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  • Notre fédéralisme est en péril

    Les récentes réformes de la LAMal adoptées par le Conseil national durant la session d’automne qui vient de s’achever, même si elles doivent encore trouver l’aval du Conseil des États, sonnent le glas de notre fédéralisme.
    Avec une désinvolture qui n’a d’égal que la corruption des esprits qui l’expriment, un quarteron de mercenaires, à la solde d’assureurs maladie exempts de toute légitimité démocratique, et suivis aveuglément par une brigade de fantassins serviles, ont successivement:
    - refusé obstinément aux cantons le pouvoir de contrôler efficacement l’installation de tout nouveau cabinet médical sur leur territoire,
    - imposé aux cantons une participation financière sur les coûts de la médecine ambulatoire,
    - maintenu à charge des cantons une part prépondérante au financement des coûts de soins à domicile et en EMS,
    - permis aux assureurs de conclure des accords de financement avec des hôpitaux de leur choix au mépris des listes hospitalières établies par les cantons,
    - autorisé ainsi l’utilisation accrue de l’argent d’une assurance sociale (LAMal), pour réduire les factures à charge des assurances complémentaires.

    En résumé, la majorité du Conseil national a augmenté massivement la charge financière des cantons, en accroissant significativement le pouvoir des assureurs, sans considération aucune pour l’avis exprimé unanimement par ces mêmes cantons.
    Pire encore, cette majorité méprisante a préparé le terrain pour que le rôle des cantons soit réduit à celui d’un simple payeur en mains des assureurs, à charge pour ceux-ci de gérer notre système de santé.

    Cette même majorité, dont le seul souci est de contenir la hausse des primes en transférant des charges sur les contribuables, s’est bien évidemment gardée de toute action visant la maîtrise des coûts, sans parler du contrôle de l’utilisation des primes par les assureurs, dont les réserves se montent à 9,4 milliards, soit un excédent de 4,6 milliards par rapport aux exigences de la loi.

    Il est grand temps de rappeler à la Confédération et à son pouvoir législatif les fondements de notre Etat. Contrairement à d’autres nations, dans lesquelles le pouvoir est centralisé, la délégation aux régions n’étant que l’exception, la Suisse a été bâtie par des cantons souverains, qui ont accepté, pour être plus forts ensemble, de renoncer à certaines de leurs prérogatives, en faveur d’une union supérieure, nommée Confédération. Le pouvoir aux cantons est la règle, la renonciation en faveur de la Confédération l’exception, cette dernière devant être expressément mentionnée dans la Constitution fédérale.

    Ce principe fondamental, de plus en plus foulé aux pieds par le parlement fédéral, est exprimé à l’article 3 de la Constitution :
    Les cantons sont souverains en tant que leur souveraineté n'est pas limitée par la Constitution fédérale et exercent tous les droits qui ne sont pas délégués à la Confédération.

    Depuis quand la Constitution fédérale permettrait-elle au parlement de confier la gestion de notre système de santé à des assureurs privés, échappant à tout contrôle de l’Etat, en imposant de surcroît aux cantons des obligations financières à leur égard?
    Si le parlement fédéral franchit cette ligne rouge, les cantons déposeront conjointement des référendums, et ce sera le signe que notre démocratie helvétique est en grand danger.
    A l’heure d’envoyer à Berne nos représentants cantonaux, il est temps de s’assurer de leur indépendance et de leur loyauté, non pas aux ordres partisans, mais aux valeurs de notre état de droit.

  • Hold-up démocratique

    Il fallait oser. Ils l’ont fait. Dans une apparente indifférence générale, les armées de l’ombre se sont mises en marche. Le putsch est accompli. Seul le Conseil des États pourra faire barrage à cet élan hégémonique de nos assureurs maladie...encore faut-il que les nouveaux sénateurs ne soient pas la fidèle réplique de ces conseiller nationaux qui, hier matin, ont voté majoritairement l’initiative (09.528) du Ruth Humbel, intitulée « Financement moniste des prestations de soins ».

    Décryptage

    Actuellement, toute l’activité médicale ambulatoire est à charge de la LAMal, l’hospitalier étant réparti, 45% pour la LAMal et 55% pour les cantons.
    Depuis de nombreuses années, ces derniers demandent à pouvoir contrôler l’installation de nouveaux cabinets médicaux, tant il est évident que la pléthore de spécialistes contribue à la hausse des coûts de la santé. Genève et Bâle, qui connaissent la plus haute densité de spécialistes ont ainsi les primes les plus élevées de Suisse. Alors qu’il suffirait de donner cette prérogative élémentaire aux cantons pour disposer immédiatement d’un instrument efficace pour maîtriser la hausse des coûts de l’ambulatoire, le 11 septembre dernier, le Conseil national a réussi à renvoyer une fois encore cette question à plus tard, la subordonnant à l’acceptation, par les cantons, d’une participation financière aux coûts de la médecine ambulatoire.
    Ce jour-là déjà, alors que les représentants genevois des partis de gauche à Berne ont suivi la demande du canton (qui se trouve en ligne avec celle de leurs partis nationaux), nos élus de droite, à l’exception remarquable de Roger Golay (MCG), tels de braves petits soldats, ont voté selon les instructions de leurs partis, fidèles aux mots d’ordres des faîtières de nos assureurs maladie.

    Rebelote hier, avec la même répartition des votes de nos élus genevois sur le financement moniste, soutenu par les assureurs et...toute la droite.
    De quoi s’agit-il? Il est question, à terme, de faire participer financièrement, et de manière uniforme, les cantons à hauteur de 22,6% du stationnaire hospitalier et de l’ambulatoire, 77,4% étant à charge des assureurs LAMal. Sachant que l’ambulatoire va se substituer de plus en plus au stationnaire avec l’évolution technologique, la charge des cantons augmenterait ainsi à l’avenir.
    Cette modification législative s’attaque donc au financement des soins, et non à la source du problème, qui est la maîtrise des coûts, ce qui est déjà symptomatique de la préoccupation principale d’une majorité du Conseil national.

    Mais il y a pire...

    Dans la foulée, les fidèles serviteurs de nos assureurs, dont l’inconscience serait une circonstance aggravante, ont voté un article 49a, dont la seule lecture cache admirablement sa perversité.
    Nous savons que les cantons doivent assurer la planification hospitalière sur leur territoire. Ils établissent ainsi, en fonction de critères d’efficience et d’économicité, la liste des hôpitaux dans lesquels les interventions sont prises en charge selon la clé actuelle 55/45%.
    Avec ce nouvel article 49a, les assureurs pourraient désormais librement passer des conventions avec les hôpitaux exclus des listes cantonales, et leur verser, pour les opérations qui y seront pratiquées, la part de 77,4%.

     

     

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    L’arnaque

    Qui peut donc bien avoir intérêt à faire payer l’assurance maladie sociale, là où le canton considère que les besoins de la population ne le justifient pas? Je vous le donne en mille: les assureurs maladie qui offrent des assurances complémentaires.
    Le procédé est simple: on met une clinique dans la liste des établissements remboursés au sens des conditions générales de l’assurance privée, et on laisse l’assurance LAMal du groupe se mettre d’accord avec cette clinique pour le paiement du 77,4%.
    Ainsi, lorsque les assurés privés de la première iront se faire opérer dans cette clinique, la facture émise sera réduite à hauteur de la participation de l’assurance sociale. Au nez et à la barbe du canton, et avec les conséquences que l’on imagine sur les primes de l’assurance de base.

