27/10/2013

A Béatrice Hirsch, présidente du PDC genevois

Que l’on prenne quelque distance avec la réalité pour soutenir une thèse, c’est malheureusement monnaie courante en politique. Que l’on se permette de dénigrer autrui en tenant sciemment des propos mensongers dépasse cependant les bornes du tolérable. C’est ce qu’a fait la charismatique présidente du PDC genevois, dans les colonnes du COURRIER du 26 octobre.

Interrogée par une journaliste militante en service commandé sur la question de savoir (une énième fois) ce qu’il fallait comprendre de mon départ du PDC en 2009 - le but de l’opération étant de démontrer « l’art du zigzag politique » selon le titre de l’article -, l’ineffable présidente susnommée s’autorise à déclarer :

« Il est très opportuniste et pas fiable. En réalité il voulait être deuxième sur la liste, juste après le conseiller d’Etat Pierre-François Unger, c’est-à-dire devant le président et tous les députés sortants »

Pareil mensonge frise la calomnie, sachant que l’objectif est double, soit à la fois de me faire passer pour un carriériste prétentieux, tout en rassurant les électeurs du PDC, qui se demandent sans doute quel complot interne (dont le PDC a le secret) a bien pu me faire fuir ce parti.

Je me souviens encore de cette réunion - demandée par moi-même avec insistance - avec les têtes pensantes du parti (si si il y en a) afin de connaître les raisons pour lesquelles, contrairement aux assurances du président Fabiano Forte, on ne voulait pas de moi sur la liste des candidats au Grand conseil (et à n’importe quel rang !). Je me souviens encore également de la réponse tant aimable de Messieurs Mettan et Cavalieri, notamment : « il y aura d’autres opportunités Monsieur Poggia », le tout agrémenté d’un sourire plein de sou-entendus.

Alors oser venir m’accuser d’être « peu fiable » lorsque l’on trahit la parole donnée, Madame Hirsch, et ce d’autant quand on est à la tête d’un parti qui a fait de ses revirements sa marque de fabrique, c’est clairement dépasser les limites du tolérable

Pour le surplus, Madame la présidente, sachez que même si l'on m'avait mis 100ème d'une hypothétique liste PDC, j'aurais été élu, puisque je l'ai été au MCG avec 14837 voix, alors que le PDC le mieux élu, le Conseiller d'Etat Pierre-François Unger lui-même, n'avait obtenu que 13666 voix...CQFD

Sachez enfin que de ce qui aurait pu être un mal en mettant immédiatement fin à mes velléités en politique (c’était d’ailleurs son but), est sorti un bien, et que je ne regrette pas une seconde d’être allé dans un parti où l’on est encore libre de s’exprimer sans avoir à craindre les foudres du régiment.

En cela, et sachant où je vais et quelles sont mes valeurs, je préfère certainement le zigzag à la ligne droite…dans le mur, trajectoire de politiciens qui avancent avec des œillères, et qui assimilent leur carrière à celle d’un suppositoire, à savoir qu’une fois entrés, ils ne peuvent plus que monter…

 

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19/10/2013

Les basses besognes des flingueurs du PLR

 

rochat.jpgPlus préoccupé par les statistiques et l’arithmétique électorale que par les débats d’idées qui semblent l'avoir déserté, le PLR, dirigé par un président incapable de tirer les leçons des urnes, obnubilé qu’il est par ses deux locomotives gouvernementales, ne songe désormais qu’à sauver l’aile libérale de sa candidature, comprenez Madame Isabel Rochat, dont le caractère fort agréable ne saurait faire oublier le bilan désastreux de sa législature.

Pour arriver à leur but, les fins stratèges du PLR ont donc opté pour une double stratégie :

1.       Parler le moins possible de leur candidate, dont le silence doit être désormais la vertu première.

2.       Détourner l'attention des électeurs, ou plus précisément des médias, vers d’autres cibles, afin qu’il ne leur vienne pas à l’idée de demander à l’intéressée de confirmer que le meilleur moyen de lutter contre le chômage consiste bien pour elle à créer des emplois.

Feu croisé sur l’ennemi, donc :

Tout d’abord votre serviteur, dont la confession devient désormais un sujet de prédilection, dans lequel foncent tête baissée nos médias, sans que l'on ait entendu le président de la LICRA, le PLR Pierre Weiss se fendre du moindre commentaire, lui pourtant si prompt à dénoncer les attaques stigmatisantes. Même Monsieur Jacques-Simon Eggly, dont la subtilité d’esprit semble soudain l’abandonner, apporte son soutien à la besogne, tout en servant un nuage de lait dans le thé de sa candidate. Même un non-événement de circulation routière, au bénéfice d’une orientée indiscrétion médiatique du département de Monsieur Pierre Maudet, vient servir cette noble cause.

Il faut ensuite désigner le « mauvais » Conseiller d’Etat de l'Entente. Pour cela mieux vaut choisir celui qui s’en va, et qui n’a donc plus rien à perdre, sinon son honneur. Bien peu de chose aux yeux de tueurs à gages. Monsieur Pierre-François Unger est la victime de choix. Pas un jour sans que nos médias, exempts de tout esprit critique, ne reçoivent, tels des oisillons un ver bien gras, des indiscrétions concernant la prétendue incompétence du malheureux.

unger_2.jpgLe PLR n’en a que faire de son « entente » avec le PDC. Ses flingueurs n’ont qu’une mission : écarter l’attention du public de sa candidate, dont les chances de réélection sont proportionnelles à la puissance d’aspiration des deux ex-radicaux, et inversement proportionnelles à la distance entre le wagon et les locomotives. Affaiblir le PDC pour sauver une Libérale. On ne fait pas une omelette sans casser des œufs…

Tout cela est bien petit et malhonnête. La victime de ces basses besognes n’est finalement que la population genevoise, et, en fin de compte, Genève elle-même, qui ne devient, en mains de certains, que l’otage de leur pouvoir.

