03/10/2010

ASSURANCES-MALADIE: PRIMES A LA MAUVAISE FOI

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Cette fois c’est bon. Burkhalter a passé son examen. Il est enfin digne de siéger au sein du Conseil fédéral. Il a réussi, comme son prédécesseur, à transformer, par le verbe, un fiasco en réussite. 

« Pour la première fois depuis trois ans, les primes couvrent les coûts prévus par les assureurs » nous assène-t-il le sourire (crispé) aux lèvres. Couchepin, lui , réalisait chaque année l’exploit de faire baisser les hausses…Tout un programme, au résultat garanti, si l’on compare ce que demandent les assureurs et ce que leur concède généreusement l’OFSP (Office fédéral de la santé publique), ce d’autant plus depuis que nos courageux juges du Tribunal administratif fédéral à Berne, rivés à la lettre de la loi au point d’en oublier l’esprit, ont affirmé en décembre 2009, qu’il n’y a pas de base légale pour obliger un assureur à compenser la hausse estimée des coûts avec le surplus de réserves accumulé.

Décodage du discours lénifiant de notre Conseiller fédéral : Depuis 2008 les primes n’auraient pas couvert les coûts,  au point que nos assureurs auraient été dans les chiffres rouges, s’ils n’avaient fait appel, sur une base volontaire (comment en irait-il autrement ?), aux réserves, ou si, pour certains, ils n’avaient opéré un « financement croisé ».

Financement croisé, oui, vous avez bien entendu. Santésuisse nous explique, à nous qui pensions béatement que les comptes de l’assurance de base et des assurances complémentaires étaient cloisonnés, que les secondes ont été contraintes de supporter la première. Attention, dans ce sens uniquement. Promis, juré. Quant à le vérifier, vous repasserez. Nos assureurs sont une institution et leur parole n’a pas à être mise en doute.

Burkhalter a donc bien appris la leçon, que chacun peut d’ailleurs réviser en lisant le tout-ménage de Santésuisse (publié en septembre 2010 et financé par nos primes) : « depuis 2008, sous la pression du Conseil fédéral, les caisses ont maintenu leurs primes à un niveau trop bas. Conséquence, les primes n’ont pas permis de couvrir les coûts en 2008 et 2009. Il faudrait maintenant combler l’écart creusé au cours de ces dernières années entre les primes trop basses imposées par la politique et des primes qui couvriraient réellement les coûts ».

Santésuisse et Burkhalter, c’est du  « copié-collé ». Voilà qui s’appelle diriger un département, et surtout, avoir un sens aigu de l’analyse.

Curieux tout de même de constater pareille dichotomie dans le discours de Santésuisse, selon le sujet que l’on aborde. Ainsi, nos mêmes assureurs, lorsqu’il s’agit d’expliquer ce qu’ils appellent « le feuilleton de l’été » en parlant des réserves que certains voudraient transférer d’un canton à l’autre, désignent le coupable, tel le chien qui mord la main qui le nourrit : « Le vrai problème est le contrôle par l’autorité fédérale de la convergence entre les primes et les dépenses de santé. Depuis des années santésuisse réclame des mesures. Le 29 avril dernier, santésuisse a encore demandé que l’Office fédéral de la santé publique, l’OFSP, contrôle rigoureusement le calcul des primes. Nous attendons les décisions du Conseil fédéral dans ce domaine ».

Ainsi, lorsqu’il y a surabondance de réserves dans certains cantons, c’est la faute à l’OFSP, qui aurait dû mieux contrôler ; lorsqu’il n’y aurait pas assez de primes, au point qu’il faudrait faire appel à ces réserves, c’est à nouveau la faute à l’OFSP. Sans vouloir auréoler cet Office fédéral, la coupe est pleine. A les entendre, nos assureurs ne seraient que les innocents véhicules des avis de hausses de primes qu’ils nous distribuent invariablement chaque automne.

Quant au cas de Genève, il illustre avec excellence le dérèglement complet et irréversible du système, puisque malgré une stabilité, voire une baisse des coûts, les primes ne cessent d’augmenter.

Pour ne prendre que le cas des réserves, cela fait 15 ans, soit depuis que la LAMal est en vigueur, que l’on a identifié le problème, sans jamais rechercher à le résoudre, ne serait-ce qu’en créant un fonds national regroupant les réserves de tous les assurés, ce qui ferait du même coup diminuer le pourcentage nécessaire.

A ce niveau, il faudra davantage que l’abscons « mécanisme correcteur » préconisé sans explication par le Conseil fédéral. L’heure des réformettes est révolue. Il faut une révolution pour assainir le système.

La Confédération doit charger une seule institution nationale de droit public de la mise en œuvre de l'assurance-maladie obligatoire des soins. Il n’y a jamais eu et il n’y aura jamais d’alternative valable.

 

Il n’y a plus rien à espérer de nos représentants actuels à Berne. Seuls les citoyens rétabliront la justice et l’équité dans ce domaine.

 

 

 

 

 

 

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Commentaires

Monsieur Burkhalter est sous hypnose, c'est clair !

Pour lui, les assurés sont une masse informe, alors qu'il rencontre
régulièrement les assureurs en chair et en os, qui ont bien dû lui faire
entrer les dernières directives à suivre.
D'autre part si il y aura une caisse unique, c'est sûr que les assureurs vont faire stagner les primes pour éviter une fuite massive avant la fin du contrat.
Merci pour votre combat

Écrit par : Mohamed Cohen | 13/10/2010

J'ai un litige au sujet de deux caisses maladie et j'aimerais savoir à qui m'adresser pour pouvoir avoir un certain crédit en ma faveur pour les affronter. A noter que je n'ai pas d'avocat et pas les moyens d'en avoir un.

Écrit par : Mutuelle | 20/10/2010

J'aimerais proposer à tous ceux qui trouvent que les assurances maladie sont des escrocs, des raquetteurs qui profitent de l'obligation débile de s'assurer, et bien de proposer tout simplement l'assura nce maladie NON OBLIGATOIRE. On verra ensuite si ces petits malhonnêtes l'ouvriront autant qu'aujourd'hui. Qu'est ce qu'on attend pour faire un référundum ?

Écrit par : Maurice-Anthony | 16/12/2010

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Écrit par : Shin | 10/07/2013

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