24/09/2010

SANTESUISSE SE FICHE (ENCORE) DE NOUS

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La « Newsletter » de Santésuisse, attendue avec une rare impatience, datée du 23 septembre 2010,  est enfin arrivée. Pour notre édification.

Il fallait oser. ILS ONT OSE ! 

Pour celles et ceux qui auraient de la peine à comprendre,  « les assureurs-maladie suisses » les aident à décoder ce qu’ils appellent « le feuilleton de l’été ». Il est vrai que l’on ne parle que de la broutille de quelques milliards, qui, dans un jeu de bonneteau permanent, viennent d’ici et passent par là, sans que l’on sache où ils se trouvent finalement.

Ainsi, Santésuisse nous apprend que « le vrai problème est le contrôle par l’autorité fédérale de la convergence entre les primes et les dépenses », ajoutant, avec une audace qui n’a d’égale que la malhonnêteté du raisonnement, que « depuis des années, Santésuisse réclame des mesures » et, notamment, que  « l’Office fédéral de la santé publique contrôle rigoureusement le calcul des primes ».

En d’autres termes, les assureurs-maladie se tuent à nous répéter depuis des années, que l’autorité fédérale devrait les contrôler plus rigoureusement, et ne pas les laisser faire n’importe quoi, en particulier accumuler de manière éhontée des réserves injustifiées sur le dos des assurés ! Voilà ce qui arrive quand on n’écoute pas nos assureurs.

C’est le cambrioleur qui, pris la main dans le sac, excuse son forfait par une insuffisance des effectifs de gendarmerie. L’absence de répression efficace serait donc une instigation au crime, ou, autrement dit "ce n'est pas de notre faute si on vole, c'est parce qu'on nous laisse faire".Dont acte.

Pour afficher une telle arrogance, nos assureurs-maladie doivent nourrir un sérieux sentiment d’impunité. Il est vrai que notre nouveau Conseiller fédéral Didier Burkhalter ne brille guère par les mesures proposées pour limiter leur pouvoir…

A ce niveau, ce n’est plus seulement du cynisme, c’est du mépris.

 

 

 

 

 

 

 

18:21 Publié dans Assurances sociales et privées | Lien permanent | Commentaires (9) | | |  Facebook

Commentaires

Il semble que seuls les Verts (17 députés) et le PS (15 députés) aient voté contre cette amnistie révoltante.


Comment les députés MCG, qu'on croyait aux côtés des travailleu(se/r)s,
ont-ils pu se trahir en soutenant une telle mesure ?
Certains de ces 17 députés se sont-ils abstenus ?

Le site du Grand-Conseil est d'une telle opacité, qu'il n'est pas possible à cette heure d'en savoir plus à ce sujet :
http://www.ge.ch/grandconseil/sessions/PVseances.asp

Heureusement, le référendum obligatoire permettra de balayer cette mesure anti-sociale.

Ce qu'il faudrait, c'est une réelle lutte contre la fraude fiscale.
Malheureusement, même les salariés, qui n'ont à produire qu'une attestation établie par leur employeur, et bien peu de choses à cacher, sont contre l'État fouineur !

http://www.tdg.ch/geneve/economie/amnistie-fiscale-gros-rabais-impot-fraudeurs-genevois-2010-09-24-0

Écrit par : Lyonnais du 69 | 24/09/2010

Bien que le commentaire soit hors sujet, je répondrai,car je n'ai jamais renié mes choix. Pour faire du social, et aider les plus démunis, il faut de l'argent, et pour faire le l'argent, le moyen le plus efficace passe par les impôts. L'expérience nous enseigne que la recherche des fraudeurs est inefficace pour de multiples facteurs qui sont une réalité, que l'on ne peut pas modifier à bref délai. Par ailleurs, les fortunes non déclarées sont très souvent le résultat de choix effectués par des personnes décédées, que les héritiers reprennent tels quels, de peur de supporter les conséquences de faits dont ils ne sont pas responsables. Il est donc impératif, non pas de donner une prime à la fraude, mais de donner la possibilité à ceux qui souhaitent entrer dans la légalité, de le faire dans un délai déterminé. Ceux qui ne comprennent pas ce raisonnement pragmatique, sont les mêmes qui ne cessent de crier au scandale lorsqu'on supprime des acquis sociaux, et qui souhaiteraient le beurre, sont chercher l'argent du beurre. Cela dit, si "Lyonnais" nous adresse ses leçons depuis la France, je me permettrai de lui signaler amicalement que son raisonnement, largement partagé par ses concitoyens, est sans doute à l'origine de la fuite constante et permanente des grandes fortunes. Rien n'est plus mobile qu'un riche, rien n'est plus sédentaire qu'un pauvre. Personne n'a intérêt à garder ses pauvres en faisant fuir ses riches.