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13/10/2013

Frontaliers. Le MCG s'excuse? Précisions

Suite à l’article paru dans le Matin Dimanche de ce jour, ATS a diffusé un communiqué repris par la Tribune. Plus on s’éloigne de la déclaration première, plus les termes utilisés peuvent prêter à confusion.

Il est rappelé que le titre d’un article paru dans l’avant-dernier journal tous ménages LE CITOYEN, qui était passé alors inaperçu, a connu voici trois semaines les feux de l’actualité, après que le député PLR Pierre Weiss, astucieusement drapé dans la blanche toge de président de la LICRA, a crié au scandale.

Tiré de son contexte, et surtout du corps de l’article qui suivait, le titre qui faisait référence à               « l’épidémie de frontaliers qui n’était pas éradiquée », avait de quoi choquer le lecteur non averti.

L’article quant à lui indiquait pourtant clairement que les frontaliers en tant que personnes n’étaient pas visés et que c’était la problématique de l’invasion de travailleurs frontaliers qui était en cause.

Venons-en à mes déclarations.

Tout d’abord, je m’exprime personnellement, en tant que candidat à l’élection au Conseil d’Etat, et je n’ai pas l’autorité pour m’exprimer, seul, au nom du MCG, qui a un Président en la personne de Roger Golay.

Ensuite, je confirme être désolé si des frontaliers travaillant à Genève ont pu comprendre par ce titre que le MCG les comparait personnellement à une maladie, et que de surcroit il entendait les « éradiquer ». Le MCG a toujours été clair, la priorité de l’emploi doit être garantie aux demandeurs d’emploi résidents dans le canton, et des personnes venant de l’étranger, qui restent de surcroit domiciliées à l’étranger, ne doivent être engagées qu’en dernier ressort. Genève a besoin de main-d’œuvre frontalière, mais les limites du tolérable ont été franchies depuis longtemps désormais.

Enfin, les personnes frontalières qui travaillent à Genève, et qui occupent des emplois pour lesquels des résidents ne sont pas disponibles ou n’ont pas la formation requise, tout en ne pouvant l’obtenir dans des délais raisonnables, sont et resteront nécessaires à notre économie.

En conclusion, si certains ont été choqués par le titre mentionné plus haut, tel que mis en exergue sciemment par Pierre Weiss, j’en suis désolé, car le MCG n’a jamais voulu insulter des personnes, mais dénoncer un problème grave qui n’a toujours pas été pris au sérieux par nos autorités.

La problématique de la concurrence déloyale des travailleurs européens restera un thème principal du MCG tant qu’il n’aura pas été convenablement réglé, n’en déplaise à certains, à gauche, comme à droite.

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11/10/2013

La Pâquerette, mieux vaut désigner les coupables que les rechercher


Dans les colonnes de la TRIBUNE d’aujourd’hui, le Conseiller national socialiste Carlo SOMMARUGA s’exprime, dans le cadre du rapport d’enquête déposé suite au décès de la malheureuse sociothérapeute assassinée par un détenu de La Pâquerette. Pour lui, « Unger porte une responsabilité énorme », accusation qui repose essentiellement sur le fait que La Pâquerette était rattachée au Département de Monsieur Pierre-François UNGER.

C’est oublier que La Pâquerette intervient dans   cadre de l’exécution d’une peine privative de liberté, domaine de la compétence du Service d’application des peines et mesures (SAPEM), directement rattaché au Département de la sécurité.

Si l’Etat travaillait avec transparence, le public saurait ainsi que le 6 juillet 2010 l’Inspection cantonale des finances (ICF) a remis audit Département, alors dirigé par Madame Isabel ROCHAT, un rapport n° 10-16, portant précisément sur le SAPEM, et dans lequel un lecteur attentif n’aurait pas manqué de relever ce qui suit, en relation avec les autorisations de sortie :

« Les personnes condamnées ont droit à des autorisations de sortie (congés, permissions, conduites) dont les modalités d’application sont déterminées dans un règlement concordataire. Sur la base de ce règlement, une délégation de compétences du SAPEM aux établissements est possible (…) Une délégation de compétences n’affranchit pas l’autorité délégatrice de ses responsabilités, mais lui impose notamment de communiquer clairement les compétences déléguées et de s’assurer de leur bonne exécution. Or, l’audité (SAPEM) nous a informés que les instructions fournies aux établissements ne sont plus à jour. Par ailleurs, nous avons constaté que le SAPEM n’exerce aucune supervision, même ponctuelle, visant à s’assurer que les compétences déléguées aux directeurs d’établissements sont correctement exécutées par ces derniers, à savoir dans le respect des règles concordataires.

Nous recommandons au SAPEM de veiller à ce que l’exercice de délégation repose sur des règles clairement communiquées, et d’exercer une supervision visant à s’assurer que les compétences déléguées aux directeurs d’établissements sont correctement exécutées par ces derniers ».

Le rapport contient également d’autres remarques pour le moins inquiétantes, dans la mesure où il n’existait alors (est-ce différent aujourd’hui ?) aucun contrôle du SAPEM visant à s’assurer que l’intégralité des écrous (ordres d’arrestation et de mises en détention) adressés par les autorités de jugement avaient été reçus et traités.

Il serait évidemment intéressant que l’on sache ce qui a été fait depuis le 6 juillet 2010 par les deux chefs du Département de la sécurité successifs pour améliorer le contrôle exercé par le SAPEM.

S’il y a des responsables, et il y en a certainement, encore faudrait-il désigner les bons.

 

 

 

 

 

 

 

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04/10/2013

Cour des comptes contre François Longchamp 1-1

 

trez-cour-comptes2.jpgLa Cour des comptes est à l’étroit. Les locaux proposés par le Département de Monsieur François Longchamp (DU) lui paraissent inadéquats, elle déménage à la rue du Rhône. Le loyer passe de 138'000 francs à plus de 350'000 francs par année, peu importe, la République est mise devant le fait accompli.

Haro sur la Cour des comptes ! Monsieur Longchamp surenchérit : « un organisme qui donne des leçons à la terre entière s’affranchit des règles de l’Etat ».

