18/07/2017

Ignazio, Ignazio...

“Ignace, Ignace, c’est un petit, petit nom charmant”, chantait Fernandel.

Oui, charmant, c’est bien le qualificatif d’Ignazio Cassis, candidat du PLR tessinois à la succession de Didier Burkhalter au Conseil fédéral. Ajoutons, intelligent, compétent et polyglotte. Peut-on rêver mieux que ce gendre idéal pour accéder à la fonction suprême? Connaissant l’intérêt d’Alain Berset pour les affaires étrangères, notre Cassis national pourrait directement passer de la présidence de la CSSS-CN (commission chargée de la santé au conseil national) à la tête du département chargé de surveiller nos assureur maladie...

Pas de problème, vraiment? Les compétences étant transférables du privé au public, et inversement, pourquoi ne verrait-on pas le PDG de Oerlikon-Bührle à la tête de notre Défense nationale?

Il se trouve toutefois que notre papable est président de Curafutura, faîtière dissidente des assureurs maladie CSS, Helsana, Sanitas et CPT, lesquels ont quitté santésuisse en s'autoproclamant “progressistes”. Ces assureurs ne sont pas seulement des assureurs privés devant rendre des comptes à des actionnaires. Ils sont surtout des assureurs chargés par la Confédération de gérer une assurance sociale. Il se trouve également que c’est sous la présidence et l’inspiration de ce même candidat que la CSSS-CN a, le 12 mai 2017, par 15 voix contre 7 et 1 abstention, décidé d’élaborer une initiative intitulée «Pour une gestion cantonale de l’admission et un renforcement de l’autonomie contractuelle» (17.442). Sous ce titre alléchant, cette initiative vise, ni plus ni moins, qu’à limiter le libre choix du médecin. Ainsi, les fournisseurs de prestations ne pourraient pratiquer à la charge de l’assurance de base que s’ils concluaient un contrat d’admission avec un assureur ou s’ils fournissaient toutes leurs prestations dans le cadre d’un réseau de soins coordonnés. C’est ce qui s’appelle un passage en finesse du libéralisme au capitalisme de connivence. Fort heureusement, la commission du Conseil des Etats doit encore se prononcer sur l’initiative. Néanmoins, le récent projet du Conseil fédéral visant à donner davantage de prérogatives aux cantons pour contrôler l’installation de nouveaux cabinets médicaux, risque bien de rencontrer une vive résistance, notamment des milieux qui, pourtant, ne cessent de marteler à longueur d’année qu’il faut lutter contre la hausse des coûts (PLR/UDC).

Alors qu’une initiative populaire est sur le point d’être lancée pour faire inscrire l’incompatibilité du mandat de parlementaire fédéral avec un rôle dirigeant au sein d’un assureur maladie social (chargé d’appliquer la LAMal) ou avec la perception d’une rémunération quelconque de la part d’un tel assureur, la présentation d'un candidat entrant clairement dans cette définition, ou, pire encore, son élection par un Parlement obnubilé par la seule origine cantonale, serait non seulement une maladresse, mais la marque d’un souverain mépris pour une partie grandissante de notre population qui tolère de moins en moins les ronds de jambes que font nos politiques aux milieux économiques.

Nous avons eu Pascal Couchepin, dont les liens, “amicaux”, avec Pierre-Marcel Revaz (Groupe Mutuel), ne furent pas un secret, et qui, de 1998 à 2008 nous a répété que nous ne faisions que payer la facture de ce que nous consommions. Nous avons vu le résultat: des centaines de millions détournés au préjudice de certains cantons pour maintenir artificiellement basses les primes d’autres cantons.

Veut-on réellement prendre le risque de recommencer? Les cassis et les poires sont certes des fruits, mais pour les bonnes poires, nous avons déjà donné!

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02/03/2017

Comme l'a dit Coluche: quand on n'a rien à dire...

Dans le supplément de “Bob” de ce jeudi (http://www.tdg.ch/10906305), dont l'humour s’exprime cette fois-ci à l’insu du plein gré de l’auteur, nous apprenons que le conseiller d’Etat Luc Barthassat, peu avant Noël dernier, a demandé une avance sur salaire. Le ton est grave, la préoccupation profonde.


Relevons tout d’abord le mérite de La Tribune de Genève: contrairement au journal Le Temps, lorsqu’elle entend dire gratuitement du mal de quelqu’un, elle ne fait pas appel à un “chroniqueur masqué”, se référant à des sources, “connues de la rédaction”, qui “tiennent à conserver leur anonymat”.
Cette fois-ci c’est notre Bob cantonal qui fait office de lansquenet. Diantre! Compte tenu de la kyrielle de candidats à l'élection du conseil d’Etat, il faut faire de la place. Et les maillons faibles, comme les coupables, il est préférable de les désigner que de les chercher.


Venons-en à l’autoproclamée “drôle d'enquête”, qui figure en bonne place de notre quotidien.
Ainsi, Luc Barthassat ferait partie de ces trop rares citoyens qui préféreraient régler leurs factures avant de partir en vacances, et qui s’en préoccupent. A moins que ce soit pour payer une rançon quelconque. Qui sait. Le silence, comme la page blanche, permet tous les fantasmes. Quand un journaliste pose des questions et qu’il n’obtient pas de réponses, cela ne peut que révéler le caractère gênant desdites questions, et donc leur pertinence. L’introspection n’étant pas une qualité humaine répandue, difficile d’imaginer que les questions posées soient ineptes.
Sans réponses à ses questions donc, et ne voulant pas se poser celle de savoir qui pourrait avoir intérêt à cette indiscrétion - on protège sa source, ce d’autant lorsqu’elle est intarissable - notre journaliste nous sert un article d’une vacuité remarquable, décrivant sa vaine quête d’une vérité aussi supposée qu’imaginaire et malveillante.
L’article aurait pu se résumer en trois lignes: Luc Barthassat a demandé une avance sur salaire, il y avait droit, il l’a obtenue, et il ne doit rien à l’Etat. Pas très sexy, vous l’admettrez, et l’abstention scripturale pure et simple aurait alors dû s'imposer. Ce d’autant que Luc avait défloré le sujet sur les réseaux sociaux il y a 48 heures, comme il sait si bien le faire. Faute de scoop, il reste le flop!


Nul doute que Bob, qui rit des autres toute l’année, saura rire de lui cette fois-ci.
Et la prochaine fois que l’on veut médire de quelqu’un, que l’on pense à moi! Je m’appelle Poggia,      P-O-G-G-I-A.
QDB

 

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24/02/2017

La campagne est ouverte!

Il semble bien qu’une année avant la date du renouvellement du Grand conseil et du premier tour de l’élection du Conseil d’Etat, la campagne soit déjà ouverte. Cela se constate non seulement par l’apparition de candidats dont l’annonce s’égraine au fil des semaines, mais aussi et surtout, par les déclarations prétendument critiques, assénées à l'emporte-pièce par des féaux de tous bords, dont le propos n’est pas d’informer mais de dénigrer, de surcroît sur des sujets qu’ils ne maîtrisent manifestement pas.
Le député suppléant socialiste Marko Bandler s’essaye laborieusement à l’exercice, privilégiant la virulence à la pertinence. http://mobile2.tdg.ch/articles/58adb674ab5c372a23000001
C’est ainsi que le responsable de la cohésion sociale de la ville de Vernier, directement rattaché au conseiller administratif Thierry Apothéloz (dont l’intérêt pour un siège au Conseil d’Etat n’est que fortuite coïncidence), reprenant les propos de celui qui semble être son maître à penser, accuse votre serviteur de s’en prendre aux chômeurs plutôt qu’au chômage, et de manipuler les chiffres à son avantage.


