31/05/2012

Eric Stauffer: l'homme à abattre

 

Avant d'accuser Eric Stauffer d'avoir menti, la Tribune de Genève serait bien inspirée de peser ses mots, et de vérifier ses sources.

Eric Stauffer a répondu par la négative à la question de la Chancellerie quant à savoir s'il fait l'objet de procédures. Cette question, dont la réponse n'influence nullement l'éligibilité des candidats, a pour but de renseigner les électeurs sur leur moralité.

A l'appui de sa réponse, Eric Stauffer a produit un certificat de bonne vie et moeurs, lequel n'est délivré que si celui qui le sollicite, non seulement ne fait l'objet d'aucune condamnation, mais ne risque même pas une condamnation infâmante dans le cadre d'une procédure en cours.

Selon les informations de la Chancellerie, Eric Stauffer serait partie dans 11 procédures. Il n'en faut pas plus pour que la Tribune le traite illico de menteur.

Décryptage d'une manoeuvre politicienne à laquelle se livre un service de l'Etat, instrumentalisé pour la circonstance:

Sur le plan pénal, Eric Stauffer est plaignant dans 4 affaires. Aurait-il dû le mentionner? Suite aux attaques calomnieuses dont il fait systématiquement l'objet, Eric Stauffer se défend. Quoi de plus logique?

Les 2 autres procédures sont une plainte du député Broggini pour une altercation à la buvette, plainte dont le prochain classement ne fait aucun doute, faute de quoi le certificat de bonne vie et moeurs n'aurait pas été délivré avec l'aval du Parquet, et une plainte déposée par Santésuisse pour avoir osé mettre en cause la probité de son président dans une affiche électorale en octobre 2011, ce dont tout le monde se souvient. A cette occasion, Eric Stauffer avait dénoncé les liens incestueux entre le monde de la politique et celui des assurances.

Sur le plan civil Eric Stauffer est demandeur dans 1 procédure dans laquelle il demande le respect d'un contrat, et est défendeur dans 3 autres. Dans deux procédures, Eric Stauffer est assigné aux côtés des candidats aux dernières élections fédérales, dont moi-même, dans des actions qui visent à valider l'interdiction de publier des affiches mettant en cause Santésuisse et le Groupe Mutuel. Dans la dernière, terminée en ce qui le concerne, Eric Stauffer était assigné aux côtés de la Tribune de Genève elle-même, suite à un billet publié sur son blog. La Tribune n'ayant pas accepté sa condamnation pour une question de principe a recouru au Tribunal fédéral.

Quant à la procédure administrative...il s'agit du recours déposé par Éric Stauffer lui-même contre la décision du Bureau du Grand conseil l'excluant de ses commissions durant 5 mois pour avoir arrosé Pierre Weiss. Procédure dans laquelle il a déjà obtenu l'effet suspensif.

Voici donc les procédures en question. Le simple fait de les mentionner est indécent, tant il est évident qu'elles ne salissent aucunement Eric Stauffer, le contraire étant même vrai pour la majorité d'entre elles.

Pour ce qui est des actes de défaut de biens inscrits à l'Office des poursuites, la question à laquelle Eric Stauffer a répondu par la négative était celle de savoir s'il avait des dettes pour plus de 50'000 francs.

Cette réponse est conforme à la réalité, car la grande majorité de ces actes de défaut de biens datent de plus de 10 ans, certains même de plus de 20 ans. A un moment où Eric Stauffer a rencontré des difficultés, ce dont il ne s'est jamais caché, certaines poursuites n'ont même pas fait l'objet d'une opposition. D'autres ont été réglées ultérieurement directement en mains des créanciers, lesquels n'ont pas retourné l'original du commandement de payer, certaines sociétés poursuivantes ayant par ailleurs disparu.

Ces créanciers n'ont jamais repris les poursuites, et s'ils le faisaient Eric Stauffer s'opposerait à ces créances.

Un certificat de l'Office des poursuites a été délivré le 11 mai 2012 et confirme qu'il n'y a aucune poursuite en cours.

Comment se fait-il que la Chancellerie, qui n'avait pas tenu compte, à juste titre, des registres peu fiables de l'Office des poursuites, tant pour sa candidature au Conseil d'Etat en 2009, que pour sa candidature au Conseil administratif d'Onex en 2011, ALORS QUE CES ACTES DE DEFAUT DE BIENS ANCIENS EXISTAIENT, en vienne subitement à changer de position, discréditant par là-même sa démarche?

Une fois encore, qui peut à ce point craindre la candidature de Eric Stauffer pour manipuler ainsi un service de l'Etat?