Il tient son os notre Conseiller d’Etat. Il ne le lâche pas, pour une fois qu’il peut épingler les épingleurs. Fin de l’histoire ?

Pas exactement. La curiosité devrait sans doute pousser nos journalistes à rechercher les motifs pour lesquels les services de Monsieur Longchamp n’auraient proposé aucune alternative de relogement acceptable à la Cour des comptes, dont les effectifs ont été renforcés, et qui en a fait la demande depuis plusieurs mois.

Traveling arrière au 10 octobre 2012. Audit de gestion et de légalité portant sur la taxe d’équipement en zone de développement. La Cour des comptes constate qu’il n’y a aucune comptabilisation des débiteurs et que seuls les encaissements sont entrés dans la comptabilité. En d’autres termes, impossible de savoir quels sont les propriétaires qui doivent de l’argent à l’Etat et, indirectement, aux communes. Impossible de mettre en place une procédure d’encaissement transparente.

http://www.cdc-ge.ch/fr/Publications/Rapports-d-audit/201...

Les sommes en jeu ne sont pas dérisoires. Il est question de 5,4 millions pour un reliquat antérieur à 2006 et de 11 millions pour les factures actives !

Mieux encore, les intérêts légaux de 5% par année ne sont pas réclamés, soit 2,4 millions pour le reliquat et 900'000 francs pour les factures actives !

Au 30 juin 2013, la Cour des comptes a vérifié le respect de ses recommandations par le Département de Monsieur François Longchamp. Constat accablant !

-          Aucune révision systématique des dossiers

-          Renonciation aux intérêts au motif que les dettes seraient anciennes

-          Les factures ne sont toujours pas comptabilisées au moment de leur établissement

-          Aucune hypothèque n’a été inscrite pour garantir les créances à l’égard des débiteurs douteux, avec un risque de perte de la créance en cas de vente du terrain

-          Absence d’interruption des délais de prescription

-          notamment…. Avec des délais pour régulariser la situation au 31 décembre 2013, et même au 1er août 2013.

Il est légitime de se demander à qui profitent ces largesses, sur le dos des contribuables.

De là à penser que Monsieur François Longchamp n’a aucune intention d’être agréable à la Cour des comptes en lui permettant de poursuivre dans de bonnes conditions une activité qui met en cause sa gestion, il n’y a qu’un pas…

Cela n’excuse certainement pas la politique du fait accompli, mais lui donne sans doute un autre éclairage.

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26/09/2013

Assurance maladie: Genève plumée une fois de plus

 

augmentations.jpgUne fois de plus, une fois de trop, nos primes d’assurance-maladie vont augmenter. Heureusement, on a réussi à faire baisser…la hausse.

Il n’en demeure pas moins que la hausse moyenne à Genève sera supérieure à la moyenne suisse, soit 2,8% contre 2,2%. Pourquoi ? Rien ne le justifie. Mieux, tout le contredit ! Les assurés genevois ont déjà versé, durant des années, des primes supérieures aux coûts qu’ils généraient, accumulant des réserves en mains des assureurs. Réserves qui ont finalement été transférées à des cantons dont les primes avaient été maintenues artificiellement basses.

Pire, alors que les cantons profiteurs du système étaient majoritaires par rapport aux cantons lésés, ils n’ont rien trouvé  de mieux, pour légitimer leur appropriation, que de réunir tout le monde en assemblée générale. Ordre du jour : Doit-on rendre le butin ?

Il ne faut pas être sorcier pour deviner ce que fut le résultat du vote. Ce n’est que devant une pression, bien modeste il est vrai, qu’il fut décidé d’en rendre la moitié. Et cette moitié serait assumée en trois parts égales à charge de la Confédération, des assurés avantagés….et des assureurs.

Vous pariez combien que la hausse des primes 2014 servira en partie à permettre aux assureurs d’acquitter « leur » dette ? Et ce sont les lésés qui vont se rembourser eux-mêmes, pour garder une majorité de cantons du côté des satisfaits.

Le système est opaque et l’assuré est toujours le dindon de la farce. Seule une caisse publique permettra de mettre en place un instrument de mesure fiable et équitable. Comment expliquer que la prime la plus chère à Genève, pour un adulte avec franchise de 300 francs et sans couverture accident, soit de 595 francs chez Wincare et la meilleur marché de 359 francs chez Assura ? Pour des prestations strictement identiques !

Assura qui, curieusement, après les perturbations qui ont secoué le groupe (que l’on se souvienne de Supra) présente les primes les plus basses dans de nombreux cantons, dont Vaud et Fribourg. Sachant que cette situation va attirer vers cet assureur tous les cas les plus lourds, les esprits retors pourraient imaginer que l’on cherche ainsi une excuse pour mettre la clé sous le paillasson.

Quoi qu’il en soit, 2,2% de hausse moyenne nationale pour 2014, année de votation sur la caisse publique, est exactement le même taux que pour 2007, année de votation sur la caisse unique. Un taux porte bonheur pour nos assureurs ? Faisons-les déchanter, dans l’intérêt du maintien de l’accès à une médecine de qualité pour tous !

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17/09/2013

Les criminels mieux traités que les invalides

 

paquerette.jpgAprès nous être légitiment interrogés sur les compétences de l’expert psychiatre qui avait donné son aval à la sortie du criminel récidiviste responsable du meurtre de la malheureuse Adeline, voici que nous apprenons, effarés, qu’il n’y en a eu aucun ! Seul son psychiatre traitant l’aurait considéré apte à l’exercice.

On croit rêver ! Qui met en place les procédures ? Qui les valide ? Qui en contrôle la mise en œuvre ?

