10/12/2012

Après le racket, la raquette

Nous apprenons en lisant la Tribune du week-end dernier que « l’Etat veut un RER à deux milliards sur la Rive droite », poétiquement nommé "la raquette". Mais qui donc parle ainsi au nom de l’Etat ? Le Conseil d’Etat ? Un Conseiller d’Etat ? Que nenni ! Le chef de projet à la Direction générale de la mobilité (DGM), que l’on envoie en éclaireur pour sonder la réaction de l’opinion publique.

La DGM, vous connaissez ? C’est ce service dirigé par Madame la Conseillère d’Etat verte Michèle Kunzler, qui n’a de cesse de transmettre sa couleur préférée au visage de tous les usagers de la route genevoise, bloqués dans les bouchons, confrontés à des chantiers organisés sans coordination ni surveillance, usagers de la route traités avec un souverain mépris lorsqu’ils ne prennent pas les transports publics, et avec une remarquable impéritie lorsqu’ils tentent de comprendre comment nos réseaux TPG sont organisés.

2638904772_1.jpgLa DGM, ce service qui ne raisonne qu’en termes de « horizon 2030 », car le quotidien des Genevoises et des Genevois « hic et nunc », n’est que péripétie de l’Histoire.

Ainsi, après avoir réussi à faire gober à la population que Genève n’aurait pas d’avenir sans le CEVA, ce train grande lignes sans marchandises allant de Cornavin à Annemasse avec 5 malheureux arrêts, pour un coût avoué de 1 milliard et demi, mais qui atteindra vraisemblablement le double, on nous explique qu’il va falloir faire une « Raquette » de deux milliards pour aller de Cornavin au Palais des Nations, à l’aéroport, Meyrin, Satigny et Bellegarde.

L’aéroport que les trains relient déjà depuis Cornavin, la place des Nations, qui est reliée par un tram, Meyrin, qui est desservi par un tram fraîchement inauguré, Satigny et Bellegarde, qui sont déjà reliés par train. Et on nous explique, les travaux du CEVA venant de commencer, que les usagers de cette future nouvelle ligne ne pourront pas aller directement à l’aéroport, compte tenu de la surcharge des lignes…alors qu’il s’agissait précisément d’un argument marketting utilisé lors de la votation de 2009.

Certes, dans l’absolu, tout est utile, car lorsqu’il y a un train, vous trouverez toujours quelqu’un pour monter dedans… La question n’est pas de faire des choses utiles (vous voulez la liste ?), mais de choisir des priorités.

Alors que l’on parle d’économies, que le contribuable ne s’inquiète pas : « le Canton sollicitera la Confédération ». Si la Confédération finançait les voyages vers les étoiles, nul doute que Genève postulerait pour une rampe de lancement…

Il est vrai qu’astre et désastre sont de la même famille.

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Commentaires

Bravo Mauro, je vois que ton admiration pour le programme de la Verte Kunzler est égale à la fascination qu'elle opère sur moi. Remplaçons la RAQUETTE par une centaine de velolib supplementaires stationnés à Cornavin.

Écrit par : Sir Henry | 10/12/2012

Pour résumer, ceux qui ont voté pour le CEVA ne sont que des "gobeurs" un peu débiles à qui on a fait prendre des vessies pour des lanternes ... juste M. le Conseiller?

Comment pourrait-on qualifier alors ceux qui ont voté pour vous?

Écrit par : Pauro Moggia | 11/12/2012

Monsieur Poggia, pouvez-vous m'expliquer pourquoi aucun élu n'a encore pris le temps d'étudier et de commenter le programme "Mobilités 2030".
Ne me dites pas que ces 60 pages sont trop longues à lire.

Écrit par : Pierre Jenni | 11/12/2012

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