Écrit par : poggiaq | 24/09/2010

@Mauro POGGIA, je ne vous adresse aucune leçon :

Je vous préviens que les électeurs s'en chargeront !

Les mesures prévues par la Confédération devaient suffire.

La lutte contre la fraude est inefficace par manque de moyens,
et surtout par manque de volonté !

Combien de fonctionnaires chargés des contrôles ?
Combien de contrôles par année ?
Quels moyens mis en oeuvre ?
(recoupement de bases de données, signes extérieurs de richesse, etc...)

Un exemple que vous devez bien connaître :
Déclaration fiscale d'un médecin :
- comparaison avec son chiffre d'affaires selon TARMED ?
- comparaison avec les notes d'honnoraires déduites par les contribuables ?
Existe-t-il au moins une comparaison globale permettant d'estimer le taux moyen de soustraction ?

PS :
Au sujet de "Lyonnais", ne pas confondre avec le lyonniais !
http://promcg.blog.tdg.ch/archive/2010/05/29/les-independantistes-savoisiens-soutiennent-le-mcg.html#comments

Écrit par : Lyonnais du 69 | 24/09/2010

Il va de soi pour les assureurs que les contrôles renforcés qu'ils réclament à corps et à cri ne devront surtout rien changer sur le fond: pas de transparence dans la gestion des réserves & provisions, pas de vérification de la conformité de la répartition des frais généraux et surtout pas d'accroissement des moyens d'action de l'OFSP. Avoir pour seule prérogative celui de forcer les assureurs à augmenter leur primes en cas de sous-couverture, c'est déjà bien assez. Avec le bénin M. Burkhalter qu'elles tournent ouvertement en bourrique depuis quelques semaines, les caisses maladie prennent peu de risques en lançant un tel appel...

Écrit par : pergamo | 25/09/2010

Avec les assurances c'est le même problème qu'avec Billag: des entreprises monopolistiques, noyautées par des requins ethniques, ne peuvent plus être controllées tout comme les fraudeurs du fisc. Des milliards pour des castes qui cultivent les monopoles et se tranmettent leurs charges comme des monarques de droit divin. A voir les émisions de m... que propose la radio suisse, on mettrait des micros dans les bistrots ça ne changerait pas grand chose. Jean-Charles Simon ex pharmacien qui va s'expose au palludisme en chargeant nos assurances, ex administrateur de Swissair... on a là toute la crème et ses conséquences. Les monopoles qui attirent les médiocres et les faisandés.

