19/02/2012

Frontaliers: La valse des hypocrites

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Bernard Gruson, directeur général des HUG, dont on se souviendra que le livre de chevet est « Une logique de la communication » de Paul Watzlawick, (http://www.stephanehaefliger.com/pdf/lpv/lpv_31.pdf), prend brutalement conscience, dans l'établissement autonome qu'il dirige depuis plus de 10 ans, que s'est instauré, ce qu'il appelle « un malaise », dans la mesure où, à ce jour, 110 des 165 responsables des unités de soins sont frontaliers.

Il propose désormais qu'à compétences égales, on opte pour un employé résidant dans le canton de Genève, afin de rétablir « l'équilibre ». Cela sous-entend que jusqu'à maintenant la résidence n'a jamais été un critère de sélection des candidats aux compétences égales, qu'à posteriori, on admet qu'à compétences égales, le fait d'être frontaliers était plutôt un avantage...et qu'enfin, les frontaliers aux compétences supérieures n'ont pas à s'inquiéter.

Alors que depuis 2005, le Mouvement Citoyens genevois (MCG) préconise l'engagement prioritaire des résidents qui remplissent le profil du poste, tout en refusant les quotas, au motif que notre économie doit pouvoir aller chercher les compétences qu'elle ne trouve pas ici, là où elles se trouvent, il n'a cessé d'être combattu, raillé, insulté, vilipendé, par tous les partis genevois.

En mai 2011, le Conseil d'Etat instaurait la préférence pour les demandeurs d'emploi du canton. En décembre 2011, il élargissait ce principe aux régies publiques. Bernard Gruson va plus loin, en retenant ce critère pour les promotions aux postes de responsables...jusqu'à l'équilibre dumoins. Et le Président du Conseil d'Etat Pierre-François Unger de parler, comme le MCG, de « bon sens », trop content sans doute qu'on l'interroge sur autre chose que la suite qu'il a donnée à ses injonctions au collègue Mark Muller.

Ce qui était abusivement qualifié, hier encore, de xénophobie, et ce qui a valu au MCG d'être injustement catalogué d'extrême droite, serait-il devenu subitement le bon sens ? Ou la bande des hypocrites aurait-elle été contrainte de sortir du bois ? Vous connaissez ma réponse.

Mais les hypocrites et les foutriquets de la politique genevoise n'ont pas fini de sévir, soutenus par une Tribune de Genève complaisante, dont l'éditorial du 18 février, signé Denis Etienne, se garde bien de mentionner le MCG, ce qui pourrait être perçu comme un hommage au seul parti politique dont la lucidité et l'honnêteté l'avaient conduit à dénoncer, seul contre tous, des dérives qui ne pouvaient que conduire à des réactions regrettables de rejet. Tout comme la RSR, qui invite Isabelle Moret, Conseillère nationale PLR, croiser le fer avec Michel Charrat, du groupement des frontaliers, comme si le PLR était devenu subitement le défenseur de l'emploi local, lui qui représente principalement une économie qui se bat bec et ongles pour la liberté d'engager sans limites au sein de l'UE.

Une Tribune de Genève, qui ouvre, samedi dernier, grandes ses colonnes au PDC, qui serait devenu le champion de la préservation de l'emploi local, avec Luc Barthassat, Conseiller national, qui se permet même d'insulter au passage le MCG, le traitant de parti « qui ne sait qu'aboyer ». C'est l'hôpital qui se moque de la charité !

Sans parler de ceux qui continuent, avec une totale mauvaise foi, à faire croire que les Suisses domiciliés en France sont des frontaliers, espérant les rallier à leur cause, et auxquels je présente ci-dessous, un extrait du courrier que m'a adressé, précisément sur cette question, le 3 février 2011, le Directeur général de l'Office cantonal de la population :

" A la lecture de ce qui précède, je peux donc vous confirmer que l'OCP considère comme "travailleurs frontaliers" les personnes telles que définies ci-dessus, à l'exclusion des ressortissant suisses domiciliés en France et travaillant dans notre canton."

On ne peut être plus clair.

Mais Genève n'a pas le monopole de l'hypocrisie politique. Nos voisins français ne manquent jamais une occasion de mettre en avant la région franco-valdo-genevoise... quand cela les arrange.