Souffrez Monsieur Bandler que je paraphrase à mon tour Audiard en vous disant que l’essentiel c’est de râler, ça fait bon genre, même s’il m’a démangé de vous rappeler, selon le même auteur, que lorsqu’on aura mis certaines personnes sur orbite, elles n’auront pas fini de tourner...
Cela dit, pour en venir à ce que vous appelez les “faits alternatifs”, vous rappelez qu’en 2012, les bénéficiaires du RMCAS ont été sortis des statistiques, avec pour conséquence une baisse du taux de chômage de 5,6 à 5%. Exact. Je vous rappelle “by the way”, que je suis entré en fonctions en décembre 2013. Détail bien évidemment dont vous ne vous embarrassez pas.
Que s’est-il passé depuis lors? Le taux de chômage à Genève n’a pratiquement pas évolué, alors qu’il a augmenté en moyenne suisse.
http://poggia.blog.tdg.ch/archive/2017/02/19/chomage-de-pire-en-pire-vraiment-282198.html
Faut-il pour autant “bomber le torse” pour reprendre votre expression? Certainement pas, et j’insiste bien sur ce point au début de mon billet, précaution que vous avez volontairement omise pour les besoins de votre prose.
Il se trouve, et cela vous semblez l’ignorer, que Genève intègre dans son taux de chômage, comme Vaud, Neuchâtel, Tessin et Schaffhouse, mais contrairement à l’ensemble des autres cantons suisses, les demandeurs d’emploi qui ont épuisé leurs indemnités de chômage, mais qui restent inscrits à l’Office cantonal de l’emploi. Cela a pour conséquence d’augmenter le taux de chômage à Genève de 0,4%!
Est-ce à dire qu’il n’y a pas davantage de demandeurs d’emploi que de chômeurs? Certainement pas. En le relevant, vous enfoncez des portes ouvertes. C’est moins douloureux, mais inutile, car on ne compare que ce qui est comparable, et, comme indiqué plus haut, Genève, avec 4 autres cantons seulement, est encore le plus transparent en ne comptabilisant pas uniquement les chômeurs indemnisés.
Voilà pour ce qui est des “faits imaginatifs”, Sieur Bandler!
Venons-en maintenant à la critique, ou prétendue telle, de l’action. Selon vous, rien ne serait fait si ce n’est la promotion de la priorité à l’emploi pour les résidents, ce que vous qualifiez de “danse de la pluie”.
J’aurais aimé, et les demandeurs d’emploi genevois avec moi, que le virulent porte-parole du PS que vous êtes, soutienne cette politique du bon sens. Nous attendrons encore.
Quant aux idées, dont vous prétendez qu’elles me font défaut, j’attends les vôtres avec impatience. Nul doute que vous en êtes pétri, faute de quoi Vernier, avec le brillant responsable de la cohésion sociale que vous êtes, ne serait pas sur la seconde marche du podium avec un taux de chômage de 6,6%, derrière Carouge (7,7%), et devant Onex (6,3%). CQFD

 

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20/02/2017

Chômage: de pire en pire? Vraiment?

Que les choses soient claires, la situation actuelle n’est pas satisfaisante, loin s’en faut. Si de plus en plus d’entreprises prennent conscience de leur responsabilité sociale pour lutter contre le chômage, trop nombreuses sont encore celles qui, sous le couvert de ne pas trouver ici les compétences dont elles ont besoin, vont chercher plus loin des employés disposés à accepter des salaires largement compatibles avec un coût de la vie inférieur à celui des résidents genevois.
Cela dit, on ne peut laisser dire n’importe quoi sur le sujet, dans le style de l'autoflagellation récurrente dans laquelle les médias genevois sont passés maîtres. Churchill était certainement dans le vrai lorsqu’il disait que le politique qui se plaint des médias est pareil au matelot qui se plaint de la mer; néanmoins, de là à sombrer dans le “Geneva bashing” perpétuel, il y a un pas, que la recherche constante de l’auditorat ne peut seule justifier.
Venons-en aux faits!
Chacun sait que le taux de chômage dépend de facteurs multiples, qui ne relèvent pas exclusivement du lieu où il est mesuré. La comparaison s’impose dès lors comme révélateur d’une amélioration ou d’une dégradation de la situation.
Ainsi, il n’est pas suffisant d’affirmer que Genève serait “lanterne rouge” (ce qu’il n’est d'ailleurs plus pour la première fois du XXIème siècle), comme se (com-)plaisent à le répéter nos médias locaux; encore faut-il mesurer l’écart qui sépare notre taux de chômage de la moyenne nationale.
Si l’on veut bien faire l’exercice, que constate-t-on? Que depuis 10 ans, sous réserve d’un épisode en 2012, l’écart entre la Suisse et Genève n’a jamais été aussi faible.

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Voilà pour le factuel! Il fallait au moins commencer par là.
Reste que le chemin à parcourir est encore long: anticiper les besoins de notre économie avec le concours de cette dernière, soutenir la formation continue en emploi, améliorer l’adéquation des compétences de nos candidats à l’emploi avec les postes à pourvoir, convaincre davantage d’entreprises à la fois de la présence de compétences motivées locales et de la nécessité de faire passer notre cohésion sociale avant l’optimisation de la rentabilité.
Pour cela, il s'agit de collaborer. Le partenariat public-privé, ce fameux PPP, dont on parle tant, commence par là. Il n'y aura finalement que des gagnants, ou au contraire, que des perdants. Alors il est grand temps de bâtir ensemble des voies innovantes pour que chaque individu trouve une réponse personnalisée et respectueuse, et pour que chaque entreprise trouve une réponse rapide et adaptée à ses besoins.
Tout cela bien évidemment dans un cadre général favorisant l’emploi, et, sur ce plan, ceux qui se plaignent de la situation du chômage à Genève ne sont pas toujours ceux qui ont conscience de la nécessité de créer les conditions permettant le maintien de nos entreprises et de leur compétitivité.

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30/12/2016

Philipp Müller le prestidigitateur


La loi de mise en oeuvre du nouvel article 121a de la Constitution fédérale (gestion de l'immigration) est sous toit. Ce texte, issu de nos Chambres fédérales le 16 décembre 2016 pose de telles conditions à son application, qu'il restera lettre morte. Le but est ainsi atteint: faire croire que l'on fait quelque chose pour finalement ne rien faire, satisfaire Bruxelles et sortir de la crise autoproclamée. Bravo les enfumeurs!
Philipp Müller, ancien président du PLR, est officiellement l'artisan de ce tour de bonneteau. Mais ne nous y méprenons pas, derrière lui, c'est Economiesuisse qui tire les ficelles. Avec cette même suffisance suicidaire qui a permis l'aboutissement de l'initiative contre l'immigration de masse le 9 février 2014.