    Il s’agit ni plus ni moins du financement des assurances privées par l’argent de l’assurance sociale, procédé aussi astucieux que scandaleux.

     

    Immoralité de la fable

    Ceci démontre à la perfection que les élus cantonaux au Conseil national, une fois assis à Berne, n’ont que faire des intérêts des cantons dont ils sont issus. A gauche, comme à droite, on se borne à suivre les mots d’ordre du parti, tels de soumis fantassins. Il se trouve que sur le sujet dont il est ici question, la position des partis de gauche correspond au pragmatisme de rigueur martelé par le canton de Genève. Et c’est tant mieux! Mais les exemples inverses ne manquent pas non plus.
    Mais où est donc l’indépendance intellectuelle et morale qui devrait être l’apanage d’un député national?
    Comment nos représentants genevois PLR, PDC et UDC à Berne peuvent-ils regarder dans les yeux leurs homologues cantonaux qui présentent et soutiennent des initiatives demandant que l’on soulage la classe moyenne du poids écrasant des primes d’assurance maladie?
    Comment certains d’entre eux peuvent-ils avoir l’outrecuidance de prétendre devenir des représentants du canton de Genève au Conseil des États?
    Pardonnez-moi. Je m’emporte. Ou plus exactement, je rêve.

     

     

  • 1 policier, un seul...mais quel policier!

    Je voulais le garder pour la bonne bouche, mais Pierre l’a découvert avant tout le monde(https://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/pierre-maudet-rompt-collegialite-budget/story/28428050).
    Oui, je dois l’avouer, puisqu’il est de bon ton de se mettre à table, j’ai trouvé le moyen de résoudre tous les problèmes de sous-effectifs de la police genevoise avec...un seul policier ! Mais pas n’importe lequel: il se nomme ROBOCOP.
    Tous les autres postes supplémentaires, que ce soit pour le renforcement de la police (15), pour la brigade des armes et de la sécurité privée (3), pour la cybercriminalité (2), pour la brigade judiciaire (6), pour les renforts administratifs (11), sans parler des postes pour la détention (62), ou l’office cantonal de la population (15), ne servaient qu’à brouiller les pistes.
    C’était sans compter sur la perspicacité et l’instinct de fin limier de mon bien dévoué collègue, qui ne recule devant aucun sacrifice personnel pour faire avancer la cause de l’intérêt public.
    Chapeau bas! Il y a la forme, et il y a le fond. Encore faut-il veiller à ne pas le toucher.

  • Jaune: du gilet au rire

    Les révolutions naissent et croissent bien souvent,
    De décisions banales aux yeux de leurs artisans.
    Souvenez-vous des cohortes de victimes,
    Que fit le mépris du fardeau de la dîme.

    D’un gilet jaune se sont aujourd’hui vêtus,
    Ces sans-culottes qui ont changé d’habit,
    Trop distraite étant l’élite du pays,
    A cogiter sans fin sur ses propres vertus

    Vain désormais de renverser un élan,
    Dont on voit bien qu’il surfe avec le vent.
    Car la colère ne souffle pas que les feuilles,
    Et à personne elle n’obéit au doigt et à l’œil.

    Ce qui hier encore ne suscitait que dédain,
    Désormais perturbe le confort des hautains,
    Qui paraissent prendre conscience bien soudain,
    Qu’à ne vouloir entendre, on finit dans le pétrin.

    S’il fallait à cela rechercher une morale
    C’est qu’à rechercher la justice sociale,
    Il faut avant tout se déclarer prêts,
    A porter des valeurs et non des intérêts.

     

    P.S. Il ne s’agit évidemment pas tant ici d’exprimer un regard critique à l’égard de faits qui nous sont proches, que de rappeler que les élus doivent porter les préoccupations de la population qui les a placés là où ils siègent. Il y a 14 ans, un parti politique genevois naissait du fait que les partis « classiques » refusaient de reconnaître la réalité d’une concurrence exacerbée, apparue sur le marché de l’emploi, suite à l’entrée en vigueur de la libre circulation avec l’UE. Il n’y a pas d’action politique efficace sans une écoute attentive préalable.

  • L’arrogance d’une amnésie sélective

    En réaction à l’article signé par Victor Gani, ancien vice-président de la LICRA, paru dans la Tribune de Genève du 9 août 2018, et intitulé « Aide à la Palestine: M. Cassis a bien raison ».

    https://www.tdg.ch/suisse/aide-palestine-m-cassis-raison/story/10387241

    Troublé. Oui je suis troublé par les propos tenus ici (TdG du 9 août) par Victor Gani , ancien vice-président de la CICAD, en soutien aux accusations maladroites, portées par le conseiller fédéral chargé des affaires étrangères Ignazio Cassis, qui, sans nuance, emboîtait en mai dernier le pas du gouvernement israëlien et de l’administration Trump, critiquant l'agence onusienne pour les réfugiés palestiniens (UNRWA), et déclarait qu’elle était un "obstacle à la paix", faisant « davantage partie du problème que de la solution ».

    Certes Monsieur Gani n’a pas tort, lorsqu’il dénonce l’hypocrisie des pays arabes d’accueil, qui portent une lourde responsabilité dans cette absence voulue d’intégration, permettant que trois générations, depuis 1948, n’aient connu d’autre horizon d’avenir qu’un camp de réfugiés. Mais que dire alors de l’hypocrisie de la communauté internationale, qui laisse perdurer cette situation ? Serait-ce incompatible de lutter sans concession contre l’antisémitisme et de refuser que des familles soient chassées de chez elles avec violence au seul motif qu’elles n’ont pas la confession souhaitée? Je suis convaincu du contraire.

    Le rôle du droit international n’est pas d’amener les victimes à faire le deuil de leurs droits, mais bien de les aider à les défendre!

    Affirmer, comme le fait Monsieur Gani que le soutien de l’UNRWA « se traduit par des programmes éducatifs cultivant l’esprit revanchard, la perspective d’un impossible et infondé « retour » », ne peut qu’interpeller.

    Faut-il rappeler que le 5 juillet 1950, la Knesset votait la loi du retour, garantissant à tout Juif le droit d'immigrer en Israël ? Y a-t-il des droits au retour plus respectables que d’autres ? Je n’entend pas faire de hiérarchie dans la souffrance, et que celui qui veut argumenter sur le thème « ce n’est pas comparable », ait le courage de le faire ouvertement, et non sous le couvert d’une respectable institution qui lutte contre la discrimination, et cela particulièrement au moment où Israël s’autoproclame « Etat-Nation du peuple juif », signifiant aux autres confessions qu’elles ne seront désormais que tolérées.

    Oui Monsieur Gani, cette agence onusienne s’occupe de plus de 5 millions de réfugiés alors qu’ils n’étaient que 700’000 en 1948...Faudrait-il exclure les descendants, qui n’ont pourtant rien connu d’autre que des camps depuis qu’ils sont nés ?

    Oui l’UNRWA compte près de 30’000 employés sur 59 camps, mais 99 % sont des réfugiés palestiniens œuvrant comme enseignants, médecins ou travailleurs sociaux. Seraient-ce ces personnes que ces nouveaux donneurs de leçons voudraient priver d’un misérable salaire pour les pousser davantage vers le désespoir, et ceux dont ils s’occupent avec?

