20/08/2011

Le PLR aux frontières...de l'indécence

 

Weiss.jpgPar la plume récidiviste de son vice-président Pierre Weiss, dans cette même rubrique, le PLR enfourche son blanc destrier pour venir au secours de nos frontières, et assurer la légitime sécurité à laquelle aspire la population de notre pays. C'est-y pas beau tout ça ?

« Il faut protéger nos frontières », martèle-t-il ! On dirait qu'il n'a fait que cela depuis qu'il est entré en politique.

Il est vrai qu'en période électorale, celles et ceux qui prennent déjà des libertés avec la trajectoire rectiligne en temps normal, n'hésitent plus à opter franchement pour la courbe.

Jugez plutôt de l'acharnement du précité, tête de file et tête pensante du PLR, à soutenir le contrôle aux frontières : ainsi, lorsque le Grand Conseil a eu à se prononcer sur une résolution du PDC demandant au Conseil fédéral de débloquer les effectifs de gardes-frontières, Pierre Weiss a déclaré ne pas vouloir intervenir sur le texte lui-même, sans doute jugé sans intérêt. Il a néanmoins saisi l'occasion pour insulter Eric Stauffer, en le traitant de fasciste, alors que lui, soutenait ce texte et dénonçait la criminalité importée de France voisine.

Pour Pierre Weiss, la manifestation organisée le lendemain de la séance du 28 mai 2010 à la douane de Moellesulaz par le MCG, afin de soutenir la revendication des gardes-frontière demandant une augmentation des effectifs, devait être comprise comme une attaque dirigée contre les frontaliers, infirmières en tête...

Voici la preuve de ce qui est avancé :

R 615 Séance 40 du 28.05.2010 à 20h30

Proposition de résolution de Mme et MM. Fabiano Forte, François Gillet, Guy Mettan, Anne-Marie von Arx-Vernon, Guillaume Barazzone, Philippe Schaller, Vincent Maitre, Serge Dal Busco, Michel Forni demandant au Conseil fédéral de débloquer les effectifs de gardes-frontière

Pierre Weiss (L). Je n'entends pas intervenir sur cette résolution. Je veux juste revenir sur une phrase qui a été prononcée et selon laquelle «la racaille est de l'autre côté de la frontière»... Certains, une fois de plus, ont hurlé, ont profité de la caméra de Léman Bleu - qui existe encore, pour le moment, et retransmet nos débats - pour appeler les citoyens à se rassembler demain matin à la douane de Moillesulaz... J'espère que cet appel a été entendu par les infirmières de notre hôpital ! J'espère que demain matin, pour éviter d'être importunées, elles ne viendront pas travailler ! J'espère que cet appel a été entendu par tous ceux qui vivent de l'autre côté de la frontière et qui sont nécessaires au fonctionnement de notre canton - y compris les chauffeurs de bus des TPG - et que, demain, ils ne viendront pas travailler ! Pour ne pas affronter la vindicte, voire la violence qui éructe des propos de M. Stauffer !
Il y a un moment où cela suffit ! Il y a un moment où les chemises brunes qui sont dans ce parlement nous exaspèrent ! Il y a un moment où il faut dire non ! Ce soir, M. Stauffer a dépassé les bornes ! (Applaudissements.)

Mauro Poggia (MCG). Monsieur le président, vous direz à M. Weiss que nous n'avons jamais traité les infirmières de «racaille». Je m'étonne qu'il puisse faire un tel amalgame et, aussi, d'entendre de sa bouche un tel qualificatif à l'égard de ces braves travailleuses, qui viennent ici apporter leur soutien ! (Exclamations.)
Maintenant, un mot pour dire ceci: notre Conseil fédéral semble avoir oublié notre canton ! ...

***********

Autre démonstration de la duplicité du discours du PLR : au début du mois de mai 2010, les députés MCG ont déposé une proposition de résolution demandant que l'intervention de l'armée soit sollicitée, ce que permet la Constitution fédérale, afin de renforcer la surveillance des frontières la nuit et le week-end.

