30/05/2011

Le PDC soutient les assureurs contre les assurés

PDC_Familen.jpgCertains votes du Grand Conseil ne sont pas jugés suffisamment dignes d'intérêt par les médias pour être rapportés à la population. Pourtant, quel enseignement pour l'électeur à s'arrêter au « détail » médiatique.

Ainsi, ce qui fut retenu du vote du 27 mai portant sur les dernières modifications de notre législation cantonale en vue de son adaptation au nouveau code fédéral de procédure civile, fut le débat d'arrière-garde visant à déterminer à quel moment un huissier judiciaire devrait intervenir en cas de résiliation du bail pour non paiement du loyer par le locataire. Ce débat est d'arrière-garde car, huissier ou pas, le couperet est imposé par le droit fédéral : après mise en demeure, par le bailleur, de payer l'arriéré dans les 30 jours, le juge ne peut plus refuser d'évacuer le locataire !

Le problème est évidemment ailleurs. Pourquoi un locataire se trouve-t-il dans l'impossibilité financière de régler son loyer ? Pourquoi les loyers sont-il souvent si élevés qu'un travailleur soit incapable de s'en acquitter ? Pourquoi un locataire dont le loyer est excessif pour son revenu ne parvient-il pas à trouver un logement au loyer supportable ? Voilà les vraies questions ! Les réponses vous les connaissez : on ne construit pas assez de logements à Genève depuis des décennies, et la situation ne change pas malgré la présence d'un Libéral (pardon PLR) à la tête du Département des constructions, et cela en grande partie en raison de blocages de la gauche qui trouve toujours quelque chose à redire lorsqu'un projet est enfin sur le point d'être réalisé.

Bref. Tel n'est pas mon propos aujourd'hui.

Ce 27 mai, une minorité de la commission du Grand Conseil chargée d'élaborer cette nouvelle législation, MCG, PS et LES VERTS (dans l'ordre alphabétique), proposait en séance plénière d'insérer la gratuité pour les procédures engagées par un assuré contre un assureur privé, lorsque l'objet de l'assurance couvre le décès et l'invalidité et ses conséquences, suite à une maladie ou un accident.

Après avoir accordé la gratuité pour les procédures devant les baux et loyers et les tribunaux de prud'hommes, il semblait logique et équitable de permettre au « pot de terre », l'assuré, de se battre à armes égales contre le « pot de fer », à savoir un assureur tenant les cordons de la bourse et profitant trop souvent de la précarité et de l'incertitude financière dans laquelle se trouvent les assurés atteints dans leur santé et leur capacité de travail, pour refuser des prestations pourtant dues. Elémentaire ! Et quelle force supplémentaire pour les droits des assurés !

Dans ce discours, MCG, PS et LES VERTS n'avaient rien à attendre du PLR, dont les couleurs sont majoritairement représentées dans tous les conseils d'administration de nos assureurs.

Quant à l'UDC, même si sa branche genevoise s'était montrée plus sensible aux avancées sociales ces dernières années, la volonté de sa nouvelle présidente Céline Amaudruz de vouloir singer jusqu'à l'incompréhension la position fédérale du parti, qui n'a de cesse de démanteler la couverture sociale en faveur les plus fragiles (personnes âgées, malades, chômeurs, invalides), rendait vain tout espoir de le rallier à la cause des assurés.

Restait le PDC, parti prétendument favorable à la famille, dont le vote était en l'occurrence dicté par Vincent Maitre, son représentant en commission... Rien n'y fit, comme un seul homme, le PDC vota contre cette proposition, qui fut refusée par 47 voix contre 45 !

Les assurés tiennent ici à remercier le PDC pour son vote de barrage. Il est vrai que les familles ne sont pas affectées par l'invalidité de l'un de ses membres....Il y a le discours,  il y a les actes.

 

 

 

 

 

 

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25/05/2011

Les radicaux libres sont (définitivement) nés

701320_mobilier-hermes.jpg« Les radicaux libres sont des molécules d'oxygène instables et incomplètes qui peuvent se retrouver dans l'organisme et qui tentent de s'accoupler à des éléments de nos propres cellules afin de se compléter. Dans l'opération, ils détruisent alors des cellules saines. Les radicaux libres entraînent des dommages à notre organisme un peu comme la rouille sur le métal d'une automobile. L'oxydation provoquée par les radicaux libres exerce une action similaire en s'attaquant aux tissus et aux cellules de notre organisme, accélérant ainsi leur vieillissement. » (www.masanténaturelle.com)

Radicaux et Libéraux genevois ont donc plébiscité leur fusion. A défaut d’amour, mariage de raison entre un parti radical moribond et au bord de la disparition sur le plan cantonal, nécessitant donc l’assistance respiratoire des libéraux, et un parti libéral quasiment inexistant sur le plan national, recherchant ainsi une visibilité fédérale grâce aux radicaux.

