12/11/2010

BERNARD RAPPAZ: MORT OU VIF ?

images.1.jpg


Le débat, certes intéressant, qui s’est développé d’une manière inversement proportionnelle au poids de l’intéressé, me laisse perplexe. Au-delà du discours rassurant que tiennent les partisans du « c’est son choix », je m’interroge sur le fait de savoir s’il n’y a pas derrière tout cela un certain règlement de comptes du corps médical envers ces patients qui, à force d’avoir voulu imposer leurs choix, à coup de batailles judiciaires, devraient aujourd’hui « passer à la caisse » et « assumer ».

Il y a de cela une vingtaine d’années, je m’étais battu aux côtés d’une patiente en psychiatrie, qui, après une longue procédure, avait réussi à obtenir que le corps médical reconnaisse ses « directives anticipées ». Pour cette patiente, il était impératif qu’on ne lui administre plus de neuroleptiques en cas de nouvelle hospitalisation, car les effets différés de ces médicaments étaient pour elle source de grande souffrance. Nous nous étions heurtés à un corps médical acharné au sein des mêmes HUG, qui s’interdisent aujourd’hui de nourrir de force Bernard Rappaz, et qui soutenait alors qu’à défaut d’un tel traitement  la patiente risquait la mort, et qu’il était exclu de garder une personne en internement non volontaire, sans lui administrer le traitement exigé par son état.

Quelle différence me direz-vous ? Cette patiente, pas plus que Bernard Rappaz ne voulait mourir. Elle ne voulait pas de ces médicaments, même si cela lui faisait courir un risque vital. Il ne veut pas être nourri, tant qu’il sera détenu, au risque de perdre la vie. Et pourtant.

Choisir un traitement plutôt qu’un autre, ou une abstention de tout traitement, ce n’est pas choisir de mourir, mais de prendre le risque que la maladie nous emporte. Il s’agit d’un choix thérapeutique que le médecin doit respecter. Le patient ne demande pas au médecin de le laisser mourir, mais de le laisser prendre le risque de faire le mauvais choix.

L’article 47 alinéa 1 de la loi genevoise sur la santé du 7 avril 2006 exprime parfaitement ce principe :

« Toute personne informée, capable de discernement, peut rédiger des directives anticipées sur le type de soins qu’elle désire recevoir ou non dans des situations données où elle ne serait plus en mesure d’exprimer sa volonté »

Que dire alors de la volonté exprimée par Bernard Rappaz ?

Cet homme, prisonnier, n’a pas pour objectif de mourir. Il ne demande pas que l’on s’abstienne d’entraver son suicide ! Il exprime par son acte, une revendication. Peu importe qu’on la partage ou qu’on la rejette, il suffit de constater que son but est d’exprimer sa révolte. D’ailleurs, lorsqu’il fut libéré suite à sa dernière grève de la faim, il a repris son alimentation.

Cette libération n’avait d’ailleurs été obtenue que parce que la détermination de Bernard Rappaz avait été prise au sérieux. Qu’en serait-il si ses directives anticipées avaient été « j’exige que l’on s’abstienne de me nourrir, tant que cela ne mettra pas ma vie en danger » ?

Vous l’avez compris, Bernard Rappaz s’est enfermé lui-même dans un processus qui exclut la « marche arrière », sans pour autant que la mort soit son objectif.

Alors, Mesdames et Messieurs les médecins, vous qui êtes si prompts à invoquer la « volonté hypothétique » des patients, chaque fois qu’il s’agit de rechercher ce qu’aurait fait, en connaissance de cause, un patient insuffisamment informé, ne devriez-vous pas vous demander ce qu’attendrait aujourd’hui Bernard Rappaz de vous s’il avait la force de l’exprimer ? Vous demanderait-il de le laisser mourir ?

Si Bernard Rappaz meurt, vous aurez à en répondre selon l’article 128 du Code pénal pour ne pas avoir prêté secours à une personne en danger imminent de mort, alors que l’on pouvait  raisonnablement l’exiger de vous.

Si vous sauvez Bernard Rappaz, le seul risque que vous prenez, est celui qu’il vous traîne en justice pour ne pas l’avoir laissé mourir…Quel juge dans ce pays pourrait bien reconnaître l’existence d’un préjudice pour ne pas être mort, sachant que si son objectif est de mourir, les occasions de se suicider ne lui manqueront pas ?

Alors, ne jouez pas les Ponce Pilate et choisissez la vie plutôt que la mort !

01:07 | Lien permanent | Commentaires (6) | | |  Facebook

Commentaires

Votre argumentation est si… …irrésistible!