Même si l'existence de dettes ne rend aucunement un candidat inéligible, il est possible de se demander si l'action politique indépendante est davantage prétéritée par des actes de défaut de biens qui n'ont plus qu'une valeur historique que par des soutiens de campagne occultes dont bénéficient certains candidats, qui en déduiront une dette morale qu'il faudra bien rembourser un jour. Sans parler de tous les engagements financiers de toute nature, bien évidemment incontrôlables, qui ne ressortent pas de l'Office des poursuites...

En conclusion, Eric Stauffer confirme sa réponse négative à la question "Avez-vous des dettes pour plus de 50'000."

L'attitude de la Chancellerie, qui semble parfaitement couplée avec un nouvel article de l'Illustré paru ce jour, n'est qu'une manoeuvre supplémentaire visant à discréditer le candidat Eric Stauffer, lequel reste le seul à pouvoir sérieusement empoigner les problèmes que traverse notre canton aujourd'hui.

 

 

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26/05/2012

Il est donc comme les autres, nous voilà rassurés.

 

Jean-Pascal Delamuraz disait de la Suisse qu'elle était un pays de viticulteurs. Lorsqu'un cep dépasse, il faut le tailler. Les élagueurs d'aujourd'hui sont partout. Mais les plus efficaces sont particulièrement actifs dans notre presse écrite locale. La médisance étant bien plus prisée que l'éloge, certains journalistes dits « d'investigation », mais dont la seule qualité est de compiler les informations que l'on dépose complaisamment sur leur bureau, se sont spécialisés dans la salissure médiatique. Leur fonction, et même leur raison d'être, est de démontrer que tout est pourri dans notre société, y compris et surtout celles et ceux dont d'autres, forcément complaisants, vantent les mérites.

A moins d'être doté d'une dose anormalement élevée de masochisme, ne vous étonnez donc pas que la carrière politique n'intéresse généralement que celles et ceux qui n'ont pas d'autre choix qui se présente à eux. Regardez un instant le curriculum vitae des membres de notre Conseil fédéral, il est éloquent à une exception près. Le résultat vous le constatez quotidiennement : Genève périclite, la Suisse devient reine de l'applaventrisme, et l'Europe étouffe.

J'avais jusqu'ici navigué par vent favorable, inconscient par mon ingénuité politique, de l'orage qui devait impérativement entraver ma route.

Vous avez ainsi pu vous rassurer en lisant la Tribune du 25 mai. Poggia est comme les autres, « faites ce que je dis mais non ce que je fais », telle serait ma devise.

A lire les commentaires acides suscités par l'article de Fabiano Citroni, le but est atteint.

Tenu par le secret professionnel, je ne peux malheureusement pas fournir aux lecteurs avides de détails, toutes les subtilités qui n'ont guère embarrassé le journaliste de la Tribune. Néanmoins, et puisque je suis jugé, condamné, et exécuté, permettez que d'outre-tombe, je balbutie quelques explications.

Mon épouse a acquis, sans que j'intervienne d'aucune manière, un immeuble à Florissant en septembre 2004. Cet immeuble était en mains de la Fondation de valorisation des actifs de la BCGe, suite à la faillite d'une Société immobilière, incapable de s'acquitter de sa dette (je vous laisse imaginer l'état locatif). Cette acquisition a reçu l'aval, selon la loi, du Grand conseil.

L'immeuble n'était pas géré, dans la mesure où les loyers n'avaient pas été adaptés depuis des lustres, certains locataires ayant loué plusieurs appartements et ayant même occupé certains locaux communs pour leur usage personnel. L'immeuble n'était pas non plus entretenu, avec une façade, une entrée, un ascenseur et des locaux communs vétustes. Le restaurant du rez-de-chaussée, crasseux, était squatté...

Bref, un état locatif à ce point piteux qu'il ne permettait pas de rentabiliser les fonds propres investis, et encore moins de redonner à cet immeuble un aspect acceptable.

C'est alors que mon épouse décida de libérer certains appartements, afin de les rénover, et de les louer aux prix du quartier, un appartement de 4 pièces et demi à 600 francs ne permettant évidemment aucune amélioration du confort des lieux.

De même que l'épouse d'un dentiste s'adresse à son mari pour un traitement dentaire, il était naturel qu'elle s'adresse à moi pour suivre les procédures engagées. D'autres que moi auraient pris un confrère en prête-nom pour ne pas s'exposer eux-mêmes, mais la dissimulation n'a jamais été mon style.

