08/11/2011

CEVA: L'omertà des milieux politico-médiatiques genevois

Il-giornalismo-italiano.jpg

Avertissement : Le message ci-dessous n'est pas à mettre dans n'importe quelles mains, notamment dans celles d'esprits critiques, qui pourraient nourrir des doutes quant à la compétence, voire l'honnêteté intellectuelle de nos dirigeants, sentiment de nature à nuire à l'image de la République.

 

 

Alors que la totalité de la classe politique bien-pensante, de gauche comme de droite, poursuit son travail de désinformation; alors que les journalistes d'investigation de notre vénérable République sont aux abonnés absents; alors que Monsieur Mark MULLER, en grande pompe, annonce le premier coup de pioche du « chantier du siècle »; la population genevoise continue à être bercée dans la douce illusion que l'avenir ne se construira qu'avec le CEVA, ce projet devant être la future colonne vertébrale d'une région qui n'est aujourd'hui qu'un vulgaire lombric, et que celles et ceux qui persistent à considérer qu'une dépense annoncée de plus de 1.5 milliard, mais qui dépassera évidemment les 2 milliards, ne serait qu'une absurdité au vu du bénéfice escompté en termes de mobilité, ne sont que d'infâmes égoïstes, qui ne visent qu'à préserver leur confort personnel aux dépens du bien-être de la collectivité.

C'est ainsi que la TRIBUNE DE GENEVE, faiseur d'opinion par excellence, annonçait, le 19 octobre 2011, que « Berne accepte le surcoût du CEVA », tout en noyant dans le texte, faute de pouvoir l'inscrire en petits caractères dans une note de bas de page, que Genève devrait finalement débourser 125 millions de plus (http://www.tdg.ch/actu/suisse/geneve-devra-payer-entretien-ceva-2011-10-19 ).

Lorsque l'on sait que les Genevois ont voté en novembre 2009 sur une augmentation de budget de 107 millions pour le CEVA, ce nouveau dépassement n'est évidemment qu'une peccadille, ou mieux, un épiphénomène à jeter à la corbeille de l'histoire.

Afin de tuer dans l'œuf toute velléité référendaire, le lecteur est d'ailleurs averti: cette somme n'est en fait que la capitalisation d'un coût d'ores et déjà prévu dans le Protocole de 2002, qui avait actualisé la convention de ... 1912, pour ce qui est des coûts annuels, non couverts, d'entretien et d'exploitation de cette infrastructure.

Certains esprits critiques, bien évidemment méprisables, pourraient être tentés de balbutier une objection, dans la mesure où ce qui était prétendument prévu aurait dû, logiquement, être annoncé, alors qu'au contraire, Monsieur Mark MULLER, en personne, affirmait en regardant l'électeur dans le blanc des yeux : « ce sera un milliard et demi et pas un sou de plus, je le garantis ». Oublions ce détail et regardons par-dessus cette abominable frontière, dont la région en construction n'a cure, et examinons, n'en déplaise aux manipulateurs qui nous gouvernent, ce qu'il en est du financement du CEVA côté français.

Rappelons, si nécessaire, que le CEVA est destiné à relier la Gare de Cornavin à Annemasse et non pas à s'arrêter à la frontière française, faute de quoi sa justification même en serait niée. Or, la France n'ayant toujours pas bouclé le budget la concernant, qui est de la bagatelle d'environ 300 millions, comme le rappelle la TRIBUNE DE GENEVE dans l'article précité, un projet de loi fut déposé au Grand Conseil par certains mauvais esprits, dont votre serviteur (PL10773), demandant « un moratoire sur l'exécution des travaux du CEVA, jusqu'au bouclement du financement à charge des partenaires français ».