Alors que l’on se prépare à inaugurer CURABILIS, le centre de détention genevois destiné aux détenus dangereux romands présentant des troubles psychiques, ce constat n’est pas seulement inquiétant, il est consternant, tant il met en évidence l’incompétence, l’irresponsabilité et l’inadéquation des responsables de tous niveaux

A titre de comparaison, voyez plutôt ce que dit le Tribunal fédéral de l’avis du médecin traitant lorsqu’il s’agit de reconnaître une banale atteinte invalidante à la santé :

« S’agissant de la valeur probante des rapports établis par les médecins traitants, le juge peut et doit tenir compte du fait que selon l’expérience, le médecin traitant est généralement enclin, en cas de doute, à prendre parti pour son patient en raison de la relation de confiance qui l’unit à ce dernier. Ainsi, la jurisprudence accorde plus de poids aux constatations faites par un spécialiste qu’à l’appréciation de l’incapacité de travail par le médecin de famille » (ATF 125 V 353 consid. 3.b/cc).

Et l’on parle ici d’assurance invalidité, et non de mise en danger de la sécurité publique !

Je pense que tout autre commentaire serait superflu, et il faut espérer qu’en plus de la procédure pénale pour meurtre, voire pour assassinat, le Ministère public ouvrira une procédure pour homicide par négligence à l’encontre de ceux qui, par leur incurie, ont permis la commission de ce crime abominable.

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12/09/2013

Travail au noir. La gauche s'en accomode et la droite en profite


Le travail au noir vous connaissez ? C’est ce fléau dont se plaint le patronat, car il instaure une concurrence déloyale entre les entreprises honnêtes, dont la masse salariale respecte les conventions collectives, et les margoulins, qui cassent les prix. C’est cette engeance contre laquelle se battent les syndicats, car elle permet l’exploitation de la précarité tout en instaurant un dumping salarial dont souffrent nos travailleurs.

Ça, c’est le discours officiel. L’envers du décor est moins reluisant.Travail%20au%20noir%20(3).jpg

Jugez plutôt : Considérant qu’il faut à la fois lutter contre cette triste réalité en s’en prenant aux premiers responsables, à savoir les employeurs, et décharger la collectivité, qui assume seule les coûts de la santé générés par les soins dont doivent bénéficier ces travailleurs sans permis, lorsqu’ils tombent, malades, je dépose une proposition devant le Parlement fédéral qui se résume en quatre points :

1.       Les travailleurs au noir sont légalement domiciliés en Suisse et devraient être obligatoirement assurés selon la LAMal.

2.       En pratique, ils ne le font pas, à la fois pour une question de coûts et par crainte d’être découverts et renvoyés. Par voie de conséquence, s’ils tombent malades, c’est la collectivité qui assume intégralement les soins.

3.       L’employeur, qui est responsable de cette situation, ne peut pas s’en laver les mains, et il y a lieu de le rendre solidairement responsable du paiement des primes pour toute la durée du contrat de travail.

4.       Cette responsabilisation de l’employeur est de nature à le faire réfléchir à deux fois avant de faire travailler un employé au noir.

http://www.parlament.ch/f/suche/pages/geschaefte.aspx?gesch_id=20123461

Le Conseil fédéral, par la voix de Monsieur Alain Berset, prudent, reconnaît que l’idée est bonne, mais sous prétexte qu’il est difficile de retrouver les employeurs, propose de ne pas entrer en matière.

Dans les coulisses, les socialistes, Verts, PDC, libéraux et UDC contactés, m’assurent de leur soutien.

Lors du vote final, seuls 11 parlementaires soutiennent ma demande, qui est balayée d’un revers de main par l’écrasante majorité du Conseil national.

Alors je vous le demande, qu’est-ce qui explique ce fossé, que dis-je, ce précipice, entre la parole et les actes ? Est-ce à dire que tout le monde y trouve son compte ?

A méditer. Qui veut réellement faire changer les choses inacceptables dans ce pays?

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09/09/2013

Contrairement au roseau, la Suisse plie et quelque chose se brise

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Journée noire pour notre pays. Le Conseil national, convaincu que la Suisse "n'a pas le choix", accepte de ratifier l'accord Fatca avec les Etats-Unis, imposant l'application du droit américain sur notre territoire. Oui mais attention, ce ne sera pas automatique, les « Yankees » devront demander l'info pour qu'on la leur donne! Tout dans nuance, cette politique!

Pourtant, un Etat souverain a toujours le choix. La seule question qui se pose est celle de savoir quels sont les sacrifices qu’il est prêt à faire pour adopter une position conforme à ses principes.

Comment peut-on, d'une part, faire campagne pour le maintien d'une armée de milice crédible et, donc, de l'obligation de servir, et, d'autre part, sacrifier, avec une inconcevable précipitation, l'image que se font nos concitoyens de notre pays?

Car enfin, notre armée est évidemment davantage qu'un instrument de défense. De même que le service civil n'est pas un système mis en place pour bénéficier d'une main-d'oeuvre bon marché. Le service obligatoire est avant tout une école civique et un ciment de cohésion sociale. Il concrétise le lien intime entre le citoyen et son pays, un lien qu'on nous enviait, partout dans le monde, il y a peu encore.

Pense-t-on réellement que l'abdication devant la force et l'arrogance d'un Etat étranger soit de nature à encourager l'engagement citoyen? Quel qu'il soit d'ailleurs.

Pour ma part, tous ces "onnapalechoixistes" feraient bien de méditer sur l'Histoire, pas la grande, celle des livres d'école. Celle des humbles qui, un jour, on ne sait sous quelle impulsion, se sont levés devant un char et ont dit "non". Le bon sens aurait voulu qu'ils s'écartent et qu'ils agitent leurs mouchoirs. Ils ne l'ont pas fait, et nous leur devons notre liberté.

On n'arrête pas le progrès diront certains. Encore faut-il ne pas confondre la marche avant et la marche arrière.

 

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08/09/2013

L'invective pour argument

 

Réponse publiée dans Le Courrier du 7 septembre 2013, suite à un article signé993905_10200516760854350_800322461_n.jpg par Pascal Holenweg le 21 août sous le titre « Quand les TPG trimballent le MCG ». http://www.lecourrier.ch/113086/quand_les_tpg_trimballent_le_mcg

La Rédaction du Courrier est ici remerciée pour l’octroi de ce droit de réponse.   