Où étaient-ils ces élus opportunistes lorsqu'on a laissé construire l'extension de l'autoroute A41 d'Annecy à Genève, alors que l'on vantait simultanément les avantages du rail par la promotion du CEVA, dont le financement français n'est toujours pas trouvé, malgré les affirmations contraires qu'on nous sert depuis deux ans ?

Où étaient-ils ces mêmes élus, qui, tout en vantant la collaboration transfrontalière, faisaient construire, aux portes de Genève, le Centre hospitalier Alpes-Leman (CHAL), qui a ouvert ses portes, le 1er février dernier à Contamine-sur-Leman, et qui concurrence directement les HUG ?

De là à penser que la subite « prise de conscience » de Bernard Gruson serait une « réponse du berger à la bergère », il n'y a qu'un pas...

Le MCG est heureux de voir que l'on aborde enfin un sujet qui était encore tabou il y a quelques mois, et non seulement au niveau cantonal, car le Conseil fédéral envisage aussi de mettre en œuvre la clause de sauvegarde prévue par l'accord de libre circulation. L'honnêteté intellectuelle minimale que l'on serait en droit d'attendre, non pas du monde politique, car cela serait vain, mais des médias, serait de reconnaître que le MCG a contribué, de manière capitale, à la reconnaissance d'un problème dont souffrent les habitants genevois, particulièrement depuis l'entrée en vigueur des Accords bilatéraux. Serait-ce vain également ?

Et pour répondre à Luc Barthassat, oui nous aboyons, pendant que la classe politique bienpensante brait, et, contrairement à vous, nous savons aussi mordre lorsqu'il le faut ! Nous l'avons prouvé et le démontrerons encore.

 

 

 

 

 

 

 

 

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Commentaires

Chômeuse en fin de droit, en 2011 et au bénéfice d'un emploi "psef" de l'OCE, j'ai fait de multiples recherches notamment à l'Etat de Genève, durant cette année, je me suis "plains" du manque de considération des dossiers "genevois" et "chômeurs". On m'a répondu très clairement, qu'à compétence égale, on ne pouvait pas faire de "préférences"....sur ce j'ai rétorqué, que pour être fonctionnaire en france, il faut passer des concours et je suis certaine qu'une personne sans passeport (ou nationalité) française peut ni les passer encore moins obtenir un poste.
Une amie suissesse, elle aussi en difficulté d'emploi, habitant le canton de VD, elle est "hors-zone" elle ne peut postuler aux emploi de l'Etat....
Alors que dans le même temps, une amie, ex-fonctionnaire, me dit que des nouveaux "fonctionnaires" venant de paris, eux sont engagés.
Alors l'Etat se mord les doigts?

Écrit par : patcmoi | 19/02/2012

Le vrai problème et vous l'avez bien mis en avant, c'est que la France ne s'intéresse aucunement a la région. Pas de vrai liaison ferroviaire entre Lyon et Genève. Pas de politique commune au niveau des aéroports. Destruction du réseau ferroviaire périphérique, les trajets étant fait depuis les gares par des bus.
Monsieur le President de l'Assemblée nationale française a-t-il profite de la venue du President a Annecy pour lui parler de la région ?
Sans parler des lois qui empêchent de créer des emplois sur France.
Quid de la zone franche qui pourrait permettre de créer une zone spéciale pour l'établissement d'entreprise.
Genève a joue le jeu. La France ne la pas fait.
CQFD

Écrit par : Bertrand Buchs | 19/02/2012

En fait, à part dans l'esprit de certains députés, la région n'existe pas : ni en ce qui concerne la culture, ni la médecine, ni l'enseignement, ni les transports, ni...
Je suis assez en faveur de la priorité genevoise. Cela me semble simplement du bon sens.

Écrit par : Jean Romain | 19/02/2012

Monsieur Buchs, vous racontez à priori n'importe quoi, mais on ne peut vous en vouloir c'est chose commune au PDC à présent.

la liaison ferroviaire entre Lyon et Genève, fonctionne parfaitement. Un TGV par heure, qui s'arrête uniquement à Bellegarde. Je l'ai pris moi même la semaine passée, économisant près de 50% en transport en atterrissant à Lyon plutôt qu'à Genève avec la même compagnie.