Dans ce contexte, Monsieur Mark MULLER, lui encore, fut entendu par la Commission des travaux, ses propos ayant été ainsi rapportés dans le rapport de Monsieur Guy METTAN: « M. MULLER relate l'état des discussions régulières tenues avec les autorités françaises. Si la France refuse de payer sa part du projet, deux solutions se profilent : soit une autorité suisse accepte de financer ladite part, soit on renonce au projet de CEVA. Il estime toutefois que l'Etat français honorera ses engagements, car il y va de sa parole et de son honneur » (PL10773-A).

Le lecteur appréciera le sérieux des garanties obtenues par notre Gouvernement de la part des autorités françaises pour être réduit à faire appel à « la parole » et à « l'honneur » lorsqu'il en va de ce que l'on nomme pompeusement « le chantier du siècle ».

A ce jour, l'on ne sait dès lors toujours pas si la France va boucler sa part du budget, et si oui, quand.

La TRIBUNE DE GENEVE, semble toutefois en savoir davantage que le Président du Conseil d'Etat, puisqu'il est indiqué dans l'article du 19 octobre 2011 : « A 1,567 milliard de francs suisses que le CEVA devrait coûter en valeur actuelle, s'ajoute la part française évaluée à 300 millions de francs suisses. Cette somme est entièrement à charge des collectivités publiques françaises, note le communiqué de l'administration fédérale. Du côté français, on assure que le financement est bouclé à 10 millions d'euros près ».

Lorsqu'on parle « du côté français », on s'abstient évidemment de citer l'interlocuteur, des fois que l'on veuille vérifier.

Parlons-en de ce « côté français »: Monsieur Bernard ACCOYER, député-maire d'Annecy-le-Vieux et Président de l'Assemblée Nationale française , rien que cela, accordait, le 3 novembre 2011, une interview au journal « Le Messager », dans lequel on pouvait lire , je cite :          « Quant au CEVA, il manque quelques millions d'euros côté français, l'Etat peut-il remettre la main au porte-monnaie ? ». « L'Etat a déjà mis plusieurs millions d'euros, le Département a également mis une grosse somme : ça suffit ! Le CEVA est une pompe aspirante. On ne va pas laisser enclaver le Châblais et le bassin annécien et voir notre main d'œuvre partir régulièrement de l'autre côté de la frontière. S'il faut plus d'argent, soit la Suisse apporte le financement, mais on ne peut pas mettre de financements quels qu'ils soient sans avoir désenclavé le nord du Département » ( http://www.lemessager.fr/Actualite/Actualite_de_Hte_Savoie/article_1482557.shtml ).

Et de vanter le désenclavement du Châblais par de nouveaux réseaux routiers qui doivent, pour le Président de l'Assemblée Nationale, être une priorité.

Diable! Voilà ce qui s'appelle construire la région franco-genevoise! Mais quels sont ces « plusieurs millions d'euros » qui auraient déjà été mis par l'Etat français et quelle serait la « grosse somme » versée par le Département de la Haute-Savoie ? Bien évidemment, personne ne pose la question côté Suisse, afin d'éviter les réponses embarrassantes.

Malgré cela, on continue à véhiculer l'information selon laquelle, sur les 300 millions nécessaires du côté français, il ne manquerait que 10 millions. Trois fois rien.

Alors souffrez que je pose la question, au risque de gâcher votre petite fête du 15 novembre prochain: combien de temps encore va-t-on prendre les Genevoises et les Genevois pour des imbéciles en donnant le « premier coup de pioche » à un chantier, dont on sait déjà qu'il dépassera très largement le budget annoncé, tout en le dissimulant délibérément aux contribuables de ce Canton ?

 

 

 

 

 

00:28 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (6) | | |  Facebook

Commentaires

n'est-il pas temps de lancer un nouveau référendum sur le sujet en axant lacommunication sur les énormes dépassement de coûts et la non coopération gauloise?

Écrit par : anonyme | 08/11/2011

"combien de temps encore va-t-on prendre les Genevoises et les Genevois pour des imbéciles "

Pour de très nombreuses années, hélas! Et tant que ceux-ci ne se révoltent pas...