    Oui le problème des réfugiés palestiniens est réel. Oui, cette situation n’est plus tolérable; mais elle ne sera pas réglée par sa négation, et encore moins en aggravant la souffrance de ces réfugiés, en supprimant le soutien financier à ceux qui leur viennent en aide.

     

  • Qui veut maîtriser les coûts de la santé ?

     
    Les primes d’assurance maladie ne cessent d’augmenter, grevant toujours davantage le pouvoir d’achat des ménages. Cette situation intolérable, tant pour les particuliers que pour les pouvoirs publics, appelle des mesures fortes. « Il faut agir ! » crient en cœur tous les acteurs, à savoir Confédération, cantons, assureurs, assurés, et fournisseurs de prestations. La déclinaison de ce mot d’ordre est pourtant plus nuancée, car le profiteur, c’est toujours l’autre ! Les coûts de la santé (plus exactement les coûts des soins) sont toujours excessifs pour autrui, mais rien n’est jamais trop cher pour soi-même. Quant aux fournisseurs de soins, entre ceux qui considèrent que le seul fait de parler de leur rémunération est indécent, voire ingrat, au vu de leur dévouement sans limites pour l’intérêt public, et ceux qui estiment qu’il faut regarder les abus du voisin avant de critiquer le leur, il y a autant à dire qu’à l’égard des assureurs, qui tentent inlassablement de nous expliquer, malgré les leçons du passé, que les primes ne sont que la résultante mathématiquement incontournable des coûts que nous générons.
     
    S’il est si difficile d’agir dans ce secteur qui échappe à toutes les règles classiques de la concurrence, c’est précisément parce que la conjonction opportuniste d’intérêts à priori divergents a rendu jusqu’ici vaine toute velléité de réforme structurelle du systéme. Au point où les marionnettistes d’un chaos programmé, sinon souhaité, n’ont qu’à laisser faire la division toute naturelle que la goinfrerie ou l’inconscience des uns et des autres installe bien solidement à chaque balbutiement de solution proposée.
     
    C’est pourtant l’accès pérenne pour chacun à des soins de qualité qui est en jeu. Personne n’est dupe, ou ne devrait l’être, si le discernement ne reprend pas le pouvoir, c’est le rationnement qui s’imposera...et ceux qui auront les moyens de se l’offrir, achèteront par des assurances complémentaires que l’on s’empressera de leur proposer, ce que l’on aura retiré à l’ensemble de la population.
     
    Dernier exemple en date
     
    Les 5 et 6 juillet dernier, la Commission de la santé du Conseil national avait à examiner le projet du Conseil fédéral (18.047) visant  à  clarifier et à renforcer les critères d’admission de nouveaux fournisseurs de prestations. En d’autres termes, alors qu’il est unanimement admis que l’offre génère la demande, et que plus il y a de médecins (notamment de spécialistes), plus les coûts de l’ambulatoire augmentent, il était question de sortir de la clause provisoire actuellement en vigueur, et maintes fois prolongée, qui n’autorise de s’opposer à une nouvelle installation que si le candidat n’a pas fait 3 ans de formation post grade en Suisse, pour passer à une réelle analyse des besoins par canton et par région. Il s’agissait du moyen le plus rapide et le plus efficace pour maîtriser les coûts de l’ambulatoire, sans laisser les assureurs choisir les médecins qu’ils acceptent de reconnaître à charge de la LAMal (fin de l’obligation de contracter).
     
    Eh bien non!
     
    Les intérêts partisans se sont une fois de plus exprimés, et une majorité de droite de la commission a décidé de prendre son temps et de prolonger au 30 juin 2021 la clause provisoire et insuffisante, actuellement en vigueur jusqu’au 30 juin 2019.
    Motif avancé? Si les cantons veulent plus d’autonomie dans la détermination des besoins de leur population, ils doivent accepter un financement uniforme des prestations du secteur ambulatoire et stationnaire.
     
    Explication
     
    Actuellement les cantons prennent en charge 55% des coûts du stationnaire hospitalier (lorsque le patient y passe la nuit), les 45% restants étant à charge de la LAMal. Or, pour l’ambulatoire, qu’il soit hospitalier ou en cabinet de ville, seule la LAMal intervient. Ainsi, alors que la tendance est d’augmenter les opérations en ambulatoire, moins coûteuses, les cantons verraient, en théorie du moins, leurs charges diminuer. D’où la demande de les faire participer également aux coûts de l’ambulatoire.
    A première vue logique, et, personnellement, je n’y vois pas d’objection majeure...à condition bien évidemment de pouvoir contrôler l’ambulatoire, ce qui n’est pas le cas actuellement, et à condition que cela ne fasse pas exploser la charge financière des cantons. Pour rappel, l’ambulatoire et son augmentation n’est pas sans effets, aujourd’hui déjà, sur les finances du canton, car la hausse des primes qui en résulte fait exploser le soutien de l’Etat, pour les subsides notamment, qui est actuellement de 350 millions à Genève, somme supérieure à la totalité de l’aide sociale!
     
    Or, les premiers chiffres avancés, seraient de remplacer les 55% sur le seul stationnaire, par 25,5% sur la totalité du système de santé. Genève et Vaud, pour ne citer qu’eux, qui sont déjà de bons éleves, ayant encouragé autant que possible le passage à l’ambulatoire, verraient alors leurs charges cantonales augmenter de 100 millions annuels...au profit de cantons qui n’ont pas fait jusqu’ici les mêmes efforts.
    Inadmissible évidemment. Genève verse déjà 400 millions au titre de la péréquation financière intercantonale et n’a pas à subventionner indirectement d’autres cantons pour 100 millions supplémentaires dans le secteur de la santé.
     
    Tout cela pour dire que la mise en œuvre du financement uniforme va prendre du temps, et que le fait de le lier à une clause du besoin pour l’installation de nouveaux fournisseurs de prestations est au mieux irresponsable, au pire malhonnête, comme je l’ai déclaré récemment dans un quotidien genevois.
     
    Mais ce que certains ont à l’esprit est encore plus pernicieux. Après le passage au financement uniforme, il est déjà question de passer à un système « moniste ». En d’autres termes, pourquoi faire deux factures, une à la LAMal et l’autre au canton? Il suffit que les cantons versent chaque année aux assureurs les milliards correspondants et ceux-ci se chargeront de tout...Vous voyez le tableau. Qui paye commande, et ce sera définitivement la fin de cette médecine libérale pour laquelle se bat la FMH avec une naïveté déconcertante, ainsi que de son corollaire qui est la liberté de choix du patient.
     
    La morale de l’histoire
     
    Que faut-il donc retenir de tout ceci? Tout simplement que nous tirons tous à la même corde et qu’au final il n’y aura que des perdants si l’excellent système de santé dont bénéficie la Suisse aujourd’hui, devient insupportable financièrement pour le budget des cantons et des ménages. Rien ne sera possible sans une traque impitoyable des faux incitatifs, des actes inutiles ou sans plus-value réelle pour la santé, et sans une recherche constante de la qualité, car rien n’est plus cher que la mauvaise qualité. Quant aux mesurettes visant la baisse de rémunération de certains actes ou la limitation du temps de consultation, au mieux, elles n’auront aucun effet concret sur la maîtrise des coûts, et au pire, elles auront un effet contraire, car le temps consacré à expliquer à un patient pourquoi tel examen n’est pas opportun, est plus économique et moins nuisible que d’ordonner cet examen.
    Dans ce travail de responsabilisation collective, le rôle du patient est central, et il devra se réapproprier un pouvoir de contrôle et de décision, qu’il délègue trop souvent à des acteurs dont les intérêts propres ne sont pas toujours conformes aux siens.
     

