13/04/2010

UNE PRESENTATION DEMAGOGIQUE DE LA REGION FRANCO-GENEVOISE

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Pierre Lellouche, secrétaire d’Etat français chargé des Affaires européennes « aimerait » voir des frontaliers suisses travailler en France. C’est touchant ! Cette condescendance du « grand frère » français envers le « petit suisse » a de quoi émouvoir.

Soyez sérieux Monsieur Lellouche, ne faites pas comme notre ministre des affaires étrangères Micheline Calmy-Rey, qui parle de « xénophobie anti-frontalière » pour flatter votre ego et nier la réalité quotidienne des habitants de Genève ! S’il est vrai que le sens de la convention « bilatérale » sur la libre circulation est effectivement  de permettre aux ressortissants des « deux parties » de jouir d’un libre choix du lieu de travail, sans discrimination, dans les faits, la différence de salaires gigantesque entre la Suisse et la France a créé un flux à sens unique. Sous réserve de quelques hauts cadres sans doute (merci de me les présenter), lesquels vont travailler à Paris ou dans une grande métropole française du lundi au vendredi, on voit mal qui pourrait s’offrir le luxe d’assumer des charges suisses avec un salaire français. Avec 1200 € par mois pour une caissière ou vendeuse de grand magasin situé en France voisine, il y a de quoi nourrir des rêves d’Eldorado helvétique.

Désolé de repousser vos amours de circonstance Monsieur Lellouche, mais tant que vos employeurs rémunéreront aussi mal  vos salariés, les Suisse resteront en Suisse.

Vos propos sont à cet égard aussi crédibles que ceux tenus par vos collègues en ce qui concerne le CEVA, que les électeurs genevois ont récemment approuvé sur la base d’affirmations fallacieuses, dont on commence à entrevoir la gravité. A cet égard, les politiques français n’ont pas le monopole du mensonge et nous possédons de beaux spécimens de ce côté-ci de la frontière.

Ne nous a-t-on pas martelé durant la campagne de l’automne dernier, Robert Borel, ancien maire d’Annemasse en tête, que le CEVA était un projet que tous nos voisins unanimes appelaient de leurs vœux, le financement des quelques centaines de mètres de rail entre la frontière et Annemasse étant d’ores et déjà bouclé. Quelle surprise donc de lire dans la bouche du même Pierre Lellouche, cité par la Tribune de Genève le 12 avril : « Nous sommes en train de rassembler les financements nécessaires, côté français pour, je l’espère, démarrer dès l’année prochaine les premiers travaux ». Serait-ce à dire que les financements n’étaient pas trouvés lorsque l’on a convaincu les Genevois d’investir 1,5 milliard (chiffre officiel sous-estimé) pour amener, par un laborieux tortillard sous-urbain, un train grandes lignes jusqu’au « nulle-part ferroviaire » que reste et restera longtemps encore Annemasse ?

Et ce d’autant plus que cette même ville d’Annemasse a officiellement décidé de ne pas construire de parkings à proximité de sa gare, afin d’inciter (tel est le terme) les futurs et hypothétiques usagers du CEVA à parquer leurs véhicules dans des gares « en amont » à partir desquelles on espère qu’ils prendront un RER vers Annemasse….je vous laisse imaginer !

Quelle surprise également de lire dans la Tribune de Genève du 3 avril que les Anneciens ignorent tout du CEVA, y compris le responsable du développement durable de la mairie d’Annecy. Serait-ce à dire que cette unanimité que l’on a présentée aux Genevois, en culpabilisant les réticents de ne vouloir, par égoïsme mesquin, participer à cette grande ouverture transfrontalière, n’était qu’une façade opportuniste ?

Décidément, la politique est une chose bien trop sérieuse pour la confier à des politiciens !

C’est la raison pour laquelle le MCG offre cette plateforme de réflexion ouverte à toutes les sensibilités politiques, indépendante des dogmes réducteurs dans lesquels les partis traditionnels s’enlisent depuis des décennies, privant  les citoyens de la maîtrise de leur avenir.