Alors que le texte adopté par les électeurs à cette date stipulait: "Les plafonds et les contingents annuels pour les étrangers exerçant une activité lucrative doivent être fixés en fonction des intérêts économiques globaux de la Suisse et dans le respect du principe de la préférence nationale; ils doivent inclure les frontaliers", les trois années de vaines palabres du Conseil fédéral auront permis de faire passer le nombre de permis frontaliers de 88'000 à 104'000, soit une augmentation de 20% au nez et à la barbe de notre démocratie bafouée.

Les milieux économiques aux courtes vues ont gagné. On serait même tenté d'ajouter "c'est de bonne guerre", si notre paix sociale n'était mise en péril. Tout cela se payera sans doute lourdement à la prochaine occasion, mais le propre du court terme n'est-il pas précisément d'ignorer le long terme?
Ce qui m'émerveille personnellement - sur le plan politique évidemment - c'est le soutien apporté par le parti socialiste suisse à cette embrouille d'Etat. Où est donc l'intérêt des travailleurs domiciliés dans notre pays à ce que l'on ne tente même pas de mettre en avant leurs compétences plutôt que d'aller chercher inlassablement de la main-d'oeuvre européenne? Cette question restera sans réponse si l'on s'en tient aux explications confuses des représentants du PS, qui rêvent sans doute encore et toujours d'une entrée de la Suisse dans l'Union européenne et, pourquoi pas, d'un mandat européen à Bruxelles...

Et voilà même que des rangs socialistes, justement, s'avance un puriste illuminé, à défaut d'être éclairé, qui nous annonce un référendum contre la loi issue du Parlement. Le politologue tessinois Nenad Stojanovic annonce cette action, non pas pour combattre une "loi scélérate", mais pour apporter à celle-ci l'onction populaire. Diantre!
Si le peuple vote oui, cela voudra dire aussi bien, selon l'orientation de l'analyste, que cette loi est superbe, ou qu'elle est encore préférable au néant.
Si le peuple vote non, la palette des interprétations sera plus large encore, mais il sera alors évident que notre Parlement refuserait de revoir sa copie, et nous aurions un bel article 121a sans descendance. Sauf le respect dû à la majorité de nos élus, le bon sens populaire dirait qu'on "ne fait pas boire un âne qui n'a pas soif"...
Cameron et Renzi aussi ont parié sur un oui. Ils ont eu tort, et ils l'on payé de leur carrière. Quand on n'est pas face à un tel enjeu, faute de risque, on peut s'amuser à l'inutilité.

Il y aurait cependant meux à faire. Devant le constat affligeant de la volonté claire de la Confédération de refuser la mise en oeuvre de la Constitution, les cantons qui le souhaitent pourraient eux-mêmes adopter une législation d'application compatible avec les accords de libre circulation.
Obliger les entreprises qui sollicitent un permis frontalier à annoncer le poste ouvert à l'Office régional de placement et à démontrer que les candidats présentés, en nombre limité, n'avaient pas les compétences requises, n'entrave pas la libre circulation, mais la canalise. En tout état de cause, la réponse à cette question ne serait pas confiée à des politiciens, mais à des juges du Tribunal fédéral...
A force de jouer avec le feu, on risque bien de se brûler

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19/12/2016

UE-CH: Le Renard et le Bouc, nouvelle version sans morale


Le Conseil fédéral avait 3 ans pour mettre en oeuvre l'initiative contre l'immigration de masse. Durant ces trois années, sachant d'emblée que l'instauration de contingents ne serait pas acceptée par l'Union Européenne, nos négociateurs helvétiques avaient la possibilité de faire preuve de créativité en proposant une contre-prestation acceptable à la mise en place d'une priorité à la main-d'oeuvre locale

Au lieu de cela, ils ont attendu béatement, tout en faisant mine de négocier, espérant soit que l'Union européenne assouplisse ses exigences, soit que l'UDC accepte une mise en oeuvre contraire à la volonté populaire exprimée le 9 février 2014.

Voici pourtant ce que j'écrivais sur le sujet le 27 décembre 2012, voici donc bientôt 4 ans, et plus d'un an avant que cette initiative soit acceptée en votation populaire:

"Soyons sérieux ! La protection du marché de l’emploi helvétique doit passer impérativement par la renégociation des accords bilatéraux, car toute préférence législative ou sous forme de convention collective de branche d’activité serait considérée comme discriminatoire et sanctionnée par la justice.

L’Union européenne n’acceptera évidemment pas, ce d’autant dans le contexte politique et économique actuel, d’instaurer une telle exception au principe, que d’autres en Europe ne manqueraient pas de revendiquer.

Il faudra imaginer une contre-prestation suffisamment crédible et alléchante.

Posons les bases du problème :
1. La libre circulation a incontestablement des aspects bénéfiques pour notre économie, qui peut aller chercher les compétences dont elle a besoin, là où elles se trouvent.

2. Notre économie abuse de cette liberté en engageant hors de Suisse des personnes disposées à travailler pour un salaire inférieur à celui pratiqué généralement chez nous.

3. Notre économie abuse également de cette liberté en engageant hors de Suisse des personnes avec expérience pour un salaire égal à celui d’un jeune ayant terminé sa formation, et qui se retrouve ainsi dans une concurrence totalement déloyale contre laquelle il ne peut rien.

4. Ce qui est valable pour les ressortissant UE s’installant en Suisse au bénéfice d’un engagement décrit sous 2 et 3, vaut également pour ceux qui s’installent en zone frontalière, soit parce que le marché local du logement n’offre rien d’abordable, soit parce qu’ils sont domiciliés non loin de la Suisse, ou qu’ils trouvent à se loger meilleur marché en France, en Allemagne, en Italie ou en Autriche.

5. Si l’on instaure une priorité pour le marché local de l’emploi, cela signifie que l’économie suisse ne fera appel à des travailleurs installés hors de Suisse que dans les cas où le profil du poste n’est pas disponible sur le marché intérieur.

6. Pourquoi ces travailleurs étrangers devraient-ils être pénalisés lors de la perte de leur emploi, après avoir apporté leur contribution à l’économie suisse ?

7. Il s’impose dès lors d’offrir aux travailleurs de l’UE qui perdent leur emploi alors que leur engagement a été soumis à la règle de la priorité territoriale, des prestations équivalentes à celles de nos chômeurs, et cela même lorsqu’ils ne se sont pas installés en Suisse ou qu’ils retournent dans leur pays. Ils ne seront donc pas à charge de la sécurité sociale de leur pays de résidence.
A cette condition, l’Union Européenne pourra peut-être accepter de renégocier la Convention de libre circulation des personnes.

