménagement urbain by Rémy Pagani

L’aménagement de nos rues, places et autres lieux de vie en Ville de Genève échappe à l’entendement. Ainsi, après avoir condamné la circulation au bas de la rue de la Fontaine, antérieurement accessible aux véhicules en provenance de la place Longemalle, notre édile municipal Rémy Pagani ne semble avoir rien trouvé de mieux pour agrémenter cette esplanade nouvellement créée, que d’y placer…deux supports métalliques à bicyclettes.

Voyez plutôt le ravissement que procure cette vision enchanteresse, sans nul doute le fruit d’une profonde et intense réflexion.

Si le but était d’empêcher l’accès aux véhicules, peut-être que quelques bacs de verdure auraient mieux fait l’affaire. 

De quoi, définitivement, ne pas regretter d’avoir massivement rejeté, en septembre dernier, le projet de fermer 50 rues à la circulation.

IMG_0360.JPG


00:39 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | | |  Facebook