06/06/2012

Jobs d'été: Mission impossible?

 

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J'ai encore le souvenir de la course aux jobs d'été que mes amis et moi entamions chaque début d'année, afin de gagner quelques sous pour partir en vacances ou, plus simplement, soulager les finances de nos parents.

C'est ainsi que plusieurs années durant, j'ai travaillé, au minimum cinq semaines d'été, dans l'usine de BAT, à la route des Acacias, à Genève. Les conditions de travail étaient difficiles, d'autant plus pour un non fumeur, avec une entrée d'usine à 7 heures et une sortie à 16 heures 30, ainsi qu'un travail dans le tabac brûlant, sortant des fours. Mais le salaire était plus élevé qu'ailleurs, et le sacrifice était récompensé, même si le tarif horaire ferait certainement sourire aujourd'hui.

J'en ai gardé un bon souvenir, d'autant qu'il m'a permis, collégien, puis étudiant en droit, de côtoyer des travailleurs d'usine et leurs préoccupations. Une belle leçon d'humilité.

Cette même leçon d'effort et d'humilité que nous souhaiterions certainement tous donner à nos enfants. Leur faire toucher la difficulté que peuvent rencontrer ces hommes et ces femmes que nous croisons tous les jours, à peine conscients de ce que peut être leur quotidien.

Les grands magasins étaient de grands pourvoyeurs de jobs d'été, et nos jeunes se pressaient chaque année pour décrocher un petit emploi d'aide magasinier ou de caissier, à la Migros ou à la Coop notamment.

Mission impossible désormais. Inutile de tenter un balbutiement de demande, vous vous verrez répondre que les jobs d'été sont réservés aux enfants des collaborateurs. Logique, dans un certain sens. Le malheur des uns, comme toujours, fait le bonheur des autres. La libre circulation est également passée par là, laissant derrière elle, une fois encore, nos résidents.

Dommage pour nos jeunes qui ne pourront pas avoir la satisfaction de réaliser quelques revenus fort appréciés, profitant, par la même occasion, de toucher des secteurs d'activités qu'ils ne pourront peut-être plus côtoyer à l'avenir, tout ne nouant avec les enterprises locales, les liens favorables à la cohesion sociale dont on parle tant.

 

 

11:47 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (10) | | |  Facebook

Commentaires

A ce sujet , un autre article paru en 2009 sur les jobs d'été et aussi avec une lettre sur les chariots devenus inhumains de l'aéroport qui offrait beaucoup de travail aux jeunes en été.
http://paquis.blog.tdg.ch/archive/2009/03/28/cessons-de-massacrer-nos-jeunes.html

Écrit par : maxime | 06/06/2012

« Les jobs d'été sont réservés aux enfants des collaborateurs » OUI c'est clair! En plus des collaborateurs très mal payés car pas ils ne sont pas locaux donc on imagine que leurs enfants travaillent, eux aussi, au comble du rabais…pendant que les entreprises locales s’en frottent les mains et s’en mettent plein les poches…bien sûr ils paient des impôts pour que l’Etat donne les miettes qui restent à la population mise à l’écart et sacrifiée sur l’autel de ce libéralisme sans foi ni loi.

Écrit par : Barbie d'Armoises | 06/06/2012

et en Suisse Allemande chez des agriculteurs,ou en Allemagne ou le bio exige le travail fait à la main,peut-être qu'en été certains agriculteurs hors de nos frontières accueilleraient des jeunes. Lavés nourris et blanchis un petit pécule . Ils apprendraient une langue ,l'effort peu rénuméré tout en apprenant d'autres us et coutumes et le respect de l'effort envers leurs parents pour leur argent de poche.Ils apprendraient aussi à vivre comme des grands et surtout à couper avec plus de facilité le cordon familial.On y est passés et on est pas morts bien au contraire.J'admets qu'à notre époque fuir en courant la famille était le souhait de beaucoup d'enfants,grande différence d'avec aujourd'hui

Écrit par : lovsmeralda | 06/06/2012

@Barbie d'Armoises

D'accord avec vous que les entreprises profitent de la libre circulation pour faire des économies de salaires aux détriments des locaux en recherche d'emploi. Mais pas pour les jobs d'été. Le salaire horaire est le même, locaux ou non locaux
Oui les emplois d'été sont en priorité donné aux enfants des collaborateurs. Sauf que maintenant vu qu'il y a une majorité de non locaux aux RH bin ils privilégient les enfants de collaborateurs non locaux ... Quant aux parents non locaux et collaborateurs de ces entreprises ils sont, peut-être, payés au minimum de la CCT de l'entreprise, mais chez eux cela équivaut à un salaire de directeur ...
Subtilité qui n'a pas échappé aux patrons mais à nos dirigeants politique ...

Écrit par : Vivre à Genève | 06/06/2012

Espérons que tous, ou du moins la majorité, des politiciens de la gauche genevoise, pourraient évoquer des souvenirs de vacances du même genre.

Écrit par : Mère-Grand | 06/06/2012

C'est vrai que c'est dommage, à plusieurs niveaux.

Je me souviens avoir travaillé à l'âge de 12-13 ans en Suisse-Allemande dans une usine de décolletage pendant un mois, juste pour pouvoir me payer le train qui me mènerait un mois en vacances chez une tante résidant sur la Côte d'Azur.