Écrit par : lazlo | 25/09/2010

Croire et faire croire qu'il suffit d'affirmer que les caisses-maladie sont à l'origine des primes énormes relève de la désinformation. J'admets volontiers que ces dernières ne sont pas vraiment championnes de la communication et qu'elles seraient bien inspirées de changer d'agence de pub. Leurs contradicteurs n'ont sans doute pas les mêmes agences, mais leurs discours ne sont pas vraiment à la hauteur non plus.
Dans cette affaire de cotisations, je me pose quand même une question : pour quelle(s) raison(s) les caisses-maladies engrengeraient-elles des millions de francs, alors que la loi ne les autorise pas à réaliser des bénéfices. Les accuserait-on de se constituer de secrets coussins dorés, de faire passer l'argent des assurés sur des comptes aux Iles Caïman, ou simplement de s'attribuer des salaires indignes d'une activité sociale ? Que nenni, Me Poggia. Que vous soyez fâché parce que vos primes augmentent, personne ne vous en voudra en revanche, on peine à comprendre votre acharnement à stigmatiser les caisses-maladie. Ce ne sont pas les caisses-maladie qui vont mal, c'est le système de santé suiise qui est malade. C'est le parlement qui ne fait pas son travail, C'est le public qui veut, qui exige une médecine de pointe, qui n'est pas prêt à faire plus de 20km pour se faire soigner, qui veut des scanners, des maternités, des irm à tous les coins de chemin. Qui consomme des soins comme les américains des hamburgers. Croyez-vous sérieusement qu'on va diminuer les coûts de la santé ? Les stabiliser tiendra déjà du miracle. Il serait, à mon avis, plus utile que vous rassembliez vos talents pour convaincre les parlementaires de réfléchir - je pèse mes mots - pour refondre le système de santé, d'y songer en termes de solidarité efficace et non pas en tranférant les charges sur les assurés. Vous savez pertinemment qu'on ne s'offre pas une Rolls au prix d'une Fiat 600.
Je l'ai dit, je déplore la communication catastrophique de Santésuisse. M. Ruey a néanmoins raison au moins sur un point : il ne sert à rien d'engueuler la caissière du supermarché et l'accuser du montant de la facture !
La santé n'a pas de prix, dit-on, mais elle a un budget.

Stigmatiser un groupe permet de cacher les vrais problèmes. Vous avez des talents de rassembleur, Maître. Mettez-les au service du système de santé et cessez de tirer sur les ambulances. Tout le monde vous en remerciera.

Écrit par : Michel SOMMER | 01/10/2010

La caissière du supermaché ne nous rend pas la monnaie, et on devrait laisser faire ? Remercier M. Ruey d'avoir scandaleusement dilapidé plus d'un million de francs de nos primes pour une campagne de propagande mensongère et inutile ?
M. Poggia a raison de se battre pour nous. Les caisses maladie nous font payer davantage que ce que nous coûtons, s'offrent un train de vie de satrape africain sur un prélèvement obligatoire, maintiennent une opacité totale sur la gestion de sommes colossales sous le regard d'un gendarme borgne et manchot. Comment voulez-vous asseoir la crédibilité des réformes sur une telle chienlit ?

Écrit par : Pluto | 03/10/2010

A Pluto,

Je persiste et je signe : croire que vos cotisations d'assurance coûtent trop cher parce que les caisses-maladie s'en mettraient plein les poches relève d'une grande naïveté. C'est tout le système qu'il faut réformer. Ce travail incombe au parlement qui se fiche éperdument du peuple. Et comme les caisses-maladie sont dans le collimateur, il n'y a pas de raison de se presser...

Un million de francs pour une campagne de pub ? Pour 7,5 millions d'habitants, cela fait moins de 15 centimes par personne. Faut-il qu'on vous les rembourse ? Swissair nous a coûté plus cher.

Interpellez vos députés à Berne pour que cela change ou changez de députés ! Les caisses-maladie interprètent une loi qui est mauvaise, mais elles ne sont pas dans l'illégalité.

Se battre, oui ! Mais ne nous trompons pas de cible !

Écrit par : Michel Sommer | 03/10/2010

Vous semblez ignorer qu'il s'agit ici d'une question de principe. L'argent des primes doit servir à rembourser les soins et non à financer les campagnes d'image des assureurs. Ce 1,2 million aurait pu servir à financer les subsides de nombreuses familles étranglées par les primes.
Comment imposer des remaniements et une rigueur budgétaire aux partenaires du système si l'un d'entre eux manie des comptes dans la plus parfaite opacité et entend se soustraire à toute mesure d'économie ? L'offre des soins doit être réformée, c'est une évidence, mais elle ne le pourra pas tant que le système de financement continuera marcher sur la tête.
Lorsque des dirigeants de caisse maladie collectionnent les voitures de prestige et fument des cigares à 1000frs, c'est le signe que quelque chose cloche gravement dans le système.

Écrit par : Pluto | 03/10/2010

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