  • Chômeurs frontaliers indemnisés en Suisse. Quelle contrepartie ?

    Les ministres des affaires sociales de l'Union européenne ont décidé, le 20 juin dernier, qu’à terme, les travailleurs transfrontaliers au chômage seraient indemnisés par le pays dans lequel ils ont exercé leur dernier emploi.

    https://www.tdg.ch/monde/chomage-frontaliers-28-tombent-accord/story/18385917

    En d’autres termes, les travailleurs frontaliers perdant leur emploi à Genève seraient indemnisés par l’assurance chômage suisse.

    A priori logique! Quel assuré, social ou privé verserait des cotisations ou des primes sans obtenir de prestations si le risque couvert venait à se réaliser? Cela fait des années que la Suisse sait que ce changement risque d’intervenir, et même si son entrée en vigueur ne sera pas automatique pour notre pays, notre faible capacité à résister aux pressions européennes est malheureusement connue...

     Les conséquences de ce bouleversement vont au-delà des centaines de millions qui devront être versées pour ces prestations nouvelles, et qui pourraient induire une hausse des cotisations paritaires. En effet, si des indemnités journalières de chômage étaient versées, nos offices devraient soutenir activement les chômeurs frontaliers dans leur recherche d’emploi, avec pour corollaire un mépris évident envers la préférence nationale voulue par la population suisse et ancrée désormais dans notre constitution !

    Renégocions !

     Il serait dès lors grand temps que nos négociateurs fédéraux, plutôt que de suggérer, pour certains, un assouplissement unilatéral des mesures d’accompagnement, ou, pour d’autres, de pousser des cris d’orfraie, prennent les devants et exigent, de l’Union européenne, en contrepartie de cette prestation nouvelle, une préférence à l’emploi "strong" pour nos chômeurs et bénéficiaires de l’aide sociale.

    Plus concrètement, cette préférence à l'emploi, contrairement à la préférence "light" qui entrera en vigueur le 1er juillet prochain, impliquerait aussi l'obligation de recevoir et d’engager, à compétences équivalentes, le demandeur d'emploi, le tout assorti de sanctions dissuasives . 

    En échange, plutôt que de verser des prestations de chômage en Suisse, ce que lesassociations de travailleurs frontaliers ne souhaitent pas, ce sont les cotisations encaissées durant le dernier emploi du chômeur « ex-Frontalier » (part employeur et part employé) qui seraient versées intégralement par la Suisse au pays de domicile, en l’occurrence la France, à charge pour ce dernier d’octroyer les prestations valables sur son territoire.

    À cela s’ajouterait la reconnaissance, par l’Union européenne, au vu du niveau salarial suisse, d’une priorité à l’emploi pour nos résidents, quelle que soit leur nationalité, couplée,  dans un second temps, et à défaut de candidats résidents à compétences équivalentes, à une priorité à l'engagement pour les travailleurs « ex-Frontaliers », qui se verraient ainsi protégés, en cas de perte de leur emploi, contre une concurrence sans cesse croissante, issue de nouveaux travailleurs en provenance de régions de plus en plus éloignées de nos frontières.

    Tout ceci procède d'un raisonnement logique:

    • En priorité, l'emploi doit être attribué à une personne résidente, qui est à charge de la collectivité, afin de préserver notre cohésion sociale.
    • Dans un second temps, il faut penser à une personne qui connaît le marché du travail local, que l'on avait engagée faute de compétences en Suisse, et qui, ayant perdu son emploi, doit être favorisée par rapport à un travailleur qui n'a jamais travaillé dans notre pays.
    • Enfin, si l'on ne trouve ni de compétence locale, ni de compétence auprès d'un ancien travailleur frontalier, il faut que notre économie aille chercher les compétences là où elles se trouvent, d'abord dans l'Union européenne, et ensuite, à défaut, au-delà. 

    En d’autres termes, du gagant-gagnant, en offrant une protection de bon sens comme alternative au protectionnisme.

  • Chômage en baisse en mars 2018

    Oui, le chômage est passé à 4,9% en mars 2018, alors que la croissance économique n'en est qu'à une lente reprise. https://www.ge.ch/statistique/domaines/apercu.asp?dom=03_03

    Ce résultat, nous le devons sans doute à des facteurs multiples, et il serait prétentieux de s'en attribuer le mérite. Néanmoins, affirmer que le travail de notre Office cantonal de l'emploi n'y est pour rien serait à l'inverse malhonnête. De même, serait-il faux de prétendre que le changement progressif - et encore insuffisant - de mentalité de nos entreprises, davantage soucieuses à notre main-d'oeuvre locale, n'aurait joué aucun rôle dans ce résultat réjouissant.

    Il est vrai qu'en politique, comme partout ailleurs, il est préférable de n'attendre aucune reconnaissance de quiconque. Cela évite au moins des déceptions. Dans ce domaine particulier du chômage, si le taux n'avait pas baissé, ou s'il avait augmenté, votre serviteur serait incompétent. Il baisse, il ne peut donc être que malhonnête, en présentant des chiffres fallacieux..,

    C'est ainsi que l'on voit fleurir les commentaires selon lesquels le chômage baisserait, car les chômeurs passeraient à l'aide sociale. Manque de chance pour mes détracteurs, Genève a connu une augmentation 5 fois moins importante entre 2014 et 2017, des chômeurs arrivant en fin de droit. C'est ailleurs en Suisse que la maîtrise du chômage se fait au détriment de l'aide sociale.

    Comment expliquer que le nombre de nouveaux permis frontaliers délivrés en 2017 n'a jamais été aussi bas? Sinon précisément par une préoccupation croissante de la situation de nos demandeurs d'emploi locaux? Préoccupation qui est elle-même la résultante d'un discours politique invariable et pertinent?

    Les chiffres du chômage émanent su Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO), tant pour les cantons, que pour la moyenne suisse. Genève se borne dès lors à communiquer ce qui lui est transmis par Berne. N'en déplaise à certains.

    Bien évidemment, si le chômage du canton a été confié au soussigné en début de législature en 2013, ce n'était pas dans la perspective d'obtenir sa baisse. Les partis traditionnels, chargés de cette politique publique durant des décennies avaient de toute évidence pour agenda de venir nous dire aujourd'hui que le MCG, pourtant si virulent à défendre la main-d'oeuvre locale, avait été incapable de faire mieux que ses prédécesseurs. Manque de chance pour eux, mais heureusement pour nos demandeurs d'emploi, les choses en sont allées différemment.

    Je remercie toutes celles et ceux qui ont contribué à ce résultat, aussi bien à l'OCE que dans les services de l'Etat, dans les établissement publics autonomes, dans les entités subventionnées, et dans le secteur privé. Mais le chemin est encore long, car pour un demandeur d'emploi, le taux de 4,9% ne veut rien dire. Pour lui c'est encore 100% de frustration et d'angoisse.

