21/12/2015

Corruption swiss made, suite et (pas) fin

photo.s.JPGLe 6 novembre dernier, je publiais un billet mettant en évidence les liens indécents existant entre une majorité de Conseillers aux Etats siégeant dans la Commission de la sécurité sociale et de la santé publique (CSSS) et les assureurs de notre pays
( http://poggia.blog.tdg.ch/archive/2015/11/06/corruption-swiss-made-271537.html ).
Je déplorais alors le caractère désespéré de toute action législative fédérale visant à améliorer le sort des assurés, et à leur donner des moyens efficaces pour faire contre-poids au pouvoir croissant de nos assureurs maladie.

Depuis lors, les élections fédérales sont passées par là, sans rien améliorer à la situation, bien au contraire, puisqu'il est à peu près certain désormais que rien de fondamental ne changera dans ce domaine, et qu'il y a tout lieu de craindre que les attaques contre le libre choix du médecin, auquel nous tenons tous, vont se multiplier.

Voyons cela de plus près, tout en rappelant, en préambule, pour celles et ceux qui ne seraient pas d'assidus observateurs de la politique fédérale, que l'UDC et le PLR, sont les fers de lances de nos assureurs, souvent appuyés par le PDC d'ailleurs, tant il est vrai que l'on n'a toujours pas compris à droite, à l'exception de ceux qui l'ont très bien compris et instrumentalisent les premiers, qu'il ne s'agit pas ici d'un choix de société, mais de justice sociale et de bon sens:

Commission de la sécurité sociale et de la santé publique du Conseil des Etats
Membres: 13
Majorité: 7


PLR + UDC: 5
- Dittli Josef, PLR
- Eberle Roland, UDC, Vice-Président du Groupe Mutuel Assurances.
- Eder Joachim PLR. Membre du Conseil de Fondation de Sanitas, et Membre de Forum Santé pour tous.
- Keller-Sutter Karin, PLR, Membre de Bâloise Holding.
- Kuprecht Alex, UDC, Président de Forum Santé pour tous
PDC: 4:
- Graber Konrad, PDC, Membre du Conseil d'administration de CSS Assurances (Arcosana, Intras, Sangate), et Membre de Forum Santé pour tous
- Bischof Pirmin, PDC,
- Bischofberger Ivo, PDC, Membre du groupe de réflexion du Groupe Mutuel.
- Ettlin Erich, PDC,
PLR + UDC + PDC = 9, majorité absolue!

 

Commission de la sécurité sociale et de la santé publique du Conseil National
Membres: 25
Majorité: 13


PLR + UDC + PBD: 13
- Cassis Ignazio, PLR, Président de Curafutura (association de assureurs maladie innovants...), Membre de Forum santé pour tous
- Brand Heinz, UDC, Président du comité de Santésuisse et de Tarifsuisse, Président de SKV (Fédération suisse pour les tâches communes des assureurs-maladie)
- Brunner Toni, UDC.
- de Courten Thomas, UDC, Membre du conseil de IG Biotech et de Intergenerika Biotech
- Frehner Sebastian, UDC, Membre du groupe de réflexion du Groupe Mutuel.
- Giezendanner Ulrich, UDC, Vice-Président du conseil de CPT/KPT.
- Herzog Verena, UDC.
- Hess Lorenz, PBD, Membre du conseil de Visana.
- Moret Isabelle, PLR.
- Alice Glauser, UDC, (remplace Guy Parmelin).
- Pezzati Bruno, PLR, Membre du groupe de réflexion du Groupe Mutuel, Membre du Forum santé pour tous.
- Schmid-Federer Barbara, UDC, Membre de Top Pharma Apotheke, Membre du Forum santé pour tous.
- Stahl Jürg, UDC, Membre du groupe de réflexion du Groupe Mutuel, Membre du Forum santé pour tous.

S'y ajoutent:
- Humbel Ruth, PDC, Membre du conseil de Concordia, Membre du Forum santé pour tous.
- Ingold Maia, PEV, Membre du Forum santé pour tous.
- Weibel Thomas, PDC, Membre de IG Biotech.

Cela fait donc 16 Conseiller Nationaux, majorité absolue encore, qui sont liés soit à des acteurs du domaine de la santé, soit à des partis directement impliqués auprès des assureurs-maladie suisses.

Dans ces conditions, comment espérer un débat démocratique, ouvert et seulement...intelligent, qui permette de faire adopter des solutions qui ne seraient pas préalablement validées par nos assureurs, quand elles n'émaneraient pas d'eux directement.


Mais n'ont-ils pas été élus démocratiquement me rétorquerez-vous? Certes. Mais si l'on conçoit aisément qu'un agriculteur élu l'ait été pour défendre l'agriculture, un industriel, pour soutenir notre industrie, et même un PLR pour porter les valeurs d'une économie libérale, ces parlementaires-là n'ont à l'évidence pas été élus pour défendre les assureurs-maladie et les lobbys de la pharma contre les assurés de notre pays.
Or, la majorité d'entre eux fait partie, au mieux, de Forum Santé pour tous, dont on peut apprécier les prises de position ( http://www.forumgesundheitschweiz.ch/index.php/points-de-vue.html ), et, au pire, d'un groupe de réflexion copieusement rémunéré du Groupe Mutuel, ou d'un conseil d'administration d'un assureur.

Il est donc regrettable de constater que seule une initiative populaire permettra des changements majeurs du système. Et cette initiative devra, cette fois-ci, être citoyenne, afin de ne pas être estampillée des couleurs de la gauche, et ne pas faire sombrer le débat dans une confrontation stérile gauche-droite, qui occulterait de vrai débat de fond, qui doit être celui de l'accès durable à une médecine de qualité à un coût supportable, ainsi que du libre choix de son médecin.

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10/11/2015

Fonction publique: construire sur la grève avant la vague

Iplage.jpgls l'avaient annoncée, elle est là. Personne n'en doutait d'ailleurs.

La grève de la fonction publique réunit, sous une même bannière barriolée, des craintes, et des mécontentements, sans doute aussi compréhensibles et respectables, que variés et divers, sans que l'on sache cependant si la contestation porte sur la réalité de la situation préoccupante des finances cantonales ou sur les moyens proposés pour rétablir l'équilibre des comptes de l'Etat.

Mon propos n'est pas ici de marteler la fausseté d'un propos syndical, qui a délibérément choisi le Conseil d'Etat comme coupable désigné de l'échec d'un dialogue voulu mort-né par ceux-là mêmes qui en déplorent le trépas.

Dans l'attente d'une résurrection peu probable, au seul motif que ceux qui l'appellent de leurs vœux seraient bien empruntés d'esquisser les alternatives praticables qui leur sont demandées depuis des semaines, misons sur le bon sens, sachant que l'écrasante majorité des collaborateurs de l'Etat en sont largement dotés, contrairement à ce que pourrait nous laisser penser la lecture de certains calicots qui arpentent nos rues ces jours-ci.

Au regret de devoir convier certains aux obsèques de leurs illusions, il faut bien constater que la conjoncture actuelle n'est pas seulement morose, comme on se plaît parfois à la qualifier, mais bien plutôt préoccupante. Chargé du chômage, sujet ô combien douloureux à Genève, je vois jour après jour s'allonger la liste des licenciements collectifs. Derrière chacun d'eux se cache souvent un drame humain et familial. Les recettes fiscales, des personnes physiques et morales, ne peuvent logiquement que suivre le mouvement…

Pourtant les prestations à une population de plus en plus précarisée ne cessent d'augmenter. Et nous devons faire face. Pas question d'appliquer le principe "premier arrivé, premier servi". Le soutien à nos aînés et aux personnes handicapées, la formation de nos jeunes ou les soins aux malades, notamment, augmentent avec la population. Pas question non plus d'esquiver la réalité.

Devant une telle situation, avec une dette supérieure à celle cumulée de tous les autres cantons suisses, nous ne pouvons rester inertes. Avec le respect que méritent les collaborateurs de la fonction publique, le Conseil d'Etat ne propose ni licenciements, ni baisses de salaires, ni mesures touchant les prestations de la caisse de pensions (renflouée par les contribuables à raison de 140 millions par année durant 40 ans ), mais demande une réduction progressive des coûts de fonctionnement équivalant à 5% de la masse salariale à l'horizon 2018, par rapport à 2015.

Considérant qu'au cours des années '90, 11% avaient été atteints en 5 ans, l'objectif paraît réalisable, même s'il est certain qu'il ne sera pas indolore. Dans ce contexte, la hausse de l'horaire de travail à 42 heures (il est de 41h30 en terre vaudoise), sur laquelle toutes les colères semblent s'être focalisées, n'est qu'une piste suggérée pour atteindre ce 5%, et non une mesure qui s'y ajoute.

Cela étant, les pistes d'économies sont sans doute nombreuses, et personne mieux que les collaborateurs de l'Etat n'est à même de les débusquer. Augmenter l'efficience et l'agilité de l'Etat permet certainement, dans de nombreux services, de maintenir la qualité des prestations, sans augmenter le nombre de collaborateurs, et même en les diminuant.

Il nous appartient dès lors d'être à l'écoute attentive de celles et ceux par qui les politiques publiques se réalisent au quotidien. Sans tabous et sans censure!