A défaut, la Suisse ne pourra pas faire l’économie de s’interroger sur le bilan global des accords bilatéraux, en vue d’une possible dénonciation."

http://poggia.blog.tdg.ch/archive/2012/12/27/libre-circulation-l-huile-et-l-eau.html

Nous apprenons maintenant que la Commission européenne a proposé au Parlement européen d'imposer au pays dans lequel le dernier emploi s'est déroulé les prestations de chômage aux frontalier qui perdent leur emploi.


http://www.tdg.ch/suisse/ue-veut-payer-suisse-frontaliers-chomage/story/22768833

En d'autres termes, après que notre Parlement ait à peine voté une loi inefficace pour protéger nos travailleurs, en soumettant à la priorité locale quelques rares et improbables entreprises qui feront de toute façon comme cela leur plaira en termes d'engagement, l'Union européenne nous demandera bientôt quelques centaines de millions supplémentaires pour les travailleurs qui ont trouvé un emploi chez nous plutôt que de grossir le rang des chômeurs chez eux.

Quel gâchis! Quelle inefficacité! Quelle légèreté!

Une fois de plus, nous n'aurons rien vu venir, et nous nous serons fait imposer des exigences supplémentaires sans savoir négocier une quelconque contre-prestation. Quant à ceux qui osent encore affirmer que la Suisse résistera, leur optimisme à toute épreuve les rend sans doute amnésiques.

Dans cette triste fable sans morale, ils ont le beurre et l'argent du beurre, nous aurons à charge le salaire de la crémière.

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07/12/2016

La viduité rassurante ou le pied-de-nez antidémocratique

La mise en œuvre de l'initiative contre l'immigration de masse risque bien de connaître ces prochains jours, sa concrétisation (ou prétendue telle) législative.
Comme disait Giuseppe Tomasi di Lampedusa dans Le Guépard , "pour que tout reste comme avant, il faut que tout change".


Pour faire croire au bon peuple qu'on l'a entendu, tout en rassurant Bruxelles sur le fait que tout cela n'est que vaine agitation, une sorte d'union sacrée avec pour slogan "ensemble pour construire le vide", composée d'une gauche menée par le PS et d'une droite PLR, derrière laquelle le PDC ne manquera pas de s'aligner, nous a donc concocté une solution originale: "la viduité rassurante".

Entendons-nous bien, l'initiative du 9 février 2014, je l'ai combattue, non pas au motif que les travailleurs de notre pays ne mériteraient pas d'être protégés, bien au contraire, mais parce que la solution des contingents revenait à injecter un vaccin auquel le patient ne survivrait pas. Notre économie a des besoins, notamment de compétences, dont elle doit pouvoir disposer; nier cependant que lorsque ces compétences sont présentes sur notre territoire, elles doivent disposer d'une priorité à l'embauche, revient à mettre en péril notre cohésion et notre paix sociales.


Aujourd'hui tout le monde s'accorde, et même l'UDC qui ne l'avouera jamais, à reconnaître que le texte de cette initiative était malheureux, et que sa fidèle mise en œuvre serait suicidaire pour notre pays.
Il n'en demeure pas moins qu'à défaut d'en respecter la lettre, le Parlement fédéral devrait au moins en respecter l'esprit.

Pourtant, dans cette hypocrisie ambiante, dont le mot d'ordre unanime semble être "Sauver les bilatérales à tout prix", ce qui va sortir prochainement des débats est consternant. Jugez plutôt:

1.Ÿ l'annonce des postes vacants ne doit être faite que si, dans la branche considérée, le taux de chômage est très supérieur à la moyenne. Le PLR faisant état d'un taux de 10 à 15%...


Ÿ2. seules les entreprises qui envisagent de recruter à l'étranger sont soumises à cette obligation.


Ÿ3. l'obligation sera limitée dans le temps et aux régions touchées.


Ÿ4. les entreprises recevront les candidats présentés par les Offices régionaux de placement (ORP), au nombre qui serait limité à 3.


Ÿ5. si les entreprises décident néanmoins de recruter à l'étranger, elles n'auront aucune justification à fournir.

Vous l'avez compris, cette coquille est vide, trompeuse et néfaste. Comment l'Union européenne ne pourrait-elle pas s'en accomoder?

A minuit moins cinq, alors que le Conseil fédéral a eu presque trois ans pour négocier avec les partenaires sociaux une solution permettant de mieux protéger nos demandeurs d'emploi, solution qui n'aurait pu qu'être "eurocompatible", car construite sur des bases volontaires avec le patronat, notre Parlement va nous présenter une loi anticonstitutionnelle, inutilement contraignante pour les quelques entreprises qui y seront soumises, et totalement inefficace pour lutter contre le chômage et le dumping salarial.

En termes de gâchis, on a rarement fait mieux! On en a vus des hypocrisies, mais nous assistons ici à l'accouchement d'une synthèse.

Que l'on ne croie pas un instant que le débat s'arrêtera là. Les travailleurs de ce pays ne sont pas dupes, et à la première occasion qui leur sera donnée, ils resserreront l'étau. Même les plus malins regretteront alors leurs astuces.


La politique de l'emploi appliquée à Genève en matière de recrutement ne sera pas stoppée dans sa lancée par cette mascarade, qui n'est autre qu'une alliance pour l'inertie. Nous continuerons ici à nous battre pour convaincre l'économie qu' à compétences égales les candidats à l'emploi résidents doivent avoir la priorité.
Ce n'est que l'expression de l'élémentaire bon sens.

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29/11/2016

Les syndicats genevois au secours des collectivités françaises

Décidément, on y perd son latin, ou ce qu'il en reste.
Après avoir dit tout le mal qu'elle pensait de la priorité à l'emploi pour nos résidents (lien), la présidente de la CGAS (Communauté genevoise d'action syndicale), dans une harangue publiée le 16 novembre dans la Tribune de Genève, sous le titre "Imposition: RIE III nuit au Grand Genève", nous exprime son amour pour ce Grand Genève, à l'inverse des récents propos de Pascal Broulis.
Jugez un peu:

"En creusant l'écat de l'imposition des entreprises entre la France (33%) et Genève (13,5% selon le projet du Conseil d'Etat), RIE III va creuser le déséquilibre entre Genève, où se concentre la très grande majorité des emplois de la région, et la France voisine, qui connaît une très forte croissance de sa population résidente..(et)..certaines entreprises sises en France voisine pourraient être tentées d'établir leur siège à Genève pour bénéficier d'une fiscalité et de charges sociales plus basses, faisant ainsi perdre des revenus fiscaux aux collectivités françaises".

Moi qui croyais que le niveau de vie des travailleuses et des travailleurs était la préoccupation constante de nos syndicats.
Moi qui croyais aussi que les syndicats luttaient contre le dumping salarial et défendaient les intérêts des travailleurs des deux côtés de la frontière en pourchassant les entreprises qui ne recrutent des frontaliers que pour les rémunérer moins chers tout en affirmant qu'il auraient des compétences introuvables à Genève.
J'ai dû sans doute rater un épisode. A moins tout simplement que la composition du sociétariat de nos syndicats, au vu du marketing appuyé déployé auprès des travailleurs frontaliers, n'ait fini par infléchir leur politique (lien).
Entre davantage de cotisants et moins de chômeurs, nos syndicats auraient donc choisi?

Trêve de plaisanterie.…Bornons-nous à retenir qu'il est préférable à leurs yeux que la rémunération salariale se fasse sur des bases françaises, à condition que ces "profiteurs de patrons" payent un maximum d'impôts, peu importe où.