     

     

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  • Que la ficelle est grosse... !

    Lettre ouverte au Docteur Marc Saudan, spécialiste en chirurgie orthopédique en réponse à sa lettre ouverte à moi-même dans l’AGEFI du 2 mars 2018.

    http://www.agefi.com/quotidien-agefi/forum/detail/edition/2018-03-02/article/qui-veut-gagner-un-million-471240.html

    De grâce Docteur, si vous souhaitez entrer dans le débat, faites-le honnêtement et loyalement, et n'insultez pas le terme de solidarité!

    La ficelle est un peu grosse Docteur. Traiter mon discours de populiste, démagogue et pré-électoral en mettant dans ma bouche (avec des guillemets de surcroît) des propos que je n'ai jamais tenus, dans le seul but de mettre de votre côté tout le corps médical, compte tenu de vos liens, remarquables au demeurant, tant avec un parti de la place qu’avec des cliniques privées dont les attaques convergentes à mon endroit sont devenues monnaie courante ces dernières semaines, est non seulement déloyal, mais indécent.


    Ainsi, vous m'accusez faussement d’avoir affirmé qu’une rémunération de 210 francs par heure pour un médecin spécialiste serait suffisante.
    Et d’ajouter que même un avocat n’accepterait pas de travailler pour un tel tarif, alors que sa formation n’a rien de comparable à celle d’un médecin. Avec de tels propos, vous avez le plebiscite de la galerie.
    Je ne reviendrai pas sur cette comparaison, sinon pour préciser que lors de nominations d’office, l’avocat nommé ne peut pas refuser, car, pour reprendre vos termes, contrairement au médecin, il n’a alors pas “le droit de choisir s’il veut travailler à perte”.


    Cela dit, comme je l’ai toujours soutenu, je préfère avoir à Genève un nombre justifié de médecins correctement rémunérés, plutôt qu’une ouverture du marché avec une concurrence aux effets pervers, tant sur les coûts que sur la qualité. Néanmoins, et même si, sur ce point, je salue votre franchise, venir comparer les médecins genevois, confrontés au nombre excessif d’IRM, à des enfants face à un sac rempli de bonbons, auxquels ils ne sauraient résister, me laisse sans voix. Serait-ce un appel criant à la régulation étatique? Celle-là même que vous conspuez lorsqu’elle vous dérange? Mettre à portée de votre bistouri des salles d’opération serait-ce de l’instigation à poser une indication opératoire? En tout cas vous confirmez, à ceux qui en douteraient encore, que c’est bien ici l’offre qui génère la demande, et non le contraire.


    Ce n’est pas le combat des médecins pour le maintien de ce qu’ils considèrent comme étant la juste rémunération de leur art qui m’a fait réagir, mais le fait qu’en totale déconnexion avec la dure réalité d’une majorité de notre population, certains d’entre eux se soient permis de comparer leur revenu à celui d’un coiffeur, ou pire, de renvoyer leurs patients au secteur public, au motif qu’ils ne souhaitaient pas “travailler à perte”. La solidarité dont vous vous gargarisez à chaque coin de phrase consisterait-elle à privatiser les bénéfices et à étatiser les pertes? Que dire de ce renommé professeur de la place, nimbé de son auréole, qui vient à une heure de grande écoute télévisuelle, jeter à la face du monde qu’il ne réalise “que” un revenu imposable de 672000 francs? Quel est le message, je vous le demande ?


    En tant que chirurgien en orthopédie, l’essentiel de vos interventions se pratique en stationnaire et en clinique, et donc à charge des assurances complémentaires. Combien de médecins de votre spécialité s’assurent-ils, par leur secrétariat, que les patients qui prennent rendez-vous bénéficient bien d’une telle assurance...on ne sait jamais, s’il fallait opérer?

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    Alors oui, Docteur, vous avez raison lorsque vous concluez que nous devons tous chercher ensemble le moyen de ne pas perdre l’excellent système de santé que nous avons. Vous avez raison lorsque vous énoncez les pistes d’économies qui sont insuffisamment défrichées. Mais si la critique s’impose, un minimum d’introspection serait aussi souhaitable. Et je n’en ai pas vu ces dernières semaines du côté de vos instances médicales, qu’elles soient cantonales ou fédérales.

  • Monsieur le Maire...



    (Lettre ouverte à M. Antoine Vielliard, Maire de Saint-Julien-en-Genevois)

    Monsieur le Maire,

    Votre dernier billet, par lequel vous commentez, jugez, et condamnez, du haut de votre promontoire haut-savoyard, la décision du Conseil d’Etat de la République et canton de Genève, de refuser bientôt l’accès aux classes du primaire aux nouveaux écoliers non domiciliés sur le canton (à l’exception des fratries), a retenu ma plus grande attention.
    ( http://portevoix.blog.tdg.ch/archive/2018/02/14/effectifs-scolaires-que-geneve-assume-ses-reves-delirants-de-289723.html )

    J’ai particulièrement apprècié, en tant que membre du gouvernement que vous conspuez, le vocabulaire choisi que vous utilisez, et qui devrait assurément vous valoir une admission, sans examen d’entrée, à l’Institut diplomatique et consulaire. Ainsi, vous retenez le “caractère ordurier” de ce que vous qualifiez de “politique discriminatoire”. Selon vous, considérer que les enfants devraient être scolarisés à leur lieu de domicile, plutôt que sur le chemin menant au lieu de travail de leurs parents, serait une insulte à l’élémentaire bon sens, que dis-je, à l’équité.
    Je ne m’attarderai pas sur les chiffres fantaisistes que vous avancez, si ce n’est pour relever que la démarche a manifestement pour but d’exprimer le coût que cette décision imposerait aux communes françaises, lesquelles supportent déjà avec un sens inouï de l’abnégation le fardeau que représentent ces travailleurs dévoués à l’économie genevoise...

    Curieux discours que vous tenez là, Monsieur le Maire.
    N’êtes-vous pas l’acteur de cette surveillance douanière spontanée visant à débusquer ces résidents genevois qui vivent en réalité sur votre territoire? Cela ne procède-t-il pas de la volonté de faire coïncider la réalité et le droit? Car enfin, ce qu’il faut comprendre en filigrane, c’est bien que ces personnes bénéficient des infrastructures de votre commune, sans rétrocession aucune sur les impôts encaissés à Genève.
    Parlons-en de cette rétrocession, acceptée à bien plaire par Genève en 1973 pour contribuer au coût desdites infrastructures ! Sur les 259 millions EUR versés en 2016, Saint-Julien-en Genevois a reçu 5,4 millions EUR pour 4421 frontaliers sur ses 13500 habitants. Sachant qu’il s’agit de 3,5% de la masse salariale, vos communiers travaillant à Genève ont donc reçu des salaires (dont personne ne conteste évidemment la légitimité) à hauteur de 154,3 millions EUR. Où pensez-vous, Monsieur le Maire, que ce revenu est dépensé prioritairement ? Cela ne contribue-t-il pas à la richesse de votre commune et de la région ? Allons, faites-vous violence, un petit effort d’objectivité !