Ne pouvant prendre d'engagement que pour le Département de l'emploi, des affaires sociales et de la santé que je dirige, et indépendamment des décisions que prendront le Conseil d'Etat et le Grand conseil, j'entends en conséquence, si cette proposition rencontre l'écho favorable que j'espère, donner la parole à chacune et à chacun, en mettant sur pied des états généraux.

Au sein de chaque service de mon département, une réflexion sera demandée à tous les niveaux, afin d'améliorer le mode de délivrance des prestations avec davantage d'efficacité.
Ce que l'on a toujours voulu dire, sans jamais oser le faire, c'est maintenant. Avec mesure, respect, et dans un esprit constructif.

Car l'Etat restera une notion abstraite si chaque collaborateur ne s'approprie pas, dans l'intérêt général, une parcelle de cette puissance publique.

 

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06/11/2015

Corruption swiss made. Y'en a point comme nous!

 

image.jpg

Je n'ai pas été élu pour faire des courbettes et des ronds de jambes. Je n'ai pas été élu pour cirer des bottes ou, mieux encore, pour enfiler des pantoufles. Je l'ai été, du moins j'ai la prétention de le penser, pour dénoncer les perversions de notre système et pour tenter de rétablir la justice et l'équité, aussi longtemps que je le pourrai.

 

Alors souffrez, Mesdames et Messieurs les profiteursque je dénonce la corruption de vos esprits. Une corruption malheureusement encore bien légale, certesmais insoutenable aux yeux de l'élémentaire décence.

 

Avez-vous été élus pour porter le profit d'une minorité au-dessus de l'intérêt public?

Pourtant, en toute impunité, dans l'indifférence moite d'une opinion publique vascillant entre incrédulité et résignation, certains parlementaires ne sont impunément que les mercenaires d'intérêts privés. Et cela en toute transparence, dans l'indifférence des médias.

Chez nous tout n'est que charme et volupté. La culture du compromis a sombré dans la compromission.

Dans le domaine de l'assurance maladie sociale, qui n'a d'ailleurs plus de social que le nom, tout se fait au grand jour désormais. Avec le sourire s'il vous plait! Pourquoi se cacher quand la victoire est si proche?

Alors que la Fédération des médecins suisses (FMH) en est encore à défendre un concept révolu de médecine libérale avec une naïveté déconcertante, le Conseil des Etat, après le Conseil national, s'apprête à donner suite à une motion du conseiller national UDC zürichois Jurg Stahl, demandant...la suppression de l'obligation de contracter

 

 http://www.parlament.ch/f/suche/pages/geschaefte.aspx?gesch_id=20133265

 

En d'autres termessi les coûts de la médecine ambulatoire augmentent au motif qu'il y a trop de médecins spécialistes, les assureurs feront le tri. Ils choisiront les médecins qu'ils entendent rembourser. Simple et efficace.

Que l'on se rassure, il n'y aura aucune limitation du libre choix de son médecin, bien sûr. Juste un petit détail: si le médecin choisi n'est pas sur la liste de votre assureur, il vous faudra le payer de votre poche!

Ainsi, avant de prendre rendez-vous avec un médecin, vous serez bien inspiré de veiller à ce que votre assureur l'ait bien fait figurer sur sa liste.

Quant aux médecins qui ne seront sur aucune liste, ils pourrontmourir économiquement avec la satisfaction béate d'exercer librement leur profession...Quoi de plus beau que de mourir libre!

Et la FMH, une fois de plus (une fois de trop) à côté de la plaque, à moins qu'elle ne soit compliceregarde le train passer.

Personne ne s'émeut du fait que le conseiller national Stahl ait son adresse postale au Groupe Mutuel 

 

http://www.parlament.ch/f/suche/pages/biografie.aspx?biografie_id=514

 

ni que 7 des 13 membres de la Commission de la santé du Conseil des Etats soient liés à des assureurs:

 

Ivo Bischofberger, AI, membre du Groupe de réflexion santé du Groupe Mutuel

Roland Eberle, TG, membre du Groupe de réflexion santé du Groupe Mutuel

Konrad Graber, LU, membre de la CSS

Felix Gutzwiller, ZH, membre de Sanitas et de Axa

Karin Keller-Sutter, SG, membre de Bâloise Holding

Alex Kuprecht, SZ, membre de Forum Santé Suisse

Urs Schwaller, FR, membre du Groupe Mutuel

 

Quant aux nouveaux élus, nous verrons bientôt, mais ne nous faisons aucune illusion.

 

Et voici, cerise sur le gâteau, que l'on vient nous proposer un candidat UDC au Conseil fédéral qui n'est autre que Heinz Brand, conseiller national des Grisons, président du conseil d'administration de ... santésuisse.

 

Ainsi la formule magique, nouvelle version, permettra "magiquement", par un tour de passe-passe de plus, à nos chers (très chers) assureurs de continuer impunément à danser sur notre ventre. Si vous avez des coliquesdemandez à votre assureur quel decin il vous autorise à consulter!

 

La vergogne est un sentiment désormais d'un temps révolu, et on se permet au Parlement fédéral ce que l'on s'interdirait au sein du plus modeste conseil d'administration. Nous savons que dans toute pomme il peut y avoir un ver; mais lorsqu'il est certain qu'il y a plus de vers que de pépins, l'avenir du pommier est en jeu.

 

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04/10/2015

Assureurs maladie: Du brouillard à l'enfumage

Cette interview est parue le 1er octobre 2015 dans l'AGEFI, sous la plume de Monsieur Grégoire Barbey

Vous avez appelé dans la Tribune de Genève les Genevois à écrire à leur assurance maladie pour demander des explications sur la hausse des primes. Vous avez même dit que vous pourriez, à titre personnel, contester l’augmentation de la vôtre devant la justice. Pourquoi réagir aussi violemment?

On a beaucoup parlé de la différence entre hausse des primes et hausse des coûts de la santé. Ce n’est pas nouveau. Toutes les années on nous dit que les primes ne sont que la résultante des coûts. C’est-à-dire qu’on nous envoie la facture de ce que l’on dépense. C'est oublier que les assureurs font des projections pessimistes sur des coûts futursIls ignorent quels seront les coûts réels de la santé l’anprochain. Tout comme ils ignorent les coûts de l’année en courspuisqu’ils se basent sur les chiffres de l’an dernier. Je les ai aussi. Par recoupement, avec mes services, nous arrivons à une hausse de 1,26% entre 2013 et 2014. Soyons plus généreux et passons à 2%, voire 2,5%. Mais passer de 2,5% à 4,8% de hausse entre 2015 et 2016, il y a quand même une marge. Je le dis depuis quinze ans: il y a une différence qui crée des réserves. Elles sont constituées officieusement.

Pourquoi officieusement?

Parce que lorsqu’on fixe la prime pour 2016, on doit estimer les coûts de la santé 2016. Mais comme je l’ai dit, on ne les connaît pas. Les assureurs partent donc du principe que l’augmentation va se poursuivre selon le modèle des années précédentesIls affirment même que ce sera pire.  Par exemple de 3% en 2015, puis de 4,8% l’année suivante. C’est l'assureur qui vous le dit, et c’est impossible à contester, puisque prévoir les coûts de la santé, c’est comme prédire la météo un an à l'avanceChaquefin d’année, les assureurs font des provisions pour les coûts de la santé de l’année courante qui serontpayés l’année suivante. Ce sont des passifs transitoires. Sauf que ces passifs là, on les estime. Et enfin, il y a les frais administratifs.

Les assureurs parlent de 5% de frais administratifs, stables dans le temps.

Peut-être, mais en 1996, la prime moyenne était de 173 francs et la masse totale des primes de 1milliard. Aujourd’hui, avec une moyenne de 428 francscette masse atteint le triple. Si vous prenez 5% de ces montants, vous constatez que les frais administratifs ont aussi été multipliés par trois en chiffres absolus, sans que le travail ait augmenté autantCes quatre facteurs-là, coûts de la santé,réserves, provisions et frais administratifsservent donc à fixer le montant de la prime. Comme les assureurs sont volontairement pessimistes et qu’ils tablent sur des scénarios plus sombresilsencaissent en moyenne davantage que ce qu’ils doivent débourser. Ce qui vient logiquementaugmenter les réserves. Le problème c’est que les réserves ne sont pas cantonales et que dans l’esprit des assureurselles leur appartiennent, et ils les utilisent pour l’ensemble de la Suisse. Ce qui permet àcertains petits cantons d’avoir des primes plutôt faibles et stables. Or, c’est un phénomène bien connu des assureurs: plus la collectivité des assurés est petite, plus les fluctuations sont grandesSi on considère que le montant des primes est calculé sur la base des collectivités de chaque canton, on devrait avoir, dans ces petits cantons, des primes qui sont un peu en dent de scieNos suspicions initiales se sont révélées exactes puisque de 1996 à 2013, neuf cantons ont trop payé.  

Ouimais un compromis a été trouvé et les assureurs ont accepté de rembourser une partie du trop-perçu.

