23/12/2011

SECRET BANCAIRE EN DECOMPOSITION

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Certains se réjouiront sans doute de la tendance actuelle au démantèlement de notre secret bancaire. Ce sont ceux-là mêmes qui ont inconsciemment profité de l'essor économique exceptionnel de la Suisse depuis la dernière guerre, l'attribuant à la capacité de travail et d'innovation du peuple helvétique, et occultant que la masse financière dont nos  banques ont profité, leur a permis de soutenir nos entreprises dans leurs activités de pointe.

La Suisse des années 70', présentée à juste titre comme la machine à laver mondiale de l'argent sale, n'est plus. Il suffit pour s'en convaincre de passer par les obstacles désormais posés par nos banques pour l'ouverture d'un compte bancaire, et non seulement pour les personnes domiciliées à l'étranger.

Si la fraude fiscale doit être combattue, car elle fait appel à des moyens délictueux pour sortir l'argent du pays de domicile de son ayant-droit, l'évasion fiscale, qui n'est qualifiée comme telle que par le fisc étranger qui voit échapper l'objet de son imposition sur la fortune, mais qui n'est que le déplacement de sommes honnêtement gagnées , après paiement de l'impôt sur le revenu, n'est choquante que pour celles et ceux qui considèrent que la Suisse doit être un agent de ces administrations étrangères, au nom d'une solidarité internationale, que les pays qui s'en prévalent ne revendiquent que lorsque cela les arrange.

Le monde politique et financier semble désormais résigné à glisser sur la planche savonneuse que nous a servie l'UBS, en raison des infractions clairement commises dans ce domaine aux Etats-Unis.

Sans vergogne, nous faisons aujourd'hui de la délation un must incontournable, sacrifiant sur l'hôtel de la bienséance internationale tous ces clients, dont le seul tort est d'avoir cru à la confidentialité qui leur a été vendue pour les attirer chez nous.

Certains tentent malgré tout de relever l'échine, de nager à contre courant, sachant les chutes toutes proches.

C'est ainsi que le 8 juin 2010, Monsieur Martin Landolt, Conseil national PBD, déposait l'initiative parlementaire suivante, visant à inscrire le secret bancaire dans la Constitution, avec une réserve de taille, qui démontre la modération de la démarche :

1. Le secret bancaire est garanti. Est réservé l'alinéa 2.

2. En cas de soupçon de fraude fiscale ou de soustraction fiscale grave, les autorités suisses compétentes peuvent ordonner à des établissements bancaires de communiquer les données probantes. Les conditions et la portée de l'obligation de communiquer sont régies par les conventions pertinentes contre les doubles impositions s'agissant des clients étrangers, par la législation suisse s'agissant des clients suisses.

3. Le Conseil fédéral édicte les dispositions d'exécution.

Eh bien sachez que le 13 décembre 2011, par 172 voix contre 13, le Conseil national a refusé d'entrer en matière, à savoir les 9 PBD plus 4 députés, dont moi-même. (http://www.parlament.ch/ab/frameset/f/n/4901/369687/f_n_4... )

Où étaient alors les parlementaires PLR, défenseurs de la place économique suisse, largement sponsorisés par nos banquiers ?

Où étaient alors les parlementaires UDC, défenseurs de l'indépendance de la Suisse face aux pressions de l'Union européenne ?

Aux abonnés absents.

Une fois encore, le politiquement correct a tué le politiquement efficace et il est temps que certains invertébrés de la politique cessent de fustiger un Conseil fédéral timoré dont ils sont les complices.

 

 

10:43 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | | |  Facebook

Commentaires

mais en Suisse peut-être ailleurs aussi,on sait très bien qu'il suffit de dire ceci ou cela pour que les moutons partent en flèche votant sur le dos ce ceux qui leur ont permi d'obtenir bien des avantages comme des bourses universitaires par exemple et qu'en Suisse on agit pour réfléchir après,hélas
Joyeux Noel pour Vous monsieur

Écrit par : lovsmeralda | 23/12/2011

Vous n'avez toujours rien compris. Les banquiers ont un seul intérêt et il est financier. S'ils n'ont plus le droit de faire des affaires dans l'Union Européenne, ils sont cuits financièrement. C'est pour cela qu'ils ont accepté avec empressement il y a dix ans la fin du secret bancaire pour leurs clients ayant la nationalité américaine: pour pouvoir continuer à faire des affaires aux Etats-Unis. La défense du secret bancaire est peut-être un argument nationaliste, mais en aucun cas économique.

Écrit par : Banquier en tram | 23/12/2011

On parle beaucoup des 5 comptes genevois de Sarkosy, ne serait-ce pas aussi en liaison avec son intervention en Libye ???

Écrit par : Corto | 23/12/2011

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