28/09/2011

CEVA: La Tribune désinforme

 

La Tribune d'aujourd'hui titre «  Le Tribunal fédéral donne son feu vert partiel aux travaux ».

Le lecteur en déduit dès lors que notre plus haute instance judiciaire a donné tort aux recourants qui demandaient le blocage des travaux. Bien fait, se dit-il !

La vérité est fort différente.

Dans le cadre de leur recours au Tribunal fédéral, les recourants concluaient comme suit :

Préalablement

Restituer l'effet suspensif au présent recours, en ce qui concerne le projet partiel n° 25, entre le kilomètre 68.393 (Pont sur l'Arve) et le kilomètre 70.750 (Gare des Eaux-Vives).

En d'autres termes, les recourants n'ont demandé l'effet suspensif au recours que pour le tronçon les concernant, et JAMAIS pour l'ensemble du tracé du CEVA.

L'Etat de Genève, les CFF, l'Office fédéral des transports et le Tribunal administratif fédéral s'étaient pour leur part, OPPOSES A LA RESTITUTION DE L'EFFET SUSPENSIF AU RECOURS.

Malgré cette opposition, et constatant, d'une part, que les recours exposaient le préjudice qui pourrait résulter d'un démarrage des travaux avant une décision finale et, d'autre part, que l'Etat de Genève et les CFF « ont indiqué que les travaux de gros œuvre du tunnel de Champel ne démarreront pas avant le 5 juillet 2012 » (eh oui pas demain, mais dans 9 mois !), le Tribunal fédéral a accordé l'effet suspensif dans toute la mesure qui lui était demandée par les recourants.

Vous l'aurez compris, ce qui est présenté comme une victoire de l'Etat de Genève et des CFF par la Tribune de Genève, n'est en réalité qu'une DEFAITE !

Que notre journal local soit favorable au CEVA est indiscutable, mais qu'il exprime son point de vue en le faisant passer pour de l'information objective n'est tout simplement pas acceptable.

Les journalistes de la Tribune seraient bien inspirés de poser les questions qui fâchent, mais dont on cache les réponses à la population :

  • 1. Où en est-on dans la réalisation des charges imposées par l'Office fédéral des transports, parmi lesquelles figurait la remise de plans rectifiés UN AN AVANT LE DEBUT DES TRAVAUX?
  • 2. Où en est-on avec le financement de la partie française du CEVA, estimée aujourd'hui à plus de 200 millions de francs? Essaye-t-on de la faire discrètement payer par les contribuables genevois, sachant que la Confédération n'interviendra pas pour ce tronçon sur sol étranger?
  • 3. Où en est-on avec le financement complémentaire de la Confédération, qui avait accepté de contribuer à hauteur de 550 millions lorsque le coût était estimé à moins de 1 milliard, alors que le coût estimé voici 2 ans, était déjà de 1,5 milliard, sans compter les aléas géologiques, le renchérissement, l'indemnisation des riverains expropriés et, évidemment, le déficit de fonctionnement de 34 millions par année à charge des Genevois?

Il est évidemment plus facile de vendre un journal qui fustige de prétendus privilégiés égoistes et imperméables à l'intérêt public, que de mettre en évidence l'impéritie et les mensonges de nos autorités.

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