8h45 de travail par jour, la main gauche toute la journée dans l'huile et des éclats de métal qui rentraient dans les chairs des doigts et le bras droit à baisser une manette lourde à chaque pièce. J'avais un quota de production à respecter, légèrement inférieur à celui des ouvrières expérimentées. Cet effort incessant du bras droit a généré des tendinites aiguës dont je garde encore des séquelles à un âge avancé.

Mais j'ai compris à cet âge-là ce qu'enduraient les ouvriers et ouvrières en usine, pour gagner des clopinettes et bien souvent obligés de faire des heures supplémentaires à la maison le soir et le week-end dans le secteur horloger pour pouvoir survivre.

Cette course à la rentabilité, de plus dans un cadre où les produits toxiques sont nombreux, génère forcément des coûts de santé très élevés, tôt ou tard.

Sans mettre les jeunes dans des conditions aussi drastiques, ce serait bien qu'il puisse être confrontés au monde du travail occasionnellement.

A part les petits livreurs des pharmacies, soit une par quartier, et une aide occasionnelle à la cantine des collèges, il n'y a pas grand chose à leur proposer.

Les voiries par exemple, pourraient générer des petits postes temporaires, ne serait-ce que pour nettoyer les bords de l'Arve pris pour des poubelles. Cela leur apprendrait aussi à respecter la nature et à ne plus jeter leurs cannette en alu, parfois même sur le trottoir alors qu'il y a une poubelle à 3 mètres ou un container de récupération à 20.

J'en ai vu souvent faire cela. Et lorsque l'on se permet une réflexion en leur montrant la poubelle, ils vous narguent en jetant un coup de pied dedans.

Les jeunes ne sont pas tous comme ça, heureusement. J'ai connu des tas d'adolescents qui auraient souhaité pouvoir travailler un peu. Parfois les privés ont besoin aussi de petits coups de main, descendre des choses à la cave, accompagner pour quelques courses spéciales, etc...

J'ignore si un site existe d'offre et de demande par Canton ou Ville qui leur permettrait de gagner des petits sous par des privés.

Des postes de travail occasionnels ne me semblent pas non plus insurmontables à mettre en place, ne serait-ce que dans les différents services de l'Etat et communaux.

Écrit par : Jmemêledetout | 08/06/2012

@Mère-Grand

De nos jour, les jobs d'été des jeunes pousses de la gauche genevoise, c'est vandaliser ou arracher les affiches du MCG.

Écrit par : Youri Gagarine | 08/06/2012

Bonjour,
Je trouve démoralisant vos sous-entendus sur les jobs d'été. En effet, la ségrégation de la part des français envers les genevois est un fait connu de tout travailleur. Plus un poste à responsabilité, plus une embauche sans une débauche d'énergie et couleuvres à avaler alors que vous voyer vos collègues frontaliers progresser d'une années sur l'autre. Dans n'importe quel autre pays, il y aurait eu une révolte! Mais non, nous les gentils suisses on est fataliste. Dans n'importe quel autre pays, les politiciens se seraient emparés du problème. Mais non, ici on est tellement décalé de la réalité, que si on ose dire qu'il y a discrimination à l'embauche des genevois A GENEVE, des POLITICIENS GENEVOIS (MEYRIN) s'insurgent et menacent d'aller voir la court de justice européenne!!!
Ah oui, il y a un parti qui traite du sujet. Enfin... il faut lire entre les lignes d'un article paru dans un blog où on dirait que nos pauvres enfants ont du mal à trouver un job d'été. VOUS VOUS MOQUEZ du monde ou quoi. Meme vous, vous ne vous rendez pas compte de ce qui se passe ici! Pendant, ce temps les suisses qui ne se sont pas encore fait virés, doivent entendre à longueur de journée les railleries sur notre incompétence, sur notre niveau d'étude pas à la hauteur etc. On ne parle pas de frontaliers européens quelconques, on parle de français; ce peuple élu, supérieur en tout point au reste de l'humanité et qui passe son temps à le faire savoir face à des petits naifs suisse tout juste sortis du biberon; le combat est trop inégal et tourne au massacre! S'il n'y a pas un arbitre (un politicien ar ex) pour gerer cela, ça va nous mener à un vrai génocide!!!!!!!!!!!!

Écrit par : Karim Bellassy | 11/06/2012

On ne peut rien faire? ben.. une chose, pourquoi ne pas commencer à donner des noms et en faire de la publicité avec le pourcentage qui va bien:
Rolex,Rolex, Rolex, Rolex heu... Rolex (manufacture horlogère), Patek Philip, TPG, HUG, Novartis (à Nyon), Merx (fermeture = pratiquement pas d'impact sur chomage genevois), Balexert, etc
Moi je dis ça, je dis rien. Mais il me semble que juste un petit peu de pub dans la TdG et hop dans certaines boites genre au hasard... Rolex par ex. et c'est branle bas de combat à la direction et ça bougerait vachement vite! Et puis ça ferait boule de neige.
Les risques? délocalisation en Chine de Rolex? représailles sur TdG (ça peut-être) mais TdG pourrait être fière d'avoir contribuer à l'embauche de centaines de genevois, d'une serénité retrouvée dans certaines grandes entreprises. Et peut-être TdG pourrait être fière d'avoir simplement fait son JOB.

Écrit par : Karim Bellassy | 11/06/2012

Bon courage! C'est toujours compliqué de trouvé un job d'été! Surtout en ce moment.

Écrit par : bol chantant | 11/06/2012

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