29/12/2012

Manuel valse avec les loups

 

 

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Pas un seul spot d’information sur France Info ne manque de rappeler l’engagement du Ministre de l’Intérieur Manuel Valls de diffuser le nombre de véhicules incendiés le soir du Réveillon, et cela dès le lendemain.

Au nom de la transparence, c’est l’instigation qui pointe son nez.

La compétition est ainsi lancée. Tous les petits voyous de banlieues, dont la seule reconnaissance que la nation est en mesure de leur offrir est celle des statistiques policières, ne rêvent désormais que de hisser leur ville sur le podium.

Fallait-il vraiment agir avec pareille légèreté ? Une décision sur la communication aurait-elle été à ce point tardive le 1er janvier ?

Nous connaîtrons dans quelques jours le résultat de cette stratégie…ou de cette maladresse.

 

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27/12/2012

Libre circulation: l'huile et l'eau


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La Tribune de Genève nous rapporte les propos tenus par Gerhard Pfister, président du groupe PDC aux Chambres fédérales, dans les colonnes du Tages Anzeiger, le 24 décembre, en réaction à l’initiative UDC contre l’immigration de masse :

« Je propose que les entreprises suisses trouvent un système d’accord de branche, sous l’autorité d’EconomieSuisse, qui interdise de faire venir des travailleurs spécialisés bon marché sans avoir épuisé toutes les possibilités sur le marché du travail en Suisse. Une telle mesure redonnerait la confiance à la population en la libre circulation des personnes, explique Gerhard Pfister ».http://www.tdg.ch/suisse/economie-doit-donner-preference-....

Ainsi donc, tel l’huile retenue au fond de l’eau, le bon sens remonterait-il à la surface ?

Comment pourrais-je m’empêcher de penser à ce que furent certaines réactions exprimées lors de mon passage du PDC au MCG ? Comment imaginer alors (voici trois ans à peine) que l’on puisse soutenir un discours demandant que l’on donne la préférence à la main-d’œuvre locale ? http://archives.tdg.ch/geneve/actu/heros-assures-rallie-m...

Le MCG était alors qualifié de parti d’extrême droite, xénophobe et nationaliste, d’où sa localisation à la droite de l’UDC au parlement. Il n’y a plus aujourd’hui que les imbéciles ou les malhonnêtes qui le prétendent.

Depuis des années, le MCG, et le MCG SEUL, défend la priorité d’embauche pour les résidents - quelle que soit leur nationalité - par l’Etat et les régies publiques d’abord, mais également par les employeurs privés.

http://poggia.blog.tdg.ch/archive/2010/04/11/politique-tr...

Aujourd’hui on se réveille, du moins par le discours, car de la parole aux actes il y a encore tant à faire. Cela est tellement vrai que pour flatter le lecteur, on en vient à proposer un contre-projet à l’initiative UDC.

Soyons sérieux ! La protection du marché de l’emploi helvétique doit passer impérativement par la renégociation des accords bilatéraux, car toute préférence législative ou sous forme de convention collective de branche d’activité serait considérée comme discriminatoire et sanctionnée par la justice.

L’Union européenne n’acceptera évidemment pas, ce d’autant dans le contexte politique et économique actuel, d’instaurer une telle exception au principe, que d’autres en Europe ne manqueraient pas de revendiquer.

Il faudra imaginer une contre-prestation suffisamment crédible et alléchante.

Posons les bases du problème :

1.  La libre circulation a incontestablement des aspects bénéfiques pour notre économie, qui peut aller chercher les compétences dont elle a besoin, là où elles se trouvent.

2. Notre économie abuse de cette liberté en engageant hors de Suisse des personnes disposées à travailler pour un salaire inférieur à celui pratiqué généralement chez nous.

3. Notre économie abuse également de cette liberté en engageant hors de Suisse des personnes avec expérience pour un salaire égal à celui d’un jeune ayant terminé sa formation, et qui se retrouve ainsi dans une concurrence totalement déloyale contre laquelle il ne peut rien.