Il faut ici préciser que notre loi actuelle ne permet malheureusement pas à un bailleur de discuter avec un locataire quant à la hausse de son loyer, même lorsque son loyer actuel est manifestement inadéquat, car en cas d'échec des discussions, une résiliation du bail serait considérée, à juste titre, comme une mesure de représailles. Ainsi les bailleurs sont contraints de résilier d'abord, et de discuter ensuite.

Les baux résiliés à fin 2004 et début 2005 (on appréciera l'actualité de l'information), n'ont pas concerné des personnes âgées, mais notamment des sociétés qui logeaient des employés, des étudiants, et des appartements sous-loués. De cas en cas, des indemnités de départ ont été versées.

Un couple de retraités, qui louait deux appartements dans l'immeuble, l'un pour l'hiver, l'autre, orienté au nord, pour l'été, constituent l'exception à cette règle, et après encaissement d'une indemnité, ils ont acquis un bien immobilier dans le canton de Vaud.

Mon épouse, qui n'a pas acquis ce bien pour le revendre en réalisant une plus-value immobilière, mais pour le conserver à long terme, a souhaité y installer des parents, proches ou amis, considérant que les loyers modestes fixés par le DCTI après travaux, devaient profiter prioritairement à des personnes de confiance. Procédé apparemment inconcevable pour une Genève calviniste, qui, par tradition, semble considérer la famille comme un moyen plutôt qu'une finalité.

Ainsi, lorsqu'un membre de la famille recherchait un appartement, il était examiné si une possibilité pouvait être trouvée dans l'immeuble. Deux locataires ont alors prétendu qu'il ne s'agissait que d'un prétexte, et bien que mon épouse ait proposé de verser une pénalité au cas où il devait s'avérer que le proche invoqué ne s'installait pas dans l'appartement, le congé fut annulé. Il est vrai que depuis la résiliation du bail, plusieurs années s'étaient écoulées, et la personne devant bénéficier de l'appartement avait fini par trouver une solution de relogement. Il n'en fallut pas plus pour conclure à la nullité du congé. Il est vrai que mon épouse n'a pas un nom « bien de chez nous »...

Pour dire à quel point ces deux procédures furent discutables, était invoqué le fait qu'un proche attendait un enfant. Or, cet enfant n'a pas vu le jour. Il fut conclu au prétexte. Or, cette personne avait été victime d'une fausse-couche, ce que la décence nous interdisait d'alléguer. Une autre personne de la famille avait fini par quitter le deux pièces qu'elle occupait dans l'immeuble avec son mari et son enfant, ne pouvant attendre que la personne seule occupant un quatre pièces et demie veuille bien le libérer. Il fut également conclu au prétexte.

Le Tribunal fédéral, contrairement à ce qui est affirmé, n'a pas sèchement rejeté le recours déposé. Il s'est borné à rappeler que son examen était limité à l'arbitraire et qu'il ne pouvait revenir sur les considérations de l'instance cantonale. Mieux encore, il est allé jusqu'à affirmer en février 2011, que la considération de cette instance cantonale, bien que discutable, n'était pas arbitraire...On appréciera.

Quant à la procédure en cours, je me bornerai à préciser, puisque la locataire en cause, journaliste de profession, est l'instigatrice de l'article de GaucheHebdo, repris par la Tribune, qu'elle s'est vue résilier son bail pour son échéance, dans la mesure où elle est elle-même propriétaire d'un appartement à Champel, et qu'elle est soupçonnée de sous-louer son appartement à Florissant. On comprendra que le journaliste de la Tribune ne se soit pas attardé sur ces précisions, qui auraient été de nature à détourner le lecteur de l'empathie souhaitée.

En résumé, rien d'illégal dans les procédures engagées, à moins que l'on considère qu'un particulier qui se porte acquéreur d'un immeuble doive subventionner des personnes qui n'en ont nul besoin.

Pour ce qui est des loyers pratiqués, cela ne me concerne pas, je ne suis pas consulté, et je ne suis pas impliqué. En toute hypothèse, tout locataire a des droits et ne manque pas de les faire valoir si nécessaire.

Qu'en est-il de la violation de la LDTR ? Ainsi que vous l'avez lu, le fourbe Poggia, feignant ignorer la loi, aurait tenté de la contourner.

La vérité est toute autre : souhaitant avoir mes parents âgés près de moi, nous avons regardé si un appartement au premier étage pouvait se libérer, l'idée était que l'appartement ne soit pas à un étage élevé en cas de panne d'ascenseur. Un appartement de trois pièces s'est libéré, et nous avons demandé à une personne âgée qui vivait, seule, dans un quatre pièces et demie au même étage, si elle était intéressée à le reprendre, après travaux, et pour un loyer inférieur. Ce fut le cas.