Hormis le problème économique, quelles lois empêchent-elles donc de créer de l'emploi en France ? Ce serait en effet gravement scandaleux, pouvez-vous être plus précis.

Écrit par : Fabien Wulff-Georges | 19/02/2012

Comme Rome, la région ne se fera pas en un jour. Et ce n'est sans doute pas une gué-guerre de postures qui précipitera son avènement. Imaginer que le politique puisse façonner son avenir ex-nihilo, c'est se mettre le pied dans l'oeil. La région se fera parce qu'elle saura collectivement sortir par le haut des problèmes qu'elle rencontre et rencontrera. Cette région est un laboratoire d'avenir, une start-up du vivre-ensemble qui pour avancer doit pouvoir compter sur la volonté de ses résidents et sur des modèles nouveaux d'organisation collective. Nos élus sont-ils habilités à en dessiner les contours ? Je verrais bien une Agora régionale prendre l'initiative de ce vaste chantier. J'imagine naïvement Franco, Valdo et la belle Romande sur une prairie du Salève signer un pacte fondateur.

Écrit par : demain | 19/02/2012

Monsieur Poggia, croyez-vous sincèrement que l'ostracisme améliorera la situation de notre ville ?

Écrit par : Grégoire | 19/02/2012

Mr Gruson et Unger ne trompent personne. Ce sont eux qui hier, rappelez-vous, ont fait campagne pour que l'on étende la libre-circulation à la Roumanie et à la Bulgarie, Mr Gruson allant même jusqu'à nous raconter que la libre-circulation était une question de vie et de mort pour certains de ses services hospitaliers... Et aujourd'hui il s'aperçevrait tout à coup que ces services sont remplis de frontaliers ? De qui se moque-t-il ? Mr Gruson et Unger prennent les citoyens genevois pour des billes ! Ce sont eux qui ont fait entrer des frontaliers par centaines aux HUG. Si aujourd'hui ils prétendent s'intéresser tout à coup au nombre de frontaliers aux HUG c'est parce qu'ils ont peur ! De quoi ? De l'initiative contre la libre-circulation que vient de déposer à Berne en un temps record l'UDC. Mr Unger et Gruson recourent donc à la démagogie. Pourquoi se priver lorsque l'on croit que les citoyens sont si stupides qu'ils avalent n'importe quoi. Demain lorsque suite à l'initiative UDC le débat sera ouvert publiquement sur la libre-circulation et que ceux qui sont contre leur demanderont qu'avez vous fait ? Mr Gruson et Unger répondront, mais regardez en février nous nous sommes clairement prononcé pour la préférence genevoise ! Après avoir fait le plein de frontaliers durant des années ils diront, vous voyez, nous ne sommes jamais restés les bras croisés face aux problèmes des genevois. ( Vous pariez ? ) C'est juste de la démagogie de bas étage, du PDC pur sucre tout craché ! Le degré zéro de la démocratie !

Écrit par : anti-démagogue | 19/02/2012

Monsieur Poggia,
Vous êtes aussi Italien, si je ne m'abuse, vous avez postulé à des postes politiques en Italie, vous devriez donc avoir l'esprit ouvert. Cela ne me semble pas être le cas. Où est chez vous l'Esprit de Genève?
Et qui sont les hypocrites et les foutriquets dans ce bal des frontaliers, si ce n'est ceux qui entreprennent cette chasse aux gueux afin de discriminer un groupe de travailleurs étrangers, les diffamer et inciter les personnes fragiles à la haine contre eux, ce qui est légalement punissable en Suisse, vous le savez bien, et contraire aux droits de l'homme.
Vous oubliez des éléments essentiels:
- Genevois et Français voisins ont les mêmes racines. Ils ont toujours fonctionné en complémentarité: avant-guerre, les Suisses, victimes de la crise économique, pauvres, venaient s'installer en France voisine, ils y sont restés, d'où la grande quantité de doubles nationaux: y ont-ils été accueillis avec des lance-pierres? Non, ils s'y sont mariés!
- Aujourd'hui, des Français voisins viennent travailler en Suisse. Genève, si elle leur donne du travail, perçoit leurs impôts sur le revenu, n'a pas à financer leurs logements, leurs routes, les écoles de leurs enfants, leurs hôpitaux et autres organismes de santé. Autant d'économisé pour le contribuable genevois! Parallèlement, les Suisses, qui ne peuvent se loger à Genève, peuvent acheter des maisons ou des appartements en France: y sont-ils victimes d'ostracisme, alors que ces achats provoquent une telle hausse de l'immobilier qu'un simple employé français ne peut plus acquérir ou louer le logement qui lui conviendrait? Est-il juste de passer cela sous silence? Un certain nombre de gens du pays, des jeunes, ne pouvant suivre ce niveau de vie, sont obligés de s'expatrier... Est-ce normal?
- Vous vous permettez même de critiquer la politique française, qui ne regarde que les Français, via le nouveau Centre hospitalier Alpes-Leman (CHAL): or, vous savez sans doute que ce nouvel établissement a de la peine à recruter son personnel infirmier notamment. Et pourquoi?
- Enfin, la frontière ayant 2 côtés, ce qui coule de source, vous devriez utiliser le mot frontalier de façon appropriée, puisque, habitant Genève, qui a 110 km de frontières avec la France et seulement 4 avec la Suisse, vous êtes, vous aussi, comme tous les habitants du canton, Monsieur Poggia, un FRONTALIER, le frontalier de cette France où vous aimez venir vivre, manger, vous distraire...
J'ai honte pour la Genève de la Paix de cette guéguerre qui tourne à la peste brune, contagieuse et mortifère...