QUE LES BONNES VOLONTES DOUEES DE BON SENS SE LE DISENT !

 

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Commentaires

..." Décidément, la politique est une chose bien trop sérieuse pour la confier à des politiciens !..." Vous êtes politicien je crois ? Pour le reste je vous suis entièrement Monsieur le Député.

Écrit par : lappal | 13/04/2010

Je fais de la politique, effectivement, mais étant entré dans l'arène politique à 50 ans après 28 années passées à défendre des justiciables dans mon activité d'avocat, je ne me considère pas comme un politicien au sens strict, terme que je réserve à des personnes dont la carrière se résume à l'activité politique, et dont font partie celles mentionnées dans ma note. Pour être complet, je suis entré en politique suite au constat selon lequel l'application des lois adoptées par d'autres a des limites et qu'il était peut-être temps d'apporter mon expérience pratique, certes modeste, à l'élaboration et l'amélioration de nos lois. D'où la conclusion de ma note, qui est un appel à d'autres personnes qui, comme moi, sont prêtes à mettre en peu de leur temps au service de la "res publica", soit la "chose publique". Merci de m'avoir donné l'occasion de cette précision.

Écrit par : poggia | 13/04/2010

@poggia
Je vous en prie Me Poggia, ce fut un réel plaisir :-) C'est ce que j'appelle une bonne réponse à une boutade bien gentillette. C'est aussi une réponse opportune et habile, digne de l'avocat que je respecte pour son engagement pour les assurés. Il n'est jamais trop tard pour se présenter au grand public, pas vrai cher Maître?

Écrit par : lappal | 13/04/2010

J'ai vu à Bale l'été dernier des voitures avec des plaques suisse en Allemagne, mais c'était devant une usine chimique suisse!

De toute façon le mépris des politiciens, de gauche et de droite, à l'endroit des précaires, n'a pas de frontière!

Il faudrait également parler des emplois solidarités suisses à 2'200.- lancés et encouragés par Longchamp, il y en a pleins dans les administrations de la Ville et du Canton!

Écrit par : dominiquedegoumois | 13/04/2010

Quelles sont les conditions de la creation de cette potentielle zone franche (fiscalité, droit du travail, etc...) ?
En tant qu'avocat, je pense que vous devez vous baser sur des faits et non jouer uniquement sur l'émotion. Je suis très curieux de nature et afin de me faire une idée, aimerais comprendre les tenants et aboutissants de votre réflexion.
Merci !

Écrit par : antoine | 13/04/2010

Et pouquoi pas, le temps et l'espace du politique ne sont plus en phase avec ceux de l'èconomique, d'où des tensions sociales, identitaires.
Vous pensez les résoudre, en rejoignant un mouvement pariant sur le repli,cultivant des"genevoiseries chimériques " l'économique délocalise, transforme la géographie d' une région. un nouveau monde surgit transfrontalier ,, laisser à d'autres(vos fameux dealers par exemple) le soin de le configurer constitue une faute politique majeure, c'est au personnel politique de relever ce défi, c'est à dire d'organiser d'administrer ce nouveau monde, ne vous trompez pas de combat..

Écrit par : briand | 13/04/2010

je suis d'accord avec vous, sur le creux du discours de Mr Lellouche.
La société civile a depuis longtemps intégré les moyens d'utiliser la région frontalière lorsque cela présente un avantage.
Cela peut être simplement en faisant ses courses à étrembierre, en allant vivre dans une maison à 600'000 Sfr coté 74, ou bien en utilisant le potentiel industriel régional sous forme de sous traitance...
Ce dernier point permet d'ailleurs de trouver une solution aux problèmes de transport en conservant les emplois des travailleurs sur leur lieu de vie.
A quoi sert il de faire faire 50 km à un employé pour fabriquer une pièce, alors qu'il peut la fabriquer chez lui dans de très bonne conditions.
La seule problématique de cette approche, c'est qu'elle continue à nécessiter une immigration forte en haute savoie pour pourvoir les postes générés par cette demande Genevoise.... mais au moins elle permet de réduire le traffic pendulaire et son impact écologique.
Quoi qu'il en soit, avant de songer à faire aller les Genevois dans le 74, il me semble opportun de réduire le nombre de frontaliers en conservant ou développant les activités sur le 74...