*******************

 

Sous la plume de Pascal Holenweg, conseiller municipal « carrément socialiste » en Ville de Genève, comme il se plaît à se qualifier lui-même (sans doute par référence à la forme géométrique qui rappelle son ouverture d’esprit), un pamphlet particulièrement virulent a été publié le 21 août dernier, aussi bien à l’encontre du MCG, qui en a vu d’autres, que des TPG, accusés de « trimballer » les slogans du premier.

Ce ne sont pas tant les propos injurieux qui ont retenu mon attention, car je comprends bien que pour un débat d’idées il est d’abord essentiel d’en avoir, mais bien plutôt l’argumentaire, celui-ci n’étant pas développé, mais asséné sur un ton péremptoire, ne laissant guère de place à l’objection. Ainsi, ce grand démocrate, poète à ses heures perdues, partisan de la liberté d’expression sélective, nous explique que le MCG, n’aurait pas été autorisé à placarder sur les trams « ses cochonneries », que dis-je, ses « étrons rhétoriques » visant la préférence cantonale à l’emploi, au motif incontournable qu’un tiers des conducteurs sont des frontaliers.

Et d’ajouter que pour « ce boulot », il n’y a pas assez de Genevois « candidats à le faire, et capables de le faire. A moins d’engager des chauffards alcooliques sur leur seule qualification d’être de Piogre ».

Les esprits retors pourraient retenir de ce discours savant, éructé par un éminent socialiste du cru, que nos braves demandeurs d’emploi, alternativement fainéants, incapables ou alcooliques, laisseraient volontairement ce travail, indigne de leurs origines, à des travailleurs venant d’ailleurs. Pour un prétendu représentant de la classe ouvrière, on aurait attendu davantage de considération pour ce qui ne semble être pour lui qu’un fonds de commerce.

Mais il y a mieux. Considérant que la lutte contre la délinquance croissante et la prolifération de la mendicité organisée, n’a rien à faire sur les véhicules des TPG, et cela même si les délinquants et les mendiants ne conduisent pas les trams (sic), notre folliculaire du jour préconise ni plus ni moins que la resquille, activité pour laquelle il nous dit avoir un penchant particulier, et cela même sans le prétexte que lui donnent désormais les slogans de la campagne MCG « trimballés » par les TPG.

Pour ma part, je ne vois aucune objection à ce que les même TPG « trimballent » les visages déformés de candidats socialistes, avec pour seul slogan, l’injonction « Osez ! », sans que l’on sache si l’audace suggérée est celle desdits candidats, prêts à perdre la moitié de la face pour convaincre qu’ils ont le profil, ou celle des électeurs qui devraient voter pour eux. Quoi qu’il en soit, ce ne sont pas les slogans qui font de bons candidats, et j’aurais souhaité que l’insulte cède le pas à l’argument.

Puisqu’une certaine gauche répugne à envisager ne serait-ce que l’idée d’une corrélation entre chômage, notamment de nos jeunes, et augmentation du nombre de frontaliers, parlons-en !

Le 12 février 2013, l’Observatoire universitaire de l’Emploi de l’Université de Genève (OUE), sur mandat du SECO, rendait son rapport intitulé « Les effets de la libre circulation des personnes sur les salaires en Suisse »

Au-delà des communiqués de presse auto satisfaits, il en résultait une claire augmentation du nombre de travailleurs frontaliers en Suisse, dont 34,3% travaillent dans la Région lémanique et 26,3% à Genève. Si leur pourcentage a baissé, dans les secteurs primaire et secondaire, il a augmenté de 19,5 à 25% dans le secteur tertiaire, et notamment pour les salaires élevés. Ce ne sont donc plus les travaux peu spécialisés qui sont attribués aux frontaliers, contrairement à une idée répandue, mais des postes exigeant une formation universitaire ou hautement spécialisée. Pour le salaire d’un jeune en fin de formation, nos entreprises semblent ainsi préférer des travailleurs frontaliers avec expérience, venant de plus en plus loin s’installer à proximité de Genève. Ainsi, plus les salaires sont hauts, plus le dumping salarial est important !

Exiger que nos demandeurs d’emploi aient la priorité n’est donc pas un discours « puant », Monsieur Holenweg, mais uniquement l’expression du bon sens. Encore faudrait-il en avoir.

 

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05/08/2013

Avec le CEVA, de la plage à la montagne

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Il nous en aura fait voir du pays ce CEVA. Si l’on devait passer au détecteur de mensonges tous ces politiciens fers de lances de cette liaison ferroviaire, peu seraient sans doute ceux qui pourraient soutenir aujourd’hui, le regard ferme et déterminé, sans faire tressaillir l’aiguille, qu’ils tiendraient le même discours que voici quatre ans.

Et ce n’est de loin pas terminé. Derrière le discours officiel, les consciences se réveillent, peu à peu. Lentement, bien sûr, on est en Suisse que diable !

La droite, qui a « vendu » le projet au motif qu’il donnerait du travail à nos entreprises a bien vite déchanté. Elle s’est souvenue, « mais un peu tard », comme dit la fable, que nos accords avec l’Europe exigeaient un appel d’offre pour marchés publics. Résultat, le gros-œuvre a été attribué à une entreprise française pour 800 millions. Et bientôt les rames du CEVA pourraient être commandées à un fabricant français.

La gauche, qui aurait signé les yeux fermés en faveur d’un nouveau transport public, quel qu’il soit, où qu’il aille et quoi qu’il coûte d’ailleurs, se rend compte progressivement « mais un peu tard »aussi, que ces entreprises européennes interviennent avec des ouvriers européens (la belle découverte pour les militants de l’internationale des chômeurs), lesquels sont payés selon d’autres critères que ceux de nos Conventions collectives.

A la droite, comme à la gauche, il est bon de rappeler que pour remporter un marché public de cette importance, il faut bien réduire les charges…et que les entreprises suisses, dans ce domaine, ne peuvent pas régater.