Écrit par : Kate | 19/02/2012

Bien répondu Kate
je crois qu'effectivement nous n'avons pas besoin de l'avis d'un italien, nous vivons très bien et depuis toujours avec nos voisins français.
Monsieur Poggia devrait postuler à Rome, il y a sans doute là-bas de la place pour ses idées arriérées.

Signé: un genevois pure souche et fier de sa région

Écrit par : Jean Laurent | 19/02/2012

A Kate, Jean Laurent et autres alias courageux. Lisez mon texte au-delà du titre, et vous comprendrez que mon propos n'est jamais allé plus loin que l'affirmation d'une priorité aux résidents, quelle que soit la nationalité, à compétences égales. Dans les faits, malheureusement, lorsqu'un frontalier est à un poste de recrutement, c'est un autre frontalier qu'il engage à compétences égales. Alors, soyez assez aimables de commencer par balayer devant votre porte, et regardez comment serait accueilli un Suisse dans l'administration française, à supposer qu'il veuille y entrer.

Écrit par : mauro poggia | 19/02/2012

@ kate et jean-laurent

Manifestement vous n'avez pas compris l'enjeu... Personne n'en veut aux français frontaliers en personne, en tant qu'individus, ce n'est pas une querelle de personnes... Avec vos histoires de peste brune et de haine individuelle vous êtes totalement à côté de la plaque... vous ressassez les arguments dépassés de socialistes qui ne se sont toujours pas aperçu que les catégories dont ils parlent auront bientôt un siècle ( sic ! ) Ce qui est en jeu c'est la déconstruction de l'unité politique de la Suisse en essayant notamment par le biais de la construction d'une grande genève franco-genevoise de la désolidariser de la Suisse et de la faire basculer dans l'UE et dans l'escarcelle de l'un de ses piliers, soit la France... Autrement dit ce qui est jeu c'est notre souveraineté et notre indépendance, la survie de notre pays.


Si vous ne le croyez pas allez donc voir comment les zélés défenseurs de l'agglo ( quel nom stupide... ) et de la grande Genève française que sont Mr Mabut et Mr Souaille sont déjà en train d'en redessiner la carte et de transformer les équilibres internes de la Suisse, ici :

"Gruson jette un pavé et les grenouilles coassent"



http://jfmabut.blog.tdg.ch/archive/2012/02/15/e39aa2490cd19cdb41ccfc7842217677.html


Les français frontaliers n'y sont pour rien en tant qu'individus, ils ne sont dans ce petit jeu que des pions dont les uns et les autres se servent pour assurer leurs ambitions... Elevez un peu le niveau de votre perspective... ce sont des questions de principes et d'équilibres non des questions visant des individus...