CertesComme vous le dites: "une partie". Mais il y a encore plus scandaleux! Les assureurs ont effectivement accepté un compromisgrâce auquel d’ailleurs ils rembourseront moins de la moitié de ce qu’ils ont prélevé en trop. Cela constitue déjà un scandale en soi – certes légal. A la base il aurait fallu affirmer clairement que les réserves, comme les primes, sont cantonales, et qu'elles reviennent à ceux qui les constituent. C’est l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) qui aurait dû, du temps où Didier Burkhalter en avait la charge, ne pas s’arrêter à une décision du Tribunal administratif fédéral – qui n’est qu’un tribunal de première instance – qui avait donné raison à Assura en disant que l’OFSP  ne pouvait pas obliger un assureur à utiliser une partie des réserves excessives pour compenser la hausse des coûts. Pour la Confédération, ce qui est primordial, c'est que les primes ne soient pas trop basses et qu’il n'y ait pas un risque de ne pas pouvoir couvrir les coûts. Obliger les assureurs à utiliser des réserves excessives n’est toujours pas possible aujourd'hui et ne le sera que modérément dès 2017! C’est une absurdité totale. Il y a une cantonalisation des primes et une nationalisation des réserves. Raison pour laquelle Didier Burkhalter aurait dû aller au Tribunal fédéral en posant le problème: certes la loi ne nous dit pas expressément que les réserves excessives doivent revenir à ceux qui les ont constituéesmais c’est le système lui-même qui l’impose, puisqu’on refusé de faire des primes nationales. On a voulu responsabiliser les collectivités locales sur les coûts de la santé qu’elles  engendraientMais cette responsabilisation n’a aucun sens si on pénalise les bons élèves.

Vous parliez d’un élément encore plus scandaleux

On a décidé de nous rembourser une partie de ce qui a été perçu en trop. Cela s’est matérialisé cette année par un versement de 79 francs à tous les assurés genevoisCette somme a été versée pour moitié par la Confédération et pour moitié par les assurés des cantons qui n’avaient pas suffisamment payé. Logique. Par contre, à partir de 2016, et c’est là que réside le scandale par-dessus le scandaleintervient un nouveau payeur. Ce dernier s’avère être l’assureur! Dès l’an prochain, il devra participer à raison d’un tiers au remboursement.

Et comment paie-t-il ce tiers?

Avec, au choix une partie de ses réserves – s’il juge qu'il en a assez – ou en augmentant ses primes! En d’autres termes, il peut nous demander de payer un peu plus pour nous rembourser ce qu’il nous a pris en trop. A supposer qu’ils nous rendent 99 francs l’an prochain – car nous ne savons pas quel sera le montant, ce qui prouve l’absurdité du système - les assurés qui n’ont pas assez payé participeront à hauteur de 33 francs, tout comme la Confédération et les assureursMais ces derniers pourront augmenter de 33 francs les primes des Genevois pour les rembourser. En résumé, les caisses maladie ont la possibilité de nous faire supporter une partie de la facture pour des opérations de prélèvements excédentaires qui leur ont permis de maintenir les primes d'autres cantons artificiellement basses!

Dans quel but auraient-ils fait ça?

Peut-être dans la perspective des votations qui proposaient l’instauration d’une caisse maladie unique. En proposant des primes plus basses  à une majorité de cantons, notamment alémaniques, on s’assurait de leur soutien à un système qu’ils jugeraient forcément bon, puisque peu coûteux les concernant. C’est peut-être moi qui délire, mais je ne vois pas pourquoi les assureurs auraient maintenu artificiellement des primes basses pour ces cantons.

Vous êtes donc scandalisé. Vous pourriez donc à titre personnel, bien que conseiller d’Etat, demander des explications à votre assurance?

Oui, je vais le faire. Dès que je recevrai le montant de ma prime pour l’an prochain, j’écrirai à mon assureur – le Groupe Mutuel – pour lui demander des précisions. Je veux savoir si le montant qu’il doit me rembourser en tant qu’assuré genevois est intégré dans ma nouvelle prime.

Vous allez donc écrire au Groupe Mutuel. Mais êtes-vous prêt à contester votre prime devant la justicecomme vous l’aviez fait par le passé?

Cela me traverse l'esprit. Cela m'est d'autant plus facile que j'ai l’expérience de mes précédentes actions. Sans compter l’expertise comptable qui avait été faite il y a deux ans à la demande de lajustice, et dont les conclusions sont à mes yeux accablantes, même si la Chambre des assurances sociales n’en avait malheureusement pas tiré profit, comme elle aurait pu le faire. Et pour être honnête, il y a un autre élément qui m’intéresse et pour lequel je souhaiterais obtenir des explications. Mon assureur a une petite particularité. Au lendemain de la votation du 28 septembre 2014 sur la caisse maladie unique, toute la direction du Groupe Mutuel a démissionné en bloc. Non seulement les responsables du Groupe ou des assureurs privés membres de celui-cimais aussi ceux de l’assurance de base. Sans doute sous la pression de la  Finma.

Mais comment comptez-vous obtenir des informations sur ce sujet?

J’ai demandé, en vain, pour le compte du canton son rapport à la Finmalaquelle a d’ailleurs déposé une plainte pénale, qui me l'a refusé. Pourquoi aurait-elle fait une dénonciation pénale s’il n’y avait derrière tout cela une gestion déloyale? Si cette gestion déloyale concerne aussi bien l’assurance de base que l’assurance complémentaire, n’importe quel cerveau normalement constitué en déduirait l'existence de passages de fonds. La Finma garde son rapport pour elle en invoquant le secret defonctionAutant quand je demandais les comptes des assureurs on me répondait que s'y opposait le secret des affaires, autant  il s’agit maintenant du secret de fonction. Il y a toujours des secrets. Certains tombent et d’autres ont la vie dure

D’autres pistes pour comprendre ces démissions?

J’attends de voir si du côté de l’OFSP je peux avoir ce rapport. Sinon dans le cadre de la possible contestation de ma prime, je demanderai des explications à travers la justice. Dans l'hypothèse où ces personnes ont démissionné parce qu’il y a eu des passages de fonds, cela signifie que l’argent de l’assurance sociale a été utilisé pour autre chose. Et donc que le système de contrôle ne fonctionne pas. Ce qui me permettrait de démontrer une bonne fois pour toutes que ce système est tellement opaque qu’il permet tout et n’importe quoi.

Vous aviez annoncé après la votation de l’an dernier sur une caisse maladie unique pour toute la Suisse votre intention de créer une caisse cantonale à Genève. Où en êtes-vous à ce jour?

Le Conseil d’Etat de Genève, qui est le seul gouvernement cantonal à avoir réussi à trouver une majorité au sein de ses membres, a proposé au Grand Conseil le texte d’une initiative cantonale à déposer au Parlement fédéral. Ce qui a été fait. Le but est de demander un changement de la Loi sur l’assurance maladie et à instaurer dans la législation la possibilité pour les cantons qui le souhaitent de créer une caisse cantonale ou intercantonaleCette initiative a été transmise au Conseil des Etats et se trouve actuellement à la commission santé-social devant laquelle je vais la soutenir le 9 octobre. Cette commission vient à Genève parce que c’est le lieu de domicile de Liliane Maury Pasquier qui en est actuellement la présidente. La tradition veut que la dernière séance se tienne dans le canton de domicile du président de la commission. Ce qui tombe très bien!

Vous avez un espoir d’obtenir gain de cause?

Il faut être réaliste. Je ne suis pas certain qu’il y ait aujourd’hui une majorité au sein du Conseil des Etats pour soutenir une initiative comme celle-là. Je pense quemalheureusement, une nouvelle votation fédérale, à la suite d’une nouvelle initiative constitutionnelledevra avoir lieu.. Peut-être avec davantage de subtilité. Je discute actuellement avec mon collègue vaudois Pierre-Yves Maillard d’une autre possibilité mais il lui appartient de fixer le calendrier pour en parler officiellement. Nous souhaiterions que le débat soit lancé par une entité apolitique, telle la Fédération romande des consommateurs afin  qu’elle ne soit pas étiquetée politiquement. Les précédents textes proposant de changer le système étaient marqués à gauche, ce qui a pu braquer certains de droite qui voyaient dans ces initiatives un moyen socialiste de nationaliser quelque chose. La proposition de Pierre-Yves Maillard a le mérite de contourner tous ces aspects et nous en parlerons sans doute bientôt, car il s’agit je pense d’une alternative très sérieuse à tout ce qui a été fait jusqu’ici.

Et quelle forme devra prendre cette caisse cantonale?

Il devra s’agir d’une entité publique – ou parapublique – qui sera chargée de fixer les primes et de les encaisser pour être certains que le trop-perçu puisse revenir à la collectivité qui a payé l’ensemble des primes. Cette entité aura bien sûr les garanties financières de l’Etat au cas où le volume des primes serait insuffisant pour assurer l’ensemble des coûts.