38.jpgBientôt Genève, ébahie, découvrira que ce projet ne lui coûtera pas les 1,5 milliard annoncés, mais certainement le double, car lorsque l’on commencera enfin à creuser (au fait, c’est pour quand ?), on verra que le sous-sol se prête peu à cet exercice en raison des nombreuses nappes phréatiques, et que les fissures, lézardes et autres brèches apparues d’ores et déjà sur les immeubles environnants, ne feront que s’étendre et se multiplier, sans que l’on ait prévu aucun poste au budget pour y remédier.

Mais tout ceci n’est que musique de (proche) avenir. En attendant, nous avons à gérer les 1,9 million de m3 de gravats, dont moins d’un tiers peuvent être recyclés. Les gravières genevoises étant déjà saturées, on comptait sur la plage providentielle pour y déverser les déblais du CEVA, selon la devise « sous le CEVA la plage ». Manque de chance, le projet de plage était à ce point mal ficelé, comme tous les grands projets préparés par nos autorités, que les juges n’ont pu que renvoyer la copie à leurs auteurs.

Faute de plage, on pense désormais faire une montagne. Ils ne se laissent pas démonter par si peu nos dirigeants. Ils sont pleins de ressources (intellectuelles bien sûr ; les autres c’est nous qui les assumons). Mais il y a un problème : où créer cette montagne ? Quelle commune serait prête à l’accueillir ? Pourtant son usage pourrait être multiple. Station de sports d’hiver, luge d’été, ou simplement fournisseur d’ombre dans la perspective du réchauffement climatique.

27.jpgNi la plage, ni la montagne ne sont dès lors des réalités genevoises prochaines, et il faudra bien se résoudre à transporter nos gravats…en France, où l’on daignera les recevoir, non sans se faire copieusement prier, moyennant monnaie sonnante et trébuchante. Ma foi, ils n’ont rien demandé. Et ce CEVA, c’est avant tout en projet suisse pour les Suisses !

 

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02/08/2013

Discours du 1er Août à Onex

 

campagne.1.JPGToute fête nationale, quel que soit le pays dans lequel on se trouve, devrait servir à la fois à se souvenir d’où l’on vient, et à réfléchir où l’on va. Mieux encore, à imaginer où l’on devrait aller et quel est ce lien subtil qui nous lie au pays que l’on fête.

Le 1er août, Fête nationale suisse proclamée en 1899, ne doit pas échapper à cette règle. Que l’on soit Suisse ou étranger vivant en Suisse, nous sommes ici unis par un destin commun et nous construisons ensemble la Suisse de demain. Cet avenir ne peut être possible qu’à la condition de connaître les valeurs de ce pays, façonnées patiemment au fil des siècles, avec la précision et la patience d’un horloger.

La Suisse est d’abord une démocratie unique au monde. Certes la perfection n’est pas atteinte, et ne le sera sans doute jamais. Néanmoins, siècle après siècle, de batailles en révoltes, de révoltes en guerre civile, la Confédération helvétique a fait murir un esprit de liberté et de respect que l’on nous envie de partout. Car la démocratie ne se décrète pas. Elle se construit. La démocratie ne se résume pas à un bulletin librement glissé dans une urne. Cet acte, qui n’est que l’ultime expression démocratique, n’a de sens que si, en amont, l’opinion de chacun a pu se forger librement, par l’expression sans entraves des pensées divergentes, dans le mutuel respect de l’écoute.

A l’heure où tant de pays qui nous sont proches aspirent légitimement à la démocratie ; à l’heure où certains voudraient faire de principes religieux la ligne directrice de l’action des Etats, il est bon de rappeler que la Suisse, en 1848, à la sortie d’une guerre fratricide opposant protestants et catholiques, a créé notre Etat fédéral, dans lequel les cantons ne sont plus indépendants, mais néanmoins souverains, dans lequel la laïcité de l’Etat a été décrétée comme seule garante du respect des convictions de chacun. La laïcité n’est pas la négation de la religiosité, elle est la condition de son exercice et de son expression.

En Suisse le peuple s’exprime par les outils démocratiques mis à sa disposition. Initiatives, référendums, votations, élections, pétitions, recours, remplacent efficacement les manifestations de rue  et les grèves. Trop souvent de l’avis de certains. Trop de démocratie tuerait-elle donc la démocratie ? Honnêtement, ne serait-ce pas plutôt l’usage de la démocratie par nos adversaires qui serait abusif à nos yeux ?

N’oublions jamais qu’ailleurs, non loin de nous, des femmes et des hommes donnent leur vie, chaque jour, pour obtenir une parcelle de ce que nous avons ici à profusion. Plutôt que de jouer les enfants gâtés, soyons conscients de notre chance, et ne renonçons pas à l’exercice de ce qui a été arraché, au cours de l’Histoire, au pouvoir d’une minorité, pour faire de notre pays l’exemple démocratique qu’il est aujourd’hui.

Quel autre pays peut-il s’enorgueillir de faire coexister quatre langues nationales, avec des cultures souvent différentes ? Au lendemain d’une votation fédérale qui voit les cantons romands minorisés, il peut y avoir parfois des rancoeurs, souvent des déceptions, mais jamais autre chose que la volonté de revenir démocratiquement sur le sujet rejeté par une majorité. Cela n’est possible que parce que l’intérêt commun à l’unité nationale l’emporte toujours sur les intérêts particuliers du moment. Et parfois aussi, avec le recul des années, ce qui a pu être qualifié de tiédeur suisse-alémanique, alors fustigée, est salué rétrospectivement ici avec reconnaissance. Car la Suisse avance lentement, mais elle avance sûrement.

C’est du moins ce dont nous étions fiers jusqu’à récemment, jusqu’à ce que certains considèrent, au mépris de la volonté populaire et en parfaite méconnaissance de notre Histoire, que le respect de nos voisins s’achète dans la précipitation, ou pire, par la capitulation. C’est oublier qu’entre Etats on respecte les forts et on méprise les faibles

La Suisse n’est la petite sœur de personne, consciente de ses besoins, mais aussi des ses atouts. Et les donneurs de leçons de tous bords, qui habillent de morale leurs intérêts économiques, seraient bien inspirés de se rappeler que si la Confédération helvétique est née voici 722 ans pour chasser de ses vallée des juges étrangers, ce n’est pas pour les faire revenir aujourd’hui, au mépris de sa souveraineté.