Écrit par : Bien regarder | 19/02/2012

Bravo Mauro pour cete brillante mise au point!
Cela brûlerait la langue d'un journaliste de rendre au MCG ce qui lui appartient. Jean-Claude Péclet dans Le Matin Dimanche de ce jour en remet une nouvelle couche "Les frontaliers se sentent brimés, les Suisses aussi". Du MCG et de son combat?... aucune allusion !
A nouveau, le journaliste résume la position de Bernard Gruzon, avec sa photo sous titrée: "Diriger, c'est arbitrer des frustrations"... et de citer les politiques français qui deviennent des va-t-en-guerre. Jusqu'où ira donc la provocation? Abassourdis, nous y lisons ceci:
"Michaela Bubach, cheffe des ressources humaines au réseau soins La Tour, qualifie la mesure des HUG de "maladroite". Son établissement affiche 68 % de frontaliers parmi les cadres de soins et vit bien avec, même si "concilier les mentalités différentes n'est pas toujours aisés" concède-t-elle."
Continuez comme cela, le MCG a encore du pain sur la planche et... de belles victoires en perspective.

Écrit par : J-F Girardet | 19/02/2012

Ce que vous démontrez une fois de plus, Me Poggia, c'est votre mauvaise foi et la fausseté de vos arguments. Je comprends que vous recycliez dans le populisme: dans d'autres professions, cette attitude serait suicidaire.
1) Vous citez l'OCE alors que dans cette affaire tout le monde a reconnu que ce qui ferait la différence c'est bien le lieu de résidence et non la nationalité.
2) Vous présentez l'inauguration de l'Hôpital de Contamine/Arve comme une concurrence aux HUG alors que c'est tout le contraire: il remplace l'hôpital d'Ambilly, qui ferme, et qui était situé 20km plus près de la frontière et de notre hôpital cantonal. Et pour que les HUG puissent soigner les assurés français, il faudrait que la communauté genevois accepte de prendre en charge le surcoût. Est-ce bien ce que vous préconisez ? Aucun responsable français n'a jamais osé proposé une telle mesure. Ce serait révolutionnaire !
En fait, ce que manifeste cette ouverture, c'est l'extension de Genève en France et l'urbanisation croissante de plus en plus loin de la frontière. Ce qui contraint les services publics français à se redéployer. C'est bien davantage une manoeuvre de repli que d'agression !

Écrit par : Philippe Souaille | 20/02/2012

A kate
Premièrement, en parlant de racisme chère Madame, sachez que le savoyard à toujours détesté le genevois...mais le genevois lui, aimait bien son voisin. Je parle en connaissance de cause, quand j'étais jeune et qu'on passait la frontière le week end, on se fesait attaquer par les jeunes savoyard, cassaient nos voitures, nous volaient, etc..tout ça avec l'accord des parents et autres, et je parle pas de ces pauvres arabes qui n'avaient pas le droit de rentrer dans un bal ou de parler à une française. J'ai vu de mes propres yeux 10 jeunes massacrer un jeune arabe dans un bal avec des gens qui criaient "tuez-le". Comme j'avais une amie savoyarde et que j'ai connu ces amis ils m'ont dit: Les genevois et les arabes ne sont pas les bien venus chez-nous ! Pourtant ces jeunes travaillaient tous à Genève. Croyez-vous que cela à changé ?

Écrit par : Marie Mera | 20/02/2012

A M. Souaille, que je remercie de me traiter de populiste de mauvaise foi:
1. Monsieur Gruson n'a JAMAIS affirmé que les frontaliers à la tête des unités de soins seraient en tout ou partie des Suisses domiciliés en France. C'est bien le contraire qui est vrai, d'où le malaise invoqué par l'intéressé pour justifier une mesure de rééquilibrage. Qui est de mauvaise foi?
2. L'Hôpital ouvert à Contamine-sur-Arve n'est pas un concurrent des HUG pour les assurés domiciliés en Suisse. Par contre, dans le cadre du projet d'agglomération auquel vous tenez tant, il était envisagé que les Français de France voisine puissent venir se faire soigner à Genève à charge de la sécurité sociale ou de leur mutuelle. Genève y comptait sérieusement. Renseignez-vous! Ce projet d'hôpital a été élaboré à l'insu des prétendus "partenaires" helvétiques. Qui est populiste?
3. Soyez assez aimable pour aller donner vos leçons de collaboration transfrontalière aux élus français que vous semblez bien connaître. Pour l'instant, je vois dans cette région un clapet à sens unique.
Et les Suisses qui s'installent en France faute de pouvoir loger en Suisse, me direz-vous? Vous avez raison. Mais cela a généré plus d'avantages que d'inconvénients en France, en apportant des rétrocessions d'impôts confortables, en faisant grimper le prix ce l'immobilier, dont les propriétaires voisins ont largement bénéficié, et en enrichissant, grâce à leur pouvoir d'achat, toute la région. Genève a récupéré les problèmes de trafic pendulaire que l'on connaît.
Ne vous gênez pas pour distiller d'autres contre-vérités.