    Et pourtant, à vous lire, les écoles primaires françaises n’auraient pas à accueillir les enfants de ces communiers-là ? Qui fait de la discrimination ? Le Grand Genève, dans votre esprit, est-il une construction à géométrie variable, dont vous devriez retirer les bénéfices mais non pas supporter les charges ?
    Je croyais que vous ne souhaitiez pas faire de votre commune une cité-dortoir, reprochant à Genève de ne pas construire suffisamment, et exportant en France celles et ceux que le canton ne peut pas loger. Or, des enfants qui n’ont pas de liens amicaux et sociaux à leur lieu de domicile, et qui n’y vivent que le soir, pour faire leurs devoirs et y dormir, et le week-end, lorsqu’ils ne sont pas avec leurs parents pour faire leurs courses à Casino ou Intermarché, correspondent-ils vraiment à ce que vous voulez pour votre commune ?

    J’aurais voulu vous entendre, Monsieur le Maire, défendre les frontaliers, lorsque votre Etat les a renvoyés à la sécurité sociale, les privant de facto des prestations médicales de l’hôpital universitaire de renommée internationale à deux pas de chez eux. Vous n'avez alors pas pipé mot, si ce n’est pour entonner le couplet de la solidarité. Cette même solidarité qui semble vous échapper aujourd’hui lorsque vous demandez à Genève d’assurer une scolarité qui n’a pour seul fondement que la convenance de certains parents. Cette même convenance enfin, que vous fustigez, lorsque certains préfèrent rester officiellement domiciliés à Genève tout en vivant en France.
    Alors, Monsieur le Maire, plutôt que d’invoquer à tort des accords internationaux qui n’ont jamais obligé un pays à scolariser les enfants domiciliés sur le territoire d’un voisin, venez pour une fois avec des propositions constructives, afin que cette réalité qu’est le Grand Genève, qu’elle plaise ou non, coïncide avec un “mieux vivre ensemble”, plutôt que d’être une quête inlassable de ce que Genève pourrait faire davantage encore.

    Recevez, Monsieur le Maire, mes certes bien consternées mais néanmoins toujours optimistes salutations .

     

  • Yakasseries électorales


    “Yaka faire ci !”, “Yaka faire ça !”.
    Au cas où certains l’ignoreraient encore, les élections approchent. Les muets retrouvent la voix, et les idées, jusque-là somnolentes, s’expriment sans retenue. L’incohérence n’est plus un obstacle et les contradictions espèrent l’oubli.

    Voici d’abord Philippe Morel (PLR aux dernières nouvelles) qui, à quelques mois de sa retraite (obligatoire) des HUG, et après avoir construit sa brillante carrière de chirurgien avec le soutien du secteur public, se sent soudain venir l’inspiration de vanter les considérables mérites du secteur privé, lequel ne manquera pas de l’accueillir bientôt à bras ouverts. C’est ensuite au tour de Renaud Gautier, ancien président du Grand conseil (PLR), disparu des écrans radars depuis fort longtemps, de venir jouer le rôle des lansquenets de nos Cliniques privées, dont il était encore récemment membre d’un conseil d'administration.

    Alors que le PLR est, au Parlement fédéral, le fossoyeur systématique de toute velléité de contrôle du secteur de la santé, lorsqu’elle n’émane pas des assureurs, et, par voie de conséquence, de toute tentative de maîtrise des coûts, voici que les représentants genevois de ce respectable parti, se sentent investis, à quelques mois des élections, d’une mission prétendument d’intérêt général.

    Ce serait insulter leur intelligence, que de penser que ces partisans inconditionnels du libéralisme puissent encore imaginer une régulation du marché de la santé par la concurrence. Le même discours martelé qu’ils nous ont servi à propos de cette même salvatrice concurrence entre assureurs pour contenir les primes, ne fait plus rêver personne. C’est donc avec conscience et volonté de travestir la vérité qu’ils tentent de nous convaincre que nos hôpitaux publics seraient trop gros, et qu’il faudrait les faire maigrir...par un salutaire transfert de patients vers le secteur privé. Celui-ci, plus efficace et moins cher, permettrait ainsi, à les suivre, de maîtriser la croissance des coûts dits “de la santé”.

    Nous voici venus au coeur du sujet ! Dans le domaine de la santé, il faut apprendre l’humilité. Personne n’a la solution magique, et ce n’est que par la conjonction de mesures associant tous les acteurs, que la hausse des coûts sera maîtrisée. Je dis bien “maîtrisée”, car il serait illusoire d’imaginer à court terme une baisse de ces mêmes coûts.
    La justesse d’une option ne peut ainsi être appréciée que rétrospectivement, en la comparant aux résultats obtenus par d’autres, ayant opté pour une autre stratégie.

    La question est dès lors celle de savoir si, depuis 2014, j’ai eu raison de maintenir la voie de la régulation cantonale dans la planification hospitalière, plutôt que de libéraliser le marché en laissant les patients au bénéfice de la seule assurance de base se rendre sans entraves dans nos cliniques, en faisant supporter aux finances publiques le 55% des factures émises par ces mêmes cliniques.

    Le canton de Zürich, pour sa part, a opté dès 2012, pour la voie de la dérégulation, préconisée par mes détracteurs du moment. Résultat: les dépenses publiques du canton pour le financement de ses hôpitaux ont doublé, passant la même année à 1’029’389’000.-- F, alors qu’elle étaient en 2011 de 561’426’000.-- F. Elles sont restées depuis lors supérieures au milliard annuel, à tel point que le Conseil d’Etat zürichois a même imaginé un nouvel impôt sur le revenu taxant exclusivement les hôpitaux privés...
    Alors que les coûts annuels par assuré pour les séjours hospitaliers ont ainsi augmenté de 24,1% entre 2011 et 2016 à Zürich, ils n’ont augmenté que de 6,9% à Genève, soit une économie de 58 millions par année pour notre canton.
    Qui a eu raison et qui a eu tort ?


    Si l’on compare le coût annuel des séjours hospitaliers stationnaires par assuré des deux mêmes cantons par rapport à la moyenne suisse, on constate que dès 2013, Genève est passé en-dessous de cette moyenne nationale ( 773,66 F pour Genève contre 836,56 F pour la moyenne suisse), alors que dès la même année, Zürich est passé au-dessus de la moyenne suisse (861,76 F pour Zürich contre 836,56 F toujours pour la moyenne suisse). Cela n’a plus changé depuis.
    Qui a eu raison et qui a eu tort ?


    Ainsi, Adrien Genecand, président ad interim du PLR genevois serait bien inspiré de préparer ses dossiers plutôt que d'asséner, sur le plateau de Léman Bleu, les contre-vérités qui lui ont été préparées par ses commanditaires, en affirmant que les HUG seraient les hôpitaux les plus chers de Suisse. En réalité, les HUG et le CHUV sont cités en exemples par l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) pour leur maîtrise des coûts à travers l’octroi d’une enveloppe globale, en lieu et place d’un financement à l’acte. Pour l’édification personnelle de Monsieur Genecand, il lui sera également indiqué que les primes des Bâlois sont plus élevées que celles des Genevois.
    Et pourquoi?
    Si les Genevois et les Bâlois sont les plus pénalisés de Suisse, c’est en raison du nombre excessif de médecins spécialistes, qui ont fait exploser les coûts de la médecine ambulatoire, comme l’a rappelé Pascal Struppler, directeur de l’OFSP.
    https://www.tdg.ch/suisse/sante-geneve-responsabilite/story/15789351


    A qui la faute?
    Je vous le donne en mille: au PLR, allié à l’UDC, qui a levé, de janvier 2012 à juillet 2013, tout contrôle sur l’installation de nouveaux cabinets médicaux, ce qui a tout particulièrement pénalisé les cantons frontaliers (Genève et Bâle-Ville), où les médecins de l’UE sont venus pratiquer à charge de la LAMal. Cherchez l’erreur...