Voici le texte :

 

Proposition présentée par les députés :

Mmes et MM. Eric Stauffer, Mauro Poggia, Roger Golay,

Jean-François Girardet, Pascal Spuhler, Sandro Pistis,

Henry Rappaz, Dominique Rolle, André Python, Florian

Gander et Marie-Thérèse Engelberts

Date de dépôt : 3 mai 2010

R 612

Proposition de résolution

Pour la sécurité des Genevois, demandons à l'armée d'intervenir,

en vertu du principe de subsidiarité et de l'article 58, alinéa 2, de la Constitution fédérale !

Le GRAND CONSEIL de la République et canton de Genève

considérant :

- que le Conseil fédéral, au travers de M. Hans-Rudolf Merz, a décidé de

réduire le corps des gardes-frontière à Genève ;

- que sur le contingent de 340 gardes-frontière, plus de 150 sont détachés

pour le contrôle de l'Aéroport international de Genève ;

- que seuls 60 à 70 gardes-frontière sont dévolus à la région pour un service

de patrouilles 24 heures sur 24 et 365 jours par année, ce qui est

inacceptable ;

- que le manque d'effectifs contraint de ne plus assurer de contrôle durant

la nuit et les week-end ;

- que la justice pénale française a été durcie pour la petite criminalité,

poussant les malfrats à venir en Suisse, et à Genève en particulier, pour y

commettre leurs délits ou crimes du fait que le nouveau code pénal

prévoit des jours-amende, des peines très laxistes et tolérantes ;

- que le manque d'effectifs aux douanes retombe sur le corps de police,

dernier rempart pour la sécurité et pour interpeller les malfrats ;

- qu'il est établi que plus de 90% des détenus à Champ-Dollon sont

d'origine et de provenance étrangères ;

R 612 2/6

- que le corps des gardes-frontière est placé sous la direction du Conseil

fédéral et que ce corps constitué n'est plus en mesure d'assurer une

présence normale à la frontière par manque d'effectifs ;

- que le Conseil fédéral ne prend pas en considération la situation

exceptionnelle de Genève qui a plus de 170 km de frontière avec la

France et moins de 6 km avec la Suisse ;

- que la sécurité du peuple suisse est de compétence fédérale en premier

lieu, et que par délégation les cantons sont chargés de l'appliquer.

Invite le Conseil d'Etat

en vertu de l'article 58, alinéa 2 de la Constitution fédérale de requérir auprès

du Conseil fédéral l'assistance de l'armée pour effectuer de nuit des contrôles

aux postes-frontière sur le canton de Genève, pour une période de six mois

renouvelable.

http ://www.ge.ch/grandconseil/data/texte/R00612.pdf...

 

Depuis lors, à maintes reprises, le groupe MCG au Grand Conseil, a tenté d'obtenir que ce texte soit discuté et renvoyé en commission pour examen, en sollicitant l'urgence.

A ces multiples occasions, le PLR, Pierre Weiss en tête, uni avec la gauche, a refusé cette entrée en matière, considérant que la sécurité aux frontières n'était pas une priorité.

Vous apprécierez dans ces extraits du Mémorial du Grand Conseil les commentaires, rires, ricanements, et autres brouhaha reproduits, qui témoignent du mépris exprimé à l'égard des préoccupations de la population, relayées par le MCG.

 

Séance 31 du 06.05.2010 à 17h00

M. Eric Stauffer (MCG). Le groupe MCG demande l'ajout et l'urgence sur la proposition de résolution 612, afin de requérir les forces de l'armée aux postes-frontières pour effectuer des contrôles nocturnes, vu la déficience du Conseil fédéral sur les gardes-frontière.

Mis aux voix, l'ajout à l'ordre du jour de la proposition de résolution 612 est rejeté par 54 non contre 34 oui et 1 abstention.

 

Séance 36 du 27.05.2010 à 17h00

M. Eric Stauffer (MCG). Le groupe MCG demande l'urgence sur la proposition de résolution 612, point 136, pour que, sur la base du principe de subsidiarité, l'armée puisse contrôler les douanes la nuit.

Mis aux voix, le traitement en urgence de la proposition de résolution 612 est rejeté par 60 non contre 20 oui.