Écrit par : mauro poggia | 20/02/2012

Je suis heureuse de voir que beaucoup de Genevois pratiquent l'Esprit d'ouverture, comme Jean Laurent et Philippe Souaille qui calment le jeu. Merci!
D'ailleurs la plupart des Genevois de souche s'entendent bien avec leurs cousins savoyards. Nos racines sont communes (comme beaucoup, ma famille
est en partie suisse, en partie française et en partie américaine, c'est pour cela que nous nous apprécions mutuellement car nous nous connaissons bien).Et nous apprécions ce que chacun apporte à l'autre.
Monsieur Poggia, vous affirmez que ce ne sont pas les frontaliers français qui sont visés, mais ce sont eux que vous citez, ce sont eux qui prennent vos coups, ils sont réellement discriminés, ce harcèlement moral est parfois intenable. Il faut s'en indigner.
Le MCG a ouvert la boite de Pandore en prenant bien soin de ne pas choisir comme tête de turc (heureusement pour eux) les autres nationalités et communautés résidentes en Suisse, cela aurait été trop dangereux pour lui! C'est plus facile de s'attaquer aux frontaliers français, pour des raisons politiques...
Enfin,à Marie Mera, j'ai 6o ans et vécu des deux côtés de la frontière: je suis journaliste depuis 40 ans et donc bien au courant de ce qui se passe. C'est la première fois que j'entends de telles horreurs: que 10 Savoyards ont "massacré (délibérément!) un jeune arabe"!Si tel est le cas, vous avez sûrement appelé la police, et cela a dû paraître dans les journaux, pouvez-vous me donner les références (date, lieu?).
Il faut cesser ces procès d'intention et ces diffamations qui attisent la haine. C'est ainsi qu'on provoque les conflits, par glissement dans les clichés racistes ou xénophobes, puis dans la délation, puis dans la ghettoisation. Parce que tout le monde souffre de leurs conséquences.
Et si les habitants de l'autre côté de la frontière vous paraissent être des brutes dangereuses et des assassins, je vous conseille, pour votre santé, de ne plus y mettre les pieds.
Je pense qu'un jour ou l'autre, il sera mis fin à ces débats répugnants avec une bonne plainte devant la justice suisse...
Alors que l'entente et la compréhension sont toujours préférables à la haine qui tue. Et l'histoire de l'Europe nous montre que ce sont les périodes de paix, de migrations et d'échanges qui ont fait sa richesse matérielle, culturelle et morale.