Lorsque j'ai vu l'état de l'appartement, qui n'avait pas été entretenu depuis plusieurs décennies, j'ai décidé d'agencer la cuisine et de refaire les sanitaires, en même temps qu'un rafraîchissement général. Un locataire bien intentionné a alors écrit au Département pour signaler que des travaux avaient été entrepris dans un appartement et, après visite, il me fut demandé de déposer une demande d'autorisation, nécessaire si l'on ne se borne pas à des travaux de peinture, ce que j'ai fait, s'agissant d'une simple formalité.

L'autorisation m'a été délivrée avec, selon la loi, le loyer maximum après travaux, durant trois ans. Je n'ai rien contesté, mais l'ASLOCA, suite à la publication de cette autorisation dans la FAO a recouru, considérant que le loyer de mes parents était trop élevé...Ainsi va notre République. Finalement le recours a été retiré car le Département avait parfaitement respecté la loi.

Voilà pourquoi j'ai parlé de ma bonne foi, ignorant que le fait d'agencer une cuisine et de remplacer un WC et une baignoire vétustes impliquait le dépôt d'une demande d'autorisation. Je signale d'ailleurs que la seule sanction a été de devoir déposer cette demande rétroactivement.

J'ai sans doute été un peu long, mais l'article de la Tribune méritait une mise au point. Que je puisse gêner dans le microcosme politique genevois est évident, et je m'en réjouis, mais que l'on se laisse instrumentaliser par des personnes malveillantes, et même si l'on s'en défend, est discutable, sachant l'impact que peut avoir sur l'opinion publique une mise en cause hâtive de la probité d'une personne ayant des charges politiques.

Que la Tribune s'intéresse aussi au travail que je fais à Berne, car si j'ai été reconnu par le 20Minutes suisse-alémanique comme étant le conseiller national qui avait déposé le plus de textes parlementaires depuis six mois, je n'ai rien lu sur le sujet dans nos journaux romands http://www.20min.ch/schweiz/news/story/Die-neuen-Vorstoss...

Une fois encore, la médisance semble davantage intéresser les Genevois que la reconnaissance.

Ainsi va Genève...de plus en plus mal.

 

 

 

 

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20/05/2012

Méfiez-vous du peuple, le bon sens est dangereux!

suisse.muselée.jpgLe 17 juin prochain, nous voterons sur l'initiative de l'Association pour une Suisse indépendante et neutre (ASIN), demandant que le peuple soit consulté dans le cadre d'accords internationaux liant notre pays dans des domaines importants. Nous assistons à cet égard à une étrange, mais compréhensible, coalition politico-économique contre cette initiative, qui serait dangereuse, impraticable, et dont les conséquences affaibliraient notre pays.

En d'autres termes, demander l'avis au peuple ralentirait notre réactivité politique, et serait nuisible à la Suisse. Pour convaincre les indécis, nos milieux économiques, qui sont apparemment très satisfaits de la soumission actuelle de nos politiques, ne manquent pas de moyens. Ainsi, à grands renforts d'avis d'experts universitaires (chacun sait qu'il est préférable et plus crédible de faire dire par un expert ce que l'on pense soi-même), le texte de l'initiative serait impraticable. En effet, quelle définition donner à la notion de « domaines importants » ?

Les mêmes experts ne semblent pourtant pas voir de problème à l'interprétation de l'article 147 de notre actuelle Constitution fédérale, qui parle de « traités internationaux importants »...La raison est simple : il appartient à la loi de mettre en application les principes constitutionnels et de définir les notions juridiques indéterminées. L'argument juridique ne tient donc pas, et c'est bien dans la stratégie politique qu'il faut rechercher la motivation des opposants à cette initiative.

Le risque que voient certains à consulter le peuple est bien moins avouable. Les intérêts particuliers d'une minorité, et non seulement économiques, ne pourraient que difficilement être dévoilés dans une campagne. Si le peuple n'avait pas été consulté le 6 décembre 1992, la Suisse ferait partie de l'EEE, et s'il ne devait l'être, elle serait dans l'UE. Toutes nos lois nouvelles sont d'ailleurs adoptées dans cette perspective d'eurocompatibilité. Pourtant...qui pourrait vouloir entrer dans une Europe telle qu'elle est aujourd'hui ? Même les pro-européens, dont j'étais, doutent. Avec raison.

Le bon sens populaire est donc souhaitable, même si nos politiques s'en méfient, car il ne peut se négocier avec la même aisance que des accords de cabinet. Le bon sens, garde-fou bénéfique, n'est ni de gauche ni de droite, c'est le bons sens, un point c'est tout. Que ceux qui ont des arguments à faire valoir pour lier notre pays dans des domaines importants qui toucheront le quotidien de nos concitoyens, le fassent dans le cadre d'une campagne ouverte. Le peuple n'est pas stupide, loin de là !