Que nos syndicats se rassurent; si d'aventure des entreprises françaises devaient venir s'installer à Genève:
1. Cela réduirait les conséquences fiscales de l'indispensable réforme de l'imposition des entreprises (RIE III), tant décriées par les mêmes syndicats,
2. Les rétrocessions d'impôts sur les salaires des travailleurs désormais devenus frontaliers profiteraient davantage aux collectivités locales que les impôts perdus sur les personnes morales délocalisées à Genève.

Dire que l'on a cru un instant que la Mairie de St-Julien serait moins fleurie! On a eu chaud!

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27/10/2016

Le grand écart des syndicats genevois


Les abducteurs cérébraux des portes-paroles de la Communauté genevoise d'action syndicale (CGAS), doivent assurément chauffer, tant le grand écart dialectique qu'ils s'imposent fait souffrir l'élémentaire bon sens.

Ainsi, dans une conférence de presse tenue hier, la CGAS, prenant ses distances par rapport à ses homologues nationaux, qui ont évidemment été abusés par le "grand capital", nous explique que la priorité à l'emploi pour nos résidents (surnommée préférence indigène), au mieux, ne servirait à rien, et au pire, nuirait à la défense des travailleurs.


http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/syndicats-genevois-fustigent-preference-indigene/story/15030721

Argumentaire asséné:

1. Cette préférence à l'embauche n'amène pas de création d'emplois supplémentaires.


Voilà une belle lapalissade. Pour qu'il y ait priorité, à compétences égales, pour nos demandeurs d'emploi, il faut d'abord qu'il y ait un poste de travail à occuper. Par voie de compétence, cette priorité intervient en aval de la création d'emplois, et non en amont. Ce à quoi il conviendrait de répondre encore, qu'inversément, cette priorité n'est pas une entrave à la création d'emplois, puisque les employeurs seront certains d'obtenir les compétences souhaitées, le cas échéant hors de Suisse si elles ne se trouvent pas sur notre territoire.
J'ajouterai pour ma part que c'est bien la première fois que j'entends nos syndicats se préoccuper de la création d'emplois, alors qu'ils n'ont de cesse de mettre en cause toutes les conditions-cadre qui font l'attractivité de Genève, en premier lieu en attaquant la prévisibilité de l'imposition des entreprises.

2. Cette préférence n'est pas une réponse au dumping salarial


Sans doute la nuance serait la bienvenue. En effet, la priorité à l'emploi ne prétend pas se substituer à la lutte contre le dumping, qui doit se poursuivre, et se renforcer. A cet égard, Genève est exemplaire.
Cela dit, il ne doit faire aucun doute, même pour un syndicaliste, qu'un travailleur domicilié en France, avec un coût de la vie bien inférieur à celui de notre canton, peut être tenté d'accepter un salaire moindre à celui exigé par nos usages, et qui sera toujours bien supérieur à ce qu'il pourrait obtenir dans son pays, à supposer même qu'il ne soit pas chômeur.
Obliger nos employeurs à annoncer les postes vacants et à engager nos demandeurs d'emploi s'ils ont les compétences requises, constitue donc assurément un premier rempart efficace contre le dumping.

3. Cette préférence ne fera que "stigmatiser les migrants" et diviser les salariés "pour le plus grand profit du patronat".


Voilà un réthorique bien sentie qui ravirait Karl et amuserait Groucho.
Pour ma part je n'ai jamais considéré les 83'000 frontaliers qui viennent quotidiennement contribuer à la richesse économique de notre canton (et accessoirement à la leur), comme des "migrant", qui ne feraient que passer, tels des oiseaux migrateurs. Quant au "profit du patronat", qui n'est pas un vilain mot pour moi, c'est précisément en refusant la priorité pour nos demandeurs d'emploi qu'on le fortifie dans son aspect le plus critiquable, comme indiqué plus haut.
Sans doute aurions-nous à gagner à obtenir de nos syndicats l'élémentaire transparence qu'ils exigent d'autrui à longueur d'année. Sachant que le Groupement transfrontalier européen encourage ses membres à adhérer à un syndicat suisse aussitôt le contrat de travail en poche, garantissant de surcroit une cotisation de faveur auprès d'UNIA, il serait intéressant de savoir qu'elle est la proportion de travailleurs frontaliers qui contribue à la rémunération de nos chers représentants syndicaux.


http://www.frontalier.org/conditions.htm

Sans doute ceci expliquerait-il cela, et pourrions-nous alors parler dans le contexte du discours qui nous est ici servi du "plus grand profit des syndicats"

4. La libre circulation ne contribue pas au chômage


Last but not least, la CGAS reprend, sans aucun esprit critique, un leitmotiv qui nous est servi par les milieux économiques genevois depuis des années, à savoir qu'il n'y aurait pas de lien entre chômage et libre circulation. En d'autres termes, le nombre de permis frontaliers serait passé de 33'000 en 2002 à 83'000 en 2016, uniquement parce que les postes de travail créés ou repourvus dans le canton ne pouvaient pas être occupés par des résidents.
Un fatalité en quelque sorte!
J'ai déjà eu l'occasion d'écrire ici voici plus de quatre ans, ce que je pensais d'une étude demandée par les "milieux intéressés" auprès de l'Observatoire universitaire de l'emploi.


http://poggia.blog.tdg.ch/archive/2012/07/25/les-employeurs-preferent-les-genevois-aux-frontaliers-ouf-on.html

Il est curieux de voir à quel point la CGAS manque soudainement d'esprit critique, et ne recule devant aucune contradiction pour ne froisser personne. Car enfin, s'il existe un dumping salarial, comme le dénoncent les syndicats, c'est bien que des employeurs engagent des frontaliers pour les rétribuer moins qu'un résident...et donc qu'il y aurait un résident, au chômage ou à l'aide sociale, qui pourrait faire le travail!

Comme disait Didier De Roussillon dans ses "Réflexions cyniques" (1945), "c'est une grande légèreté que de confier à des experts la solution de questions qui relèvent du sens commun".

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26/10/2016

Libre circulation. Cesser d'argumenter et agir enfin.


La Commission européenne considère que la préférence indigène à l'emploi "light", telle que sortie du Conseil national, pourrait créer des discriminations pour ses ressortissants. Elle serait donc contraire aux Accords de libre circulation (ALC): Voilà le verdict, certes non définitif, exprimé à l'issue de plusieurs heures d'interrogatoire de notre chef du Secrétariat d'Etat au migrations (SEM).


http://www.rts.ch/info/suisse/8118284-l-ue-craint-que-la-preference-indigene-light-n-entraine-des-discriminations.html

N'a-t-on pas compris que tant que l'on discutera, plutôt que d'avancer dans la voie choisie, nos interlocuteurs ne chercheront que des problèmes aux solutions?
Ignorer à ce point ce qu'est la Suisse, son pouvoir d'achat, le niveau de ses salaires, son attractivité, est tout simplement désolant.
L'Europe unie pourrait assurément être un bel idéal. Encore faudrait-il qu'elle ne soit pas dirigée par des élites dogmatiques, imbues d'elles-mêmes, et déconnectées des réalités auxquelles sont confrontées les populations que leurs politiques sont censées régir.