Écrit par : Kate | 20/02/2012

A Mauro Poggia,
Je trouve réellement dommage que vos réponses ne soient pas sérieusement documentées quant à la portée des échanges transfrontaliers: vous affirmez que la région voisine est heureuse de voir les prix immobiliers augmenter du fait de l'achat de Suisse.
C'est un contresens: il serait temps de prendre connaissance des statistiques officielles sérieuses faites sur ce sujet et sur ses conséquences: la création de la région franco-genevoise a été favorisée par les autorités genevoises qui considèrent la frontière française comme leur arrière-pays (ce n'est pas un reproche) pour trouver ainsi une partie de la solution à leurs graves problèmes de logement. Chaque pays se complète et y trouve son avantage, d'autant plus qu'il y a une bonne cohabitation entre les deux entités.
Vous oubliez que la hausse de l'immobilier - dont une grande partie est construite par des investisseurs suisses qui y gagnent -induit un effet pervers, dont vous ne tenez pas compte mais qui est capital: elle chasse du département les jeunes et les seniors (retraites de 400 à 900€), elle compromet le budget des salariés locaux qui, avec leurs petits revenus ou salaires au SMIC, ne peuvent plus faire face aux coûts exorbitants des loyers et de la vie.(Allez donc faire un tour aux Restos du Coeur!)
Vous semblez avoir un point de vue de colonisateur qui méprise les populations qu’il juge subalternes.
Je ne peux pas laisser dire que c’est le pouvoir d’achat des Genevois qui enrichit la région: ils y participent bien sûr, mais ils y gagnent, comme les Français qui font leurs courses en Suisse participent à sa richesse,.
Et la Savoie, comme l'Ain, n'est pas un pays de gueux vivant comme des demeurés dans leurs taudis sans eau courante, avec une sébille à la main pour mendier auprès des Suisses: vous oubliez que 9'000 résidants suisses qui y vivent à l'année ne se déclarent pas comme résidences principales, ce qui fait que, s'ils bénéficient des infrastructures françaises, ils ne participent pas à leur entretien, puisqu'il n'y a pas rétrocession de 3% de leurs impôts (demandez l'enquête récente de la mairie de Saint-Julien à ce sujet).
Le pays a fait fortune dès les années 30 avec le développement de la petite et moyenne industrie (exemple la Vallée de l'Arve, Annemasse, Chablais, etc...) et avec le tourisme d'hiver et d'été, le premier de France.
Je pourrais démonter point par point vos arguments mais ça ne m'amuse pas, je ne suis pas Don Quichotte. Je veux donc arrêter la polémique : il est temps de fermer mon clapet car vous ne semblez pas comprendre que, de l'autre côté, il y a des êtres humains, aussi honorables que vous, que l'entente au sein des régions transfrontalières - qui ont les mêmes problèmes et les mêmes objectifs - est importante et même vitale car elle permet de résoudre les problèmes de leurs populations qui sont complémentaires, cela pour le bénéfice de tous.
Pour le trafic pendulaire, les responsables sont en majorité tous ceux (Suisses et Français) qui travaillent en Suisse ou a Annemasse et habitent en France. C'est une évidence!
Je crois qu'il est temps, aussi, d'arrêter de peindre le diable sur la muraille et peut-être de faire une grande et joyeuse fête transfrontalière (quand le soleil sera revenu!)!

Écrit par : Kate | 20/02/2012

bo,, pour info, il est parfaitement possible à un suisse de postuler dans l'administration française... ce qui est difficile c'est de trouver des candidats puisque, bien évidemment, un salaire de fonctionnaire français n'est pas très attrayant pour l'helvète moyen... (http://vosdroits.service-public.fr/F13272.xhtml)

juste une question au passage... s'il y a priorité au résident... que se passe-t-il s'il prenait l'envie à ce résident de s'installer en france voisine? on le licencie? il doit démissionner? ou il devient frontalier? ety quelque soit la réponse, vu la politique de logement de genève... il est fort à craindre que d'ici quelques années... les fonctionnaires suisses deviennent tous frontaliers...!

Écrit par : matthieu | 21/02/2012

A Matthieu. Veuillez lire mon texte. La priorité aux résidents s'applique aux Suisses domiciliés en France qui ne sont pas des frontaliers.

Écrit par : Mauro Poggia | 21/02/2012

donc Mr Poggia et n'y voyez aucune provocation de ma part, mais si je comprends bien, à compétence égale, priorité aux résidents quelque soit la nationalité et aux suisses... mais alors, à compétence égale, qui est prioritaire entre le suisse résident en france et le résident genevois...? et si le résident genevois, étranger, déménage en cours de route sur france...? que devient-il?

Écrit par : matthieu | 21/02/2012

Je comprends que vous soyez agacé, pour rester polie, par la non reconnaissance des mérites de votre parti qui est le seul à soulever en premier des lièvres qui dorment dans leur terrier depuis des lustres et ce, quand bien même je ne serai jamais affiliée à aucun parti, pas plus le vôtre qu'un autre.

C'est une maladie récivante pour les politiciens de tous bords, de s'approprier des idées qui appartiennent aux autres sans rendre à César... On en a un exemple frappant en ce moment en France.

Je comprends aussi, et c'est d'ailleurs un constat au quotidien, dans tous les domaines de la société genevoise, que ce soit le logement, le travail, le handicap, etc... qu'il n'y a aucune équité de traitement entre les suisses et les étrangers. Et Dieu sait que je ne suis pas xénophobe, j'ai voyagé avec de très petits moyens, pour ne pas dire sac à dos, dans de nombreux pays du monde, en étant très bien accueillie par la population locale. Il n'est donc pas question pour moi de vouloir refouler qui que ce soit, mais les suisses non plus !!!