 

Le conseiller d’Etat genevois Mauro Poggia, en charge de la Santé, estime que les coûts de la santédevront être mieux maîtrisés ces prochaines années. Selon lui, la médecine ambulatoire constitue le plus grand facteur d'augmentation à l’heure actuellenotamment à cause de l’installation de nouveaux cabinets. «On parle de pénurie de médecins, précise le ministre. C’est en partie vrai. On manque de médecins généralistes. Mais je peux affirmer que des spécialistes à Genève, nous en avons  assez. Tout spécialiste qui s’installe aujourd’hui, si ce n’est pas en contrepartie de la fermeture d’un cabinet,engendre des coûts supplémentaires.» Mauro Poggia est convaincu que les cantons doivent pouvoir bénéficier d’une clause du besoin. Une proposition qui avait été faite par le conseiller fédéral Alain Berset, mais rejetée par les commissions du Conseil des Etats et du Conseil national. «J’ai préparé un amendement qui dit que si la densité médicale dans un canton déterminé est de 20% supérieure à la densité médicale moyenne en Suisse, ce canton peut demander au Conseil fédéral une autorisation pour instaurer une régulation.» Ce projet sera présenté devant la commission du Conseil national le 9 octobre. Mauro Poggia craint qu’en l’absence d’une meilleure maîtrise des coûts de la santé, les assureurs ne finissent par obtenir la fin de l’obligation de contracter, ce qui mettra par la même occasion fin au libre choix du médecin. Un tel scénario permettrait aux assureurs de décider si un médecin est reconnu ou non pour la prise en charge par l'assurance maladie sociale.

L’élu relève que les assureurs ont déjà fait le nécessaire. Le conseiller national zurichois UDC Jürg Stahl a déposé en 2013 une motion demandant que le Conseil fédéral instaure la liberté de contracter pour les assureurs lorsque le nombre de médecins dans un canton donné dépasse le nombre nécessaire pour couvrir les besoins de la population. Genève serait concerné. Bâle-Ville également. La motion sera étudiée le 9 octobre par la commission du deuxième conseil. Jürg Stahl, selon les informations disponibles sur le site du Parlement, reçoit son courrier parlementaire… au Groupe Mutuel à Zurich, pour lequel il travaille. «Les assureurs agissent désormais au grand jour et en toute impunité, même au sein du Parlement», regrette Mauro Poggia.

 

 

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01/09/2015

Genève négligerait "ses vieux". Vraiment ?

Nos chers syndicats (syna, vpod/ssp, sit et unia) voudraient nous alerter sur ce qui serait, à leurs yeux, un « déni de démocratie » voire même un « mépris du Conseil d’Etat » à l’égard de nos « vieux » (sic), suite à un manque de personnel dans les EMS, cela à l'encontre de la volonté populaire exprimée en 2007 par l'acceptation de l’initiative « pour une meilleure prise en charge des personnes âgées en EMS ».

Je ne m’attarderai pas sur le terme utilisé - ayant pour ma part le respect de qualifier nos aînés de « personnes âgées » et non de « vieux » - pour en venir au fond de cette nouvelle protestation, ponctuée par un « sitting de 3 jours sur la place du Bourg-de-Four », du prénommé Mohammed, aide-soignant, qui entend dénoncer des conditions « de plus en plus désastreuses que l’Etat réserve à nos aînés », se présentant de surcroît, avec un mauvais goût remarquable, en fauteuil roulant, laissant ainsi croire aux passants qu'il serait personnellement victime de cette situation.

Nul doute qu’en période électorale, une certaine Gauche « extrême », préoccupée par un souhaité retour au Conseil national, soit à la recherche de visibilité. En cela, quoi de mieux que nos aînés pour attester d’un engagement social responsable ?

Il se trouve que la réalité est quelque peu différente et que ce type d’action, non seulement ne sert pas à alerter le Conseil d’Etat sur les défis posés par le vieillissement de la population, dont il est parfaitement conscient, son action dans ce domaine étant engagée, mais, plus dommageable, cela est également de nature à faire croire à notre population que nos personnes âgées seraient mal traitées ou pire encore maltraitées.

En effet, Genève, après Fribourg, dispose dans ce domaine de la meilleure dotation de Suisse en termes de personnel avec 1,02 poste par lit, avec 4600 collaborateurs pour une masse salariale de 340 millions !

La Cour des comptes, qui a examiné les prestations offertes par les EMS genevois, et qui a rendu son rapport en juin 2015, a pu souligner la grande qualité de ces prestations et la rigueur de la gestion de nos établissements, ce dont nous pouvons être fiers (http://www.cdc-ge.ch/Htdocs/Files/v/6442.pdf/Rapportsdaudit/2015/Rapport8920150626.pdf?download=1).

Il sera ajouté encore que les sommes globales investies par le canton de Genève dans les différentes actions en faveur des personnes âgées, sont proches de 900 millions, avec 236 millions pour les subventions publiques directes (à domicile, en foyers de jour, foyers jour/nuit, unités d'accueil temporaire et EMS) et 302 millions de subventions publiques indirectes (à domicile, et en EMS), de même que 345 millions estimés pour les HUG. En précisant si nécessaire que Genève a fait le choix de favoriser la prise en charge de nos aînés à domicile, ce qui correspond d'ailleurs à leur souhait, plutôt que de poursuivre une effrénée ouverture d'EMS, ces dernières structures n'accueillant désormais, et en priorité, que des personnes gravement atteintes dans leur autonomie.

A cela s'ajoute que ce ne sont pas 15 postes de travail qui ont été créés depuis 2007 comme l'affirment les syndicats, mais 550, soit 100 postes supplémentaires pour les EMS existants et 450 postes pour les nouveaux EMS!

Dans ces conditions, nous pouvons certes prendre acte qu’un aide-soignant « s’indigne », mais ce sont tous les contribuables du canton de Genève qui doivent s’indigner du fait que l’on utilise ce sujet sérieux avec autant de désinvolture pour rechercher une visibilité évanescente.

D’aucuns regretteront que nos syndicats ne soient pas plus expressifs pour défendre, notamment, nos chômeurs, et à cet égard leur silence envers des actions menées pour privilégier leur engagement est assourdissant.

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28/07/2015

Après la guerre du feu, la guerre de l'eau

Incident diplomatique franco-helvétique.

 

Jeudi 23 juillet, des hélicoptères de la vaillante armée suisse se rendent par mégarde au-dessus du lac des Rousses, en terre française, prélever de l'eau pour abreuver des vaches suisses souffrant de la sécheresse dans nos alpages.

Sur le plan légal, nul doute qu'une autorisation aurait dû être préalablement obtenue, et c'est à juste titre que la Confédération a présenté des excuses. Il est vrai aussi que si l'on avait attendu de formaliser cette incursion cavalière, les vaches auraient eu tout le temps de mourir déshydratées.

 

Cela étant, au-delà de la bourde incontestable, c'est avant tout la réaction des autorités locales françaises qui interpelle, ce d'autant que l'incident a été jugé suffisamment grave pour être repris par les médias audiovisuels de l'Hexagone

(http://www.francetvinfo.fr/france/la-guerre-de-l-eau-fait-rage-a-la-frontiere-suisse_1017905.html).

 

Pour le Maire de cette commune du Jura, un incendie de forêt, ou une catastrophe bien plus grave, auraient "peut-être" (notez bien le "peut-être", qui exprime toute la solidarité envers un pays voisin qui contribue largement à résorber le chômage de la région, et, accessoirement, à boucler les comptes communaux grâce aux impôts de ses travailleurs frontaliers) permis de comprendre l'urgence de cette intervention. Mais pour des vaches, suisses, qui de surcroit font du lait suisse...

 

Il aurait fallu prudemment attendre que l'Orbe vienne déverser les eaux du lac des Rousses dans le lac de Joux pour abreuver d'eau helvétique nos bonnes vaches bien de chez nous. A moins que nos voisins ne songent à construire un barrage pour que l'eau française reste estampillée comme telle.

 

Au fait, le Rhône n'est-il pas suisse depuis sa naissance jusqu'au moment où il quitte Genève? Ce serait donc de l'eau suisse dont profiteraient nos voisins jusqu'à la mer? Rappelez-moi de me plaindre haut et fort!

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21/06/2015

StopBunkers: Comprendre avant de Revendiquer

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Le Mouvement StopBunkers, qui exige des solutions alternatives à l'hébergement de requérants d'asile dans desabris PC, est certainement légitime. Je l'ai dit, et je le répète, vivre dans un abri durant des mois, même si l'on peut ne s'yrendre que pour dormir, n'est ni humainement acceptable, ni économiquement supportable pour la collectivité.

Faire cependant croire que l'Etat choisirait délibérément cette solution pour dissuader les requérants de rester chez nous, ou, même, le ferait par paresse ou inaction,  résulte soit d'une méonnaissance crasse de la problématique, soit, pire, d'une malhonnêteté intellectuelle irresponsable et dangereuse.

Dangereuse car, d'un côté, les réfugiés ne pourraient alors que nourrir l'idée qu'ils n'ont aucun respect à avoir pour une société qui les rejette comme des êtres humains de seconde catégorie, et de l'autre, car la population genevoise ne pourrait que ressentir comme de l'ingratitude les propos revendicatifs,voire agressifs, de certains migrants, relayés par les médias, et qui pourraient dès lors devenir la caricature de ce que certains espèrent pour fermer davantage notre pays à la souffrance de certaines parties du monde.

 

Première accusation: "il y a des alternatives, et il faut les choisir"

Depuis le début de la législature, je vois l'Hospice général chercheactivement des solutions avec tous les partenaires possibles, et déboucher sur divers projets, avec, comme à l'accoutumée, leur dose de chicanes, d'oppositions et de recours. La solidarité c'est bien, ailleurs c'est mieux...