4. Ce qui est valable pour les ressortissant UE s’installant en Suisse au bénéfice d’un engagement décrit sous 2 et 3, vaut également pour ceux qui s’installent en zone frontalière, soit parce que le marché local du logement n’offre rien d’abordable, soit parce qu’ils sont domiciliés non loin de la Suisse, ou qu’ils trouvent à se loger meilleur marché en France, en Allemagne, en Italie ou en Autriche.

5. Si l’on instaure une priorité pour le marché local de l’emploi, cela signifie que l’économie suisse ne fera appel à des travailleurs installés hors de Suisse que dans les cas où le profil du poste n’est pas disponible sur le marché intérieur.

6. Pourquoi ces travailleurs étrangers devraient-ils être pénalisés lors de la perte de leur emploi, après avoir apporté leur contribution à l’économie suisse ?

7. Il s’impose dès lors d’offrir aux travailleurs de l’UE qui perdent leur emploi alors que leur engagement a été soumis à la règle de la priorité territoriale, des prestations équivalentes à celles de nos chômeurs, et cela même lorsqu’ils ne se sont pas installés en Suisse ou qu’ils retournent dans leur pays. Ils ne seront donc pas à charge de la sécurité sociale de leur pays de résidence.

A cette condition, l’Union Européenne pourra peut-être accepter de renégocier la Convention de libre circulation des personnes.

A défaut, la Suisse ne pourra pas faire l’économie de s’interroger sur le bilan global des accords bilatéraux, en vue d’une possible dénonciation.

Il est grand temps de sortir des grands discours dogmatiques, à droite, comme à gauche, et de regarder la réalité en face : la Suisse ne ressemble à aucun de ses voisins européens, ni politiquement, ni économiquement, malgré tous les efforts d’eurocompatibilité de notre législation. Il faut arrêter de vouloir singer le chaos par crainte de l’isolement, sous peine de perdre notre âme et, plus accessoirement, notre qualité de vie.

 

 

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13/12/2012

Couples homosexuels et adoption : brèche ou percée?

Le Conseil national a accepté, le 13 décembre, la possibilité d’adopter « dans les couples homosexuels » et non « pour les couples homosexuels ». En clair, dans le cadre limité d’un partenariat enregistré qui aura duré cinq ans au moins, il sera possible d’adopter l’enfant du partenaire (ce qui implique bien évidemment que cet enfant n’ait qu’un seul parent).

 

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Il n’est par contre pas question dans le texte adopté de permettre à un couple homosexuel en partenariat enregistré d’adopter un enfant qui ne serait pas descendant de l’un des partenaires.

Que faut-il en penser ? S’agit-il d’une avancée vers la reconnaissance d’une égalité entre couples homo- et hétérosexuels ou, lorsqu’on déplore cette décision, d’une brèche dans l’image traditionnelle, que certains définiront par « naturelle », de la famille ?

Comme la très grande majorité de la population, du moins je le présume, je fais partie de ceux qui considèrent qu’un enfant devrait idéalement grandir aux côtés de son père et de sa mère, lesquels devraient, aussi idéalement, filer le parfait amour.

La réalité quotidienne nous enseigne cependant que cela n’est pas toujours le cas, et même de moins en moins, soit parce que père et mère, bien que vivant ensemble, donnent à leur enfant l’image d’un déchirement constant, soit parce qu’une séparation intervient, ou plus tragiquement un décès, ou même parce que l’un des parents n’a jamais été identifié (plus fréquemment le père pour des raisons bien compréhensibles).

Que cela plaise ou non, que cela soit idéal ou non aux yeux de certains, et j’en suis, il est un fait que des enfants n’ayant que leur père ou leur mère vivent avec celui-ci, et, rarement certes au regard de la population globale, mais la situation existe néanmoins, certains de ces enfant vivent également avec le partenaire enregistré de leur père ou de leur mère.