    La récente “grève”, annoncée par les chirurgiens de la main, puis par les chirurgiens orthopédistes, les urologues et gynécologues, renonçant à pratiquer des interventions jugées insuffisamment rentables selon le nouveau tarif Tarmed, conforte encore, si besoin, la justesse de la politique de santé menée ces dernières années, consistant à maintenir aux HUG les compétences nécessaires pour répondre aux besoins de notre population. Car si ces chirurgiens exerçant dans le privé sont encore libres de refuser d’opérer pour des questions de rentabilité ou de convenance, tel n’est pas le cas de notre hôpital public, qui doit être en mesure de recevoir tout patient, pour toute pathologie, à n’importe quelle heure du jour et de la nuit, 365 jours par année.
    Alors fort heureusement, Genève n’a pas pris le risque de démanteler son hôpital universitaire pour satisfaire l’appétit financier de certains, faute de quoi, nos patients n’auraient d’autre choix, en pareille circonstance, que d’aller se faire opérer ailleurs en Suisse.

    Quant aux partenariats public-privé, non seulement ils existent, mais ils sont encouragés, à condition que cela se fasse dans l'intérêt des patients, et que cela ne soit pas un moyen de financer le secteur privé par l’argent public. Les exemples ne manquent pas et les cliniques genevoises le savent pertinemment.

    Je me réjouis de ce débat et répondrai présent à quiconque voudra le mener. Je demande cependant à tout le moins que mes adversaires politiques soient de bonne foi et correctement renseignés. Est-ce trop demander?

  • La diplomatie suisse n'apprend pas de ses erreurs

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    Moins d’un mois après que la Suisse ait annoncé à Jean-Claude Juncker, en visite à Berne, qu’elle verserait 1,3 milliard pour la cohésion européenne, nous apprenons avec dépit et consternation, que la Commission européenne n’accordera l’équivalence boursière à notre pays que pour l’année 2018, dans l’attente que soit signé l’accord institutionnel avec l’Union européenne.
    Entre la bise du précité à Doris Leuthard, présidente de la Confédération (voir photo) et ce qui n’est autre qu’un ignoble chantage, nous avions déjà été gratifiés, expression de la singulière reconnaissance européenne, d’une inscription de la Suisse sur la liste grise des paradis fiscaux (dont les Etats-Unis sont évidement absents, tant ils sont exemplaires en ce domaine).

    Les bons offices de la Suisse en matière diplomatique, sont mondialement reconnus. Nulle part ailleurs on ne trouvera de meilleures conditions pour tenter de concilier l’inconciliable. Si nos diplomates excellent dans ce rôle de médiateurs, c’est indéniablement parce qu’ils créditent leurs interlocuteurs d’une irréfragable bonne foi, n’imaginant même pas la fourberie, dont ils sont eux-mêmes incapables.
    Pourtant, tels les cordonnier mal chaussés, lorsqu’il s’agit de préserver nos intérêts, leur bonne volonté semble confiner à la naïveté.

    Aurions-nous déjà oublié comment nous avons si aisément renoncé au secret bancaire, et accepté l’échange automatique d’informations, sans même exiger l’élémentaire réciprocité, affaiblissant ainsi notre place financière au profit de ceux qui nous donnaient la leçon?

    Avons-nous oublié également qu’à peine le Parlement avait-il voté le 16 décembre 2016, une préférence nationale light à l’emploi, pour plaire à l’Union européenne en biaisant la volonté populaire, la première annonçait vouloir imposer à la Suisse le financement du chômage des travailleurs frontaliers?

    Alors que depuis 2007, la Suisse avait versé de bonne grâce 1 milliard de francs “pour la cohésion”, en faveur de dix pays européens (Chypre, Estonie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Malte, Pologne, République tchèque, Slovaquie et Slovénie), augmenté de 257 millions pour la Bulgarie et la Roumanie, ainsi que de 45 millions pour la Croatie, rien ne l’obligeait à récidiver. Raison pour laquelle Jean-Claude Juncker, avec une rare arrogance, avait déclaré en novembre dernier, qu’il n’avait pas à remercier la Suisse car il s’agissait d’une décision “unilatérale et souveraine”.
    En d’autres termes, “on ne vous a rien demandé et si vous êtes assez stupides pour faire ce versement sans contrepartie, ne me demandez pas encore de vous dire merci”.

    L’Union européenne dit ne pas accepter de discrimination pour ses travailleurs, mais pratique la discrimination arbitraire pour favoriser ses places financières.
    Quand finira-t-on enfin par comprendre qu’avec l’Union européenne, tout n’est que rapports de forces, travestis en rapports de droit?

    Réagir aujourd'hui en déclarant se réserver de ne pas verser ce qui a été promis, si l'Union européenne met ses menaces à exécution, c'est avouer un manque total de stratégie et de vision d'ensemble. Quand on négocie, on doit d'abord savoir ce que l'on attend de son interlocuteur, et poser ses conditions !


    Que cesse enfin ce marché de dupes! Rien ne se construit sans respect mutuel et que ces technocrates de Bruxelles comprennent bien que derrière les États, il y a des peuples, et que lorsque la démocratie directe le permet, ces peuples s’expriment. Et c’est le cas chez nous.

  • La femme, vue par Roger Köppel

    IMG_0899.JPGC’est toujours avec le plus grand intérêt que je m’imprègne de la pensée profonde de nos élites, ce d’autant lorsque je me dis qu’elles marqueront l’opinion publique de leur remarquable analyse des sujets de société du moment, si d’aventure l’initiative No Billag devait trouver grâce aux yeux du peuple.


    J’ai donc été particulièrement attentif aux propos tenus par le brillant conseiller national UDC Roger Köppel, rédacteur en chef de la Weltwoche, propriété de son maître à penser Christoph Blocher.
    Ainsi, interpellé par la RTS sur les récentes déclarations de sa collègue de parti Céline Amaudruz, laquelle avait indiqué avoir été elle aussi victime à plusieurs reprises de gestes déplacés de parlementaires à Berne, le conseiller national le mieux élu du groupe UDC (c’est dire son rayonnement intellectuel) nous a soumis sa vision de la femme. Pour lui, une femme qui porte une jupe courte ou un haut moulant n’a pas à se plaindre de harcèlement. En d’autres termes, elle l’aura bien cherché.
    https://www.rts.ch/info/suisse/9163148-reactions-apres-les-critiques-de-tenors-de-ludc-contre-celine-amaudruz.html


    C’est évident! Il fallait simplement prendre le temps de réfléchir un instant. Heureusement que nous avons pour cela des penseurs imprégnés de Plotin (philosophe gréco-romain 205-270): Une femme coquette, prenant soin de son apparence, ne peut agir ainsi que dans le but de séduire le mâle (à l’évidence dominant au sein du Parlement fédéral). Si ce but est atteint, il ne saurait y avoir de préjudice, et encore moins de plainte, puisque la victime, pire que consentante, est instigatrice.
    Monsieur Köppel doit aller jusqu’au bout de sa démonstration: la femme est tentation par essence, et le seul moyen de protéger nos mères, nos épouses et nos sœurs, est de les couvrir. Pourquoi n’essayerait-il pas la burqa? Certains disent que ça marche! Pathétique!