Peu sensationnelle, l'ouverture du Foyer de Feuillasse, avec 106 studios, en mars dernier, n'a été que peu relayée par les médias. Actuellement un centre d'hébergement, retardé par un échange de parcelles, est en cours de construction à la route des Jeunes. Malheureusement, les 160 places qui seront créées serviront prioritairement à accueillir les résidents du Foyer Frank Thomas, aux Eaux-Vives, devant fermer en vue de l'arrivée du CEVA.

En collaboration avec l'Office des Bâtiments pour le département des finances, et les services du DALE, mon partement avance parallèlement sur une quinzaine de pistes concrètes, que ce soit l'aménagement de timents existants, l'installation d'habitations modulables, ou la construction de bâtiments "en dur".

De la part d'organisations ou de mouvements qui n'ont pas avancé la moindre proposition concrète,  incapables de surcroit d'indiquer le moindre projet qui ne serait pas suivi scrupuleusement, l'accusation de "ne rien faire", sonne comme une critique opportuniste vide de sens.

Dans cette confusion savamment entretenue par celles et ceux qui voudraient s'auto-proclamer les seuls fenseurs crédibles de la Genève humanitaire, la Ville de Genève, par son Conseil administratif, est entrée en scène, bien malgré elle, en accueillant provisoirement les requérants déboutés ou faisant l'objet d'une non-entrée-en-matière (NEM) qui avaient occupé le Grütli, tout en invitant le Conseil d'Etat, à trouver une solution "digne et rapide".

En ce qui concerne la rapidité, la critique, douce aux oreilles de certains qui se voient ainsi confortés dans l'idée que le canton traîne les pieds, méconnaît la réalité des faits, comme indiqué ci-dessus.

Pour ce qui est de la dignité, il est rappelé que les personnes concernées dans l'immédiat sont des demandeurs déboutés,devant quitter la Suisse, et n'ayant jusqu'ici jamais été dans un abri...Que dire des personnes sans domicile fixe logées avec bienveillance durant les grands froids d'hiver dans deux abris PC par la Ville elle-même? La dignité serait-elle à géométrie variable?

Pour sortir de l'impasse, le Conseil administratif a proposé un local au Seujet...pendant dix jours (et après?). Proposition refusée par les occupants du Grütliselon la Tribune de Genève, en raison de l'absence de douches (disponibles dans les abris, faut-il le rappeler), et d'une présence policière trop intense (moi qui croyais que la présence policière était de nature à rassurer).

Pour éviter une confrontation qui serait regrettable lors de l'évacuation du Grütli, le Conseil administratif propose en dernier espoir une salle de sports, durant deux mois, dans laquelle seraient logés les 80 requérants déboutés devant quitter les Tattes, pour y laisser la place à des familles avec femmes et enfants, y compris la vingtaine qui occupe actuellement le Grütli. Nord-Africains et Africains, en guerre ouverte aux Tattes (hier soir encore la police était sur place),seraient ainsi en promiscuitéalors qu'une séparation est prévue pour l'hébergement en abris.

Pire encore à mes yeux: alors que certains requérants, déboutés ou non, logent dans des abris depuis des mois, avec résignation, et envers lesquels nos actions devraient porter en priorité, nous donnerions satisfaction à des personnes devant quitter la Suisse, avec souvent un casier judiciaire, et alors qu'elles n'ont pas résidé un seul jour en abri, du seul fait qu'elles seraient plus bruyantes et dérangeantes pour la bienpensance de certains? Et cela en devant mettre dans des abris de nouveaux arrivants dont la demande d'asile serait encours d'examen?

Comment justifier une telle inégalité de traitement et une telle atteinte au principe d'équité?

Si des solutions provisoires devaient être trouvées durant l'été, sans frais excessifselles devraient bénéficier en priorité, non pas à ceux qui n'ont jamais mis un pied dans un abri PC, ou qui ont été condamnés pénalement, mais à ceux qui y sont hébergés depuis le plus longtemps, et qui ont droit à des conditions meilleures, même temporairement, dans l'attente des alternatives en cours.

En 2014, ce ne sont pas moins de 90 millions qui ont été consacrés à la politique de l'asile à Genève, dont 34 à charge des contribuables GenevoisPourquoi faudrait-il augmenter encore cette facture pour des solutions alambiquées sans lendemain, négociées sous la pression? Durant la guerre des Balkans des années 90', neuf abris PC avaient été ouverts sanssusciter d'états d'âmes. Il fallait faire face à une situation d'urgence. Ces personnes fuyaient la guerre, les bombes, la torture. Elles étaient reconnaissantes pour la sécurité que la Suisse leur procurait.

Aujourd'hui Genève ne demande pas de gratitude aux personnes qu'elle accueille, et qui, dans leur grande majorité la lui témoignent. Elle demande seulement qu'on ne lui crache pas au visage parce qu'elle ne peut pas faire mieux, pour l'instant.

 

Seconde accusation: "il fallait anticiper"

Si l'on ne peut faire mieux que de proposer des abris PC, c'est alors que l'on n'a pas su anticiper nous rétorque-t-on. Aussi séduisante, de premier abord, que puisse paraître cette critiqueelle méconnaît les faits.

D'abord, il suffirait de relever que jusque dans le courant de l'année 2014, aucun collectif ou aucune association de défense des migrants n'a crié à l'attentisme coupable. C'est bien la preuve que l'arrivée massive de nouveaux requérants n'était ni prévue ni prévisible.

Le journal Le Temps, du 12 octobre 2013, relevait d'ailleurs que depuis le début de cette année-là, les demandes avaient baissé en Suisse, entraînant la fermeture d'abris PC à Genève et dans le canton de Vaud    ( http://www.letemps.ch/Page/Uuid/85f3ee24-35a4-11e3-b3df-7cb773af8033/Les_demandes_dasile_sont_en_forte_baisse ).

Or, depuis plus d'une année, à la tête de mon département, je vois l'Hospice général multiplier ses actions pour trouver des alternatives à l'ouverture "possible" de nouveaux abris PC.

Alors qu'en 1999 la Suisse avait enregistré plus de 40'000 demandes, il n'y en avait eu "que" 21'500 en 2013, avec une tendance à la baisse, confirmée aussi bien par le SEM que par Amnesty International.

 

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Evidemment, on peut imaginer qu'il faut construire des logements bon marché et les laisser vides au cas où...mais chacun sait quelle est la pénurie qui sévit à Genève, qui n'est même pas encore capable de loger correctement ses propres résidents.

Pas moins d'un millier de personnes sont actuellement dans des logements individuels ou des foyers de l'Hospice général,ayant, depuis leur emménagement obtenu un permis de séjourou d'établissement, ou même la nationalité suisse, faute de trouver un autre logement. L'hébergement des migrants souffre donc également de cette pénurie générale.

Quand on sait qu'en 2014, 23,2 % des requêtes ont été acceptées, et que 29,7% ont obtenu une admission provisoire, qui aura toutes les chances de devenir définitive, il est évidemment urgent de favoriser l'intégration de ces personnes pour ne pas mettre en danger notre cohésion sociale. Nous y travaillons activement, avec l'Hospice général notamment,

 

Et maintenant?

Je pense que de la même manière qu'il faut, en arrivant sur les lieux d'un drame, s'occuper plutôt de ceux qui sont silencieuxque de ceux qui hurlent, nous devonsprioritairement, faire en sorte que les séjours en abrisoient les plus courts possibles. Mais il faut être transparents, sauf solutions venant des communes ou de privés, il n'y aura pas d'alternative durable avant la fin de l'année et, surtout, 2016. Toute proposition sérieuse sera examinée, mais il n'est pas question de s'engager dans des solutions bancales et provisoires pour satisfaire les aspirations populistes du moment.

Je demande dès lors aux requérants devant logiquement quitter la Suisse suite à des décisions définitives et exécutoires, de se rendrecomme ils y ont été invités, dans les abris qui leur ont été désignés, où l'on examinera avec eux de quelle manière leur séjour pourra être aménagé le mieux possibleCela permettra d'accueillir dans des conditions meilleures, notamment au regard de ce qui se fait ailleurs en Europe, les familles avec femmes et enfants, qui fuient la guerre et les persécutions dans leurs pays.

Quant aux "Ya qu'à" de tous bords, qui devraient être aujourd'hui convaincus de la bonne volonté de l'Etat pour trouver des solutions alternatives, qu'ils ne minimisent pas leur responsabilité à jouer les pyromanes en utilisant les élans du coeur en guise d'alumettes! Car l'incendie qu'ils sont en train de déclencher risque bien de dévaster ce à quoi ils disent être attachés.

 

 

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12/02/2015

Préférence nationale: le Conseil fédéral lève le tabou

Lorsque le Mouvement Citoyens Genevois (MCG) en parlait dès 2005, date de sa création, la préférence nationale à l'emploi suscitait, au mieux, de l'urticaire, au pire, un flot d'injures, consistant à qualifier ceux qui avaient l'audace d'en parler, de xénophobes, voire même de fascistes (qualificatif idéal lorsqu'il s'agit de détourner une adhésion redoutée).