Écrit par : Johann | 08/11/2011

TOUS DES IMBECILES MANIPULES PAR LA BANDE A CRAMER ... ET QUI DISENT EN CORE OUI ... OUI ... QUEL MANQUE DE REFLECTION .

En effet pas besoin de CEVA pour se rendre de Cornavin ou du Bachet à la Gare des Eaux-Vives puis de là en correspondance jusqu'à Annemasse ...

Coût total de ces idées de grandeur de toutes les pastèques genevoises (Partis Rose, Rouge, Vert).

Il suffisait de quelques dizaines de millions pour améliorer l'existant et avec le reste car la facture finira à 2 milliards finir enfin l'autoroute de contournement et la traversée de la rade (non comme maintenant une autoroute d'évitement déjà saturée de partout) ainsi que des parkings car pour ceux qui l'ignorent les Transports Publics et leurs coûts exorbitants ce n'est que 15 % des personnes qui bougent.

Ils serait temps également que les milieux économiques s'en mêlent eux qui perdent chaque jours des millions dans les embouteillages puisque tout est acheminé par la route .
(De plus pour nuire aux transport routier Genève qui se veut concurrente de Singapour a raté le coche en n'osant pas le transport aérien au lieu des trams du 19ème siècle.).

Cela libérait la chaussée avec des transports chacun en site propres sans mélange de l'un avec l'autre et avec le peu d'espace recouvert par les pieds du métro aérien on laissait de la place pour des boutiques et des artisans ... HELAS SANS COUILLES ON N'AVANCE PAS.

Ce n'est pas en s'emparant de la voirie pour la bétonner, élargir les trottoirs, supprimer des places de parc, y mettre des terrasses parisiennes ... que ça va s'arranger.

Les genevois certaines entreprises et ONG quittent déjà Genève, les Banques et même l'Etat quittent la Ville déplaçant ainsi l'impôt et la mettant en difficulté.

N'attendez pas d'être chômeurs pour vous en apercevoir et réagir.

Je ne suis pas du MCG mais force est de dire qu'il a raison.

Écrit par : paul critic | 08/11/2011

Pour répondre à votre question légitime : Quand les poules auront des dents :-)

S'il n'y avait qu'à ce sujet que l'on prend les genevois pour des imbéciles... moi j'aurais dit des cons, mais c'est parce que je suis moins polie que vous.

D'ailleurs ne le sont-il pas ? Ce sont eux qui ont voté, donc nous tous. En majorité quoi.

Alors quelle est la solution maintenant pour arrêter un gâchis de plus ? qui va s'additionner à tous les autres et dans tous les domaines de la société genevoise et même fédérale avec notre aval ?

A part les mettre tous dans un grand sac avec une grosse pierre au fond du lac ou râler d'avoir fait des bêtises en mettant une croix là où il ne fallait pas, quelle est la solution possible M. Poggia ?

Écrit par : Jmemêledetout | 08/11/2011

Sans être du MCG, pour sûr qu'il a raison, sauf sur un point : renvoyons les frontaliers ... et fermons nos institutions où les Suisses ou résidents étrangers qui font le boulot que nous ne voulons pas faire !!! (hôpitaux privés et publics, voirie, chantiers indispensables contrairement au CEVA, ). Bref le train est lancé : j'aimerai bien que la TdG lance un pari à 1.- fr. par participant:
quel sera le coût final du CEVA , sur Suisse, subsides compris. La cagnotte serait bien contrôlée, comme le cochon de fin d'année... Personnellement je dirai volontiers 2.4 milliards. En sus viendront bien sûr s'ajouter les déficits opérationnels, (avant amortissements !) ! Des impôts que les Genevois ne connaissent pas encore ! Tonton

Écrit par : Tonton Cristobal | 16/11/2011

Nous ne sommes pas dupe! Merci!

Écrit par : faire part | 21/02/2012

Les commentaires sont fermés.