Combien de "Brexit" faudra-t-il encore pour que l'arrogance se mue en dialogue? Pour que les menaces se transforment en réflexion? Et qu'enfin on écoute la souffrance et les craintes propres à chaque population? Est-il abusif de prétendre que les situations économiques respectives de la Roumanie et de la Suisse, pour prendre cet exemple, sont à ce point différentes qu'il soit logique d'aménager la libre circulation qui leur est respectivement imposée? Certainement pas aux yeux de toute personne intellectuellement honnête.

L'Union européenne actuelle n'est qu'un buffet canadien, dans lequel chacun essaye d'apporter le moins possible dans l'espoir de se goinfrer de ce que les autres mettront sur la table. Mais voilà, chacun a compris désormais la règle du jeu, et c'est bientôt à jeûn que les convives s'observeront incrédules.

Comment notre Conseil fédéral a-t-il pu imaginer un seul instant, en négociant les ALC, que le supermarché de l'emploi de 240 millions de travailleurs qu'il allait ouvrir à notre économie ne conduirait pas inéxorablement, à la fois vers un dumping salarial, et vers une précarisation des juniors sans expérience et des seniors aux salaires moins compétitifs?

Alors il est temps de dire "assez!". Cette économie unie qu'on nous propose n'est qu'un vaste nivellement par le bas.
Plutôt que de demander à la Suisse de singer l'Union européenne, celle-ci serait bien inspirée d'imiter notre pays, et de mettre en place des instruments de démocratie directe qui permettront aux populations d'adhérer et de s'approprier cette construction européenne.

En attendant, personne n'empêchera jamais un employeur d'engager qui bon lui semble, libre circulation ou pas. Il est donc temps que nos associations patronales, cantonales et nationales, entrent sur une base volontaire dans une priorité à l'embauche, à compétences égales, pour nos résidents, quelle que soit leur nationalité. Cette priorité passe par une annonce de tout poste de travail aux Offices régionaux de placement (ORP).
Que l'on ne s'amuse pas à jouer plus longtemps avec la volonté populaire!
Avant le 9 février 2014, Economiesuisse n'imaginait pas le pire. Il est arrivé. Si nos employeurs ne s'engagent pas résolument pour préserver notre paix sociale, la prochaine étape sera la sortie de la libre circulation.


C'est maintenant ou jamais!

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26/09/2016

Primes d'assurance maladie: Genève renfloue les réserves fédérales

Les plus optimistes espéraient que l'Office fédéral de la santé publique (OFSP), armé d'une nouvelle loi sur la surveillance de l'assurance maladie, entrée en vigueur cette année, ferait enfin son travail de gendarme, contre lequel nos "chers" (très chers) assureurs s'étaient battus avec acharnement.
Il est vrai que notre Parlement, décidément spécialiste des solutions "light", ne l'a finalement autorisé à intervenir que si "les primes dépassent les coûts de manière inappropriée". Malgré cette formulation épurée, il y avait de quoi faire, notamment pour Genève.

En matière d'action, les Genevois sont servis! Alors que nos assureurs demandaient cet été pour notre canton, en moyenne 5,3% pour les adultes, l'OFSP les contraint à monter à 5,7%; de même pour les jeunes adultes de 6,9% à 7,3%, et les enfants de 9,5 à 9,7%.

En d'autres termes, alors que POUR LA PREMIÈRE FOIS, l'OFSP aurait pu "faire baisser la hausse", il la fait grimper!!

Et cela alors qu'il disposait des éléments pour agir:
- Entre 2013 et 2014, les coûts de la santé pour Genève ont augmenté de 1,26%, alors que les primes effectivement encaissées en 2014 ont augmenté de 2,53% par rapport à 2013.
- Entre 2014 et 2015, les coûts ont augmenté de 2,2%, avec des primes encaissées en augmentation de 3,4%.
- La hausse des coûts entre 2015 et 2016 n'est pas encore connue, et ne le sera qu'en septembre 2017 pour l'ensemble des cantons, mais les augmentations de primes demandées entre ces deux années ont été de 4,8%.

Ainsi, sans même compter les paiements du canton de Genève au titre des subsides d'assurance maladie pour les personnes à l'aide sociale et aux prestations complémentaires, dont on ignore s'ils sont ou non intégrés par les assureurs aux primes encaissées; sans compter non plus les versements cantonaux au titre de l'article 64a LAMAL, qui obligent à verser le 85% des actes de défaut de biens obtenus par les assureurs contre des assurés genevois, il est clair que la différence, pour Genève, entre les primes encaissées auprès des assurés, et les coûts de la santé générés par ceux-ci, ne cesse d'augmenter. Une fois encore, on pénalise un bon élève, qui parvient à maîtriser ses coûts de la santé, malgré le peu d'outils qu'on lui donne pour cela.

Où va cette différence si ce n'est dans les réserves de nos assureurs, RÉSERVES QUI SONT CONSTITUÉES SUR LE PLAN NATIONAL, ET SUR L'UTILISATION DESQUELLES NOUS N'AVONS RIEN À DIRE?

En d'autres termes, Genève, par le versement de primes bien supérieures à l'évolution de ses coûts de la santé, contribue malgré lui au maintien de primes artificiellement basses dans d'autres cantons.


Ainsi, certains assureurs, particulièrement présents à Genève, augmentent précisément leurs primes pour reconstituer des réserves, dont on se dit bien qu'elles n'ont pas été perdues pour tout le monde. Il s'agit des assureurs du Groupe Mutuel, dont la Mutuel Assurances, d'Helsana, d'Assura et de la CSS

J'ai toujours pensé que notre fédéralisme avait été bâti patiemment pour tenir compte des volontés et des particularités cantonales ou régionales. Or, nous constatons ici qu'il ne sert qu'à imposer, année après année, la loi d'une majorité clairement profiteuse, qui méprise les efforts déployés par une minorité contribuante, qui se voit systématiquement refuser toute mesure de contrôle efficace.

Depuis l'année 2000, je dénonçais, avec d'autres, l'utilisation des réserves constituées par les assurés de certains cantons, dont Genève, dans l'opacité la plus totale. Il a fallu attendre 2014, pour que le Parlement reconnaisse enfin cette injustice, et accepte de rembourser, la moitié à peine de ce qui avait été indûment prélevé à une minorité de cantons au profit de la majorité (celle-là même qui ne veut rien changer au système chaque fois que la question lui est posée). Aujourd'hui, cela recommence, avec l'onction de l'administration fédérale.

Cette fois le Conseil fédéral ne peut plus dire qu'il ne savait pas ou qu'il ne pouvait rien faire. C'est la responsabilité de la Confédération qu'il engage par le laxisme de ses contrôles! En nous le lui rappellerons.

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14/07/2016

Qui a peur du candy raton?

Ce petit animal au nom sympathique, presque alléchant, sévit avec acharnement dans nos sociétés, qu'elles soient modernes ou archaïques, et cela depuis des temps immémoriaux.

C'est en vain que vous le chercherez dans un quelconque musée d'histoire naturelle, car aucun taxidermiste n'a jusqu'ici réussi à mettre la main dessus.