Ainsi, avant de donner 180 millions à la Roumanie dans le cadre du Fonds européen de cohésion (http://www.erweiterungsbeitrag.admin.ch/fr/Home/Pays), que l'on demande au peuple suisse s'il n'entend pas lier cette aide à une politique responsable et respectueuse de ce pays à l'égard de ses ressortissants « Roms ». Evidemment, cela risque d'en fâcher certains. Peu importe.

Ce sont d'ailleurs les mêmes qui s'opposent à l'élection du Conseil fédéral par le peuple. Cela nuirait à la cohésion nous dit-on. Comprenez «à la compromission ». Il ne faut pas s'étonner que notre Conseil fédéral soit le premier à s'y opposer dans son communiqué du 16 mai 2012 (http://www.ejpd.admin.ch/content/ejpd/fr/home/dokumentati...), car avec une élection populaire, la majorité de ses membres n'y serait tout simplement pas.

Alors entre deux risques, celui de ne pouvoir convaincre le peuple de la justesse d'une position, et celui de laisser diriger la Suisse du XXIème siècle, avec les nouveaux défis qui sont les siens, par des intérêts partisans, j'ai choisi. Je voterai en faveur de cette initiative.

 

 

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03/05/2012

Assurance maladie: Où va le Parlement?

 

Ce 3 mai 2012, par 98 voix contre 75, le Conseil national a accepté une proposition de minorité, déposée par les Libéraux-Radicaux, visant à inscrire, dans le programme de législature 2011-2015, sous Section 5 « La cohésion sociale de la Suisse est renforcée et les défis démographiques sont relevés avec succès », article 19 Objectif 18 « l'augmentation des coûts dans le secteur de la santé est combattue » un chiffre 61ter demandant à la Confédération de « simplifier le mode de financement en introduisant le financement moniste ».

premiers-soins-suisse_jpg.jpg
croix-rouge-300x288.jpgRappelons pour mémoire qu'en réponse à l'initiative populaire intitulée « Pour la baisse des primes d'assurance-maladie dans l'assurance de base », qui visait ni plus ni moins qu'à réduire les prestations à charge de l'assurance maladie obligatoire, le Parlement avait proposé un contre-projet intitulé trompeusement « Qualité et efficacité économique dans l'assurance-maladie », qui visait à introduire un nouvel article 117a al.6 de la Constitution fédérale, devant constituer la base du financement moniste du système de santé.

De quoi s'agit-il exactement ? Tout simplement d'instituer un payeur unique pour tout le domaine de la santé, comme c'est le cas pour les soins ambulatoires. Ainsi, pour les soins hospitaliers également, seules les assurances maladie interviendraient, et les contributions publiques, notamment cantonales, leur seraient versées, à charge pour lesdites assurances de gérer le tout.

Vous l'aurez compris, la finalité est de transférer intégralement à nos assureurs-maladie les cordons de la bourse pour tout le secteur de la santé.

Indépendamment du fait que le financement moniste constitue un retour en arrière par rapport au système, certes laborieux, mis en place dès le 1er janvier 2012, qui voit intervenir les cantons au moins à 55% du tarif unifié (SwissDRG) pour les hospitalisations intervenant dans les établissement listés dans la planification hospitalière cantonale, c'est oublier bien vite que les électrices et les électeurs suisses ont refusé, à 69,48%, le 1er juin 2008, le projet du Parlement, l'initiative populaire ayant été entretemps retirée.

Ainsi, le Parlement tente de faire revenir par la fenêtre un principe que le peuple a clairement éjecté par la porte principale, au mépris de la volonté populaire exprimée voici quatre ans à peine.

En l'état actuel, au vu de l'opacité des comptes de nos assureurs-maladie, et de l'absence de tout contrôle efficace de la part de la Confédération, principalement, et des cantons, dans une moindre mesure, il est exclu de leur confier davantage d'argent, ce que voudraient certains partis politiques, vérolés par les membres de leurs conseils d'administration.

La question se reposera lorsqu'enfin cette assurance sociale sera confiée à une caisse publique unique, dont les antennes cantonales, chargées de fixer les primes, seront soumises à un réel contrôle de la part des assurés.

Le combat sera encore long et difficile, tant les intérêts économiques adverses sont puissants. Il en va toutefois du maintien de notre liberté de choix et de l'accès à une médecine de qualité.

 

 

 

 

11:24 Publié dans Assurances sociales et privées | Lien permanent | Commentaires (4) | | |  Facebook