13/08/2009

TROP DE DEMOCRATIE?

Certains prétendus démocrates nous expliquent régulièrement, notamment à Genève, que la démocratie est malade d'un mal inhérent à sa propre structure, au motif que l’usage du référendum et de l’initiative serait détourné de son but car ces instruments démocratiques serviraient prétendument des intérêts particuliers au détriment de l’intérêt général.

Ce raisonnement, malheureusement répandu, est non seulement absurde, il est dangereux. Ces platoniciens qui s’ignorent, et qui pensent que de la liberté naît la tyrannie, considèrent en fait que seuls de  « bons sujets » devraient être soumis au peuple – comprenez par là ceux qui sont dignes d’intérêt à leurs yeux – alors que les autres devraient être tranchés par nos élus.

En d’autres termes, c’est l’usage des droits démocratiques « par les autres » qui dérange. Pourtant, heureusement que les droits démocratiques existent ! Comme disait Winston Churchill, la démocratie est le pire des régimes, si on fait abstraction de tous les autres.

En réalité, ce qui tue la démocratie, ce sont les avis péremptoires exprimés par des ignares paresseux convaincus de détenir la mesure du bien collectif. La Suisse est un exemple de démocratie pour le monde. Là où d'autres affronteraient leurs différences, nous les juxtaposons pour en faire notre force. Non sans heurts ou amertumes parfois.

Cette Suisse, qui a séduit le monde et qui a fait la fierté de tant de générations perd aujourd'hui ses repères, ses valeurs fondamentales. Par une politique extérieure maladroite, elle a fait rimer neutralité avec isolement. Timorée, et souvent même complexée, elle confond ouverture et renoncement.

De plus en plus de citoyennes et de citoyens de ce pays, des femmes et des hommes qui ne sont pas des conservateurs, et qui n'ont pas d'affinités avec l'extrême droite, demandent un retour aux valeurs civiques, éthiques et morales auxquelles ils croient, afin qu'il fasse bon vivre en Suisse, en protégeant nos emplois et en dynamisant la recherche d'emploi pour nos chômeurs, en créant des logements à loyers abordables sans dissuader les promoteurs par des chicanes administratives, en donnant à nos enfants une éducation qui les armera face au monde de demain, en soutenant la recherche qui a toujours été la carte de visite de la Suisse, et en continuant à permettre l'accès à une médecine de qualité tout en exerçant un contrôle efficace sur les caisses-maladie.

Pour cela nous avons besoin de finances saines, et nous devons continuer sur la voie qui a été tracée. Genève doit être et rester attractive pour de nouvelles entreprises étrangères, avec lesquelles il faut négocier une imposition favorable en échange d'une création d'emplois. Nous devons maintenir les forfaits fiscaux pour ces étrangers qui choisissent Genève pour dépenser leur argent, et qui sinon iraient tout simplement ailleurs.

Ceux-là même qui demandent le maintien et l'amélioration des droits sociaux font exactement le contraire de ce qu'il faut pour remplir les caisses de l'Etat, condition sine qua non pour atteindre cet objectif.

Au-delà des dogmes partisans, Genève n'échappe pas à la règle, et a besoin à sa tête de femmes et d'hommes suffisamment imaginatifs pour prévoir les besoins des prochaines décennies, et impérativement intègres pour échapper à l'influence des lobbys qui gangrènent notre pouvoir politique.

Pour cela, toutes celles et ceux qui s'abstiennent habituellement de voter, par résignation, écoeurement ou désintérêt doivent comprendre que leur voix est essentielle le 11 octobre pour changer le visage politique de ce canton.

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Commentaires

"Au-delà des dogmes partisans, Genève n'échappe pas à la règle, et a besoin à sa tête de femmes et d'hommes suffisamment imaginatifs pour prévoir les besoins des prochaines décennies, et impérativement intègres pour échapper à l'influence des lobbys qui gangrènent notre pouvoir politique."

Je trouve l'ensemble du billet juste et interessant.Cependant en matière de lobbys,excusez-moi d'avance de vous clouez au pilori ( normalement on débat sur le sujet du billet et non sur son auteur)Mais vous même faites du clientélisme en défendant les assurés qui cotisent votre association de défense des assurés tout en étant politicien.Vu que vous leurs faites croires que l'explosion des coûts de la santé sont de la faute des autres sauf de ceux qui se font soigner,c'est à dire l'assuré.

D.J

Écrit par : D.J | 13/08/2009

Cher Monsieur, je ne vois pas de quel clientélisme vous parlez. Si vous pensez que je travaille bénévolement pour l'Assuas depuis 10 ans pour me faire des clients, vous avez une drôle de vision de la prospection de la clientèle. Par ailleurs l'Assuas est une association apolitique, de sorte que ses membres sont de tous horizons politiques.Pour le surplus, je serais heureux que l'Association suisse des assurés soit un lobby. Malheureusement, et contrairement à santésuisse qui représente les assureurs maladie, nos moyens financiers sont faibles et les tâches sont essentiellement effectuées bénévolement. Vous êtes d'ailleurs le bienvenu.

Écrit par : poggia | 13/08/2009

Article intéressant que j'ai fait suivre sur mon fil twitter consacré à la politique à Genève.

Écrit par : GenevePolitique | 13/08/2009

Vous dite:

1-"en créant des logements à loyers abordables sans dissuader les promoteurs par des chicanes administratives"

2-" En réalité, ce qui tue la démocratie, ce sont les avis péremptoires exprimés par des ignares paresseux convaincus de détenir la mesure du bien collectif."

Maître, pourriez-vous developper svp ?

Écrit par : sarah | 13/08/2009

" Cette Suisse, qui a séduit le monde et qui a fait la fierté de tant de générations perd aujourd'hui ses repères, ses valeurs fondamentales. Par une politique extérieure maladroite, elle a fait rimer neutralité avec isolement. Timorée, et souvent même complexée, elle confond ouverture et renoncement. "

Maître Poggia,

Vous vous égarez un peu me semble-t-il, en quoi la politique extérieure de la Suisse, aussi maladroite soit-elle, concerne-t-elle les élections cantonales genevoises de cet automne ?

Restons-en à des objets de compétence cantonale, ils si nombreux et il y a tant et tant à faire à Genève, pour restaurer la sécurité dans nos rues, pour construire des logements, développer les transports, assainir la dette publique, etc. La liste est longue ...

Cordialement !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 14/08/2009

" ... ils sont si nombreux ..."

Avec mes excuses !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 14/08/2009

@ M.Poggia,

C'est tout à votre honneur de faire du bénévolat.Mais quand je parle de faire du clientélisme,je veut simplement dire que si vous défendiez les intêrets de vos membres de l'ASSUA,sans en plus faire de la propagande politique via les médias en menant une campagne anti-caisses d'assurance responsable de tout les maux de notre systhème de santé, vu que apparamment les médecins qui facturent aux caisses les traîtements qu'on subits les assurés,non aucune responsabilité de la hause des coûts. Là oui,vous feriez pas de clientèlisme.

Que vos membres sont de tout horizons politiques est une chose.Mais beaucoup le font,en sachant qu'en cas de litige avec leurs caisses,il auront un avocats d'office.J'en sait quelque chose,vu que je suis syndiqué essentièlement pour ça.

Mais à part celà,c'est normal de créer ce genre d'association d'assurés,tout le monde ne peut pas se payer un avocat pour sa défense en cas de litige et celà évite de se faire rouler dans la farine par certains assureurs.

D.J

Écrit par : D.J | 14/08/2009

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