Mais exiger le respect de nos lois, alors que nous sommes critiqués de toutes parts, ne doit pas nous amener au repli sur nous-mêmes, dans un réflexe nationaliste sans lendemain. La Suisse, et Genève, ville internationale par excellence, qui compte depuis 4 siècles plus de 30% d’étrangers, 40 % à ce jour, dont plus de 50% des résidents sont nés à l’étranger, restera ouverte au monde et à la différence de l’autre, source de richesse et de progrès.

L’étranger sera toujours le bienvenu, à condition de respecter nos lois et notre hospitalité. L’intégration ne doit pas être un vain mot. Etre intégré dans un pays, ce n’est pas oublier d’où l’on vient. C’est avoir su mélanger sa terre à celle du pays d’accueil, pour une croissance fertile, à deux.

Car l’être humain, comme l’arbre, ne peut s’élever pour voir au-delà de sa forêt, que si ses racines sont profondément ancrées dans sa terre

En tant que fils d’immigrés moi-même, je sais ce que je dois à la Suisse. Et je sais aussi que IMG_1490.JPGcela n’a pas toujours été facile pour mes parents. Chez nous, on ne reçoit pas à bras ouverts, c’est vrai. Certains peuvent le regretter. Mais lorsque la Suisse vous accueille, c’est pour toujours.

Puisse la Suisse, avec toutes les forces qui la composent, et dont vous êtes les représentants ce soir, relever avec succès les nombreux défis qui lui sont lancés, notamment sur les plans économique, financier, démographique, énergétique et technologique ! Pour y parvenir nous avons besoin de femmes et d’hommes de bonne volonté, prêts à donner à la Suisse ce qu’elle leur aura donné. Plus que jamais, la Suisse devra se montrer unie et solidaire.

Vive la Suisse !

Vive Genève

Vive Onex !

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20/07/2013

Detroit en faillite. Et Genève?

 

geneve-2.jpgNous l’apprenons cette semaine, Détroit est la plus grande ville des Etats-Unis à se déclarer en faillite, ce que la loi américaine permet aux collectivités publiques, afin d’éviter les conséquences d’une cessation des paiements mettant en péril les services publics essentiels (police, pompiers, urgences médicales)

Depuis ce côté-ci de l’Atlantique, la nouvelle paraît exotique, et depuis la Suisse, tant bercée par le discours lénifiant de nos dirigeants, elle pourrait même paraître surréaliste. Cela n’arriverait jamais chez nous ! Pense-t-on immédiatement.

Et pourtant, à y regarder de plus près, la réalité des chiffres est inquiétante.

Détroit, avec 707'000 habitants, a une dette de 18,5 milliards de dollars, correspondant approximativement (on n’est plus à quelques centaines de millions près) à 17,5 milliards de francs.

Genève, avec 471'000 habitants supporte désormais une dette de 11,2 milliards.

Alors je vous le demande, qui de Détroit ou de Genève est proportionnellement la plus endettée ?

Certes, la notation de Genève n’est pas celle de Détroit, ce qui influe encore favorablement sur les taux de la dette que nous devons (du moins celles et ceux qui paient des impôts dans cette République) assumer. Certes, notre canton n’est pas en cessation de paiements et nos fonctionnaires et fournisseurs reçoivent ce qui leur est dû.

Mais pendant combien de temps encore ?Detroit.png

Peut-on faire indéfiniment comme si de rien n’était ? Sans jamais envisager un remboursement régulier de la dette, tant que l’on peut encore le faire ? Ou est-il déjà trop tard ? Précisément lorsque la population a dû avaler la pilule amère du renflouement des caisses de pension publiques que l’incurie électoraliste de décennies de dirigeants a laissées se vider inexorablement ?

Malgré ce constat alarmant, et alors que Genève doit faire face, chaque jour davantage, à un inquiétant afflux de personnes faisant appel à la solidarité, certains n’ont de cesse de lancer initiatives sur projets de lois, et de se répandre en déclarations haineuses, systématiquement dirigées contre les contribuables les plus importants de notre pays et de notre canton, sans lesquels nous pourrions rapidement suivre l’exemple de Détroit.

Combien de fois faudra-t-il rappeler à ces moralisateurs de comptoir que rien n’est plus mobile qu’un riche et que rien n’est plus sédentaire qu’un pauvre, de surcroit assisté ? La Suisse doit-elle suivre l’exemple désolant de certains pays européens, qui ont fait fuir leurs riches tout en conservant et en augmentant le nombre de leurs pauvres, et qui se permettent, de surcroit, de donner des leçons ?

Il est temps de se réveiller ! Les loups sont à la lisière de la forêt, et certains agneaux, parmi nous, sont devenus leurs complices inconscients, en les accueillant en libérateurs.

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12/07/2013

Eveline Widmer-Schlumpf doit démissionner!

 

e237154c-4130-5aa4-ed72-3ab723a7a359.jpgLa signature de la nouvelle Convention de double imposition sur les successions avec la France, par la Conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf, en date du 11 juillet 2013, est à ce point l’expression d’un total mépris pour le Parlement qui l’a élue, et notamment pour le Conseil national, que sa place au sein du gouvernement n’a plus aucune légitimité.

Dans n’importe quel autre pays démocratique de la planète, faute de démission spontanée, un vote de confiance (ou plutôt de défiance) la renverrait dans le canton qu’elle aurait été bien inspirée de ne jamais quitter.

Il faut en effet rappeler que le problème soulevé par cette signature intempestive et irréfléchie, quelques jours après que la France ait renoncé à dénoncer la Convention actuellement en vigueur, et pour laquelle un délai lui était fixé au 30 juin, va largement au-delà d’une banale, et aujourd’hui fréquente, controverse sur ce que devrait englober la défense des intérêts de notre pays.

Pourquoi ?