Faut-il dans ces situations interdire leur adoption par ce partenaire, dont ils partagent la vie, ou faut-il, non pas dans l’intérêt du partenaire en question, mais dans l’intérêt de cet enfant, permettre la création d’un lien juridique avec lui, ce qui donnera à l’enfant une sécurité accrue pour l’avenir ?

Cette nouvelle loi ne crée donc rien de nouveau mais offre la possibilité de donner à l’enfant, si son intérêt le justifie, ce qui sera examiné de cas en cas, un plus par rapport au droit actuel. Aura-t-il pour autant deux pères ou deux mères ? Cette présentation caricaturale est évidemment absurde et aucun enfant, dès l’âge de raison, ne pensera jamais qu’il peut être issu de deux êtres de même sexe. Il saura également qui est son père, respectivement sa mère, et qui est le partenaire qui l’aura adopté.

On peut donc considérer que l’adoption d’un enfant doit rester le fait d’un couple hétérosexuel, tout est acceptant, dans ce cas spécifique particulier, que l’adoption de l’enfant du partenaire enregistré qui n’a qu’un seul parent, est un avantage pour l’enfant, et pour lui d’abord.

Quant à ceux qui brandissent l’épouvantail de la brèche à la sacro-sainte image de la famille et qui considèrent que seuls les enfants élevés par des couples-hétérosexuels connaîtront l’épanouissement, on ne les a pas vus déposer des projets de lois visant à retirer tous les enfants élevés dans des familles homosexuelles. Car enfin, de deux choses l’une, soit on affirme agir dans l’intérêt de l’enfant, lequel serait en danger dans de telles familles, et il est criminel de ne rien faire, soit on agit dans l’irrationnel ou, au pire, dans la manipulation, et l’intérêt de l’enfant n’est qu’un prétexte.

Voilà ce qu’il me semblait devoir être dit à propos d’une votation que certains pourraient être tentés de présenter comme une victoire, et d’autres, comme un pas vers la décadence.
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10/12/2012

Après le racket, la raquette

Nous apprenons en lisant la Tribune du week-end dernier que « l’Etat veut un RER à deux milliards sur la Rive droite », poétiquement nommé "la raquette". Mais qui donc parle ainsi au nom de l’Etat ? Le Conseil d’Etat ? Un Conseiller d’Etat ? Que nenni ! Le chef de projet à la Direction générale de la mobilité (DGM), que l’on envoie en éclaireur pour sonder la réaction de l’opinion publique.

La DGM, vous connaissez ? C’est ce service dirigé par Madame la Conseillère d’Etat verte Michèle Kunzler, qui n’a de cesse de transmettre sa couleur préférée au visage de tous les usagers de la route genevoise, bloqués dans les bouchons, confrontés à des chantiers organisés sans coordination ni surveillance, usagers de la route traités avec un souverain mépris lorsqu’ils ne prennent pas les transports publics, et avec une remarquable impéritie lorsqu’ils tentent de comprendre comment nos réseaux TPG sont organisés.

2638904772_1.jpgLa DGM, ce service qui ne raisonne qu’en termes de « horizon 2030 », car le quotidien des Genevoises et des Genevois « hic et nunc », n’est que péripétie de l’Histoire.

Ainsi, après avoir réussi à faire gober à la population que Genève n’aurait pas d’avenir sans le CEVA, ce train grande lignes sans marchandises allant de Cornavin à Annemasse avec 5 malheureux arrêts, pour un coût avoué de 1 milliard et demi, mais qui atteindra vraisemblablement le double, on nous explique qu’il va falloir faire une « Raquette » de deux milliards pour aller de Cornavin au Palais des Nations, à l’aéroport, Meyrin, Satigny et Bellegarde.