Champion de l´incarnation darwiniste de l'évolution, le candy raton, dont la survie dépend étroitement de sa proximité à l'Homme, a su s'adapter merveilleusement à nos sociétés de communication effreinée. Certains observateurs avertis (on ne sait d'ailleurs pas de quoi ils le sont) vont même jusqu'à penser que nos sociétés se nourrissent du candy raton par trophallaxie.

Invisible, sournois et même pervers, ce pseudo-rongeur arrive quand on s'y attend le moins, faisant des ravages, d'abord et surtout, auprès de ceux qui le craignent le plus. Car ce que ronge avant tout le candy raton, c'est la confiance en soi. Au point de paralyser ceux qui le redoutent, jusqu'à l'inertie totale. La peur de l'animal a ainsi accouché du politiquement correct, et sonné le glas du politiquement efficace.

Allié objectif du serpent à sornettes, avec lequel il partage son territoire, le candy raton a peu à peu transformé à notre insu les trois pouvoirs de nos sociétés démocratiques en un triangle quadrilatéral. Car l'animal a bien compris qu'il lui fallait un soutien externe pour mener à bien son travail d'érosion lente mais inéluctable. La médisance se vendant tellement mieux que l'éloge, certains journalistes se sont ainsi spéciaisés dans la salissure médiatique, pour la plus grande joie de ce raton, qui, contrairement à son cousin, ne lave rien, bien au contraire.

Malheureusement, il est inutile d'ouvrir la chasse à cet omnivore, les armes conventionnelles ayant démontré leur inocuité à son égard. Comme disait Bossuet, Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes.
Lutter contre le candy raton, c'est d'abord trouver en soi le courage de l'affronter. Or, le courage n'a jamais été une qualité fort répandue. Elle l'est d'autant moins que l'on est prompt à qualifier rétrospectivement de téméraire celui dont le courage ne l'a amené qu'à la défaite. ou au discrédit.

Inutile de dire que le candy raton n'est pas une espèce en voie d'extinction.image.jpg

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26/05/2016

Les leçons de morale du Maire de Saint-Julien-en-Genevois

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Ebranlé par les remontrances lancées depuis son tertre par Antoine Vielliard, auto-proclamé "porte-voix de Saint-Julien-en-Genevois", Maire de ladite commune française, suite à l'application déterminée, par le soussigné, de la directive cantonale obligeant l'Etat, les régies publiques et les entités subventionnées à engager prioritairement, à compétences égales, les chômeurs présentés par l'Office cantonal de l'emploi de Genève, permettez que je balbutie ici une réponse, empreinte d'humilité, tant doit être grand le respect à l'égard de l'élu d'une nation qui nous distille au quotidien les leçons d'un savoir-faire, source d'inspiration constante.

http://portevoix.blog.tdg.ch/archive/2016/05/23/discrimination-a-l-embauche-ou-accords-bilateraux-geneve-doi-276363.html

Ne sachant si mes propos parviendront aux oreilles éloignées de l'intéressé, ayez l'obligeance de lui rapporter ce qui suit, au cas où vous le croiseriez au détour d'un conseil d'administration des Transports Publics Genevois (TPG), dont il est membre, semble-t-il, tant sa considération pour Genève est immense. http://ge.ch/hrcintapp/externalCompanyReport.action?companyOfrcId13=CH-660-2777009-7&ofrcLanguage=2

Dites-lui que ce qu'il nomme avec mépris "copinage cantonal" ou "politique discriminatoire", ne vise en réalité qu'à mettre les demandeurs d'emploi genevois sur pied d'égalité avec des travailleurs frontaliers, dont personne ne contestera le droit de rechercher un revenu équivalant à un multiple de ce qui leur est offert en France, mais dont certains de nos employeurs, encore bien trop nombreux à mon goût, recherchent systématiquement les services, sans même regarder si les compétences sont disponibles ici, sachant que le coût de la vie inférieur auquel ils doivent faire face leur permet d'accepter des salaires inférieurs à ceux de nos résidents.

Dites-lui aussi que le copinage, pour reprendre le terme qu'il semble affectionner, est précisément ce dont souffrent malheureusement de nombreux demandeurs d'emplois genevois, lorsque le recrutement est confié à des cadres responsables frontaliers.

Dites-lui encore, à supposer qu'il ne l'ait toujours pas compris, et que ses propos soient l'expression de cette ignorance plutôt que d'une volonté malveillante de tromper le lecteur, qu'il n'a jamais été question de recruter "sur le passeport plutôt que sur l'expérience", et encore moins "des employés de nationalité suisse", et qu'il est certain que des ressortissants français au chômage à Genève, bénéficient de cette directive. A moins que pour Monsieur Vielliard, les Français d'ici ne valent pas les Français de là-bas. De surcroit, laisser entendre qu'il faudrait choisir entre "le passeport" (suisse) et la compétence, dénote une telle arrogance, qu'elle se passe de commentaire.

Dites-lui toujours, qu'en tant qu'administrateur des TPG, recevant des jetons de présence de cette régie publique, il serait bien inspiré de s'abstenir à l'avenir de laisser entendre qu'en recrutant local plutôt que "sur l'expérience" (comprenez "en France") "on prend le risque de recruter des chauffeurs de bus qui multiplient les accidents". N'en déplaise à la condescendance gauloise de l'intéressé, nos travailleurs sont au moins aussi compétents que nos voisins, et leur relation au travail est sans doute moins problématique que ce que les événements actuels dans l'Hexagone affichent avec consternation.

http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/ici-geneve-cote-ferait/story/25102335

Dites-lui bien que dans la situation inverse, qui verrait près de 90'000 travailleurs franchir quotidiennement la frontière en provenance de Suisse, avec un chômage croissant en Auvergne-Rhône-Alpes, notre "porte-voix", alors transformé en "porte-monnaie", serait en première ligne pour exiger que l'on protège celles et ceux qui seraient laissés sur le bord du chemin de la prospérité.

Qu'on lui rappelle que "le beurre et l'argent du beurre" est un reproche bien malvenu qu'il adresse à Genève, sachant qu'indépendamment des 280 millions de compensation versés à la France sur l'impôt à la source des frontaliers, ce sont 6 milliards au moins par année que ces derniers dépensent sur leurs salaires à leur lieu de domicile. De quoi fleurir la Mairie de Saint-Julien-en-Genevois.

Dites-lui également que les autorités genevoises ne violent pas les Accords bilatéraux, dans la mesure où, d'une part, cette directive ne s'applique au secteur privé que sur une base volontaire, et où, d'autre part, un travailleur en provenance de l'Union européenne pourra toujours être engagé à compétences supérieures, ce qui doit sans doute être un pléonasme aux yeux de notre observateur transfrontalier.

Dites-lui enfin que je tremble à l'idée qu'il ait pu transmettre, comme il l'affirme, "les articles parus la semaine dernière sur la discrimination à l'embauche à Genève au comité de suivi des accords bilatéraux entre l'Union Européenne et la Suisse".