«…règlement de comptes du corps médical…»
«…patiente en psychiatrie…» «…qu’à défaut d’un tel traitement…» «…pas de ces médicaments… » «…abstention de tout traitement…» «…le risque que la maladie nous emporte…» «…le mauvais choix…» «…son suicide …» «…il suffit de constater que son but est… » «…lorsqu’il fut libéré suite à sa dernière grève de la faim, il a repris son alimentation…» «…Qu’en serait-il si…» « …invoquer la « volonté hypothétique »… » «…en connaissance de cause, un patient insuffisamment informé…» « …le seul risque que vous prenez… »

Votre but est en fait… le quel?

Écrit par : Júlio | 13/11/2010

A l'heure où la prohibition envers des herbettes qui furent jadis si inoffensives et qui aujourd'hui contienne 20 fois plus de principes actifs, les nouvelles formules chimique débarquent, comme les "dopalaczes" ayant massacrés la jeunesse polonaise avec des formules disponible dans chaque supermarché et provoquant des traumatismes irréversibles, quand une douzaines de rejetons de nos politiciens seront aux soins intensifs, ils payerons pour leur acharnement.
Quand on crache en l'air, ça nous retombe sur la tête ! ! !

Des centaines de formules trainent sur le net et sont tout à fait légales sans pour autant ne pas être létales ou ayant des conséquences effroyables et irréversibles, en face des procureurs dégénérés qui préparent des massacres qui ont un prix dont ils ne cachent même pas les conséquences !

Alors que les champs d'herbe de Rappaz ne pétaient même pas un lapin, ces nouvelles drogues vont et font leurs preuves indélébiles !

Bravo les âmes inquisitrices marchant pour les mafias et les comptes à numéros pleins de devises provenant de ce trafique cher à nos banquiers et à nos politiciens ! ! !

Écrit par : Corto | 13/11/2010

A Corto : Je n'aurais pas mieux dit.
Le cannabis vieux serpent de mer, les politicards aux services de Big pharma et des lobbyistes en tout genre mais surement pas au service du peuple.
Le cannabis de Rappaz une drogue ultra dangereuse ? Du chanvre qui pousse dehors en pleine terre ?
Merde je crois qu'il y a un vrai problème avec nos lois et plus généralement nos gouvernements.
La dérive propagandiste sécuritaire fait vraiment peur à voir.
Dire que l'on a tourné le dos au bon vieux chanvre au profit de la pétrochimie et de tous les produits qui en découlent.
Un jour on s'en mordra les doigts je pense.

Écrit par : Big B | 09/12/2010

Le problème sous-jasant, c'est la dictature à la chinoise pratiquée par la bande des copains de kadhafi, ceux et celles qui se voilent pour rencontrer des dictateurs sanguinaires, tous ça pour arranger les intérêts de ce qui ronge notre économie ! Le cancer de la corruption institutionnalisée à la mode suisse !!!

Écrit par : Corto | 10/12/2010

Ne prenons pas les helvètes par les oreilles comme des lapins, est un gros erreur
Vive Rapaz

Écrit par : arturo | 28/01/2011

Le cancer est la déformation spécifique de la realité.
On ne peux pas couvrir le soleil avec un passoire.
l'ignorance laisse la humanité esclave du malin.
l’église est tout jour au mieux du village expulsons les infidèles.
Ils on cru qu'on à cru mais il n’ont pas cru que nous n’avions pas cru,
dommage il vont le manger si crue-lement les charlatans...
Cela fait 8000 années que on utilise le cannabis, pas de problèmes génétiques il rendre les gens béatifiques. Ce ne pas le cas de l'alcool il rends con et méchants et fous jusque au crime.
Les boissons alcooliques? discipline pour les soulons incontinents ?
si tu fumes cannabis pure tu boirait mois et tu serais mois disposé a te venger,
et plus artiste parce que l'échèle de valeur va être l'universel.
Le mal de la terre ne vient pas de ma fumet plus tôt de la manque d'amour a la humanité.
La cocaïne légal? est le sucre raffine.
Si t'aime boire boit est cela ta liberté, et si tu ne bois pas est ta liberté de chois, mais ne critique pas ton frère qui fume y que soufre ton mépris.
Attention l’inquisition moderne et ses chasseurs des sorciers.
la fin ne justifie pas les moyens.
Sauver la terre et les animaux? oui mais d'abord les Roms qui errent sens destiné et qui son des homos sapiens sapiens comme nous.
La santé n'est pas l'affaire des charlatans, est un affaire
de la virtuosité de la intelligence de la nature supérieur.
La justice n'est pas faite pour être des décorations du sapin de noël.
Tout ce que on appel loi par fois n'est pas justice,parce que tout cela que est justice tu ne pourrait pas le trouver dans la loi des convenances sens convergence universel.
l'universel est comme le sel porteuse tout jour de la même salinité et comme l'air tout jour porteur de oxygène ; sauf si est adultéré ou contaminé.
Qui est que s'oppose à au droit à la vie si n'est que la mort de la liberté de soi?

Écrit par : arturo | 28/01/2011

Les commentaires sont fermés.