Il n’en demeure pas moins que ce nouveau parti, accouché aux forceps, laissera à beaucoup un sentiment d’amertume, devant partager la bannière avec des membres dont les idées et les idéaux ne sont pas les leurs.

La droite sociale, que se prétendait être le Parti radical est définitivement morte, à supposer qu’elle ne le fut pas depuis longtemps déjà.

Résolument, seul le MCG représente une vision de la société, proche du citoyen, à droite sur le plan économique et sécuritaire, mais à gauche sur le plan social, car une économie forte a besoin de paix sociale et de sécurité, tout comme la solidarité sociale nécessite une économie performante et des finances étatiques saines.

Comme les radicaux libres engendrent l’instabilité de l’organisme et son vieillissement prématuré, ce nouveau parti aux lignes directrices mal définies ne satisfera ni les uns ni les autres et ne pourra que servir un programme aussi indigeste que du saumon à la longeole.

Alors, avant d’être malades, si vous avez un esprit suffisamment ouvert au débat d’idées, et si vous pensez pouvoir apporter à notre société des solutions concrètes au-delà des clivages politiques, en anticipant les défis qui nous guettent, sans hypocrisie et sans langue de bois, alors rejoignez le MCG, vous serez les bienvenus !

MCG, ni à droite, ni à gauche, mais près de vous !

 

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22/05/2011

ON SE REVEILLE?

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Madame la Conseillère fédérale Simonetta Sommaruga nous l’assure, l’erreur n’était pas volontaire ! Comprenez par là qu’il n’y a pas eu mensonge délibéré, car c’est ainsi que l’on appelle une contre-vérité assénée en connaissance de cause.

Lorsque le Conseil fédéral nous a dit en 2005, pour nous inciter à accepter les Accords de Schengen-Dublin, que cela nous coûterait la bagatelle de 7,4 millions par an, il le croyait dur comme fer. Promis juré.

Vous aurez apprécié la précision: pas entre 7 et 8, non, 7,4, pour bien donner l'illusion de l'analyse scientifique.

Il se trouve que le coût moyen pour la Suisse a été de 80 millions par année…Petite erreur d’appréciation de 980%. Chacun sait que l’erreur est humaine, mais là, il fallait s’appliquer.

Un responsable financier dans le domaine privé qui commettrait une telle erreur serait viré sur-le-champ, et sa responsabilité personnelle pourrait même être engagée. Il n’y a qu’à la tête de l’Etat où l’on peut tout se permettre impunément.

L’essentiel est que le peuple ait dit « oui », tout le reste n’est qu’accessoire.

En attendant, il faut bien prendre l’argent où l’on peut, à savoir dans des domaines où ceux que l’on veut pénaliser ne réuniront jamais la majorité et sont donc un électorat négligeable. Au hasard, les chômeurs (tous les travailleurs actifs sont convaincus que cela ne leur arrivera pas), les invalides (les bien-portants pensent que cela n’arrive qu’aux autres), les personnes âgées (cela nous arrivera, mais nous, on est bien plus prévoyants), et j’en passe et des meilleurs.

Alors, les amis, on se réveille ?

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15/05/2011

MAX FRISCH CITOYEN

frischGP_site.jpg« Pire que le bruit des bottes, le silence des pantoufles ». Cette phrase de Max Frisch, dont on célèbre aujourd’hui le 100ème anniversaire de la naissance,  désigne par excellence l’ennemi de la démocratie, dont le citoyen doit inlassablement redouter et combattre les effets.

Ce n’est pas la dictature ou la tyrannie d’un homme ou d’un régime que nous devons craindre, mais bien la sournoise victoire du conformisme et de la démission des esprits.

Max Frisch l’avait bien compris. Au sortir de la guerre, la Suisse avait échappé au pire de la violence et de la négation de l’Homme, mais le fait d’avoir dû se battre bien moins qu’ailleurs pour maintenir la démocratie et rétablir l’Etat de droit, n’avait sans doute pas permis de sensibiliser autant qu’ailleurs la population sur l’impérieuse nécessité, mais aussi l’incomparable privilège de pouvoir s’exprimer sur l’avenir de la nation.

Les décennies ont passé, mais le danger menace plus que jamais. Alors qu’ailleurs des hommes et des femmes sont prêts à donner leur vie pour accéder à la démocratie, chez nous, 60% des citoyens considèrent sans doute indigne de leur emploi du temps de consacrer quelques minutes pour exprimer leur point de vue sur les sujets qui leur sont soumis, ou pour élire ceux qui devront les représenter à la tête de l’Etat.

Les pantoufles, dans leur sournoise avancée silencieuse, gagnent du terrain, jour après jour. Le bruit des bottes est-il si lointain ?