Écrit par : Olivier | 14/04/2010

Le CEVA est déjà démodé. Il avait un sens à l'époque où la majorité des gens pensait (à tort) que les frontières n'avaient plus aucune importance, et qu'il fallait se dépêcher d'organiser autant de brassage que possible. Finalement, on se rend compte qu'on ne peut pas organiser une société dont les membres ne sont pas personnellement attachés au lieu dans lequel vit cette société. Il n'y a rien de plus universel que l'attachement à ce qui est local, rien de plus universel que la paix procurée par le sentiment d'être chez soi. Il est urgent que les politiciens et autre bien-pensants se rendent compte de cette réalité et arrêtent de nous fatiguer avec leurs prévisibles sornettes.

Écrit par : Michael Kohlhaas | 14/04/2010

La majorité des Suisses et Français que je cotoie adorent la région et n'en partirait pour rien au monde...
Etant frontalier depuis plus de 10 ans, je le confesse, ma voiture subit régulièrement des actes de vandalisme (rayures à la clef, essuie glace tordus, crachas sur les vitres) depuis quelques années. J'imagine que ces actes sont une déclaration d'amour sans borne que nous portent certains de vos semblables afin de vivre en harmonie, comme vous le préchez dans votre précédent message.
J'ai hate de revivre dans 3 mois les moments de grande fraternité que nous avons connu lors de l'Euro 2008 quand on avait le malheur de traverser Genève avec une plaque française les soirs de matchs.
Les seules frontières qui persistent à Genève sont bien dans les têtes de certains esprits étroits.

Écrit par : Bertand | 14/04/2010

Le seul développement économique qui puisse intéresser la population résidente genevoise est celui qui est tourné sur le canton de Vaud et le Plateau suisse, dans la (simple) mesure qu'il n'y a a que ces régions qui soient encore susceptibles de donner du travail aux résidents genevois qui n'en ont pas, n'en auront pas ou plus. Ils sont déjà plus de 25'000, de surcroît en âge d'être actifs. Partant, il est aisé de comprendre que l'avenir de la population genevoise ne réside pas dans l'agglomération franco-valdo-genevoise, puisque celle-ci se développe à sens unique, à savoir de la France vers Genève!

Écrit par : Clean | 15/04/2010

Comme c'est dommage, tous ces Genevois qui ne veulent plus payer leurs impôts dans la ville qui les a vu naitre !
Mais si tous le développement économique est tourné vers le canton de Vaud et le plateau suisse, la population de Genève va s'installer dans le canton de Vaud (il y a la place) et Genève va pérécliter sans impôt à percevoir.

Écrit par : lucides | 15/04/2010

Vous faites bien de rappeler que Genève est une ville qui a vu naitre beaucoup de ses résidents, c'est de notoriété publique...

Écrit par : pierrot | 15/04/2010

C’est comme si les politiques faisaient tout pour qu’on arrive à la situation de refuser les bilatérales en bloc via un referendum. C’est peut être meme le but de l’exercice?

Ou au contraire, ils espèrent que cela provoquera de nouvelles initiatives vers l’adhésion pleine et complète à l ‘UE ? Mais avec ce qui se passe en France je serai vraiment surpris qu’on retrouve des amateurs en ce moment. Dans ce cas, le fiasco sera encore plus significatif qu’il y’a 20 ans..

En tout cas, la pression monte, ce n’est pas surprenant, mais dans quel but ? Je n’arrive pas à croire qu’il ne s’agit que de l’incompétence « pleine et sincère » ?

Écrit par : arfo | 16/04/2010

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