  • Préférence locale made in France

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    (Article paru dans le journal "Le Citoyen" du MCG de décembre 2017)

    Qui n’a pas encore à l’esprit les critiques émises par l’Union européenne, France en tête, contre du principe de priorité pour nos demandeurs d’emploi, porté avec pugnacité par le MCG jusque dans la politique publique du canton?

    A l’heure où il est question de mise en œuvre de la “préférence nationale light” concoctée par notre Parlement fédéral, lequel a préféré méconnaître la volonté populaire plutôt que de froisser Bruxelles, voici que nos voisins de la Région Auvergne-Rhône-Alpes font mieux encore, dans l’indifférence générale.

    Après la critique, le mimétisme

    C’est ainsi qu’un “Tous-ménages” automnal informe les habitants de la région qu’il est désormais question de “priorité à l’emploi local” et de “préférence régionale sur les chantiers”!

    Alors qu’une majorité politique en Suisse et à Genève, pratique l’autocensure par le politiquement correct en osant à peine parler du bout des lèvre de “préférence”, nos voisins, avec ce qu’il faut bien qualifier de bon sens flagrant, déclarent que “la Région veut que ses dépenses bénéficient d’abord à l’économie régionale”. On ne parle évidemment pas ici de la région du “Grand Genève”, dont se gargarise le landerneau politique, mais de la circonscription administrative française. Après la “Clause Molière” imposant l’usage du français sur les chantiers, dans le but évident d'exclure la main d'œuvre étrangère, nos proches voisins passent à la vitesse supérieure.

    Quelle leçon tirer de cette observation?

    D’abord, que le soutien nécessaire que les pouvoirs publics doivent mettre en œuvre sur le plan local, doit aussi s’étendre aux entreprises, lesquelles sont de plus en plus placées, dans les marchés publics, nationaux et internationaux, face à une concurrence déloyale. A force de vouloir jouer à tout prix le “bon élève”, Genève défavorise son économie locale. Le prix le plus favorable est une notion bien plus large que le montant inscrit au bas d’une soumission. Payer moins cher en aggravant le chômage local, c’est finalement payer le prix fort!

    Ensuite, que progresse inexorablement la conscience des limites d’une régulation des marchés par la seule concurrence. L’Europe économique ne se construit pas sur un nivellement par le bas. La libre circulation telle que voulue par cette Europe-là, nous n’en voulons pas.

    Enfin, que la protection de nos demandeurs d’emploi doit être poursuivie et renforcée par la protection de nos entreprises. C’est un donnant-donnant: plutôt que de sacrifier notre cohésion sociale sur l’autel d’un profit courtermiste, nos entreprises doivent s’engager résolument pour l’emploi de proximité. De plus en plus nombreux sont ceux qui le font, mais la route est encore longue. De leur côté, l’Etat et les collectivités publiques doivent donner l'exemple: l’argent public doit, en priorité, être injecté dans l’économie locale!

    Du simple bon sens.

  • Le beurre et l'argent du beurre

    Voici que le Portevoix de Saint-Julien-en-Genevoix nous gratifie d’un nouveau sermon dont il a le secret.

    http://portevoix.blog.tdg.ch/archive/2017/11/26/quand-geneve-reporte-de-nouvelles-charges-sur-le-genevois-fr-288013.html

    En cause, cette fois-ci, la volonté du Conseil d’Etat genevois d’appliquer plus strictement le droit en vigueur quant à la scolarisation, à Genève, des enfants domiciliés en France.
    A l’appui de sa virulente rhétorique, Monsieur Antoine Vielliard fustige la pingrerie du gouvernement cantonal, qui serait prompt à encaisser l’impôt à la source des travailleurs frontaliers, mais frileux à leur rétrocéder les justes prestations (à ses yeux) qui leur reviendraient de droit.
    C’est en vain que l’on recherche dans cet acte d’accusation, la moindre référence aux premiers concernés de la mesure envisagée, à savoir les enfants eux-mêmes. Tout ne serait donc qu’histoire d’argent.

    Commençons par rappeler que la scolarisation fait partie des mesures élémentaires d’intégration, et qu’il est souhaitable, pour un enfant, de fréquenter l’école de son quartier ou de son village, afin de côtoyer les camarades avec lesquels il peut partager des activités extra scolaires.

    Rappelons également que Genève n’a aucune obligation absolue d’accueillir dans ses écoles primaires les enfants dont l’un des parents au moins est assujetti à l’impôt sur le revenu de l’activité rémunérée qu’il exerce sur le canton, pas plus que les enfants genevois domiciliés hors canton d’ailleurs. L’accueil est possible “dans la limite des places disponibles”.
    https://www.ge.ch/document/droit-scolarisation-geneve-eleves-domicilies-hors-canton-ep

    La règle impose ainsi une scolarisation au lieu de domicile, l’admission dans une école située sur le parcours menant au lieu de travail de l’un de ses parents devant être l'exception. Inverser règle et exception c’est méconnaître non seulement le droit en vigueur, mais surtout l'intérêt de l’enfant.
    Soucieux de ce dernier, le Conseil d’Etat genevois n’envisage d’ailleurs pas d’exclure de l’école genevoise des élèves qui y sont déjà admis, ni même de séparer des fratries, la mesure consistant uniquement à ne pas ouvrir de classes nouvelles exclusivement pour répondre au besoin d’enfants domiciliés en France.

    Cela dit, parlons argent, puisqu’il s’agit de la préoccupation centrale de notre contradicteur du jour.

    Comme je le rappelais récemment dans mon blog, le canton de Genève, le 22 juin 1973, a accepté, à bien plaire, de passer avec la France, un Accord de "compensation financière", dont l'article premier prévoit un versement "aux collectivités locales françaises" correspondant à 3,5% de la masse salariale brute des travailleurs frontaliers. Cet Accord était conclu, "considérant les charges publiques que certaines communes des départements de l'Ain et de la Haute-Savoie supportent à raison de leurs habitants travaillant à Genève”

    http://poggia.blog.tdg.ch/archive/2017/07/28/frontaliers-justifier-l-utilisation-de-l-impot-a-la-source-285321.html

    Sur cette base, ce sont 281 millions de francs que Genève a versés en 2016!

    Cette somme non négligeable, a précisément pour fonction d’aider les collectivités françaises qui accueillent les personnes travaillant à Genève à prévoir les infrastructures destinées à les accueillir avec leurs familles. Les écoles primaires en font évidemment partie.

    Aujourd’hui près d’un millier d’élèves domiciliés en France fréquentent l’école primaire genevoise, ce qui représente 50 classes de 20 élèves...

    Alors permettez que je réagisse, lorsque je lis sous la plume de Monsieur Vielliard que Genève devrait puiser sur le solde de l’impôt à la source prélevé sur le revenu des travailleur frontaliers pour financer cette scolarisation hors du domicile! Ou mieux encore, lorsqu’il suggère à Genève de construire des écoles publiques genevoises en France. C’est ce qui s’appelle “ Vouloir le beurre et l’argent du beurre”.