Le 13 mai 2013, la Commission de l’économie et des redevances du Conseil national, consciente des négociations qui se tramaient sur le sujet de la double imposition avec la France, adoptait une motion (13.3374), demandant expressément au Conseil fédéral de n’accepter en aucun cas que des immeubles situés en Suisse soient imposables par un Etat tiers. (http://www.parlament.ch/f/suche/pages/geschaefte.aspx?gesch_id=20133374)

Avec une rare célérité, et après un débat que les personnes intéressées pourront retrouver au moyen du lien indiqué ci-dessous, le Conseil national, le 19 juin 2013, par 119 voix contre 62, adoptait cette motion, infligeant un camouflet cuisant à Eveline Widmer-Schlumpf, qui s’y opposait.(http://www.parlament.ch/ab/frameset/f/n/4909/410211/f_n_4909_410211_410251.htm)

Pourtant, moins d’un mois plus tard, notre Conseillère fédérale décide de passer outre cette injonction, acceptant de laisser imposer les immeubles situés en Suisse, lorsque l’héritier est domicilié en France, et alors même que le défunt était domicilié en Suisse.

« Il faut que l’héritier soit domicilié en France depuis 8 ans, et non 6 comme le voulait la France » nous rétorque notre brillante négociatrice. Beau succès diplomatique, assurément.

« L’Allemagne et la France ont une Convention similaire » ajoute-t-elle. Certes, mais l’Allemagne impose les successions en ligne directe, comme la France, alors que de nombreux cantons suisses ne le font pas !

En d’autres termes, le ressortissant Suisse domicilié en France (que l’on pense au Genevois domicilié en Haute-Savoie), pourrait être amené, au décès de son père domicilié en Suisse, à vendre la maison dans laquelle celui-ci vivait pour verser à la France des impôts successoraux de plus de 50% ! On croit rêver.

Et quelle serait la contrepartie à une telle concession (ou plutôt, pourrait-on dire abdication) ? Aucune, si ce n’est l’ouverture de négociations plus larges avec la France, afin d’avoir l’insigne honneur de lui accorder d’autres concessions.

Au-delà de l’incongruité de la démarche de notre Conseillère fédérale, l’indécence qui consiste à faire très exactement le contraire de ce que lui recommande une Chambre du Parlement, sous prétexte que ce dernier pourrait toujours ne pas ratifier la Convention, dénote un tel mépris pour la volonté du peuple qui l’a élue par le biais de la démocratie indirecte, qui a récemment (et malheureusement) été maintenue par les urnes, que sa place au sein du Conseil fédéral n’a plus de légitimité.

Alors, Madame Eveline Widmer-Schlumpf, évitez un camouflet définitif en 2015 : démissionnez ! Pour le bien de la Suisse.

 

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19/06/2013

Convention franco-suisse de double imposition en matière de successions

 

e237154c-4130-5aa4-ed72-3ab723a7a359.jpgLa France a dénoncé la Convention de 1953 en matière de double imposition sur les successions. Plutôt qu’un vide juridique qui impliquerait l’appel aux principes généraux de droit international en la matière, la Suisse a manifesté le souhait de « négocier » une nouvelle Convention. Il se trouve cependant que le texte d’ores et déjà paraphé, mais non encore signé, et certainement pas ratifié, comporte des clauses à ce point inacceptables, que l’on peut légitimement s’interroger sur la notion de l’intérêt du pays qui anime la Conseillère fédérale Evelyn Widmer Schlumpf.

En effet, la France entend, avec l’onction provisoire de notre gouvernement, imposer selon le droit français, les immeubles situés en Suisse, si l’héritier est domicilié en France, et cela même si le défunt était domicilié en Suisse.

En d’autres termes, et pour prendre un cas concret, des descendants directs, au motif qu’ils sont domiciliés en France, seraient taxés, en France, à raison de 45% de la valeur de la villa occupée en Suisse par leur père en cas de décès de celui-ci, et cela alors qu’ils seraient exemptés d’imposition sur la succession si leur père était domicilié à Genève, par exemple.

Inutile de préciser que cette situation concernerait de nombreux suisses, contraints de s’installer en France, faute de trouver un logement conforme à leurs aspirations dans notre canton.

Pourquoi la Suisse devrait-elle accepter cette nouvelle ingérence étrangère, alors que rien ne l’y oblige ? Mystère. Peut-être la peur du vide. Le Conseil fédéral souffrirait-il de vertige ? Il lui faudrait pourtant de la hauteur.

Ce d’autant que les principes de l’OCDE dans ce domaine fixent alternativement le droit applicable à une succession supranationale, qui est, soit le lieu de résidence du défunt (la Suisse dans l’exemple ci-dessus), soit le lieu de situation du bien immobilier (la Suisse encore). Cette dernière possibilité est généralement retenue, car la valeur du bien immobilier est déterminée essentiellement par les infrastructures développées par les collectivités en son lieu de situation.

Certes l’OCDE autorise (comment pourrait-il en être autrement), un Etat à exonérer des héritiers si ceux-ci sont déjà taxés par un autre Etat. Encore heureux, pourrait-on ajouter.

Cela amène notre Conseillère fédérale à soutenir benoitement que l’imposition des immeubles situés en Suisse par la France en cas de succession, est conforme au droit international, puisque la Suisse peut renoncer à sa taxation si la France s’en charge…Il fallait oser. Mais, s’empresse-t-elle d’ajouter, la France voulait appliquer cette imposition dès 6 ans de résidence, et ce délai a été porté à 8 ans. Quelle maestria diplomatique !

La question est autre : En quoi les intérêts de la Suisse, Etat souverain et indépendant, dictent-ils cette renonciation, qui pénalise de surcroit essentiellement les Suisses de l’étranger ? Mystère toujours.

C’est ainsi que le Conseil national, à la majorité, a accepté aujourd’hui une motion enjoignant au Conseil fédéral de renoncer à toute nouvelle Convention avec la France en cette matière si cette exigence était maintenue. Plutôt ne rien signer du tout ! Logique et simple. Trop simple pour certains.

 

 

 

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