L’aéroport que les trains relient déjà depuis Cornavin, la place des Nations, qui est reliée par un tram, Meyrin, qui est desservi par un tram fraîchement inauguré, Satigny et Bellegarde, qui sont déjà reliés par train. Et on nous explique, les travaux du CEVA venant de commencer, que les usagers de cette future nouvelle ligne ne pourront pas aller directement à l’aéroport, compte tenu de la surcharge des lignes…alors qu’il s’agissait précisément d’un argument marketting utilisé lors de la votation de 2009.

Certes, dans l’absolu, tout est utile, car lorsqu’il y a un train, vous trouverez toujours quelqu’un pour monter dedans… La question n’est pas de faire des choses utiles (vous voulez la liste ?), mais de choisir des priorités.

Alors que l’on parle d’économies, que le contribuable ne s’inquiète pas : « le Canton sollicitera la Confédération ». Si la Confédération finançait les voyages vers les étoiles, nul doute que Genève postulerait pour une rampe de lancement…

Il est vrai qu’astre et désastre sont de la même famille.

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06/12/2012

Corruption et intégrité

Le blog d’Olivier Emery revient bien opportunément sur un mal qui ronge notre planète, et non seulement ailleurs, la corruption. Il nous rappelle, à juste titre, que l’antidote à ce mal est l’intégrité. Jusqu’à ce point, les propos ne peuvent qu’être approuvés. (http://oemery.blog.tdg.ch/archive/2012/12/05/la-corruptio...)

Là où notre blogueur sombre dans une regrettable subjectivité, c’est lorsqu’il nous explique que « presque tous les pays bien classés présentent un arrière-plan historico-culturel chrétien (à majorité corruption2.jpgprotestante) ». L’explication serait ainsi à rechercher dans la Bible, qui voue au châtiment éternel les prévaricateurs de tous genres…

En résumé et en clair, la foi des chrétiens protestants serait à l’origine de leur plus grande intégrité.

J’ai trop de respect pour Olivier Emery pour attribuer ce dérapage à une méconnaissance des données objectives du problème.

Saint-Augustin disait déjà : qu’« il faut un minimum d’aisance pour cultiver la vertu », et un parallèle entre niveau de corruption et niveau des salaires de l’administration doit incontestablement être fait.

De même, le degré de surveillance et la sévérité des sanctions jouent évidemment un rôle déterminant.

A suivre notre bloggeur de référence, nous serions amenés à penser que seul le christianisme prônerait l’intégrité. Pourtant, et même si Israël est malheureusement mal classé dans ce triste palmarès de la corruption, (http://revuedinfos.com/post/13683682665/israel-la-corruption-saggrave-dans-le-pays), personne n’osera prétendre que le judaïsme serait complaisant à l’égard de tels comportements.

Quant à l’islam, un Hadith prescrit : « Dieu maudit le corrupteur, le corrompu et l'intermédiaire entre les deux ». Le message est donc clair.

Le Qatar est d’ailleurs classé 22ème, deux places devant les Etats-Unis ; les Emirats Arabes Unis, 28èmes devancent Israël, l’Espagne et le Portugal.

Il ne s’agit donc pas d’un problème de foi, car l’Homme est Homme, et plus la précarité et l’insécurité sont grandes, plus les opportunités sont présentes, faute de surveillance, et plus l’occasion fera le larron.

Evitons donc d’opposer la foi des uns à la foi des autres, et travaillons ensemble pour donner aux pays gangrénés par la corruption les moyens de réduire au minimum incompressible la tentation des acteurs de ce fléau !

Et commençons par regarder de près ce qui se passe chez nous, car, comme j’avais eu l’occasion de le dénoncer dans un précédent billet,(http://poggia.blog.tdg.ch/archive/2008/09/15/corruption-made-in-switzerland.html), la corruption y est beaucoup plus subtile qu’ailleurs, et donc plus difficile à identifier et à combattre !

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