 

Cela dit, il ne suffit pas que la Mairie de Saint-Julien-en-Genevois soit à la place Général-de-Gaulle, pour que l'appel lancé par Monsieur Vielliard le 23 mai fasse entendre sa voix au-delà de sa porte.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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01/04/2016

Un secret médical à géométrie variable

Alors qu'au niveau international, à la suite du crash de l'avion de Germanwings, causé par le comportement suicidaire du copilote, dont l'état psychiatrique était connu du corps médical avant le drame, l'on s'interroge sérieusement sur la nécessité de contraindre le corps médical à annoncer spontanément les troubles de santé graves de patients exerçant une profession pouvant mettre en danger la vie de nombreuses personnes (dont la liste devra être limitativement énoncée), nos braves médecin genevois lancent une initiative pour défendre le secret médical en faveur des criminels dangereux condamnés. Tout cela ponctué par la présence, à Genève, lors de la conférence de presse du 2 février, du président de la Fédération des médecins suisses (FMH), dont la mine déconfite semble nous annoncer que nous sommes tous des criminels dangereux en puissance, et que notre combat commence aujourd'hui.

Et "la lettre de l'AMG" (Association des Médecins du canton de Genève) de nous avertir: l'avenir du secret médical est entre nos mains!

http://www.amge.ch/site/wp-content/uploads/Lettre-de-lAMG-mars-2016.pdf


Le président de la FMH toujours, se fend d'un article apocalyptique qui nous fait froid dans le dos:
"le secrétaire général de l'Association Médicale Mondiale m'a demandé il y a quelques jours (nous dit-il): que se passe-t-il à Genève avec le secret médical? Les signaux émis sont inquiétants. Devons-nous nous faire du souci? Genève est observée par la Genève internationale, elle suscite l'attention du monde entier". C'est trop d'honneur.

Vaud et Valais ont entretemps adopté des règles bien plus restrictives dans ce domaine...à la quasi unanimité...et dans l'indifférence générale.

Pourtant, la loi genevoise est juste et pondérée : dans une situation d'urgence, le thérapeute d'un criminel dangereux "doit informer", et non pas "peut informer". Par ailleurs, saisi d'une demande de rapport, ce même thérapeute doit en informer son "patient détenu", et, en cas d'opposition de sa part, il doit saisir la Commission du secret médical, qui mettra en balance l'intérêt de ce patient particulier à la préservation du secret, et l'intérêt de la société à se préserver du risque de libération d'une personne dangereuse. Ces thérapeutes, faut-il le rappeler, ne sont pas choisis par les criminels dont la justice a ordonné qu'ils soient suivis médicalement, mais travaillent dans un cadre pénitentiaire? Laisser à leur simple bon vouloir la transmission d'une information dont la vie de victimes innocentes peut dépendre, est tout simplement impensable.

Curieusement, j'attends toujours une réaction, ne serait-ce que sous la forme d'un balbutiement, de nos braves combattants de la liberté, tant de la FMH que de l'AMG, suite à un récent article du Tages Anzeiger, selon lequel 10% des médecins en Suisse violent leur secret professionnel http://www.tagesanzeiger.ch/schweiz/standard/datenschutz-ueberfordert-die-aerzte/story/29255421 Faut-il considérer que le secret médical en faveur des criminels dangereux condamnés mérite davantage d'attention que celui au profit de 8 millions d'habitants? Peut-être que le combat pour le premier permet de désigner les adversaires liberticides, alors que pour le second, certaines qualités d'introspection sont nécessaires pour chercher les brebis galeuses au sein de sa propre bergerie...

Je ne doute cependant pas un instant que les formulaires de récolte de signatures pour l'initiative, adressés par l'AMG à ses membres, rappellent opportunément que le fait de fournir à un tiers, fut-il le médecin conseil d'un assureur, des renseignements sur un patient, nécessite l'accord de ce dernier, non seulement sur le principe de la démarche, mais également sur le contenu des informations fournies. Monsieur le Docteur Jürg Schlup, pour la FMH, a certainement, lui-aussi, à n'en pas douter, rappelé ses troupes à l'ordre.

Une chose est en tout cas certaine: le psychiatre du copilote de la Germanwings ne sera pas inquiété et n'a pas à l'être. Le secret médical a été scrupuleusement respecté. 150 personnes en sont mortes, mais l'essentiel est préservé. Les grands principes ne s'accommodent-ils pas de quelques dommages collatéraux?

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30/03/2016

Les statistiques de Santésuisse...

 

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"Les chiffres sont aux analystes ce que les lampadaires sont aux ivrognes: ils fournissent bien plus un appui qu'un éclairage" écrivait Jean Dion.


C'est ainsi que Santésuisse retient de ses statistiques, que le coût moyen d'une consultation en cabinet de groupe est de 210 francs, alors qu'il n'est que de 186 francs pour un cabinet individuel

http://www.tdg.ch/suisse/santesuisse-critique-cabinets-groupe/story/22099384

En conclusion, travailler en groupe inciterait à multiplier les actes médicaux et donc à facturer davantage.
Limpide donc?
Pourtant trop clair pour être vrai.


D'abord, parce qu'il est curieux que Santésuisse, qui soutenait jusqu'ici les réseaux de soins (managed care), au point de demander que les assurés qui ne s'y soumettaient pas voient leurs primes majorées, fasse brusquement volte-face.

http://www.bag.admin.ch/themen/krankenversicherung/00305/06506/06664/index.html?lang=fr

Ensuite, parce que le mobile est avoué: fixer une rémunération, non plus à l'acte, mais au forfait par cas. Selon la pathologie, les médecins intervenants devraient ainsi se partager un montant déterminé, avec les difficultés pratiques que l'on imagine sans peine.

Maîtriser l'information, c'est détenir le pouvoir. Et Santésuisse le sait parfaitement.
Prenons un exemple illustratif du système utilisé par Santésuisse pour mesurer l'économicité de nos médecins: un patient a mal au genou; il va voir son généraliste qui, après une consultation, et selon son diagnostic, peut prescrire un traitement médicamenteux, une physiothérapie, voire les deux, ou, l'adresser à un spécialiste. Dans le premier cas, le coût global de prise en charge viendra influencer le coût moyen par patient du seul généraliste. Dans le second, la prise en charge de ce patient sera supportée par un généraliste et un, voire plusieurs, spécialistes, avec un coût global supérieur (peut-être d'ailleurs parfaitement justifié par la pathologie).
Dans la mesure où Santésuisse examine les coûts par numéro de remboursement LAMal, le généraliste aura une pratique moins économique dans le premier que dans le second cas, alors que globalement, il aura permis une prise en charge plus économique du patient, si celui-ci ne nécessitait pas une approche multidisciplinaire.

Ainsi, dans les cabinets collectifs, il est probable qu'au lieu de cumuler les consultations dans des cabinets individuels, le patient est immédiatement mieux orienté, avec un coût moyen légèrement supérieur, mais néanmoins inférieur à la somme des factures que sa prise en charge aurait engendrées s'il s'était adressé à un cabinet individuel.

Tout ceci démontre que Santésuisse, selon ce qu'elle veut nous faire croire, et selon où elle veut nous amener, distille les informations à son gré, sans nuance, et sans contrôle possible.

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