 

Séance 39 du 28.05.2010 à 17h15

M. Eric Stauffer (MCG). Merci, Monsieur le président. Afin de nous épargner du temps, je demande que le point 58, proposition de résolution 615 du PDC, soit traité avec le point 136, proposition de résolution 612, pour laquelle je demande le traitement en urgence. Etant donné que nous allons discuter de la résolution du PDC, autant faire un seul débat avec la nôtre qui concerne le même sujet, plutôt que cet objet ne revienne en plénière dans trois semaines ou dans un mois. Je demande donc formellement le traitement en urgence pour le point 136 de l'ordre du jour.

Mis aux voix, le traitement en urgence de la proposition de résolution 612 est rejeté par 54 non contre 20 oui.

 

Séance 41 du 17.06.2010 à 17h00

M. Henry Rappaz (MCG). Le MCG demande le traitement en urgence de la proposition de résolution 612, au point 54, intitulée : «Pour la sécurité des Genevois, demandons à l'armée d'intervenir, en vertu du principe de subsidiarité et de l'article 58, alinéa 2, de la Constitution fédérale !»

Mis aux voix, le traitement en urgence de la proposition de résolution 612 est rejeté par 65 non contre 20 oui.

 

Séance 56 du 23.09.2010 à 17h00

M. Fabien Delaloye (MCG). Le Mouvement Citoyens Genevois demande le traitement en urgence de la proposition de résolution 612: «Pour la sécurité des Genevois, demandons à l'armée d'intervenir... (Commentaires. Rires.) ...en vertu du principe de subsidiarité et de l'article 58, alinéa 2, de la Constitution fédérale !» (Brouhaha.)

Mis aux voix, le traitement en urgence de la proposition de résolution 612 est rejeté par 76 non contre 12 oui.

 

Séance 19 du 27.01.2011 à 17h00

Monsieur Fabien Delaloye (MCG). Le groupe MCG demande le traitement en urgence de la proposition de résolution 612, au point 107 de notre ordre du jour: «Pour la sécurité des Genevois, demandons à l'armée d'intervenir, en vertu du principe de subsidiarité et de l'article 58, alinéa 2, de la Constitution fédérale !» (Commentaires.)

Mis aux voix, le traitement en urgence de la proposition de résolution 612 est rejeté par 72 non contre 16 oui.

 

Séance 24 du 10.02.2011 à 17h00

Monsieur Guillaume Sauty (MCG). Le MCG demande l'urgence sur le point 107, proposition de résolution 612 dont voici l'intitulé: «Pour la sécurité des Genevois, demandons à l'armée d'intervenir, en vertu du principe de subsidiarité et de l'article 58, alinéa 2, de la Constitution fédérale !»

Monsieur le président. Merci, Monsieur le député. Nous allons voter sur cette demande d'urgence.

Mis aux voix, le traitement en urgence de la proposition de résolution 612 est rejeté par 72 non contre 15 oui.

 

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Vous l'aurez compris, certains mangeraient leur chapeau pour être élus au Conseil national. D'autres raseraient sans doute leur barbe...

Il se trouve cependant que les électrices et les électeurs ne s'y tromperont pas, et sauront distinguer l'original de la copie.

 

 

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Commentaires

Tout est dit...Mais bon, le Genevois aime tellement sa condition médiocre qu'il revotera, encore et toujours, pour les mêmes incapables et imposteurs...malheureusement.

Écrit par : Bob | 20/08/2011

C'est de l'opportunisme pur et simple de ce M. Weiss en cette période électorale. A court d'arguments et en total déconnexion avec la réalité quotidiennes des citoyens,M. Weiss(et bien sure son parti PLR) a fini par admettre sans le prononcer que le MCG mène un combat juste et légitime sans aucun débordement.
A quand l'adhésion au MCG M. Weiss?

Écrit par : Amar | 20/08/2011

@Amar
" le MCG mène un combat juste et légitime sans aucun débordement. "

Jusqu'à cette phrase j'étais presque convaincu que vous souteniez le MCG, mais là, c'est tellement énorme, que ça ne peut être qu'un troll

Écrit par : astrid | 20/08/2011

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