Seul contre tous, le MCG a défendu l'élémentaire bon sens, durant dix ans, avec parfois, il faut l'avouer, quelques maladresses inhérentes à la simplification du slogan. Néanmoins, rares étaient ceux qui étaient prêts à entendre un autre discours que celui de la libre circulation. A droite, pour pouvoir prétendument aller chercher les compétences qui manqueraient en Suisse, ce qui n'était, comme aujourd'hui, que partiellement vrai. A gauche, sous prétexte de ne pas opposer les travailleurs d'ici aux travailleurs d'ailleurs, ce qui ne revenait finalement à terme qu'à instaurer une internationale du chômage.

Pourtant le malaise était présent. Il suffisait de l'entendre. De le palper.

Où était donc le mal à regarder ici avant d'aller chercher là-bas? Ce d'autant que cette préférence n'avait de nationale que celle de la géographie. Aucunement celle de la nationalité. Mais voilà, en Suisse, on a le complexe du petit dans la cour des grands. On veut plaire, même lorsque personne ne nous regarde!

Ailleurs, cela se fait, tout simplement. Sans rien dire. Sans grands débats. Sans grands discours. Et sans état d'âme.

Il en va de notre cohésion sociale. Comment nourrir, en effet, du respect pour une collectivité qui ne protège pas les siens?

C'est ainsi qu'à Genève on a commencé par parler de préférence pour nos chômeurs au sein de l'Etat, puis de ses régies publiques. De la parole, on est passé aux actes. Avec des règles à suivre pour s'assurer d'une réelle égalité des chances pour nos demandeurs d'emploi. Ont été récemment ajoutées les entités subventionnées. Et bientôt, sur une base volontaire, pourquoi pas notre secteur privé, qui a enfin compris (le vote du 9 février étant passé par là), que la paix sociale a un prix, civique avant tout?

Le monstre est apprivoisé. Tout le monde a finalement toujours été d'accord, n'est-ce pas? Il suffisait de le dire autrement me direz-vous. Il y a des étendards que l'on préfère laisser porter par d'autres. Des fois qu'ils servent de cible à l'artillerie de la bienséance.

Désormais c'est le Conseil fédéral qui songe à intégrer le modèle genevois. Lui dont l'Office des migrations craignait encore voici quelques mois la réaction de la Commission européenne à la directive transversale adoptée par notre Conseil d'Etat. Grand bien lui fasse ! Nous n'invoquerons pas le "Geneva made". Mais que l'on rende au moins à César ce qui revient à César!

Pour ma part, je considère que nous devons aller plus loin encore.

Notre économie n'a pas à être muselée par des contigents! Ce remède combat le mal en tuant le patient. Nos entreprises doivent donc disposer des forces et des compétences dont elles ont besoin. 

Cependant, aux conditions que la Confédération devra fixer, il appartiendra à nos acteurs économiques:

1. De démontrer que le profil recherché n'est pas disponible en Suisse, avec une annonce simplifiée aux Offices régionaux de placement (ORP). Cette preuve sera présumée rapportée pour les secteurs souffrant d'une pénurie notoire, selon une liste mise à jour régulièrement par le Conseil fédéral.

2. De s'acquitter, lors de l'engagement d'un employé non domicilié en Suisse ou n'ayant pas occupé en Suisse un poste antérieur durant plus de 6 mois, d'un taux de cotisation paritaire à l'assurance chômage supérieur au taux ordinaire actuellement applicable en Suisse (et qui sera fixé annuellement par le Conseil fédéral), et dont la différence servira:

   a. A offrir à cet employé en provenance de l'étranger , en cas de retour dans son dernier domicile hors de Suisse, des prestations de chômage supérieures à celles des chômeurs de ce pays.

   b. A alimenter un fonds destiné à offrir aux chômeurs en Suisse, des formations qualifiantes dans les secteurs souffrant d'une pénurie notoire.

Ainsi, avec responsabilité, nous aurons non seulement accordé une chance réelle à nos demandeurs d'emploi, nous aurons exprimé concrètement notre solidarité à l'égard des travailleurs en provenance de l'étranger qui auront permis à notre économie de franchir les obstacles provisoires d'un manque de qualification de notre main-d'oeuvre locale, et nous aurons mis en place les structures nécessaires pour répondre, à terme, aux besoins de nos entreprises grâce à cette main-d'oeuvre locale.

L'Union européenne aura beau gesticuler, cette solution s'imposera tôt ou tard. Le dogme de l'ouverture sans entraves est révolu. Le protectionnisme reviendra. Et il sera réfléchi et maîtrisé ou brutal.

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01/02/2015

La courte mémoire de l'Allemagne

 

"Il n'est pas question d'effacer, même partiellement, la dette de la Grèce", nous assène péremptoirement Madame la chancelière Angela Merkel, avec l'arrogance d'une Allemagne qui considère qu'elle ne doit sa prospérité qu'à la seule force de son travail.

( http://www.tdg.ch/monde/lutte-austerite-athenes-cherche-allies-europe/story/22439840 ).

Pourtant, aucun autre pays européen n'a autant profité d'effacements successifs d'ardoises. Ainsi, entre 1924 et 1929, la République de Weimar se relevait de la Première Guerre mondiale grâce aux crédits accordés par les Etats-Unis, lorsque la crise de 1931 lui a permis d'obtenir, à Lausanne, en 1932, un abandon de créance de la part des Alliés pour plus de 6 milliards de Deutsche Marks.

Les pillages du régime nazi durant la Seconde Guerre mondiale ne sont un mystère pour personne, pas plus que les dettes que le Reich impose alors aux pays conquis, et que ceux-ci sont contraints d'honorer. Pourtant, une fois la guerre terminée, et afin de se garantir un rempart contre le communisme menaçant, les Etats-Unis imposent en février 1953, dans l'Accord de Londres, un nouvel abandon de créances, la dette de la RFA passant de 15 à 7 milliards de Deutsche Marks. Il s'agit alors de ne pas mettre en péril le miracle économique allemand, alors que le reste de l'Europe, exsangue, se redresse péniblement des destructions de la guerre. La dette est divisée par deux, pour ne pas faire supporter à la RFA la part de la RDA, passée dans le bloc de l'Est. 

Il est néanmoins prévu qu'en cas de réunificxation allemande, le solde de la dette renaîtrait. Ce qui n'a pas empêché le chancelier Helmut Kohl, en 1990, de refuser d'appliquer cette clause à peine le Mur tombé...

( voir sur ce sujet : http://www.letemps.ch/Page/Uuid/8d9e8f32-d815-11e1-b6c7-87316167502b/1953_le_tournant_qui_a_permis_%C3%A0_lAllemagne_de_rebondir )

C'est donc dire si l'intransigeance allemande laisse perplexe. Ce n'est pas, contrairement au discours récurrent, la fourmi qui demande à la cigale ce qu'elle a fait tout l'été, mais bien l'arrogance d'un remarquable profiteur du siècle dernier, qui voudrait se donner des airs de moralisateur.

Autant la Grèce doit entamer des réformes profondes plutôt que de reprendre, comme elle semble le faire, les catastrophiques habitudes du passé, autant l'Allemagne n'a pas à se présenter en donneur de leçons...car il pourrait venir à l'esprit de certains de refaire les comptes et de lui demander d'honorer ses dettes, avec la même intransigeance dont elle sait faire preuve.

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17/01/2015

Vers la disparition du Franc suisse ?

Voici ce que j'écrivais le 16 août 2012 dans ces colonnes:

"A force de faire tourner la planche à billets dans le cadre de la politique de maintien du franc suisse au-dessus de 1,20 franc par euro, la Banque nationale a amené la Suisse à détenir désormais les cinquièmes réserves en devises du monde, derrière la Chine, le Japon, l'Arabie Saoudite et la Russie.

Est-on seulement conscient du risque que cette situation implique pour l'indépendance de notre pays ?

La Banque nationale annonçait ainsi le 7 août dernier, dans une apparente indifférence générale des milieux politiques, dont l'attention était accaparée par la désastreuse négociation d'un accord sur les successions avec la France, que ses réserves en devises avaient progressé de 11% en juillet, totalisant 406,45 milliards de francs. Il est à craindre que d'ici la fin de l'année le bilan de la BNS n'atteigne le Produit National Brut de notre pays.

Le Conseil fédéral, et sa Présidente Eveline Widmer-Schlumpf en tête, ministre des finances de surcroît, ne semble pas s'en émouvoir. Inconscience ou incompétence ?

Ainsi, pour maintenir la compétitivité internationale de nos entreprises exportatrices, dont le handicap ne constitue assurément pas la seule force de notre franc, la BNS vend en masse du franc suisse contre un euro chancelant, achetant à 60% des obligations d'Etat de la zone euro, au bénéfice essentiellement de la France et de l'Allemagne...

Ce jeu en vaut-il la chandelle ? On aurait au moins souhaité que la question soit posée en toute transparence et que ce taux-plancher franc suisse-euro, qui se transforme inexorablement en un ancrage de notre monnaie avec la monnaie européenne, ne nous soit pas présenté comme une solution miracle incontournable.

Car si la Suisse détient aujourd'hui à elle seule la moitié de toutes les réserves des 17 banques centrales de la zone euro, cela n'est pas le fruit d'une activité économique florissante, mais uniquement d'une manipulation monétaire qui ne peut rester sans conséquences.

Aujourd'hui déjà, si les taux d'intérêts de plusieurs Etats européens sont aussi bas, et si l'euro ne baisse plus face au dollar américain, la politique de la BNS en est en grande partie responsable.