Et c'est exactement ce qui ce passe. C'est un constat, dans tous les domaines et on ne peut nier un constat.

Les droits de l'homme les plus élémentaires ne sont plus défendus par personne pour les suisses. Et il faut que cela cesse !

Nos petits vieux, ceux qui peuvent encore se déplacer, doivent partir vivre à l'étranger pour pouvoir survivre avec leur AVS.

Ceux qui restent ici, crèvent tous seuls dans leur coin et sont bien souvent maltraités.

Des millions sont dépensés pour soutenir à l'étranger des droits de l'homme. Mais aucun n'est dépensé dans ce pays !

En ce qui concerne Genève en particulier, c'est encore bien pire que partout ailleurs, car il y a des Cantons, pourtant de droite, bien plus équitables.

Moi je ne vous en veux pas d'être italien d'origine, vous avez plus fait pour ce Canton que tous les suisses qui sont élus, excepté certains.

Par contre, je vous reproche parfois de ne pas privilégier l'essentiel : car, qu'est-ce qui est le plus essentiel dans un hôpital ? C'est la manière dont sont traités les malades dans cet hôpital. Rappelez-vous les videos commises par les jeunes médecins de cet hôpital l'année dernière sauf erreur, elles étaient certes caricaturales et humoristiques, mais tellement révélatrices de la réalité.

C'est un sujet que vous avez défendu pendant des années, tâchez de ne pas l'oublier, parce que c'est et ce doit être la première priorité.

Les malades ne seront pas plus mal soignés ou traités humainement par des frontaliers que par des suisses, car ce traitement va dépendre de la direction, de ses décisions d'économie et de son incapacité surtout à la gérer cette économie, à coup de bluff, en achetant des machines toujours plus onéreuses, les plus performantes, les plus modernes, sans que jamais, l'aspect humain soit pris en compte dans la gestion de cet hôpital.

Les frontaliers ou les suisses n'y changeront rien M. Poggia. Et c'est pourtant bien plus urgent que tout le reste. Le non-respect de la volonté des patients en est un exemple frappant. L'absence de coordination entre les différents services aussi.

La cause de tout ceci est bien ailleurs. Encore une fois, dans une vision holistique de la politique. Sans changer le système en entier, on ne pourra pas changer les "détails" qui eux sont inclus dans une vision globale.

Je vous reproche ce manque de vision élargie, même si j'apprécie vos combats, sans pour autant apprécier votre parti, qui est à mon sens parfois trop irrespectueux pour attirer à lui beaucoup de personnes qui seraient tentées de vous suivre. Traiter les gens de tocards dans une video n'a jamais fait avancer le débat d'idées.

Ruer dans les brancards, oui, pour tout ce qui est inacceptable, vous êtes les seuls à le faire. Mais ne vous perdez pas en route et surtout ne perdez pas des adhérents par défaut de respect.

Le fait est qu'aujourd'hui, les suisses n'ont plus qu'une seule envie, c'est de partir en courant de ce pays et surtout de ce Canton. Et cela, c'est très grave et une réalité bien triste.

Demain, les déracinés, ce sera nous.

Écrit par : Jmemêledetout | 21/02/2012

La Tribune de Genève a lancé un sondage suite à l'article sur Gruson et l'Hôpital.

75% des votants (plusieurs milliers) étaient d'accord avec la préférence cantonale opposé aux frontaliers (non-suisses).

Tout est dit.

MCG, vite un référendum s'il vous plaît pour faire voter le Peuple et court circuiter les partis bien pensants et vendus que sont les PS-VERTS-PDC-PLR.

Ca serait une victoire les doigts dans le nez pour le MCG.

Écrit par : anonyme | 21/02/2012

Poggia c'est un peu l'ennemi de l'intelligentsia !
Moi je n'aime pas ce parti où la bienséance, le respect et la tenue sont évincés.
Commençons par destituer le président :
http://gregoiresapereaude.blog.tdg.ch/archive/2012/02/26/stauffer-doit-demissionner-pour-le-bien-du-grand-conseil-et.html
Bisous.

Écrit par : Grégoire Barbey | 26/02/2012

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