27/12/2012

Libre circulation: l'huile et l'eau


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La Tribune de Genève nous rapporte les propos tenus par Gerhard Pfister, président du groupe PDC aux Chambres fédérales, dans les colonnes du Tages Anzeiger, le 24 décembre, en réaction à l’initiative UDC contre l’immigration de masse :

« Je propose que les entreprises suisses trouvent un système d’accord de branche, sous l’autorité d’EconomieSuisse, qui interdise de faire venir des travailleurs spécialisés bon marché sans avoir épuisé toutes les possibilités sur le marché du travail en Suisse. Une telle mesure redonnerait la confiance à la population en la libre circulation des personnes, explique Gerhard Pfister ».http://www.tdg.ch/suisse/economie-doit-donner-preference-....

Ainsi donc, tel l’huile retenue au fond de l’eau, le bon sens remonterait-il à la surface ?

Comment pourrais-je m’empêcher de penser à ce que furent certaines réactions exprimées lors de mon passage du PDC au MCG ? Comment imaginer alors (voici trois ans à peine) que l’on puisse soutenir un discours demandant que l’on donne la préférence à la main-d’œuvre locale ? http://archives.tdg.ch/geneve/actu/heros-assures-rallie-m...

Le MCG était alors qualifié de parti d’extrême droite, xénophobe et nationaliste, d’où sa localisation à la droite de l’UDC au parlement. Il n’y a plus aujourd’hui que les imbéciles ou les malhonnêtes qui le prétendent.

Depuis des années, le MCG, et le MCG SEUL, défend la priorité d’embauche pour les résidents - quelle que soit leur nationalité - par l’Etat et les régies publiques d’abord, mais également par les employeurs privés.

http://poggia.blog.tdg.ch/archive/2010/04/11/politique-tr...

Aujourd’hui on se réveille, du moins par le discours, car de la parole aux actes il y a encore tant à faire. Cela est tellement vrai que pour flatter le lecteur, on en vient à proposer un contre-projet à l’initiative UDC.

Soyons sérieux ! La protection du marché de l’emploi helvétique doit passer impérativement par la renégociation des accords bilatéraux, car toute préférence législative ou sous forme de convention collective de branche d’activité serait considérée comme discriminatoire et sanctionnée par la justice.

L’Union européenne n’acceptera évidemment pas, ce d’autant dans le contexte politique et économique actuel, d’instaurer une telle exception au principe, que d’autres en Europe ne manqueraient pas de revendiquer.

Il faudra imaginer une contre-prestation suffisamment crédible et alléchante.

Posons les bases du problème :

1.  La libre circulation a incontestablement des aspects bénéfiques pour notre économie, qui peut aller chercher les compétences dont elle a besoin, là où elles se trouvent.

2. Notre économie abuse de cette liberté en engageant hors de Suisse des personnes disposées à travailler pour un salaire inférieur à celui pratiqué généralement chez nous.

3. Notre économie abuse également de cette liberté en engageant hors de Suisse des personnes avec expérience pour un salaire égal à celui d’un jeune ayant terminé sa formation, et qui se retrouve ainsi dans une concurrence totalement déloyale contre laquelle il ne peut rien.

4. Ce qui est valable pour les ressortissant UE s’installant en Suisse au bénéfice d’un engagement décrit sous 2 et 3, vaut également pour ceux qui s’installent en zone frontalière, soit parce que le marché local du logement n’offre rien d’abordable, soit parce qu’ils sont domiciliés non loin de la Suisse, ou qu’ils trouvent à se loger meilleur marché en France, en Allemagne, en Italie ou en Autriche.

5. Si l’on instaure une priorité pour le marché local de l’emploi, cela signifie que l’économie suisse ne fera appel à des travailleurs installés hors de Suisse que dans les cas où le profil du poste n’est pas disponible sur le marché intérieur.

6. Pourquoi ces travailleurs étrangers devraient-ils être pénalisés lors de la perte de leur emploi, après avoir apporté leur contribution à l’économie suisse ?

7. Il s’impose dès lors d’offrir aux travailleurs de l’UE qui perdent leur emploi alors que leur engagement a été soumis à la règle de la priorité territoriale, des prestations équivalentes à celles de nos chômeurs, et cela même lorsqu’ils ne se sont pas installés en Suisse ou qu’ils retournent dans leur pays. Ils ne seront donc pas à charge de la sécurité sociale de leur pays de résidence.

A cette condition, l’Union Européenne pourra peut-être accepter de renégocier la Convention de libre circulation des personnes.

A défaut, la Suisse ne pourra pas faire l’économie de s’interroger sur le bilan global des accords bilatéraux, en vue d’une possible dénonciation.

Il est grand temps de sortir des grands discours dogmatiques, à droite, comme à gauche, et de regarder la réalité en face : la Suisse ne ressemble à aucun de ses voisins européens, ni politiquement, ni économiquement, malgré tous les efforts d’eurocompatibilité de notre législation. Il faut arrêter de vouloir singer le chaos par crainte de l’isolement, sous peine de perdre notre âme et, plus accessoirement, notre qualité de vie.

 

 

11:51 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | | |  Facebook

Commentaires

Frontalier a genève, pourquoi ne pas introduire un Impot a la Source de 75% sur les revenu depassant 6000 frs par mois?

Écrit par : Jean-Michel | 28/12/2012

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