13/09/2012

Sécurité du logement à la retraite. Restons sérieux !

 

Le 23 septembre, nous devrons nous prononcer pour ou contre cette initiative, qui ne vise, ni plus ni moins, qu’à permettre aux personnes à la retraite, qui sont propriétaires de leur logement, de sortir, si e192_0-ZZbuRduC-personne-agee-absolut-fotolia-com-s-.pnglles le souhaitent, du système (injuste), qui impose, au titre du revenu, la valeur locative du logement occupé par son propriétaire.

En effet, pour ceux qui l’ignoreraient dans notre canton à majorité de locataires (davantage par nécessité que par choix), les propriétaires sont imposés sur la valeur locative – théorique - du logement qu’ils occupent, qui vient s’ajouter à leurs revenus. La contrepartie consiste en la possibilité de déduire les intérêts hypothécaires effectivement versés, de même que les frais d’entretien.

Ce système a pour conséquence perverse d’amener les propriétaires à conserver une dette hypothécaire dont les intérêts sont au moins égaux à la valeur locative de leur logement.

A la retraite, dans la grande majorité des cas, les revenus diminuent, et les impôts liés à cette valeur locative sont d’autant plus douloureux que le propriétaire aura pris la précaution de réduire suffisamment sa dette hypothécaire. Inversement, le maintien de cette imposition sur la valeur locative incite les futurs retraités à conserver un endettement hypothécaire, dont les conséquences peuvent être financièrement insupportables  en cas de hausse des taux, jusqu’à les contraindre à la vente.

Cette initiative est donc juste et équitable.

Néanmoins, dans les colonnes de la Tribune du 13 septembre, sous la plume de Carlo Sommaruga, conseiller national socialiste, certes, mais avant tout Secrétaire général de l’ASLOCA romande, qui nourrit une méfiance épidermique à l’égard de tout propriétaire, aussi petit soit-il, je lis les arguments des opposants. Remarquables :

1.       Une injuste violation de l’égalité de traitement, car les propriétaires non retraités continueraient impérativement à être imposés sur la valeur locative. Est-ce à dire que l’élu socialiste voudrait faire bénéficier de ce choix TOUS les propriétaires ? Non bien sûr. Selon cette bien curieuse conception de l’égalité de traitement l’injustice qui frappe les propriétaires avant la retraite devrait perdurer jusqu’à leur mort. La durée serait ainsi créative d’une juste injustice.

2.       Les locataires, pour leur part, ne pourraient bénéficier d’aucune réduction fiscale. Certes, mais tel n’est pas l’objet de l’initiative, qui traite des retraités propriétaires, ceux-là même qui pèseront bien moins lourdement sur le budget de la collectivité pour le simple motif qu’ils ne pourront généralement pas bénéficier des prestations complémentaires à l’AVS, pas plus que d’allocation logement ( http://www.ge.ch/logement/aides-personne/allocation-condi... ).

3.       Aider les retraités serait injuste, car leur situation serait comparativement meilleure à celle des femmes célibataires, des parents isolés ou des familles nombreuses. Pour un élu socialiste, il fallait oser ! En d’autres termes nos aînés seraient bien lotis et ne devraient pas être aidés, car d’autres classes de la population le mériteraient davantage. C’est oublier que les situations signalées font également l’objet d’une attention particulière sur le plan cantonal, et même si des progrès doivent être réalisés, il n’y a aucune raison d’opposer l’une à l’autre des situations difficiles, notre société ayant tout intérêt à promouvoir l’indépendance économique de ses retraités.

4.       Enfin cette initiative priverait les caisses de l’Etat de près de 750 millions de francs sur le plan national. D’abord cela reste à démontrer, car celles et ceux qui choisiront l’abandon de l’imposition de la valeur locative se priveront du même coup de la déduction des intérêts hypothécaires et se verront plafonner les frais d’entretien. Ensuite, si le parti socialiste est à ce point attentif aux entrées fiscales de notre pays, pourquoi lutte-t-il pour l’abolition de l’imposition d’après la dépense (impôt à forfait) en faveur des riches étrangers qui s’installent en Suisse, et qui rapporte annuellement 700 millions d’impôts, entre 25 et 35 millions à l’AVS, 300 millions à la TVA sur les dépenses et génère 22'500 emplois ? Position d’autant plus dogmatiquement absurde que ces riches étrangers, par définition mobiles, iraient s’installer ailleurs si, d’aventure, la Suisse devenait un couvent de la moralité fiscale au centre d’une vaste maison close européenne d’abord, et mondiale ensuite!

En conclusion, les arguments des opposants à cette initiative sont sans fondement, lorsqu’ils ne sont pas fallacieux.

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Commentaires

"Cette initiative est donc juste et équitable" elle est en effet juste, intelligente mais certainement pas équitable, malheureusement : les propriétaires n'ayant pas encore atteint l'âge de la retraite et qui, eux, continueront d'être imposés sur une prétendue valeur locative de leur bien immobilier qu'ils habitent ne peuvent voir dans cette initiative qu'une injustice patente...

Il eût été plus équitable de l'appliquer à TOUS les propriétaires, sans distinction aucune..dommage donc.

A titre personnel, je suis locataire, ce qui ne m'empêche pas d'être contre ce système d'imposition sur la valeur locative présumée d'un bien qu'habite son propriétaire..c'est du vol à mon sens, ni plus ni moins.

Écrit par : locataire supporter | 13/09/2012

Quoi qu'il en soit, cette initiative favorise une classe d'âge (le retraité) qui est celle qui accumule globalement le plus de richesse par rapport aux autres ainsi que les propriétaires, qui par définition - lorsqu'on possède son propre logement - est également aisé.

Mélangé le tout, vous obtiendrez bien évidemment un résultat intéressant vis-à-vis de ceux que les initiant essaye de faire passer pour les principaux bénéficiaires, à savoir les personnes âges possédant leur maison, mais en proie aux difficulté financière.

Bigre, moi si je possédait ma maison, et que j'étais à la retraite, et que j'avais des difficultés financières, je profiterai de la hausse vertigineuse et perpétuelle du marché immobilier pour m'en séparer et devenir riche.

De plus, on parle de l'impôt sur la valeur locative : je suis également pour sa suppression totale, mais bien évidemment pour autant qu'on supprime les déductions fiscales des montants pour les intérêts de l'hypothèque. (Evidemment cela sur les bien immobilier acquis APRES la modification de la loi).

Bref, encore une initiative inique, qui profitera aux plus riches et que nous allons nous empresser de voter ... sans penser aux pertes d'entrée fiscales.

Écrit par : Djinus | 13/09/2012

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