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11/05/2011

MOBILITE: UNE VIOLENTE DOUCEUR

mobilite-douce.gifSous un titre racoleur, censé rallier à elle les plus hésitants, l’initiative 144 « Pour une mobilité douce », sera soumise au peuple le 15 mai prochain.

Qui donc pourrait être contre la mobilité ? Se mouvoir, c’est vivre en liberté ! Et lorsque l’on vit au quotidien les chantiers anarchiques ouverts tous azimuts à Genève, on ne peut que rêver de cette liberté.

La douceur quant à elle ne peut qu’éveiller dans notre imaginaire, l’antidote tant souhaité à cette barbarie urbaine.

En un mot comme en cent, se mouvoir en douceur, quoi de plus enviable ?

Mais cette douceur-là a son prix de violence. Si vous avez aimé nos chantiers routiers, vous adorerez ceux que cette initiative déclenchera si elle est adoptée. En 8 ans, toutes nos routes principales et secondaires, vous avez bien lu TOUTES, devront être équipées de pistes cyclables. On élargira donc les routes qui peuvent l’être, et sur celles qui ne le peuvent pas, on prendra l’espace nécessaire sur les places de stationnement et les voies de circulation.

Vous avez saisi ? Et tout cela en douceur…

Pour ma part je circule à vélo chaque fois que je peux, et j’apprécie. Mais de là à exiger de la collectivité qu’elle fasse partout des piste cyclables, qui, faute de pouvoir être séparées de la circulation automobile, seront empruntées par les voitures et les motocyclistes et scootéristes, il y a un pas que je ne franchirai pas. Genève est déjà impraticable aujourd’hui, avec un Office de la mobilité dont le seul mot d’ordre est de dégouter les automobilistes d’entrer au centre ville, et je n’entends pas en ajouter une couche.

Cette initiative « ne casse pas trois pattes à un canard », selon Mme Kunzler. Je pense pour ma part que l’argent des contribuables peut être mieux investi qu’à leur rendre la vie insupportable. Ce devrait être également la préoccupation de notre Conseil d’Etat.

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02/05/2011

EMPLOI: LE CONSEIL D'ETAT SUIT LE MCG

emploi-tunisie.jpgEn politique, lorsque le bon sens tente de plaider seul sa cause, sans être soutenu par des intérêts partisans, il a autant de chances de convaincre son auditoire qu’un noir devant une assemblée du Ku Klux Klan. C’est malheureusement le triste constat que les députés MCG au Grand Conseil sont contraints de faire régulièrement. Jugez plutôt :

En matière d’emploi et de lutte contre le chômage, le MCG demande inlassablement depuis le début de cette législature, que l’Etat, les collectivités et les régies publiques donnent l’exemple en imposant une priorité en faveur des résidents du canton pour chaque poste à pourvoir. Les Accords bilatéraux entre la Suisse et l’UE permettent en effet d’instaurer cette priorité dans le secteur public, alors qu’une législation l’imposant au secteur privé serait déclarée discriminatoire.

Réaction unanime de la gauche et de la droite : le MCG est un parti anti-frontaliers et xénophobe. Accusations aussi calomnieuses qu’imbéciles reprises en cœur par des médias dont la qualité première n’est certes pas l’esprit critique.

Pourtant certains ne manquent pas de réfléchir derrière cette indignation d’apparat, conscients que la problématique soulevée par le MCG est réelle et que l’exigence posée est fondée.

C’est ainsi que le Conseil d’Etat annonce, au lendemain du 1er mai, qu’il entend réintroduire la commission tripartite pour l’engagement dans le secteur public. Souvenez-vous, cette commission composée de représentants des syndicats, du patronat et de l’Etat, qui statuait sur les demandes d’engagement de travailleurs frontaliers avant l’entrée en vigueur de la libre circulation…Ainsi, la priorité aux résidents serait réintroduite. MERCI MCG ! Un discours que l’on abhorrait hier encore lorsqu’il émanait de la bouche des députés MCG devient aujourd’hui une évidence.

Mieux encore, alors que le MCG préconisait, pour le secteur privé, des mesures incitatives pour les entreprises prêtes à se plier à la priorité du marché cantonal de l’emploi, le Conseil d’Etat propose d’instaurer un label « Entreprise genevoise responsable », en faveur des entreprises qui acceptent volontairement de se soumettre à cette commission tripartite. ENCORE MERCI MCG !

Finalement peu importe que nos idées, parce qu’elles sont justes, soient reprises par d’autres. L’essentiel est que la population genevoise en sorte gagnante. Et c’est le cas.

Néanmoins, ceux qui se sont battus, seuls contre tous, pour faire triompher le bon sens et la justice, auraient apprécié, au moment où les faits leur donnent raison, que l’on se souvienne que cette évidence ne l’est que par le combat qu’ils ont mené, et non grâce aux défilés de l’Alliance de gauche ou à une proposition spontanée de l’Entente. C’est sans doute trop demander. Mais la population n’est pas dupe.

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