Mais il y a pire.

Que se passera-t-il si l'euro, déjà malade, connaît une chute vertigineuse suite à une implosion de la zone euro ? Notre Banque nationale se retrouverait potentiellement en faillite !

Et si cette liquidité créée artificiellement était injectée dans l'économie réelle ? La Suisse connaîtrait alors une inflation sans précédent !

On nous expliquerait alors que notre pays n'aurait d'autre alternative que d'adopter l'euro, monnaie principale détenue par notre Banque nationale...en entrant dans l'Union européenne.

L'économie aurait eu raison, une fois de plus, de la volonté populaire.

Avec mes remerciements à Pierre Leconte, GONET & Cie, pour m'avoir fait partager ses réflexions."

Le Conseil d'Etat se bat pour maintenir nos entreprises multinationales, sources de notre prospérité, avec un taux d'imposition supportable et compétitif, dans le cadre de la réforme de l'imposition des entreprises III... Qu'en sera-t-il désormais avec cet obstacle de taille supplémentaire qu'est la force de notre franc? La Confédération a-t-elle seulement conscience de l'horizon catastrophique qui se dessine?

Et pendant ce temps, certains, enfermés dans leur univers dogmatique, crient au budget d'austérité au motif que notre gouvernement essaye modestement de se donner les moyens de pérenniser notre Etat social.

Réveille-toi Genève! Le rêve est terminé. Evitons le cauchemar!

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11/01/2015

Tous des Charlies ! Vraiment ?

 

La France se prépare à un vaste "rassemblement républicain" pour dénoncer la barbarie et la négation de nos libertés. Et c'est avec raison! Qui pourrait se cantonner au seul rôle de spectateur après l'incompréhension, l'effroi, la douleur et la colère?

Mais combien de ces "Charlies" d'un jour sont-ils porteurs des valeurs défendues au prix de leurs vies par les regrettées victimes de ce massacre? Combien ne sont-ils que les récupérateurs opportunistes d'une profonde blessure de nos valeurs démocratiques?

Peu importe, me direz-vous; l'essentiel est de réagir! Certes.

Mais la souffrance doit-elle censurer la réflexion et la critique? 

Les victimes elles-mêmes auraient répondu "non" à cette question, le journal satyrique auquel elles participaient ayant précisément pour vocation, sans tabou aucun, de dénoncer l'injustice, la bêtise, la fourberie, la méchanceté, la violence aveugle, et tant d'autres travers de la nature humaine.

Ainsi nous n'avons pas seulement le droit, mais le devoir, de nous demander "Où est Charlie?" dans ce vaste et légitime mouvement de révulsion. Mieux encore, nous devons nous interroger sur les moyens, s'ils nous sont accessibles, de donner à nos démocraties, les armes, au-delà du crayon salutaire des critiques, pour se défendre contre cette folie meurtrière qui se revendique aujourd'ui d'un "certain" islam, comme elle se légitimait, notamment dans un passé récent, d'un communisme anticapitaliste radical.

Je ne vous dirai donc pas "Protégeons-nous de l'amalgame!". Ce serait en effet insulter votre intelligence que de penser que vous puissiez faire de ces criminels les portes-paroles d'une religion qui a prouvé durant des siècles qu'elle avait des valeurs de respect et de tolérance, et dont la grande majorité de ses membres est parfaitement intégrée dans nos sociétés démocratiques.

Ces assassins, bien qu'endoctrinés, étaient avant tout Français, et avaient grandi, orphelins de surcroit (donc entièrement confiés à l'Etat), en France. Non pas des mercenaires envoyés en mission commandée, même si des séjours à l'étranger avaient contribué à leur obscurantisme! Leur passé pénal était lourd, et les rencontres faites en prison avaient contribué, nous dit-on, à leur "radicalisation". Gardons-nous, bien sûr, d'en faire les produits d'une société d'exclusion, mais ne sont-ils vraiment que le fruit d'un déterminisme individuel déviant?

De même que l'existence de trafiquants de drogue ne fait heureusement pas de nous tous des toxicomanes, de même l'existence de mouvements intégristes n'attire pas, à l'instar de sectes, toutes celles et tous ceux en manque de pseudo-spiritualité en "prêt-à-porter".

Comment expliquer dès lors que des personnes nées dans nos sociétés occidentales puissent à ce point ne pas en intégrer les libertés fondamentales? La réponse est simple et complexe à la fois: par un échec de l'intégration.

"Ces gens-là ne veulent pas s'intégrer" diront certains. Pourtant l'intégration se construit à deux, comme son échec, malheureusement, et parfois douloureusement, se supporte à deux. Combien de ceux qui défilent aujourd'hui à Paris sont-ils précisément les artisans de l'exclusion et de la haine, par action ou par omission? Charlies d'un jour.

La Suisse est certainement, de ce point de vue, un exemple remarquable. La cohésion sociale que nous avons su construire et maintenir est le meilleur garant de nos libertés, davantage que les armes. Mais le but n'est jamais atteint et l'ouvrage doit constamment être remis sur le métier; stigmatiser une communauté et la marginaliser est sans doute le risque le plus grand auquel nous sommes confrontés. Rejeter l'autre, c'est faire de lui un ennemi, alors qu'il n'aurait peut-être pas demandé mieux que d'être l'un des nôtres. Alors malgré la douleur et la rage, ne baissons pas les bras! 

Et alors seulement, nous pourrons dire à celles et ceux qui ne sont pas prêts à venir à notre encontre, qu'ils n'ont rien à faire chez nous, et que l'une de nos libertés est celle de partir sous d'autres cieux!

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10/11/2014

Forfaits fiscaux: l'irresponsabilité travestie en morale

 

 Le 30 novembre prochain, les Suisses et les Genevois (ou l'inverse si vous préférez), se prononceront sur les forfaits fiscaux ou, plus exactement, sur le maintien de l'impôt sur la dépense. Pour seul argument une morale stéréotypée dans laquelle ils se drapent, pour ne pas dire qu'ils s'y dissimulent, les partisans de l'abolition de ce type d'imposition nous martellent que l'égalité devant l'impôt doit être érigée en principe de société.

 Sans que l'on comprenne exactement s'ils plaident pour l'égalité ou le nivellement, une poignée de militants s'est même agglutinée devant le portail d'un riche (excusez l'insulte) étranger, afin de lui enseigner les rudiments de la déclaration fiscale. Fort heureusement pour eux, l'intéressé était absent, faute de quoi il y a fort à parier qu'ils auraient été empruntés de devoir passer de la théorie à la pratique, n'ayant pour la plupart, selon toute vraisemblance, jamais rempli davantage que la première page comportant leurs données personnelles.

 Mais il y a pire. Ces bâtisseurs de la société de demain, qui hurlent au démantèlement de l'Etat social, (dont ils sont statistiquement les plus grands bénéficiaires), à chaque fois que l'on s'interroge sur les ressources à disposition, et qui considèrent "qu'y a ka" augmenter les impôts si on a besoin d'argent, discours d'autant plus aisé qu'il est exempt de conséquences pour la plupart d'entre eux, ne semblent toujours pas avoir compris qu'il n'y a pas plus mobile qu'un riche, et qu'il n'y a pas plus sédentaire qu'une personne démunie.

 Quand je dis qu'ils n'ont pas compris, c'est en leur accordant le bénéfice du doute, et en qualifiant de défaillance du raisonnement, ce qui n'est peut-être que pure malveillance irresponsable.

 Car enfin, faut-il avoir fait "science po" pour comprendre que l'imposition au forfait n'a pas été offerte à ces riches étrangers en lieu et place d'une imposition normale, une fois qu'ils étaient installés chez nous, mais que leur installation même, dans notre pays, voire dans notre canton, n'a été suscitée que par la possibilité d'en bénéficier? En d'autres termes, si ce type d'imposition n'avait pas existé, ces personnes seraient tout simplement allées s'installer AILLEURS, comme au Portugal par exemple, qui exonère d'impôts durant 10 ans les mêmes contribuables. Encore faut-il avoir assimilé que pour faire de la politique en matière fiscale, il faut sortir le nez de son aquarium, et qu'il est vain de jouer la vierge dans un bordel. Excusez la rudesse du propos, mais la pudibonderie hypocrite m'a toujours irrité.

 Ainsi l'équation ne se pose pas en ces termes:

 "Au lieu de payer X, ils pourraient payer X + Y"

 mais bien plutôt:

 "Au lieu de payer X, ils payeront 0"

 A tous ces donneurs de leçons dont la propre imposition ne remplacera jamais celle dont ils nous demandent de nous priver, et qui n'ont à la bouche que sempiternelles hausses d'impôts, jusqu'à ce qu'il ne reste plus à imposer qu'une classe moyenne exsangue pour subvenir à une majorité de leur électorat, je dis qu'il est temps d'ouvrir les yeux sur le monde qui nous entoure et de ne pas faire exactement ce que d'autres se réjouissent d'avance que l'on fasse, pour en tirer profit.

23:07 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (5) | | |  Facebook

10/10/2014

Sans vergogne aucune

 

Le 28 septembre dernier, l'initiative pour une caisse maladie publique a été rejetée dans les conditions que l'on sait, et qui laissent à une majorité de Genevois un goût amer.


Tout au long de la campagne, afin d'effrayer le bon peuple, les opposants à l'initiative ont martelé, avec un acharnement tout aussi remarquable que la mauvaise foi qui l'accompagnait, que la caisse publique nous mènerait tout droit à la perte du libre choix de notre médecin.


Pourtant, ceux-là mêmes qui prétendaient vouloir nous protéger contre la perte de notre liberté, n'avaient eu de cesse, ces dernières années, de nous imposer la "fin de l'obligation de contracter" de nos assureurs maladie, expression délibérément  confusionnelle signifiant précisément la latitude qui devait être laissée à ces dernier de choisir les médecins qu'ils souhaitaient rembourser. Inutile de faire un dessin  pour expliquer qu'il nous faudrait alors, pour garder notre médecin, soit le rémunérer nous-mêmes, soit rechercher un assureur dont il serait encore dans les bonnes grâces.


Simultanément à cette lutte récurrente pour conserver ce droit fondamental, certains cantons particulièrement exposés à une installation pléthorique de nouveaux cabinets médicaux, dont Genève, ont demandé la faculté d'en limiter le nombre en fonction des besoins de leur population.
Par une "clause du besoin" provisoire et renouvelée durant plusieurs années, cet instrument de contrôle des coûts de la médecine ambulatoire fut accordé aux cantons qui le souhaitaient, jusqu'à sa levée partielle en 2011 et totale en 2012. Les effets ne se firent pas attendre, puisque de 127 nouveaux cabinet à Genève en 2011, nous sommes passés à 435 en 2012...Devant la levée de boucliers des cantons les plus touchés, le parlement a réinstauré provisoirement, durant trois ans dès le 1er juillet 2013, une "clause du besoin" très imparfaite, permettant une limitation partielle de l'installation de nouveaux cabinets.


Immédiatement, ces mêmes défenseurs de nos libertés sont repartis au combat. Ainsi, le conseiller national UDC zürichois Jürg Stahl déposait le 22 mars 2013 une motion demandant précisément la liberté de contracter pour nos assureurs, en tant qu'alternative à la clause du besoin ("Plutôt que de donner encore plus de compétences aux cantons, le Conseil fédéral devrait introduire la liberté de contracter")(http://www.parlament.ch/f/suche/pages/geschaefte.aspx?ges...). En d'autres termes: "laissez les médecins s'installer, seule une partie d'entre eux verra ses prestations prises en charge par la LAMal".
Sans aucune vergogne, quelques jours avant la votation sur la caisse publique, le 10 septembre dernier, une majorité du conseil national acceptait cette motion (http://www.parlament.ch/ab/frameset/f/n/4915/444436/f_n_4...).
Ainsi, tout en brandissant le spectre de la perte de la liberté de choix en cas d'acceptation de l'initiative, le même lobby plébiscitait l'asservissement de notre liberté au bon vouloir des assureurs.
Avouez qu'ils sont forts tout de même!
Et quand on veut en savoir un peu plus sur le motionnaire Jürg Stahl, on s'aperçoit qu'il est domicilié...au Groupe Mutuel ( http://www.parlament.ch/ab/frameset/f/n/4915/444436/f_n_4...).
Espérons que malgré la démission en bloc du conseil d'administration du Groupe mutuel le 29 septembre, il puisse néanmoins recevoir, en fin d'année, le décompte de ses jetons de présence bien mérités au conseil national!

La stratégie à court terme de nos assureurs maladie est donc claire: lutter contre toute régulation de l'offre de soins ambulatoires pour venir ensuite imposer la solution qu'ils tentent de faire avaler depuis des années. 

08:29 Publié dans Assurances sociales et privées | Lien permanent | Commentaires (4) | | |  Facebook

30/09/2014

Scandale au Groupe Mutuel: timing parfait

 

 

groupe-mutuel-ok.jpgLe 28 septembre, l’initiative pour une caisse publique est rejetée par la majorité du peuple et des cantons suisses. Seuls deux cantons romands, dont Fribourg, pour quelques 500 voix, et le Valais, clairement quant à lui, emboitent la position suisse alémanique.

Les observateurs politiques ne manquent pas de relever que la position du Groupe Mutuel, en Valais, a lourdement pesé sur le verdict des citoyens de ce canton.

Le lendemain, 29 septembre, Le Nouvelliste diffuse l’information : alors qu'une enquête de l’Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (FINMA), active notamment dans la surveillance des assureurs privés, est en cours, l’ensemble du comité directeur, dont son charismatique président Pierre-Marcel REVAZ, donne sa démission le jour même.

Le fait que cette démission en bloc intervienne le lendemain de la votation populaire sur la caisse publique, n’est évidemment qu’une coïncidence chronologique totalement indépendante de la volonté aussi bien de ladite Autorité fédérale que des organes du Groupe Mutuel…

Cette nouvelle nous rappelle furieusement le scandale qui a frappé SUPRA assurances SA et ASSURA-Basis SA et dont on attend encore, et désespérément, un verdict quelconque depuis plus de 18 mois.

Il se trouve que depuis 15 ans, je dénonce par la contestation de mes primes d’assurance de base, auprès de Mutuel assurance, l’opacité comptable et les passerelles occultes entre l’amicale « Groupe Mutuel » et ses divers satellites, dont plusieurs assurances maladie qui n’ont, dans cette constellation, de « social » que le nom.

C’est ainsi que l’association Groupe Mutuel, propriétaire des immeubles (partiellement acquis par des prêts accordés par ses membres auxquels des loyers sont facturés), et seul employeur pour l’ensemble des collaborateurs du Groupe au service de ses membres, répartit les frais généraux du Groupe entre ses différents membres, selon une « clé » qui n’ouvre décidément  que les portes du doute et de la perplexité.

Ainsi, sans que personne n’ait jamais contrôlé (jusqu’ici) si l’addition des frais généraux facturés aux divers membres du Groupe correspond bien à 100% desdits frais, Groupe Mutuel exige, de surcroit, aux sociétés qui « bénéficient » de ses prestations, le versement d’une redevance, comparable à la cotisation que versent les membres d'un club de pétanque, si ce n’est qu’il s’agit ici de plusieurs millions annuels, versés sans contreprestation, et cela pour partie avec nos primes, dont il n’est pas inutile de rappeler que celles-ci sont également assumées, pour les plus démunis, par les collectivités publiques.

Jusqu’ici cette situation n’a apparemment inquiété personne, les contrôles du « rez-de-chaussée » n’étant jamais montés au « 1er étage ». Faut-il imaginer que la situation aurait changé ? Il était en tous cas essentiel de ne rien remuer avant que le bon peuple n’ait confirmé sa confiance, certes toute relative, pour un système dans lequel les profiteurs ont encore de beaux jours devant eux.

 

 

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29/08/2014

Idées fausses sur la caisse publique (I): La fin du libre choix du médecin


Les opposants à l'initiative sur laquelle nous nous prononcerons le 28 septembre prochain ne reculant devant aucune contre-vérité pour effrayer les électeurs, il est bon de revenir sur certains arguments récurrents sans consistance.

Nous sommes tous attachés au libre choix de notre médecin, et toutes les tentatives visant à le restreindre contre notre volonté ont été sèchement rejetées. Nos assureurs, et les milieux qui les soutiennent (tout en étant soutenus par eux), alors qu'ils sont seuls à remettre régulièrement ce sujet sur la table sous l'appellation barbare de "suppression de l'obligation de contracter", seraient subitement devenus, l'espace de cette campagne, les défenseurs de nos libertés.

Ne soyons pas dupes!

Le maintien du système actuel, avec des hausses aussi constantes qu'inexplicables de nos primes, ne pourra inévitablement que nous conduire à une situation insupportable financièrement, tant pour nous-mêmes en tant qu'assurés, que pour les collectivités publiques, obligées de subventionner une partie toujours plus importante de la population.

Jusqu'au jour où nos assureurs bienfaiteurs, pour le bien de notre porte-monnaie, nous proposeront aussi bien une réduction des prestations remboursées, que des réseaux de soins minutieusement sélectionnés.

Il va sans dire qu'instantanément, des assurances complémentaires seront proposées à celles et ceux qui en auront les moyens, pour leur garantir le status quo.

Les médecins ne pourront s'en plaindre en brandissant leur liberté économique, car les caisses maladie veilleront à ce qu'aucun d'eux ne soit exclu de toutes les assurances. Il faudra cependant veiller, avant de consulter un médecin, à ce qu'il ne soit pas exclu de la liste disponible sur le site internet de notre assureur...et régulièrement mise à jour. Et ne croyez pas que seront écartés les médecins les moins compétents, car pour un assureur, un bon médecin est un médecin bon marché, qui ne perd pas son temps à écouter son patient et à faire des examens multiples...quitte à rater le bon diagnostic.

Avec la caisse publique unique, même avec des antennes cantonales, aucun médecin ne pourra être exclu du remboursement de ses prestations selon l'assurance obligatoire, tant qu'il sera autorisé à pratiquer la médecine selon l'autorité sanitaire cantonale. Car une telle exclusion signifierait, ni plus ni moins, que sa mort économique, et serait alors contraire à la constitution fédérale.

En conclusion: la caisse publique unique est précisément la garantie du maintien de la liberté de choix du médecin à laquelle nous tenons tous!

 

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